auteur: Flo-de-Miel
personnages: Ed, Al et la troupe de bohémiens


notes:
1)
pour ceux qui n'ont pas encore eu l'immense chance de voir le film de Fullmetal Alchemist, Conqueror of the Shambala, voici un petit rappel sans spoiler: Noah est une belle jeune femme bohémienne qu'Edward a sauvé des griffes d'une méchante organisation militaire. A la fin du film, on voit qu'Edward, Alphonse et Noah font chemin ensemble. Par la suite, j'ai imaginé qu'ils s'étaient quittés, tout en restant en contact.

2) étant donné l'engouement des lecteurs pour une fin arrosée, je me suis plié à leurs désirs XD Mais pour contenter tout le monde, j'ai terminé par une scène à l'eau de rose comme on les aime.

3) Je réaliserai un prologue un peu plus tard. La fic n'est donc pas tout à fait terminée! ;-D


What I want for Christmas

III

Alphonse n'était pas habitué à l'alcool. A vrai dire, il ne s'était jamais pris une bonne cuite, ni n'avait jamais été saoul. Pour un garçon de son âge, cela semblait à première vue étrange. Mais c'était sans compter le fait qu'il aivait passé une bonne partie de sa vie enfermé dans une armure, sans possibilité de boire quoi que ce soit…!
Désormais parfaitement comblé par un thé à la vanille ou un jus d'orange, il n'avait jamais ressentit un réel besoin à délecter un verre de vin. Il n'avait pu ni goûter, ni sentir pendant tant de temps que, une fois sorti de sa prison d'acier, un simple verre d'eau lui avait semblé être la meilleure des liqueurs!

Mais là, de la liqueur, il en goûtait pour de vrai. Et même, un peu trop…

- Allez, Alphonse, encore un dernier petit verre? Lui proposa Noah, son hôte, alors qu'autour d'eux, un grand feu brûlait, le son des guitares montant joyeusement dans l'air de la nuit.

- … Euh… D'accord, mais vraiment le dernier alors... Je suis… J'ai pas trop trop… tu vois, l'habitude de boire.

Noah émit un léger rire devant le jeune garçon balbutiant. Elle saisit son verre et y versa adroitement une liqueur "spéciale maison", à la composition secrète. Alphonse soupçonnait tout de même que quelques herbes aphrodisiaques rentraient dans la recette.

Il but une gorgée, enivré à la fois par l'alcool mais aussi par les sœurs de Noah qui dansaient comme des furies autour des flammes. Jamais il n'avait tant aimé regarder des filles. Leurs croupes balançantes, le joyeux tintement de leur châles médaillés, la sensualité de leurs mouvement et la grâce de leur pas l'hypnotisaient. Une chaleur étrange l'avait envahi, comme venue d'une espèce d'euphorie personnelle, et il savait que ce n'était nullement du au feu.

Les bohémiens avaient installés leur campement dans un champ un jachère, pas si loin de Berlin. Ils avaient débarrassé l'endroit de toute sa neige avant de s'y installer, à l'aide de grandes branches de sapins ayant servi de balais géants.
Le ciel noir dévoilait des milliers d'étoiles scintillantes. Sur terre, il n'existait pas plus joli plafond, et, ça, les bohémiens le savaient.
On pouvait dénombrés assis autour du gigantesque feu une trentaine de gitans, ainsi que les deux frères Elric. Certains, couchés sur des petit tas d'habits mis en boule, parlaient avec bonhomie, d'autres assis sur des chaises de bois mal taillées riaient, et la plupart des filles dansaient lascivement pour exalter leur joie. Noël se fêtait d'une manière plutôt non-catholique chez les bohémiens!!

