RENCONTRE INNATENDUE

NON ! Exclu que ça se passe ainsi. Jacob était mon meilleur ami, mon frère de cœur, mais rien de plus, rien de moins. J'avais réagi de manière tellement idiote ! Ça avait été pourtant l'occasion de montrer que mon sentiment à son égard n'était pas réciproque. Mais comment lui faire savoir, que je considérais notre rapprochement comme simple amitié sans le blesser ? Or, ce n'était pas ce que je voulais. Je me trouvais dans une impasse, encore.
Je ne pouvais partager mon cœur, et celui-ci battait toujours pour... Edward.
Paniquée, je guettais une quelconque réaction ou signe de souffrance. Rien.
─ Edward ? murmurai-je.
Toujours rien. Je me sentais perplexe que son prénom n'avait produit aucun effet, mais je m'interdisais de croire que la présence de se bouclier anti-douleur venait de l'acte de Jake. Cela ne m'aiderait pas, surtout pour clarifier mes relations avec celui-ci.
Je ne voulais pas rentrer chez moi, j'éprouvais un besoin de m'isoler, de m'éloigner de tout le monde. Je me garais en bordure de route, juste à lisière de forêt, endroit que je ne connaissais pas. En sortant de la voiture, ma peau vint en contact avec le vent, je frissonnais ; l'air était humide et froid après l'averse.
Tout de suite, je m'enfonçais dans les bois, ne prenant pas la peine de me faire des repères, et marcher sur le sentier.
Il faisait maintenant sombre, sûrement parce que les arbres devenaient broussailleux, et ne laissaient pas filtrer la lumière du jour. Je titubais de temps en temps, en m'égratignant contre les buissons épineux. Tout était bizarrement silencieux, mis à part le crissement de mes pas sur le sol. C'était angoissant, et je me sentais nerveuse.
Mais j'avançais droit, ne m'arrêtant pas. Une force inconnue me poussait d'aller plus loin, plus vite. Je forçais donc l'allure, marchant précipitamment, puis me mettant à courir.
Je ne contrôlais ni mes jambes, ni mes mains, ni mes sens, donc mes gestes. J'avais l'impression qu'on m'avait planté des ficelles invisibles dans chaque parcelle de mon corps ; une pauvre marionnette. On me tirait dessus, m'obligeant à avancer, et mes muscles se révoltèrent car mon cerveau leur imposait le contraire de ce que j'exécutais. Ces ordres brutaux de nulle part ne me faisaient ressentir aucune douleur, mais créaient une véritable pagaille dans mon esprit. Ma volonté et mes mouvements ne s'accordant plus ensemble, j'étais en réelle confusion.
Je ne sais combien de temps après, je me rendis compte que je m'étais arrêtée, mais je ne distinguais pas où je me trouvais, une lumière vive me faisait plisser mes yeux habitués à l'obscurité. Ma tyrannie intérieure avait disparue, et je fus libre de diriger mes membres normalement. Je retrouvais peu à peu ma vue, et quand elle me revint, je pus voir... une clairière. Cette clairière, d'une familiarité frappante. Comme si ça avait été hier.
La défense passive qui englobait mon cœur ne servit plus à rien. Elle explosa, telle une piteuse bulle de savon me laissant à découvert. Quelque chose se brisa en moi, m'arrachant un hurlement de souffrance. Mais ce ne fut pas tout. A chaque geste rappelé, à chaque parole, un pic pointu s'enfonçait dans mes poumons, m'empêchant de respirer sans qu'une affreuse douleur me transperce la poitrine. Je tombais à genoux, suffocant, m'étouffant, et priant des forces qu'il me restait pour que ce châtiment cesse. Que ça s'arrête !
─ C'est ainsi que je vais mourir, torturée par mes souvenirs avec toi, mon amour. Je ne veux jamais t'oublier, jamais. Je t'aime, malgré tout et pour toujours, Edward, haletai-je faiblement.
Mes derniers mots. Je m''effondrais sur l'herbe mouillée, je ne voulais plus me battre. Je ne voulais plus souffrir.

De l'air pur et agréable, je l'aspirais un bon coup. Du soulagement. Un bien être inexprimable m'enrobait tout entière.
