Bêta chérie, ma femme adorée : Archimède
Bêta soutient, ma bichette d'amour : mandala7338
Bêta-co-auteuse, ma carte maman unique et préférée : Mirabelle31
Note : je vous aime, mes bêtas et vous mes lecteurs. Vous êtes nombreux à lire cette fic et beaucoup à laisser des reviews. Pourquoi une telle déclaration d'amour alors que ce n'est pas la fin ni le milieu? Je ne sais pas, j'avais envie.
Alors voilà, sachez que je vous aime, vos reviews aussi. Je ne pensais pas en publiant le premier arriver à 410 reviews en dix chapitres. En moyenne, 40 reviews par chapitre, que demander de plus? Donc voilà, je vous le dis, je vous aime.
Merci à Kisis, nepheria4, ankana87, Elo, Babylon, Lukas Black pour vos reviews. Les autres, j'espère avoir répondu à tous. Si tel n'était pas le cas, vous avez autorisation de me botter les fesses.
S'il reste des fautes, je suis navrée. C'est pas faute d'avoir relu, de même que ma bêta.
Chapitre 11
Severus lâcha la chose, dégoûté au possible. Si Potter pensait l'avoir en lui écrivant une telle lettre, il se mettait le doigt dans l'œil ! Il n'était pas question que l'homme soit comme tous ces crétins qui étaient allés se fourrer entre les bras du succube.
Il se retint de hurler dans la Grande Salle mais se jura de faire payer au sale gamin cette mauvaise blague, dès le mardi prochain.
Pour l'heure, il avait des devoirs à corriger. Ça allait lui prendre tout son week-end et peut-être qu'à la fin, il aurait trouvé une solution pour le débarrasser du fléau qu'était Potter. Dumbledore ne serait pas content mais qu'importe. C'était la santé mentale du directeur des Serpentard qui risquait d'être mise à mal, pas celle d'Albus.
Severus s'installa enfin à son bureau et se pencha sur ses copies. Quand il releva la tête, il était presque midi. C'était son estomac qui l'avait dérangé. Il aurait bien voulu appeler un elfe de maison pour qu'on lui serve son déjeuner, mais Albus était clair : les professeurs et les élèves se devaient de faire acte de présence dans la Grande Salle.
Il grogna sur tout le trajet entre ses cachots et le réfectoire. Il n'avait pas envie de manger entouré de tout ce bruit assourdissant. Il préférait le relatif calme de ses appartements ou de sa salle de classe.
Quand il entra dans la Grande Salle par une des portes réservées aux professeurs, il faillit se boucher les oreilles. Les élèves étaient plus bruyants qu'à l'ordinaire. Il fit appel à toute sa maîtrise pour ne pas montrer ce qu'il ressentait vraiment : l'envie d'être ailleurs.
Il vit Dumbledore déjà attablé, en pleine conversation avec McGonagall. Le vieux fou n'avait pas l'air de se rendre compte que sa longue barbe argentée trempait littéralement dans la sauce onctueuse qui recouvrait un beau morceau de viande. Le spectacle était... écœurant, d'autant plus que Severus s'aperçut que la seule place de libre était à côté du directeur.
Il gémit mentalement et s'installa avec réticence puis commença à manger – picorer serait plus juste – le contenu de son assiette. Il avait faim, mais voir Albus mettre de la sauce partout sur sa barbe était... répugnant. C'était pire encore que Weasley en train de manger – et ce n'était pas peu dire.
Severus se dépêcha d'avaler sa pitance et sortit de table pour retourner au plus vite à l'abri chez lui et peut-être... demander un surplus de déjeuner aux elfes. Il avait encore faim. Il n'avait pas eu l'occasion de goûter aux desserts car il était parti assez rapidement pour ne pas avoir à assister, un instant de plus, au déjeuner de son directeur qui l'écœurait dans sa façon de se tenir à table. Quel était l'intérêt de porter une barbe si on n'était pas capable de manger correctement ? Le professeur de Potions se le demandait encore.
Lorsqu'il barra enfin sa dernière copie et reposa sa plume dans son encrier rouge, il n'était pas encore seize heures. Severus était content de lui, il avait fini de corriger ces inepties. Il allait pouvoir s'occuper de ses recherches, mises de côté depuis bien trop longtemps à son goût.
Le soir, dans la Grande Salle, il vit avec effarement un hibou se poser devant lui. Le même que le matin. Mais avant qu'il ne chasse le volatile, ce dernier laissa tomber une lettre dans son assiette encore vide.