Edward, assis à quelques mètres de son petit frère, regardait avec admiration les deux guitaristes bohémiens qui grattaient avec une rapidité déconcertantes sur les cordes de leur instrument. Ensuite, sous l'invitation d'un troisième musicien, il s'essaya au tambourin. Au début, Ed tapait maladroitement sur la peau de chamois; il essayait tant bien que mal de suivre les deux guitaristes professionnels. Puis, avec les conseils de son maître, un vieux basanés au cou bordé par un fichu rouge à pois blancs, il s'améliora petit à petit.

Noah se redressa soudain, et alla rejoindre les danseuses autour de l'âtre tandis qu'une de ses plus jeunes sœurs, Bella, vint prendre place aux côtés d'Alphonse. Le jeune homme rougit, car Bella s'était écroulée de fatigue à quelques centimètres de lui, et sa poitrine luisante se redressait à une allure effrénée. Se sentant dévisagée, elle tourna sa tête vers Alphonse qui, aussitôt, rougit de plus belle, vidant d'un trait son verre de liqueur pour masquer sa honte. Bella rit mesquinement puis, sans crier gare, elle se glissa contre le torse du jeune homme pour s'y blottir.

- Cette danse m'a épuisé, prétexta-t-elle.

Et aussitôt, elle alla posée sa main dans celle d'Alphonse, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde, alors qu'en son fort intérieure, le garçon, lui, bouillonnait d'une étrange chaleur.
Les bohémiennes avaient plutôt tendance à être directe, il est vrai.

Edward, qui avait désormais compris le sens du rythme, tapait joyeusement sur son tabourin en lançant des sourires exaltés aux deux guitaristes qui le complimentaient du coin de l'oeil. Le vieux bohémiens au fichu rouge, toujours assis à côté de lui, hochaient de la tête en signe de félicitation.

Edward chercha ensuite le regard d'Alphonse, espérant que son petit frère ait remarqué sa performance musicale, et alors, soudain, ses mains cessèrent de battre.
Son cerveau en surchauffe venait de recevoir une information des plus troublantes:

Son frère

était

entrain

d'embrasser

une

fille

- What the heck! S'exclama t'il sans y croire.

Alphonse, bien trop occupé par l'étreinte passionnelle de Bella, ne remarqua rien de l'ébahissement de son aîné.
Contrarié par l'inaction d'Edward à accompagner les guitaristes, le bohémien au fichu rouge lui reprit le tambourin des mains en lui disant:

- Hé ben , pt'it? D'ja mal au doigts?

Edward ne réagit pas, et laissa le musicien le remplacer.
Autour du feu, les conversations et les danses continuaient. L'alcool coulait à flot. Personne n'avait remarqué qu'Alphonse et Bella étaient entrain de littéralement se dévorer la bouche en se frottant l'un contre l'autre. Ou alors, ils l'avaient tous remarqués, mais trouvaient ça parfaitement normal.

Edward n'en revenait pas. Il bondit sur ses pieds, persuadé qu'Alphonse était totalement saoul. Il décida de le raisonner.

- Al! S'exclama t'il bien fort pour que son frère perçoive sa voix outre le son des guitares et les rires. Qu'est ce que tu fais?!

Bella libéra la bouche d'Alphonse en se plaignant:

- Qu'est ce qui se passe, Edward? Tu es jaloux?

- Non, j'suis en colère!

Il agrippa son frère par le col de sa chemise et l'obligea à se remettre sur ses pieds. Celui-ci, à la fois légèrement dans le flou et apeuré face à la réaction de son frère, n'osa pas faire d'objection.

- On rentre! Déclara abruptement Edward avec un regard sévère.

Puis, il passa à côté du corps étendu de Bella et obligea son cadet à le suivre loin de cette débauche. Ils marchèrent un cours instant dans les champs enneigés avant de rejoindre une petite route campagnarde couverte de givre.
Les bruits festifs émanant du campement leur paraissaient déjà loin. On ne voyait plus qu'une petite lueur dansée au loin.