J'ouvris les yeux, et me levais prestement sur mes jambes. Je méconnaissais ce lieu. Une pièce petite et rectangulaire, aux murs de bois d'ébène couvert de masques tout aussi noirs. Une cheminée en pierre se dressait dans le point opposé de la pièce où j'étais, un feu s'y consumant. Une table de chêne, quelques chaises, un canapé défoncé et une mini télévision. Pourquoi me trouvais-je ici ?
─ Bella ! Comment vas-tu ? m'interpella une voix grave et mesurée.
Ce n'était pas vrai ! Mon cœur fit un faux battement, et je vacillai dangereusement quand je reconnu la personne qui m'avait adressé la parole. Une peur insurmontable m'envahis laissant ensuite place à la stupeur. Était-il possible que c'était bien lui ?
─ Laurent ?? balbutiai-je, convaincue que tout cela soit irréel.
Il se tenait dans l'encadrement de la porte, me regardant sereinement, sa beauté vampirique enflammant mes yeux. Je remarquai tout de suite que ses prunelles étaient d'un rouge assoiffé, ce qui ne fit qu'augmenter ma frousse réapparue. Je me mis à reculer bêtement au mur, même si je savais que mon agresseur n'aurait aucun mal pour me rattraper. Mais... Pourquoi ? Que ce passait-il ?
Un sourire malicieux s'étira sur ses lèvres parfaites, et il se dirigea vers moi à une vitesse vertigineuse. Je sursautais violemment quand je sentis un souffle glacé frôler ma nuque.
─ Je suis flatté que tu te rappelle de mon nom, Bella, (comment pourrais-je oublier ?!) murmura-t-il suavement dans mon oreille. Je n'ai pas pu résister à ton odeur, tu es tellement délicieuse, susurra-t-il en humant longuement mes cheveux ce qui me déclencha de nouveaux tremblements. Il caressa tendrement mon cou avec sa main froide et dure comme du fer.
─ Mais tu n'as pas répondu à ma question. Comment vas-tu ? répéta-t-il sauvagement.
─ Bi...bien, réussis-je à articuler, paralysée par cette majestueuse agressivité.
─ Edward Cullen te manque ? enchaîna-t-il.
D'abord, je fus interloquée d'entendre son nom sortir d'une autre bouche que la mienne, ensuite, étonnée par la facilité et le culot avec lequel il me le disait. J'étais habituée qu'on n'aborde pas ce sujet en ma présence, sinon avec réticence. Puis, des souvenirs ressurgirent malgré moi, moins net, mais toujours aussi douloureux, et j'étouffai un cri.
Laurent le vit, rayonna méchamment en déclarant :
─ Oh que oui il te manque. Edward t'a fait souffrir, te fait et te fera souffrir. Mais tu l'aime quand même, faible humaine que tu es ! ricana-t-il.
Tout était vrai. Tristement vrai. Je n'étais qu'une pauvre humaine, hypnotisée naïvement par ces fascinantes créatures, incapable de se débarrasser du poids qui pesait sur son cœur affaiblit.
Mais une chose m'échappait. Comment savait-il que...les Cullen étaient partit ? Qu'Edward me faisait (je serrai les poings) du mal ?
Comme s'il lisait dans mes pensées (une comparaison qui me fit frémir de chagrin), il entama :
─ Tu dois te demander comment je suis au courant ? Eh bien, c'est simple, nous avons rejoint les Cullen chez Tanya. Nous, c'est-à-dire Jasper et moi (je tressaillis de surprise. Comment Alice aurait-elle pu accepter ?).