Il la décacheta, prenant soin de vérifier le sceau et serra les dents en voyant le blason de la famille Potter.
C'était ce fichu gamin qui n'avait pas l'intention de le lâcher. Severus le chercha un instant des yeux et le trouva, le regard fixé sur lui, le visage soucieux.
Il ignorait que le succube avait attendu toute la journée une réponse de sa part et qu'il avait angoissé en ne voyant rien.
Severus le foudroya du regard et eut le plaisir de voir ce sale morveux se détourner. Il ne vit pas la lueur blessée dans les prunelles émeraude.
Il déplia le parchemin et le parcourut rapidement avant de reposer précipitamment la lettre, certain que son visage était tellement rouge qu'il devait se voir depuis les portes de la Grande Salle.
- Severus ? commença le directeur de cet insupportable ton condescendant. Cette lettre...
- Mon contrat ne stipule pas que vous pouvez vous mêler de mes affaires, Albus.
Dumbledore émit un grognement insatisfait et Severus fut content de lui. Il venait de moucher son supérieur.
Il repensa à la lettre.
« Mon cher compagnon,
J'osais espérer, peut-être à tort, que tu répondrais à ma missive. En voyant que tel n'est pas le cas, je me permets de t'en envoyer une autre. J'ai besoin de toi, et si tu ne saisis pas, je me chargerai de te le faire comprendre.
H.J.P »
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Harry regarda avec appréhension Severus lire sa lettre, la seconde de la journée. Le professeur de Potions n'avait pas répondu à son courrier et, vu la façon dont il avait rejeté le parchemin avec cet air de dégoût, le succube était certain que son compagnon n'avait pas aimé. Et à en juger par le regard noir qu'il lui lança, il lui en voulait atrocement. Malgré lui, Harry baissa les yeux sur son assiette et sentit Ron lui tapoter la main, compatissant.
- Il n'accepte pas, murmura Harry.
Il fut entendu par Ron uniquement. Ses camarades étaient trop occupés à manger et à se soucier de leurs affaires pour penser aux deux amis. Ron était tellement inquiet pour Harry qu'il avait cessé de penser à se remplir l'estomac.
- Harry, tu t'attendais à quoi ? Il ne pouvait décemment pas te sauter dans les bras. Pas après tout ce que vous avez vécu tous les deux. Vous vous détestiez cordialement il y a trois mois.
- Mais... Ron...
- Mange. On réfléchira à un plan plus tard.
Harry soupira mais, en regardant son assiette, il se révéla incapable de manger quoique ce soit. Il n'avait pas faim. Son estomac était tellement noué par ce rejet plus qu'évident qu'il ne pouvait rien avaler.
Il se leva de table, dépité, et sortit de la Grande Salle, le dos voûté et semblant porter le poids du monde sur les épaules. Ron abandonna à contre cœur son assiette pleine, qu'il venait tout juste de remplir pour la troisième fois, et rejoignit Harry. Parfois, le choix entre l'amitié et la nourriture était cornélien, mais le rouquin – aussi insensible soit-il, d'après Hermione – savait qu'il ne pouvait pas laisser ses amis de côté.
- Allez, viens, on va marcher un peu dans le parc.
Depuis qu'ils n'étaient plus amis avec Hermione, Ron se faisait l'impression d'être plus mûr, de s'affirmer plus. Il n'avait plus les remarques sarcastiques et parfois blessantes, de la brunette et prenait davantage confiance en lui. Plus important encore, il n'avait plus ses frères pour le surveiller et rendre des comptes à Molly. Fred et George n'étant plus à Poudlard depuis près de deux ans, Ron se sentait mieux. Il ne restait que Ginny, mais il ne craignait rien de la part de sa sœur. Elle n'était pas du genre à rapporter. Enfin, ce n'était plus son genre. Elle l'avait fait à une époque et s'était calmée.
Quand ils atteignirent le parc, Harry parut aller un peu mieux mais il était toujours aussi dépité.
- Tu vas faire quoi ? demanda Ron. Tu le veux, n'est-ce pas ?
- Oui, gémit Harry.
- Alors séduis-le.
- Mais tu crois que je fais quoi ? Que je danse la lambada ?
- La quoi ? fit Ron, perdu.
Ce devait être encore une expression moldue, et à voir l'air réprobateur de Harry, Ron décida qu'il valait mieux abandonner. Il ne comprendrait jamais rien de toute façon.
- Je ne fais que ça, Ron. Je...