Alphonse suivait son frère à deux mètres de distance. Il ne comprenait rien, et n'osait donc pas parler. La seule chose qu'il savait, c'était qu'Edward était contrarié à cause de lui. Et si il détestait bien une chose, c'était faire de la peine à son grand frère.
D'un autre côté, il se demandait si ce qu'il avait fait était réellement punissable.
Après tout, il était en âge d'avoir une relation amoureuse avec une fille. Pourquoi son frère s'était-il emporté ainsi?

Edward restait dans un mutisme complet. Il marchait d'un pas pressé, les mains dans les poches, sans tenter un regard vers son frère par-dessus son épaule. Une légère buée sortait du coin de ses lèvres.
En réalité, l'aîné des frères se demandait quel sermon il allait pouvoir adresser à Alphonse pour justifier sa réaction. Il ne pouvait pas le punir d'avoir embrasser Bella. Ca serait plus que louche. A la limite, il pouvait mettre sa colère sous le compte de l'alcool, mais Alphonse n'était pas saoul au point que cela soit punissable.

- Grand frère… Attends moi, tu marches trop vite.

Edward s'arrêta en tournant légèrement son buste vers son frère. Quand Alphonse l'eut rejoint, il se remit en route, toujours sans un mot.

- Ed… Murmura alors l'adorable garçon, en espérant que ce dernier lui parle. Tu… Tu m'en veux? C'est ça?

Son haleine puait l'alcool, et sa voix tremblante ne laissait plus aucun doute; il était bel et bien rond comme un ballon!
Enfin, son frère lui répondit, toujours la démarche rapide et les mains dans les poches:

- Oui.

Alphonse grelotta sous l'effet de la fraîcheur de la nuit, mais aussi à cause du ton glacial dont son frère avait usé.

- P… Pourquoi, grand frère?

- Tu as bu.

Alphonse se lança dans un rire nerveux qui dura bien une trentaine de secondes, avant que le bruit d'un moteur de voiture ne vienne l'arrêter dans son hilarité. Deux gigantesques phares surgirent par derrière, éblouissant fortement les frères Elric quand ils firent volte face. La petite camionnette tinta joyeusement du klaxon. S'arrêtant à la hauteur d'Edward, le chauffeur leur demanda:

- J'vous dépose à Berlin, les gamins? On est déjà 5 dedans, alors deux de plus, deux de moins…

- Ho, oui! S'exclama Alphonse. Merci, ms'ieur!

Dix secondes plus tard, les deux frangins étaient coincés sur une minuscule banquette entre une bande de joyeux lurons du troisième âge qui chantaient en se passant une bouteille de whisky.
Alphonse ne se priva pas pour en boire quelques lampés, emporté dans un élan de bonne humeur. Edward espérait que, quand ils arriveraient chez eux, son frère soit si saoul qu'il ne soit plus en état de lui poser pas d'avantage de question. Avec un peu de chance, il allait même s'écrouler sous le perron…!

Le chauffeur les raccompagna jusque devant leur immeuble. Le cadet quitta à regret ses nouveaux compagnons de chant ainsi que leur agréable bouteille de Whisky.
Dans les escaliers, Alphonse commença à chanter soudainement:

- Du rhum, des femmes, et d'la bière, nom de dieu! Un accordéon, pour danser tant qu'on veut!! – hips-, du rhum des femmes, et dl'a bière nom de dieu! Que l'diable nous emporte, c'est c'qu'on a trouver d'mieux! –hips

Edward aurait voulut l'étouffer! Déjà que le simple grincement des marches en bois réveillait leur voisine, alors, une chanson paillarde entonnée à tue-tête, il ne fallait même pas demander!!!

- La ferme, Alphonse! Tu veux réveiller tout l'immeuble, ou quoi?!

Le cadet partit à nouveau dans un rire étouffé, mais cela eut au moins pour avantage de l'empêcher de chanter. Heureusement, ils étaient arrivés devant leur porte, qu'Edward s'empressa d'ouvrir, les clés de métal tintant légèrement sous la nervosité de son geste.