Il remarqua la stupeur qui se dessinait sur mon visage, et m'expliqua, l'air de parler à un vieux camarade d'enfance :
─ Jasper était tourmenté par les remords, après son acte contre toi à ta petite fête (il savait donc tout !). Voulant quitter les Cullen, il s'est enfui loin dans le Canada, et je l'ai croisé sur mon chemin. Nous avons commencés à chasser ensemble, ce qui était plus confortable et facile. Ensuite, nous avons voyagés encore plus au Nord, vers le Groenland. Nous y avons rencontrés un clan des nôtres, jusqu'alors inconnu : les Yoraï. Ils sont quatre et vivent là-bas dans le plus grand secret et cela depuis des décennies. Deux mâles et deux femelles, Tonnor et Flaros, Anrégie et Pelmora. Nous avons beaucoup hésités à rester, mais cette Alice (il avait craché son nom) nous suppliait de rentrer, ou plutôt Jasper. Celui-ci céda, et je suis revenu avec lui à Denaly. Jasper avait peur d'affronter la colère de ton cher petit Edward protecteur, mais il ne vivait pas avec les autres Cullen. Je ne sais pas où il se trouve, mais j'ai entendu dire Carlisle qu'il trainait dans les environ d'Amazonie.
Pendant trois mois, nous avons cohabité ainsi. Tout se tenait bien - sauf mes tensions avec Alice peut-être -, jusqu'au jour où Victoria a débarquée, folle de rage. Elle m'accusait de l'avoir laissée face à la solitude, n'ayant pas la force de chasser seule. Depuis la mort de James, la vengeance l'emprisonnait tout entière. Je l'ai donc suivis.
Ces deux derniers mois, je fus impressionné ; en mes cinq cents ans d'existence, je n'avais encore jamais vu quelque chose de tel. Une femelle aussi déchainée, forte, obstinée, devenue si autonome. Nous sommes allés à la recherche d'Edward, mais rien n'y faisait, on ne le retrouvait pas. Néanmoins, Victoria a un plan, bien meilleur... Elle te veut, toi, constata-t-il férocement.
Je compris progressivement le sens de sa proclamation, écarquillant les yeux de terreur. Une seule phrase résonnait alors dans la tête. « Victoria me tuera ».
Laurent se tut, s'extasiant de mon comportement. Je m'affolai de plus en plus. Depuis tout ce temps, ils tentaient de me capturer, pour me punir de l'exécution de James. Et ils y sont parvenus ; j'allais mourir.
─ Il est temps d'y aller, Bella. Victoria t'attend, s'excita-t-il.
Il me poussa vigoureusement vers la porte où il m'était apparu- je failli tomber sous la puissance de son geste -, et en l'ouvrant, je me retrouvais parmi des arbres touffus. Cette maison, en apparence si inoffensive – on aurait dit une représentation de celle d'Alice aux Pays des Merveilles grandeur nature -, avait été bâtie en plein milieu d'une forêt. En levant la tête, je pus apercevoir entre innombrables branches et feuillasse, le soleil haut perché dans le ciel. Midi certainement.
Je me sentais nauséeuse. Je savais maintenant, et malheureusement, que ceci était bien réel, mais j'avais l'impression de revivre un affreux cauchemar. Mêmes émotions et sentiments ; cet espace-temps avant la mort, je l'avais déjà vécu. Je devinai que Victoria voulait me torturer jusqu'à ce que ma dernière goutte de sang soit épuisée, et ses représailles satisfaites.
Tout se passa en un éclair ; et je pendais minablement sur les épaules de Laurent (sac à patates, ne pus-je m'empêcher de penser). Il m'avait attrapé les poignets ainsi que les chevilles, et je ne me débattis pas, consciente que protester devant la solidité de mon « adversaire » ne servirait à rien. Il éclata d'un rire rauque de ma soumission, puis s'élança dans les bois. Le vent sifflait dans mes oreilles, mais la vitesse hallucinante ne me produisait aucun effet dans la situation dans laquelle je demeurais.
Je ne possédais plus la notion du temps, je ne pouvais donc dire quand est-ce qu'il finit sa course. Je m'aperçus juste que le soleil avait quitté son zénith. Il me déposa brutalement sur le sol, mes pattes chancelèrent sous mon poids, et je perdis l'équilibre en m'affaissant pitoyablement par terre.
Sans aucun doute, je cauchemardais.
D'abord, je ne compris pas où est-ce qu'il m'avait emmenée, et je ne reconnaissais pas cet endroit. Je me trouvais dans une vaste plaine pratiquement dépourvue de végétation, un chemin sinueux apparaissant à l'autre bout, qui s'enfonçait dans la forêt.
Pis, soudain, un « click » retentit dans mon cerveau, et je me rappelais de tout.