- Je peux rire ? s'enquit sérieusement Ron. Là, ça ne se voit pas, mais je suis mort de rire. Tu ne le séduis pas, Harry. Tu lui as envoyé deux lettres et tu es allé l'aguicher honteusement dans son bureau. Ce n'est pas de la séduction, ça. Et après, c'est moi qui manque de tact, rajouta-t-il pour lui-même en ronchonnant.
Harry le regarda, bouche-bée. Lui qui était persuadé avoir été séducteur, Ron venait pourtant de lui affirmer le contraire.
- Le séduire ? répéta Harry, un peu bête.
- Oui, Harry, répondit Ron en levant les yeux au ciel. Tu dois le séduire.
- Et comment je fais ?
Aguicher, il savait faire, mais séduire, ce n'était apparemment pas lui. Ce n'était pas dans sa nature et Ron venait même de le lui prouver.
- Comment tu dragues une fille toi ? Non, mauvais exemple. Tu es gay, tu ne vas pas draguer les filles, se reprit Ron. En fait, tu dois les séduire, leur montrer qu'elles te plaisent, et leur faire la cour.
Dire que Harry était hébété était un euphémisme. Comment, par Merlin, Ron pouvait-il savoir une telle chose ? Il était bi et n'avait eu aucune relation – connue – il n'avait même jamais dragué le moindre élève à Poudlard. Il lui aurait forcément dit s'il était en couple ou s'il l'avait été.
- Mais comment tu sais ça, toi ?
- Ginny, lui apprit son ami, les oreilles rouges. Elle m'a appris deux ou trois choses. D'ailleurs..., ça me donne une idée, reprit le rouquin pensivement. Ginny pourrait t'aider.
- Hein ? Mais...
- Allez viens, fit Ron en l'entraînant à sa suite.
Ils trouvèrent la jeune fille dans la Salle Commune. Ron ne lâcha pas Harry, certain que son meilleur ami prendrait la fuite. Le brun en était capable.
- Gin' ? appela Ron en voyant sa sœur.
La jeune fille leva les yeux de son épais volume de Potions et dévisagea son frère, le fixant comme s'il était un strangulot hors de l'eau. En voyant Harry, elle ferma son manuel et se leva de sa chaise puis s'approcha. Ron devait avoir une bonne raison de l'appeler et elle n'en douta pas à voir l'air terrifié de Harry.
- Oui ?
Elle n'eut pas le temps d'en dire plus, elle fut happée par son aîné et se retrouva, au même titre que Harry, à être traînée à travers la Salle Commune puis les escaliers menant au dortoir des garçons de Septième Année. Une fois à l'intérieur, Ron accepta de les lâcher.
- Espèce de brute, grogna la jeune fille en lissant la manche de son pull. J'espère que tu as une bonne raison de m'avoir tirée de mes révisions.
- Oui, Harry a besoin de tes conseils en drague. Je ne veux pas savoir où tu les as appris, mais il en a besoin.
Ginny considéra un instant cet aveu et se tourna vers le malheureux qui n'avait rien demandé à personne, pour lui sourire avec un air que Harry jugea sadique. C'était bien la fille de sa mère, il ne pourrait jamais rien lui cacher.
- Tu veux draguer quelqu'un ?
- Oui, admit le jeune homme, mal à l'aise.
C'était à lui d'attirer son compagnon, il n'allait pas demander de l'aide à une simple humaine ! Il était la créature séduisante, attirante et charmante par nature. Personne ne pouvait lui résister, pas même Severus Rogue ! En quoi Ginny pouvait-elle savoir ce genre de choses mieux que lui ? Il lui suffisait de regarder une proie pour qu'elle se jette à ses pieds. Il était un succube, pas une vulgaire pucelle à qui il fallait tout apprendre ! C'était à lui d'enseigner l'art du sexe et de la séduction !
Cela dit, le regard chocolat de la rouquine le convainquit de se taire et de l'écouter.
- Fille ou garçon ? interrogea-t-elle. Mauvaise question. Garçon, bien sûr. Eh bien, si tu veux séduire un garçon, tu dois lui montrer que tu l'intéresses.
- Déjà fait, maugréa le brun.
Il l'avait presque hurlé à Severus.
- Après, tu lui dis franchement.
- Fait aussi. Mais il ne m'a pas cru.
- Ça ne m'étonne pas, marmonna Ron.
