auteur: Flo-de-Miel
personnages: Ed et Al
note: merci pour vos reviews, cher lecteurs! Je vois que vous êtes nombreux à aimer Noël (sauf un, lol), Edith Piaf et les bishos en manque d'amour XD
Promis, je continuerai sur la même voie. Sauf que, en plus de la romance, je vais rajouter de la… sensualité! XD
(J'aime, j'aime, tes yeux, j'aime, ton odeur, tout tes geste, en douceur, lentement, dirigés, sen-su-a-li-té-é!)
What I want for Christmas
II
Edward avait de la neige plein les cheveux, qui avait coulé le long de son cou une fois fondue, et le froid lui avait mordu la peau des joues jusqu'à l'en faire rougir, mais, qu'importe, il avait trouvé de quoi manger! Il arborait avec une fierté déplacée son pain gris à moitié sec, et ses tranches de jambes peu fraîches, ne pouvant effacer de ses lèvres un sourire satisfait.
Quand il fut arrivé chez lui, il poussa la porte et appela aussitôt son petit frère, pressé de lui monter son trophée:
- Hey, Al!! J'sui rentré!
Il retira sa chaussure gauche à l'aide de son pied droit, puis inversement, les yeux rivés vers la porte du salon, d'où il était certain de voir débouler Alphonse.
Mais Alphonse ne vint pas.
Etonné, l'aîné Elric s'avança dans le hall. Le son de leur vieille radio lui parvint alors, trahissant la présence d'Alphonse dans la cuisine. Il s'y rendit en déboutonnant sa veste, et y découvrit Alphonse, endormit sur la table de la cuisine.
Aussitôt, Edward remarqua les tâches d'encre sur les doigts de son petit frère, ainsi que le stylo-plume posé devant lui. Cependant, il n'y avait aucune lettre. Sans plus y réféchir, Edward s'approcha de la radio pour la couper.
"Le discours du furher a redonné à la nation la su…-Clic"
Son regard dériva ensuite vers le sol où se trouvait la corbeille à papier. Il s'abaissa et saisit le premier document froissé qui s'y trouvait. En le dépliant, il reconnut aussitôt l'écriture de son petit frère.
Il jeta un regard furtif vers Alphonse, toujours plongé dans un profond sommeil.
Sacha,t que son petit frère ne se réveillerait pas, Edward, tout en douceur, s'installa sur la chaise en face de lui, et il se mit à lire.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il se rendit compte que la lettre était adressée à Winry!
Chère Winry,
Ici, c'est l'enfer! Comme d'habitude, Edward s'est mis en quête d'une chose impossible à atteindre.
"Ha bon?" Songea Edward, surpris que, dès le début, son frère vienne à l'agresser.
Enfin, je dis ça, mais ce n'est pas tout à fait vrai, vu qu'il a réussi à récupérer mon corps. N'empêche, cette histoire de bombe d'uranium commence à me pomper!
"Il a du culot! Il avait qu'à me le dire s'il en avait marre! Une fois planté tout seul à Munich, il aurait moins fait le fier!"
Je suis sur qu'il te manque – à qui Edward ne manquerait pas? Même le colonel Mustang doit le regretter, lui et son sale caractère – mais je te jure que, pourtant, c'est pas facile tous les jours avec lui…
"Mais, bordel!? Qu'est ce que je lui ai fait?"
Il ne peut pas s'asseoir trente secondes et profiter de la vie! Il ne peut pas trente secondes profiter de moi! (je veux dire par là, profiter de ma présence, parler avec moi, etc.)
On dirait qu'Edward est content que je sois là, qu'il s'accommode de ma présence, mais, d'un autre côté, on ne partage jamais rien de concret ensemble.
On dirait que je suis un espèce de trophée. Son but était de me rendre mon corps, et il a réussi. Alors, désormais, je suis un "objectif atteint", une coupe en or massif, qu'il regarde de temps en temps du coin de l'œil, comme pour se rassurer que personne ne la voler.
"Al… Tu penses vraiment ça ?"
C'est fatiguant. Moi, je voudrais qu'il stoppe sa course effrénée, ses envies de sauver l'humanité, et qu'il se rende compte que je suis là, prêt à lui donner de l'amour et de l'affection. …
Edward ne put s'empêcher, en lisant ces mots, de porter son regard sur son frère endormi. Il resta quelques secondes à contempler son visage, ses lèvres roses légèrement ouvertes et ses paupières tremblantes sous les rêves. Tout ce petit corps, là, assoupit devant lui, voulait lui offrir de l'affection…
Et, soudain, Edward rougit, et il mit cette réaction sous le coup de la honte, bien que ce ne fut pas tout à fait le cas.
Quand je relis ce que je t'écris, je me dis que je suis pathétique.
Déjà, cette lettre n'arrivera jamais jusqu'à toi. A moins que la poste entre les mondes parallèles n'existe, bien sur.
Avec tout ça, je ne parle que de mes petits problèmes, et j'en oublie de te demander comment tu vas.
Bien, j'espère? Peut-être un peu mélancolique, comme moi?