Une après-midi, si différente de celle-ci, un orage s'apprêtant à éclater, je jouais avec les Cullen au base-ball ici même. J'avais rencontré Laurent, Victoria et James qui avait tenté de me tuer ici même. Sa traque avait commencée et elle allait finir ici même.
Victoria se tenait à une dizaine mètres de moi, sa chevelure couleur de feu s'entremêlant avec la brise. Elle me contemplait avec son air d'ange démoniaque, et je percevais en ronronnement de jouissance qui s'échappait de sa gorge. Instinctivement je m'éloignais en arrière, mais je ne pus faire plus de pas, un mur de marbre me barrant la route ; le torse de Laurent. Je rebondis contre lui, et m'effondrais au pied de ma tueuse, le visage dans la boue, m'empêchant de crier. Victoria explosa d'un rire satanique, et se penchant vers moi, me souleva le crâne en tirant férocement sur ma tignasse.
─ Isabella Swan, enfin... murmura-t-elle.
Je hoquetais de douleur. Les larmes me brouillaient la vue, mais je ne pouvais les essuyer, mes mains emprisonnées par une poigne d'acier. Je ne réussissais presque pas respirer, mon cou tordu par le mouvement imposé. On me plongea la tête dans la gadoue, me forçant à gouter à la terre fade sans que je puisse m'oxygéner. Je me débattis tant bien que mal, mais mes efforts n'égalaient en rien à la vigueur de mon meurtrier. Au moment où je me croyais morte d'étouffement, mon tortionnaire me releva la tête en plantant ses ongles pointus dans mes joues.
─ Regarde-moi, sale humaine, m'ordonna-t-elle.
Je fixais ses yeux d'un vert émeraude tachés de rouge empli de haine, et je pensais bien que j'allais périr d'effroi suite à ce regard venimeux. Mais je m'étais trompée :
Tout d'un coup, Victoria lâcha prise, me laissant à nouveau gésir dans la flaque d'eau sale. Je restais ainsi, ayant dépensée entièrement mon énergie, et je me considérais comme chanceuse de vivre encore. Pourquoi était-elle partie ? M'insuffler un peu d'espoir stérile faisait-il parti de son projet ? Peut-être. Après tout, ce devait être de la torture.
Je guettais des pas d'approche, mais je n'entendis rien de semblable.
Soudain, un grognement bestial tonna dans mes tympans, et je me recroquevillais sur place. Contrairement à ce que j'imaginai, j'eus le courage de me redresser pour découvrir ce qu'il ce passait. Premièrement, je vis que Laurent et Victoria abandonner les lieux prestement. Mais pourquoi s'en allait-t-ils ? Par la suite, je compris.
Une immense silhouette noire sortait du couvert des arbres, museau retroussé, dévoilant des incisives aiguisée qui aurait pu surement déchiqueter un simple humain d'un croc. Au préalable, je crus qu'il s'agissait d'un ours. Mais ce n'en était pas un du tout.
Figée par l'horreur, j'observais le phénomène. Était-il possible qu'un loup puisse être aussi grand ? Un feulement sinistre s'échappa de sa gueule, qui résonna en écho dans toute la plaine. Les deux compagnons continuaient de battre en retraite, et je fus curieuse de leur attitude. Pourquoi ce recul ? Avaient-ils peur du...de ce monstre ? Non ! Depuis quand les vampires craignaient-ils les animaux ?! Sans prévenir, ils tournèrent les talons, et s'évaporèrent dans la forêt. J'aurais été assurément soulagée, s'il n'y avait pas eu la présence du colosse. Pourvu qu'il parte lui aussi !
Malheureusement, il tourna son énorme museau dans ma direction, et commença à s'approcher. Terrifiée, je restais clouée au sol à l'instar de Laurent et Victoria.
Je contemplais les pupilles profondes de la bête qui avançait calmement à moi, imprégnées d'une intelligence non commune aux animaux sauvages. Le loup se planta devant moi, et ne bougea plus. Il m'examinait scrupuleusement. Je fermai les yeux, ne voulant pas garder des images de ma mort sur mon âme. Silence.
Soudainement, il y eu un bruit d'explosion. Paniquée, je rouvrais mes yeux, et découvris à ma plus grande incrédulité, un grand homme aux cheveux noirs de jais. Sam Uley.