Harry se tourna vers lui, les yeux injectés de sang. Comment ça, ça n'étonnait pas Ron ? Pourquoi son meilleur ami ne lui avait rien dit ? Le jeune Weasley, en captant le regard furibond du succube, déglutit nerveusement et se mit à rougir. Mais il ne battit pas en retraite, au contraire, il trouva le courage de fixer la créature dans les yeux.
- Tu es sorti avec plusieurs personnes l'année dernière, affirma le rouquin d'une voix assurée, il le sait et n'a sûrement pas envie de finir comme les autres.
- Mais...
Harry se tut avant d'avouer son statut de succube à Ginny. Elle ne devait pas le savoir.
- Ça change tout, s'exclama justement la jeune fille. Tu le veux pour quoi ? Une relation durable ou un coup d'un soir ?
- Pour l'éternité, répliqua Harry sans réfléchir un seul instant.
Il était hors de question qu'il aille voir ailleurs, tout comme Severus. Il le voulait entièrement, son corps, son cœur et son âme.
- Montre-lui que tu es sérieux.
- Je lui ai dit.
- À l'évidence, ça n'a pas fonctionné puisque tu cherches toujours un moyen de le séduire, constata Ginny.
Harry n'eut jamais autant envie d'étrangler quelqu'un. Pourtant, la jeune Sixième Année ne faisait qu'énoncer un fait mais Harry refusait de l'entendre. Il ne voulait pas qu'on parle de ses échecs. C'était étonnant d'ailleurs qu'il parvienne à séduire des partenaires d'un soir et qu'il ne puisse pas attirer à lui son compagnon. C'était stupéfiant mais pas amusant du tout.
- Pourquoi tu ne lui ferais pas la cour ?
- Quoi ? fit Harry, interloqué.
- La cour, répéta Ginny patiemment. Tu dois le séduire par des petites attentions, lui montrer qu'il t'intéresse.
Harry la regarda, ahuri.
- À quoi ça sert ?
- Merlin, soupira Ginny en levant les yeux au ciel. Tu ne sais pas ? Mais... mais c'est la base ! Tu comprends ça ?
- Heu... non, avoua Harry.
Il vit avec effarement la sœur de son meilleur ami enterrer son visage dans ses mains, dépitée.
- Merlin, aide-moi ! Ce mec est stupide, soupira-t-elle. Harry, c'est un moyen subtil de faire comprendre à l'élu de ton cœur que tu es sérieux !
- Ah. Et ?
- Quoi, et ?
- En quoi ça consiste ? fit Harry, curieux.
Ginny soupira de nouveau. Comment Harry ne pouvait-il pas savoir ça ? Elle se souvint ensuite que les filles lui tombaient dans les bras lorsqu'il était encore hétéro. Il n'avait jamais eu à séduire qui que ce soit. Aujourd'hui, il le payait.
- Tu dois lui faire des petits cadeaux, lui écrire de petits mots doux, tout ça.
- Et ça marche ?
- Ça devrait. En général, ça fonctionne. Chez la majorité des gens en tout cas.
- Et chez les hommes aussi ?
Ginny hocha la tête lentement. Oui, chez les hommes aussi. Malheureusement pour elle. Elle avait beau se dire que Harry était gay, elle avait toujours espéré qu'il lui reviendrait. Certes, elle avait tourné la page mais avait toujours le béguin pour le brun. Et elle se doutait que ce fameux béguin ne partirait jamais. Elle avait toujours entendu parler de Harry Potter, durant toute son enfance, et comme toutes les petites filles, elle rêvait du « chevalier blanc » qu'était Harry. Il avait après tout débarrassé le monde sorcier de Lord Voldemort. Elle avait eu la chance de voir son frère devenir ami avec le brun, le voir plus souvent que les autres pendant les vacances d'été au Terrier, et sortir avec elle.
Mais voilà, si le rêve était devenu réalité, l'inverse n'était pas vrai. Elle n'avait pas su le garder auprès d'elle, se marier et avoir des enfants. Aujourd'hui, Harry était gay et sautait presque sur tout ce qui bougeait.
- Oui, Harry. Normalement, ça fonctionne aussi. Mais il faut s'adapter, selon les personnes.
- Petits mots doux et petits cadeaux ? C'est ça ? répéta Harry, incertain.
- Oui, Harry, c'est ça. C'est bon ou tu veux que je t'aide à séduire l'amour de ta vie ?
Même Harry nota la remarque sarcastique. Il devina aisément que Ginny ne parvenait à se remettre tout à fait de leur rupture, même si cela faisait un an.
- Non, je pense que ça ira. Merci Gin' pour ton aide.
Il la gratifia d'un sourire et la vit quitter le dortoir.