Alphonse fit trois pas dans le hall puis alla s'écrouler dans le fauteuil rouge du salon, un air bienheureux collé sur le visage.
En fermant les yeux, il murmura avec un air d'extase:

- Haaaa, Bella! Quel délicieux parfum ces cheveux ont… Elle était si… si…

Edward jeta les clés avec désinvolture sur la table de la cuisine, puis saisit une bouteille d'eau et alla rejoindre son frère.

- Tiens, fais moi le plaisir de boire ça! Ordonna t'il à son petit frère en lui tendant un litre entier d'eau minérale.

- Mais j'ai plus soif, maintenant! Expliqua Alphonse dont les joues rougies trahissaient le taux d'alcoolémie.

- Là n'est pas la question, idiot! Ca aidera à te désaouler.

Alphonse émit un hoquet incontrôlable.

- J'suis même pas saoul d'abord! Clamât-il ensuite en se relevant bizarrement, son incapacité à rester droit trahissant le mensonge flagrant de ses paroles.

- Tu plaisantes? S'exclama Ed sur un ton moqueur, en le forçant à prendre la bouteille entre les mains. Tu es complètement beurré, Al!

- Mais…! S'offusqua l'autre en écarquillant les yeux. C'est même pas vrai! D'ailleurs, je vais te le prouver! Regarde!

Alphonse releva un de ses genoux puis, jouant avec ses bras pour maintenir son équilibre, il sauta à cloche-pied autour de son frère.

- Tu vois! Tu vois?! J'suis pas saoul!

Mais, soudain, il buta contre la moquette et s'écroula sur Edward.
Celui-ci, n'ayant pas prévu le choc, tomba par terre, entraînant Alphonse dans sa chute. Le corps du cadet s'étendit de tout son long sur celui de son aîné, mélangeant leurs jambes entre elles. Une friction les ébranla respectivement, comme une vague de chaleur étrange qui était remonté depuis la pointe de leur pied jusqu'à leurs cheveux.

- Wha! S'exclama Alphonse avec une surprise confuse.

Horriblement gêné par leur posture, le cadet redressa rapidement son torse, les paumes plaquées de chaque côté du visage de son frère. Mais cela eut hélas pour effet d'augmenter la pression que son bassin exerçait contre l'entrejambe d'Edward.

L'aîné sentit alors monté en lui une sensation euphorisante. Craignant mal réagir face à ce genre d'attouchement, il se redressa vigoureusement, cognant sa tête contre le menton d'Alphonse.
Le pauvre cria sous l'effet de la douleur, ramenant sa main droite sur son visage pour le masser:

- Aï!... Ha, Ed, qu'est ce qui te prends?

Mais son frère ne répondit pas. Il était tétanisé. Il restait accroupit sur la moquette, là, les yeux hypnotisés par le visage de son frère qui se trouvait à quelques minimètres de sa bouche.
Le diable en personne avait du orchestré cette terrible tentation.
Il sentait le bassin d'Alphonse contre le sien, ainsi que ses fines jambes qui enrobaient ses hanches. Il était si… proche!
Le cadet ressentit soudain l'étrange tension qui s'était installé entre leurs deux corps, mais, loin de se retirer, il émit au contraire un râle curieux, avant de murmurer:

- Ed… Je…

Puis, sa phrase mourut dans l'épaisseur ardente de l'atmosphère.
Les lèvres d'Edward étaient légèrement ouvertes. Elles étaient roses, gorgés d'envie, et luisaient sous l'effet d'un désir inavouable.

Tous deux se regardaient les yeux dans les yeux.
Tous deux se demandaient pourquoi l'autre ne reculait pas.

Les battements de leurs cœurs s'accélérèrent brutalement, résonnant dans leurs oreilles, comme si une blessure du cœur s'était ouverte.