J'imagine qu'il fait beau dans notre village. Ca me manque, ce soleil! En Allemagne, tout est terne et gris. Les maisons sont belles, et l'ensemble de la ville (Berlin, en l'occurrence, le dernier endroit où, selon Edward, la bombe aurait atterri) est assez charmant.
J'arrive au bout de ma feuille, je dois conclure. Que pourrais-je encore te dire si ce n'est que tu me manques? que notre monde me manque? que l'Edward qui s'occupait de moi me manque? J'espère te revoir un jour, même si ce vœu semble irréalisable,
Je t'embrasse bien fort, et te transmet le bonjour d'Ed,
Alphonse Elric
Edward fit rouler une dernières fois ses yeux sur la feuille, comme pour bien s'imprégner des mots, puis il la recroquevilla tout en douceur.
Il se leva, s'approcha de son petit frère, l'embrassa sur le front, puis quitta la pièce, jetant au passage la lettre dans la corbeille à papier, là où il l'avait dénichée…
Il retourna dans le hall, accrocha sa veste au portemanteau, puis, réfléchit.
Comment prouver à son frère qu'il avait tort? Qu'il avait tout faux? Qu'il se trouvait même à l'opposé de la vérité?!
Car, en réalité, si Edward partait sans cesse dans des quêtes impossibles, ce n'était par ennui de devoir s'occuper dAlphonse. Au contraire: il avait tout bonnement peur de lui dévoiler un trop plein d'amour.
Il était effrayé par ses propres sentiments…
Là, dans son petit cœur de grand garçon, bouillonnait des millions de pensées condamnables.
Ce qu'il désirait vraiment, c'était serrer Alphonse dans ses bras, l'embrasser, sentir sa peau contre sa peau.
L'aimer, enfin... l'aimer tout simplement.
Mais, en s'imaginant toutes ses scènes, Edward rougit atrocement. Il sentit une légère crampe dans son bas ventre. Un mélange de désir ardent et de dégoût de soi-même. Comment pouvait-il rêver de cela? Comment osait-il salir son petit frère?
Edward se ressaisit soudain, fâché contre lui-même:
"Crétin! Tu n'es qu'un crétin! Arrête ça! Arrête de te faire du mal!" Songea t'il.
Il retourna d'un pas prompt vers la cuisine, et, là, comme s'il venait d'arriver, comme si la lecture de cette lettre n'avait jamais existé, il secoua l'épaule de son frère avec sa vivacité habituel.
- Al, debout! J'suis rentré avec le souper! Arrête de ronfler, paresseux!
Alphonse gémit doucement, puis ouvrit ses paupières, les yeux vitreux. Quand il aperçut son frère, un sentiment de bien-être l'envahit.
- Oh, Ed, tu es la… Fit-il en souriant.
- Mais non, crétin, c'est mon fantôme! Se moqua l'autre en ouvrant le tiroir de la cuisine.
Il saisit deux couteaux, puis ouvrit le garde à manger et alla poser le beurrier sur la table, à côté du pain et du jambon. Il s'assit, puis, se mettant à tartiner une tranche, lança à Alphonse sans le regarder:
- C'est d'accord, pour demain. Tu as l'air d'aller mieux, alors, tu peux venir avec moi porter ces foutus sapins.
Tout heureux, les yeux d'Alphonse passèrent de l'aspect endormi à celui scintillant d'étoiles.
- Oh, Ed! Merci! Tu vas voir, je vais être super efficace! Je vais porter des sapins à m'en faire des crampes au dos…!
Puis, sous le regard sévère que son frère venait de lui lancer, il corrigea timidement:
- Euh… Enfin, je… C'était une manière de parler. Je vais faire attention, promis.
- T'as intérêt. Parce qu'il faut que tu sois en forme pour Noël. J'ai prévu de rejoindre la troupe de Noah, histoire qu'on fête ça dignement.
Cette fois, Alphonse fut abasourdi. Il balbutia, sans encore y croire:
- Mais, Ed, et la bombe…? Ca fait deux semaines que tu ne jures que par la nuit de Noël! Tu disais que c'était le meilleur moment pour agir sans que personn ne s'en rende compte! … Tu… Tu laisses tomber?
Edward croqua vigoureusement dans sa tartine et, la bouche pleine, répondit en haussant les sourcils:
- Ché chanché d'avis, chè tout. °gloup° Beurk! Jamais manger un jambon aussi dégelasse!
Alphonse était aux anges. Il dévisageait son frère comme s'il eut s'agit d'un être divin, d'une apparition miraculeuse.
Mais oui?! Etait-ce en miracle? Le père Noël avait-il entendu sa prière? Winry avait-elle rappliquée à Berlin, et gronder Edward sur son attitude, avant de repartir aussitôt?
Quoi que fut la réponse, il remercia cette chose qui avait permis un tel changement, sans savoir que, en réalité, il s'agissait de son frère, et de son frère seul.
à suivre...
Maintenat, les sentiments des deux personnages sont posés. le dernier chapitre vas nous clôturer tout ça! ;-D
Vous préférez une fin "soft" ou plutôt... arrosée? XD