- Alors ? Tu vas faire quoi ? questionna Ron, intrigué.
- Comment ça ?
- Comment tu vas séduire Rogue ?
- Bonne question. J'avoue que je ne sais pas encore. Pourquoi, tu as des idées ?
- Comme l'a dit Ginny, des petits mots doux ou des actes. Et le Quidditch.
- Comment ça le Quidditch ? s'affola Harry.
Il ne voulait pas abandonner son poste de Capitaine ni arrêter ce sport. Il aimait trop jouer, l'adrénaline des matchs, les sensations du vent dans ses cheveux. Il ne pouvait pas arrêter. Ce n'était pas possible.
- Si tu restes dans l'équipe, vous aurez toutes les chances de gagner la coupe, fit lentement Ron. Et Serpentard perdra, donc Rogue ne le prendra pas bien.
Harry considéra la question. Ron n'avait pas tort. S'il restait dans l'équipe, Serpentard n'aurait aucune chance de gagner la coupe de Quidditch et Severus le détesterait plus encore.
Le succube prit, à contre cœur, la décision d'arrêter l'activité qu'il aimait le plus au monde, juste pour son compagnon. Il allait devoir rendre compte à McGonagall et Bibine. La première, car c'était sa directrice de maison, la seconde, car elle s'occupait des équipes et c'était vers elle qu'il fallait aller pour s'inscrire.
Harry était convaincu que Minerva allait tenter de le dissuader de partir. Elle voudrait qu'il reste et garder la coupe qui était dans l'équipe des Gryffondor depuis la Première Année de Harry.
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Severus était en train de manger tranquillement, sans écouter les conversations de ses voisines qui papotaient joyeusement. Minerva était une incorrigible bavarde.
Il dressa l'oreille en entendant la directrice des Gryffondor vitupérer soudain à la mention du mot Quidditch. Apparemment, Potter avait rendu son insigne de capitaine et avait refusé de continuer à jouer.
- Je n'arrive toujours pas à y croire, Aurora. Potter a toujours adoré et excellé dans le Quidditch, et il refuse de continuer. J'ai tenté de le convaincre du contraire, mais il est resté malheureusement ferme. Nous aurons bien moins de chances de gagner la coupe cette année sans Potter.
- C'est un fait, Minerva. Potter a l'air d'être né sur un balai. Il est bien dommage, je vous l'accorde, de gâcher un tel talent. Vous a-t-il dit pourquoi ?
- Non, et ce n'est pas faute d'avoir demandé. Je me suis renseignée auprès de Rolanda. Il n'a pas donné plus d'informations. Mise à part qu'il devait se concentrer sur quelque chose qui lui tenait à cœur.
- Une personne à séduire ? proposa Aurora en se rappelant que Harry était un succube.
Severus se fit plus attentif, sans montrer le moindre signe d'intérêt. Potter aurait arrêté le Quidditch pour séduire quelqu'un ? L'idée était grotesque. Il avouait sans peine que le gamin était indéniablement doué lorsqu'il volait. Il fallait être fou ou aveugle pour ne pas l'avoir remarqué. Mais jamais Severus ne le dirait à voix haute, autant se couper la langue.
- Jusque là, Potter n'a jamais cherché à changer ses habitudes, pas même pour un de ses amants de passage, grommela Minerva qui voulait avoir le fin mot de l'histoire. Pourquoi aujourd'hui ? Sauf si cette personne est la bonne et qu'il veut lui faire plaisir, fit-elle soudain.
- Une personne qui n'aime pas le Quidditch ? souleva Sinistra.
Les deux femmes se regardèrent de connivence. Severus pouvait parier son salaire que les commères de l'école, sans aucun doute alliées à Filius Flitwick, commère-en-chef, allaient mener l'enquête. Pour un peu, Severus aurait presque pitié du pauvre malheureux qui allait subir leur courroux. Il les connaissait assez pour savoir qu'elles allaient le retrouver et exiger qu'il fasse changer Potter d'avis.
Il aurait pu en rire mais il n'en eut pas le temps, un hibou – qu'il reconnut aisément car c'était le volatile de la veille – déposa devant lui une petite boîte avec une lettre avant de s'envoler.
- Par Merlin, Severus, qui vous envoie ce colis ? s'intéressa Minerva.
- Mêlez-vous de vos Mandragores, Minerva, répliqua Severus d'une voix absente, presque automatique.