Alphonse laissa glisser ses doigts de son menton. Il ne ressentait plus la douleur due à l'impact de leur visage, mais un profond désir. Sa main quitta sa joue pour aller frôler celle de son frère. Puis, leurs yeux se fermèrent instinctivement, et ils confondirent leur haleine en enfouissant chacun leurs mains dans les cheveux de l'autre.

Ils se séparèrent presque aussitôt, mais ce simple contact avait suffit à réveiller un intense désir.

Alphonse avait les joues rougies et les yeux voilés par l'envie. Il souffla, la voix gorgée de plaisir:

- En… encore une fois... s'il te plaît.

Edward vint alors happé les lèvres du jeune homme, les humectant délicieusement. Quand leurs langues se touchèrent, Alphonse fut parcourut d'un délicieux frisson, et laissa échapper de ses lèvres un petit gémissement. Edward s'en sentit tout troublé.

- Ha. .. Ed. T'arrête pas. Dit aussitôt Alphonse quand leurs visages se séparèrent pour la deuxième fois.

Attisé par la voix suppliante de son frère, Edward le fit basculer sur le sol et vint le surplomber. Ses mains, ses bras, ses jambes; chaque infime partie de son corps tremblaient sous l'émotion. Une fièvre agréable avait rendu son front brûlant.

Il regarda Alphonse dans les yeux, n'osant plus entreprendre quoi que ce soit. Il avait peur de se hâter, de se tromper, de commettre une irréparable erreur. Alors, la voix enrouée de doutes et d'appréhension, il demanda:

- Al… Est-ce qu'on a le droit de continuer?

Pour toutes réponses, Alphonse redressa lestement son bassin et vint enrouler la taille de son frère avec ses jambes.

- Qui nous l'interdira?

- Je… je sais pas. … La morale, peut-être?

- C'est Noël, ce soir. La morale nous pardonnera.

Alphonse essayait de se convaincre lui-même par ces arguments. L'aîné continuait cependant à douter. Ses cheveux attachés en une queue basse glissèrent soudain de son épaule, et allèrent effleurer la joue de son petit frère. Doucement, il confessa à ce dernier:

- Si on le fait ce soir, Al, on le fera toujours. Il n'y a pas de Noël qui tienne. Il faut décider.

Alors Alphonse releva doucement ses doigts vers le visage de son grand frère, et lui murmura:

- Tu m'as toujours protégé. Et nos ennemis étaient tous plus difficiles à vaincre les uns que les autres. Tu arriveras bien à me protéger contre la morale, pas vrai?

Alphonse afficha alors un petit sourire timide, auquel Edward répondit avec soulagement.

Il avait raison. Dans le passé, ils avaient déjà affronté des problèmes qui leur avaient pourtant parut bien plus insolubles que celui qui se présentait à cet instant.

D'ailleurs, l'amour était-il réellement un problème?

Reprenant leur activité première, le plus âgés des deux frères commença à déboutonner la chemise de sa proie consentante. Au contact des mains d'Edward, la respiration d'Alphonse se fit bruyante. Il retira sa chemise, puis releva son torse pour aider son frère à enlever la sienne rapidement. Assis l'un en face de l'autre, ils s'examinèrent pendant quelques secondes, chacun plongé dans la préciosité d'une telle vision.

Edward releva doucement sa main gauche, et vint effleuré les épaules de son petit frère qui rougit sous la caresse. Ensuite, ses doigts glissèrent, calmement, lascivement, vers les côtes, puis le bas-ventre… Et plus il faisait descendre sa main, plus la respiration d'Alphonse s'accélérait, ses paupières se fermant petit à petit. Quand la main d'Edward arriva au niveau du pantalon, il la fit glisser de gauche à droite en suivant l'encolure du tissu brun.
Le cadet émit une discrète mais longue, très longue plainte gorgée d'ivresse, puis il rouvrit ses paupières aussi doucement qu'il les avaient fermés pour se plonger dans le regard de son frère.

- Ed… Murmura t'il, ne sachant pas vraiment comment transmettre ce qu'il ressentait avec des mots.