Je me creusais la cervelle pour saisir une relation logique de ce que je voyais, mais je ne concluais rien, rien d'ordinaire en tout cas. Sam était ce « loup », ce « loup » était Sam. La même personne, la même créature, à l'identique âme et corps. Si impossible que ça puisse paraître, j'y croyais. J'avais déjà assez côtoyé le monde du surnaturel pour supposer ce fait. Néanmoins, des rafales de questions sans justifications s'entremêlaient dans mon esprit, et je me promis de ne pas oublier de les remettre pour plus tard.
Je me rendis alors compte que Sam ne portait aucun vêtement, et, nonobstant ma situation, je rougis, gênée, en me détournant rapidement de lui. Qu'est-ce qu'il faisait dénudé en ma présence ?!
J'avais froid, j'avais terriblement faim et soif ; j'étais mal. Combien de temps s'était-il écoulé depuis que Laurent m'avait capturé ? Avec malaise, je songeai à Charlie, à Renée -qui avait due être incontestablement informée-, et à... Jacob. Peut-être penserait-il que ma disparition était due à la nouvelle intimité à mon attention ? J'espérais intensément qu'il ne conclurait pas ça. Je ne voulais pas le perde. Jamais.
Ce n'était pas la première fois que je m'évaporais dans les bois, et que Sam Uley me récupérait. Apparemment, ces Indiens avaient la mauvaise habitude de me sauver la vie. Oui, je me demandais, si en fait, il n'était pas mieux que je meure. Car mourir serait comme l'arrêt de toutes mes souffrances, et rien ne me ferait plus de bien. Mourir. Le mot fit écho dans mes pensées, jusqu'à ce qu'il s'éteigne définitivement. Je ne pouvais faire ça à mon père, à ma mère, à ma famille et mes amis. C'était égoïste. Je désirais abréger ma désolation, mais pas déclencher celle des autres. Stop ! Ma réflexion était absurde, grotesque ; je ne souhaitais pas être une suicidaire. En second lieu, je m'angoissais des explications que j'allais devoir fournir de ma « fuite », non seulement à mes proches, mais à tout le monde. Effectivement, j'étais quasi certaine que Forks et ses entours étaient au courant de mon étrange disparition. Mon père étant chef policier, çela devenait inévitable.
Une main brûlante et calleuse tapota mon omoplate, et je soubresautais à ce toucher. Je n'osais pas remuer, embarrassée par l'allure de mon sauveur.
─ C'est bon, grommela-t-il. Ne t'inquiète pas.
Je me résolu à me tourner vers Sam, et dès que je pus, je vérifiais son corps du regard.
Ouf ! Il portait un vieux jean troué, c'était la moindre des choses.
─ Je suis désolée que tu aies due assister à ça, s'excusa-t-il.
Oui, certainement, ils avaient tous le même état d'ésprit, ces Indiens. Mais pourquoi diable s'excusait-il d'un acte dont j'étais fautive, moi ?! Il n'était pas le premier à se comporter ainsi, d'ailleurs.
─ Ce n'est pas votre faute ! protestai-je. Ne vous excusez pas. Je vous remercie de les... de m'avoir défendu.
─ Tout le plaisir est pour moi !
Les traits de mon front s'étirèrent, cela me dépassais. Comment Sam pouvait-il être si paisible et posé, après avoir eu une confrontation avec deux vampires dangereusement mortels ?! Bien que sa silhouette d'animal était impressionnante et imposante pour chaque humain, mais de là à faire fuir des vampires... C'était anormal.
─ Que... qu'êtes vous précisément ?
─ Le serment Quileute nous interdit de révéler à quiconque notre secret, en quelconque situation, hormis l'imprégnation bien sûr.
─ Ah, répliquai-je.
Je n'avais strictement pas compris le sens de sa phrase, ou juste qu'il lui était bannit de me répondre quoi que ce soit.
─ Mais, je n'ai pas vraiment le choix. Tu as déjà tout vu, hésita-t-il.
─ Oui, l'encourageai-je.
Il oscilla, pesant le pour et le contre de sa prochaine élocution.
─ Nous sommes des loups-garous.