Il déplia la lettre en premier lieu et la reposa aussitôt sans en avoir lu une seule ligne. Par Merlin, Harry ne comptait pas le lâcher de sitôt. Severus ferma les yeux et reprit la missive. Il était curieux et voulait savoir ce que l'infernal gamin lui voulait.
« Mon cher compagnon,
J'avoue être perplexe. Tu acceptes mes lettres mais tu ne me réponds pas. Je sais que tu les lis avec application, comme toujours. Tu es toujours consciencieux dans tout ce que tu entreprends. Je sais que tu prêtes attention à tout ce qui t'entoure malgré ton impassibilité et j'aime ça.
Au vu de mes deux dernières lettres, j'ai pris une décision, peut-être radicale, mais c'était pour toi, pour que tu saches que je dis la vérité.
Je pense à toi tous les jours et chaque heure qui passe, je me demande comment je peux te faire comprendre que tu m'intéresses.
J'avoue ne jamais avoir eu besoin de séduire qui que ce soit, mais tu es différent des autres, je dois donc tenter une approche différente. J'ai d'ailleurs commencé. J'ai déjà posé ma démission pour le poste de Capitaine et me suis retiré de l'équipe, pour toi. Je sais que tu veux voir les Serpentard gagner, je me suis dis que ça te ferait plaisir. J'espère que c'est le cas.
Je suis sérieux, Severus. C'est toi que je veux et toi seul. Attends-toi à ce que je continue mes attentions. Tu as sans doute remarqué la boîte qui est arrivée avec cette lettre. C'est, j'espère, une preuve de mon affection pour toi.
Avec tout mon amour,
Harry. »
Severus soupira et replia lentement le parchemin. À d'autres occasions, il aurait jeté un Incendio, mais là, il demeurait intrigué, presque pensif. Potter avait donc cessé le Quidditch pour lui ? Pour que Serpentard ait une chance de gagner ?
Potter avait arrêté le sport qu'il aimait le plus au monde, l'activité pour laquelle il était incontestablement doué, pour Severus ?
Il avait volontairement privé l'équipe de Gryffondor de son talent et de son habileté pour faire gagner l'équipe adverse ?
Severus avait beau tourner et retourner la question dans tous les sens, il n'arrivait pas à y croire. Et tout ça pour quoi ? Pour prouver qu'il tenait à lui ? C'était... Le professeur de Potions ne parvenait pas à trouver un qualificatif assez juste. Il hésitait entre stupide et amusant.
Est-ce que ça changeait ses sentiments pour Potter ? Severus ne savait pas. Malgré la lettre et les dires des deux commères de Poudlard, il ne parvenait pas à se convaincre que Harry disait vrai. Il n'arrivait pas à concevoir que le succube puisse l'avoir choisi, lui, comme compagnon. C'était invraisemblable.
Il dut se rendre à l'évidence lorsque, le lendemain matin, au petit-déjeuner, il reçut une nouvelle lettre lui indiquant qu'un bouquet de fleurs l'attendait dans ses appartements. Severus, en y retournant pour récupérer ses affaires, tomba des nues quand il découvrit une composition florale de bleuets, de lilas blancs, de violettes, d'arums, d'hibiscus ainsi que d'œillets rouges et roses. Le tout dans un vase et accompagné d'une autre missive.
« Severus,
Je ne doute pas un seul instant de tes connaissances en Botanique, mais je me dois de te dire que ces fleurs représentent tout ce que je ressens à ton égard.
J'espère que ce petit présent te plaira.
Avec tout mon amour,
Harry. »
Severus nota en reposant le parchemin que Potter semblait avoir amélioré son vocabulaire et ses tournures de phrases. Il suffisait de voir ses deux dernières lettres, le style était presque guindé. L'homme donnerait cher pour savoir où l'insolent gamin avait pu apprendre à écrire de la sorte. Sûrement l'influence de Black.
La partie romantique de Severus – qui remontait à la surface assez rarement – s'empressa de faire des recherches sur la signification des plantes offertes par le morveux. L'homme tomba des nues une nouvelle fois en peu de temps. Il resta figé devant son livre recensant les différentes fleurs et ce qu'elles voulaient dire. L'exemplaire avait appartenu à sa défunte mère qui avait une passion pour les compositions florales.
D'après le livre, les violettes révélaient un amour caché, tout comme les bleuets qui évoquaient la timidité de dévoiler ses sentiments. Le lilas blanc symbolisait un amour naissant qui s'éveille pour la personne à qui il est offert. Les arums, quant à eux, signifiaient directement le désir d'une relation charnelle, tout comme l'hibiscus. Quant aux œillets rouges et roses, ils montraient une ardente passion.