Edward émit une légère pression sur l'entrejambe de son frère, ce qui eut pour effet de transformer la présente douceur en un désir ardent. Alphonse gémit puis, soudain, comme si cette exaltation sonore avait été un signal, ils se redressèrent tout deux sur leurs genoux pour venir s'embrasser avec fougue.

Alphonse n'en revenait pas de cette sensation euphorique, excitante, qui lui faisait perdre toute raison et toute contenance:

Il voulait plus, plus, plus, plus, plus…

Dès que son frère venait à séparer leurs lèvres, il gémissait, comme un drogué en manque de son addiction, et répétait:

- Encore! Encore, Ed…

Ils furent enhardi par le contact enivrant de leur torse, leurs peaux glissant harmonieusement l'une contre l'autre en se transmettant d'honteuses palpitations.
L'aîné vint ensuite placé ses mains frémissantes au bas du dos d'Alphonse, et l'attira vivement contre lui, plaquant son bassin contre le sien. Le cadet ferma vivement des yeux et gémit de plaisir:

- Haa!...

Puis aussitôt, pris par une fougue qui le surprit lui-même, Alphonse exécuta des mouvements de bassins lascifs et répétitifs pour attiser la virilité d'Edward, en même temps que la sienne. Leurs baisers devinrent facultatifs… Et bien qu'aucun des deux n'osaient le montrer, toute leur attention se plaçait désormais au-dessous de la ceinture.

Edward n'en revenait pas de l'attitude de son cadet, à cet instant plus entreprenant qu'il ne l'avait jamais été depuis leur naissance!
Il ne montrait aucune gêne, et semblait ne pas se rassasier de contact. Il vint même prendre les mains d'Edward toujours posées au creux de son dos, et les fit glisser jusque sous ses fesses.
Grâce à cet appui, il put enrouler ses jambes autour du bassin de son grand frère pour augmenter leurs frictions exaltantes.

Ed encra sa tête sur l'épaule d'Alphonse, fermant les yeux pour mieux savourer les mouvements fougueux qui entrechoquaient leur virilité. Ses sens enflammés s'exprimèrent sous la forme d'un long soupir orgasmique:

- Haaa… Al… Souffla t'il au creux de son oreille, mordant au passage le cou de celui-ci, comme animé par des envies bestiales irrépressibles.

L'autre gémissait, partagé entre douleur et plaisir.
Puis vint le moment où cela devint insupportable, alors, la voix suppliante, Alphonse demanda:

- Ed… Est-ce qu'on pourrait…?

Mais avant qu'il n'ait fini sa phrase, un choc plus intense que les autres le fit crier de plaisir:

- Haa! …ED…! Je,… attends! Il faut… Il faut enlever les vêtements….!

Légèrement essoufflé, Ed posa son frère sur le sol, et, en attendant qu'Alphonse ne s'applique à enlever son pantalon, il arracha vigoureusement l'élastique qui maintenait ses cheveux, les libérant en quelques coups de mains furtifs. Il retira ensuite son propre pantalon, puis, plaquant son frère sur le sol, il vint par-dessus lui, et appliqua les mêmes mouvements lascifs que quelques secondes plus tôt, cette fois ci leur membre n'étant que séparés par la fine barrière de leur short.

Alphonse n'en pouvait plus de plaisir. Il ne cessait de gémir, et ces plaintes tendancieuses excitaient encore plus Edward, bien que ce dernier fût déjà passablement tendu. A force de frottements répétitifs, la tension culmina, et Alphonse se libéra dans un cri de jouissance suprême.

Edward s'arrêta, laissant son corps se détendre sur celui d'Alphonse, bien que son désir ne fut pas encore assouvi, au contraire de son partenaire.

Alphonse, la voix étrangement rauque: dit:

- Edward… C'était… tellement…bon. ... ha! Pourquoi on n'a jamais fait ça plus tôt?