Severus ne trouva aucune faute de goût dans ce bouquet et, mine de rien, il appréciait fortement le geste. Personne ne lui avait jamais offert le moindre cadeau, c'était la première fois depuis aussi loin que remontaient ses souvenirs.
Il se permit d'humer les senteurs qui se dégageaient harmonieusement du bouquet. Il prit le vase et l'installa sur la table basse de son salon. Les couleurs égayaient un peu la pièce et il se surprit à penser qu'il pourrait bien s'habituer à la vue de fleurs chez lui.
Tour à tour, il reçut d'autres bouquets, des chocolats, des ingrédients de Potions – qu'il avait déjà en grande quantité mais c'était l'intention qui comptait – et diverses lettres enflammées où la créature lui déclamait son amour éternel.
Severus avait trouvé cet acharnement presque terrifiant. Il n'avait pas pour habitude d'être courtisé et avait presque l'impression d'être harcelé. Cela dit, Potter n'allait pas plus loin que les déclarations et les cadeaux. Il avait, semble-t-il, compris que son professeur refusait totalement le moindre contact.
L'homme espérait, malgré le plaisir de ces attentions, que Potter cesse. Il ne faisait rien pour encourager le Gryffondor qui n'avait pas l'air de se décourager pour autant. Severus avait toujours l'impression que ce n'était qu'une vaste plaisanterie, alors il ne donnait pas suite.
Il ignorait totalement que tout ça n'était que la plus stricte vérité, que Harry n'avait nullement l'intention d'aller voir ailleurs, et que son seul moyen de soulagement était la masturbation intensive.
Toutes les nuits, Harry rêvait de son compagnon, d'une folle nuit d'amour avec lui et dans toutes les positions possibles et imaginables, à tel point qu'il se réveillait le matin le pyjama poisseux et le sexe dur.
Cela dit, Severus en eut un aperçu lorsque le succube lui envoya un matin, dans la Grande Salle, une autre lettre. L'homme la lut et ne put s'empêcher de recracher son café lorsqu'il se rendit compte qu'il avait sous les yeux une scène de sexe, le mettant en scène avec Harry.
- Trente points en moins pour Gryffondor, marmonna-t-il en jetant un sort de nettoyage à sa place.
Cette scène n'était pas passée inaperçue et Albus s'inquiéta de le voir perdre son sang-froid.
- Tout va bien, mon garçon ? Une mauvaise nouvelle ?
- Cela ne vous regarde en rien, Albus, grogna Severus en froissant le courrier avant de jeter un Incendio dessus.
Comment Potter avait-il pu oser lui envoyer une telle chose ? Malgré son dégoût de s'imaginer avec le gamin dans un lit, lui faisant subir les derniers outrages, Severus s'était senti réagir. Son sexe était compressé dans son pantalon et il ne pouvait rien faire pour se soulager. Il avait horreur de se masturber et ne voyait comme solution à son tourment qu'une bonne douche froide ou penser à des images horrifiantes.
Il ne fit ni l'un ni l'autre, il se força à se réciter l'entièreté de la potion Tue-Loup avec toutes les étapes et les interactions des ingrédients entre eux. Il fut soulagé lorsqu'à la fin, son sexe perdit sa vigueur.
Il se fit la réflexion qu'il allait devoir convoquer Harry dans son bureau pour lui faire comprendre que ce genre de choses ne se faisait pas et qu'il lui administrait, non pas une bonne fessée, mais une lourde retenue avec Rusard.
Cela dit, il n'avait pas très envie de voir le gamin seul, avec lui, dans son bureau. Il se résolut à lui envoyer une lettre lui indiquant sa retenue et les motifs de cette dernière.
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Quand Harry vit un des hiboux de l'école se poser devant lui et lui tendre une patte à laquelle était attachée une lettre, le jeune homme fronça les sourcils. Il récupéra l'enveloppe et libéra l'animal.
En lisant son nom inscrit, Harry sauta presque de joie. Il venait de reconnaître l'écriture de son compagnon. Son cœur fit une embardée dans sa poitrine et le jeune homme chercha frénétiquement Ron du regard. Son meilleur ami disputait une partie d'échecs avec Seamus et était fortement concentré. Mais le succube n'était pas prêt à attendre la fin.
Il arracha Ron à son siège, se moquant comme d'une guigne des vitupérations du rouquin. Il l'entraîna à sa suite et ils s'enfermèrent dans leur dortoir.
- Je peux savoir ce qui t'a pris de m'emmener comme ça ?
- J'ai reçu une lettre, Ron, cria Harry, hystérique.
Ron soupira. On l'avait arraché à une partie fort intéressante pour une lettre ? Il aurait presque décapité son meilleur ami. Mais, il était curieux de savoir le contenu.
- Ouvre-la, fit-il, presque exigeant.
Harry s'assit sur son lit, en tailleur, et décacheta l'enveloppe d'une main tremblante. Ron, en voyant ça, prit les choses en main afin d'éviter toute perte. Il connaissait suffisamment bien le brun pour savoir que, lorsque celui-ci était fébrile, il pouvait aller jusqu'à déchirer le papier.
- Tiens.
Harry ne le remercia pas, se contentant de récupérer son bien. Il déplia le parchemin et le lut. Ron vit avec une certaine fascination le visage de son meilleur ami passer par toutes les couleurs et les yeux émeraude briller soudain de larmes.
La lettre n'était visiblement pas une bonne nouvelle.
- Harry ? s'inquiéta le rouquin.
Le succube lui tendit son courrier et se pinça fortement les lèvres pour ne pas pleurer, le cœur en miettes. Il ne pouvait pas y croire.
Ron récupéra le papier et le lut à son tour.
« Monsieur Potter,
J'ai le regret de vous annoncer que vous serez en retenue avec Monsieur Rusard tous les soirs de la semaine prochaine, à partir de vingt heures, pour incitation à la débauche et insinuations douteuses envers un de vos professeurs.
S.R »
Ron avisa l'air dépité de Harry et jura. C'était peut-être la pire nouvelle pour la créature. Il posa la lettre et s'approcha de son ami, ouvrant les bras comme le ferait une mère. Harry ne chercha pas à réfléchir et fondit dans le giron du rouquin qui le serra contre lui. Ce dernier lui murmura des paroles sans queue ni tête, laissant le brun pleurer tout son saoul en agrippant sporadiquement la robe du jeune Weasley entre ses doigts.
- Tu ne dois pas te laisser abattre, Harry, lui murmura Ron.
- Il... Il...
Harry n'arrivait pas à articuler le moindre mot. Il hoquetait sans cesse, rendant ses paroles incompréhensibles.
- Chut. Pleure, on verra après ce qu'on fera, lui conseilla le dernier des fils Weasley en tapotant doucement son dos.
Le succube n'arrivait pas à croire que Severus lui collait une retenue, simplement parce qu'il avait osé lui parler de son rêve.
Quand Harry se calma enfin, Ron lui tendit un mouchoir qu'il venait de sortir de sa poche. Le succube se moucha bruyamment avant de rendre le bout de tissu à son ami qui regarda, dégoûté, l'étoffe souillée. Il avait pensé que Harry sécherait ses larmes, pas qu'il viderait son nez.
- Tu ne dois pas te laisser abattre, Harry, fit Ron en jetant le mouchoir sur son petit tas de linge que les elfes devaient récupérer dans la soirée. Continue de lui montrer que tu veux de lui, que tu tiens à lui et que tu ne lui en veux pas malgré ce qu'il vient de te faire.
- Tu crois ? demanda le succube d'une toute petite voix.
Il avait tout fait correctement, les cadeaux, les lettres, les regards langoureux que Severus ne semblait même pas voir, les sourires qui passaient inaperçus, les dragues éhontées... Il avait tout essayé. Il avait presque envie de jeter l'éponge, comme disaient les moldus. Il était fatigué. Mais il savait que, sans Severus, il ne serait jamais heureux et que, s'il abandonnait maintenant, il n'obtiendrait jamais le professeur. Or, il le voulait.
- Oui. Continue ta cour mais évite les récits de tes rêves, ajouta Ron pour finir.
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Quand Severus reçut une nouvelle lettre, le lendemain matin, il se figea. Il avait cru que Harry allait s'arrêter une fois l'annonce de sa retenue. Mais il fallait croire que le gamin avait la tête dure.
« Tu pourras me coller autant de retenues que tu voudras, Severus, je n'abandonnerai pas. Tu es mon compagnon, que tu l'acceptes ou non. »
L'homme ferma les yeux. La teneur de la lettre était claire et nette, Potter n'allait pas le lâcher de sitôt.
À suivre
Alors, ça plaît toujours? Je n'ai pas besoin d'aller m'exiler en Papouasie et vivre en pagne, loin d'un ordi? Je serais malheureuse sans et mes copines de skype me manqueraient.