L'autre se redressa, rompu de fatigue, mais il arriva quand même à afficher un demi sourire avant de répondre:

- Ce n'est pas encore fini… Attends, je reviens.

Il se leva rapidement et disparut dans la cuisine.
Curieux, Alphonse s'était redressé sur ses coudes. Il entendit la porte du placard s'ouvrir et se refermer, puis vit son frère réapparaître avec une bouteille d'huile d'olive vierge entre ses mains.

- Qu'est ce que c'est? Demanda t'il.

Edward s'accroupit en face de son frère en débouchant la bouteille.

- C'est pour que ça ne fasse pas mal, expliqua t'il en imbibant ses doigt d'huile.

Alphonse croyait comprendre, mais il n'en était pas sur. D'un air timide et troublé, craignant de ne pas être à la hauteur, ou de passer pour trop innocent, il balbutia:

- Tu… Tu vas me… me sodomiser?

Edward, surpris à l'entente de ce mot si brute, mais aussi déconcerté par la voix quelque peu hésitante de son cadet, arrêta son geste. Ensuite, tournant ses yeux vers le visage de son frère, il demanda:

- Tu ne veux pas? Si tu es contre, je…

- Non, non! L'interrompit aussitôt Alphonse en rougissant. Je veux faire ça. Mais…C'est juste que… Je ne sais pas comment ça marche. C'est la première fois… Alors, tu vois….

- Moi aussi, ce sera la première fois, lui confia Ed sur un ton rassurant. Mais je crois que ça va être bien.

Alphonse répondit par un rapide coup de tête positif. Il avait confiance en son frère. Avec Edward, cela ne pouvait qu'être bien.

- Il va falloir que tu enlèves ton short, recommanda l'aîné en posant la bouteille d'huile d'olive en peu plus loin sur le sol.

Alphonse s'exécuta tranquillement, rougissant de plus bel une fois qu'il fut dans son plus simple appareil, exposé sans retenue aux yeux d'Edward. Ce dernier, les doigts luisant sous le liquide oléagineux, douta soudain. Il avait peur de mal s'y prendre...
D'un autre côté, son excitation n'avait toujours pas été apaisée, et le désir de se libérer de cette raideur à la fois enivrante et douloureuse le poussa à s'avancer.

Il dirigea sa main vers l'intimité de son frère. Ce dernier ferma les yeux, sceptique quant aux évènements à venir. Il sentit soudain quelque chose à la fois lisse et imposant comblé un espace vide que lui-même ignorait avoir, au plus profond de son être.

Son visage se crispa légèrement. Edward s'inquiéta:

- Ca… Ca fait mal? Demanda t'il, inquiet de blesser son petit frère.

- Non… C'est juste… bizarre. Expliqua difficilement Alphonse en rouvrant légèrement ses yeux. Comme une sensation de nausée, mais en moins dérangeant…

- je… je vais mettre un troisième doigts. Avertit son frère en rougissant de ses propres paroles.

Cette fois-ci, Alphonse ressentit une légère douleur, mais il ne le laissa pas paraître. Son frère resta un instant immobile, puis il se mit à légèrement bouger ses doigts, la sensation d'entrave se libérant quelque peu, en même temps que la nausée.

- Ca va? Demanda Edward en continuant de faire tourner ses doigts.

Le jeune garçon acquiesça silencieusement, les yeux rivés sur la carpette, comme pour oublier la douleur, et s'effacer de cette situation des plus gênante. Mais, bientôt, un léger pic de plaisir le surprit. Un hoquet s'échappa de ses lèvres.

Quelque chose s'était produit. Quelque chose d'agréable.

Suite à un nouveau remous, la sensation de volupté réapparut, plus fortement encore:

- Ha …aah! … Oh, Ed! Refais ça! Juste ce que tu viensde faire.

Edward, soulagé de voir que tout se passait comme il l'avait espéré, répéta le mouvement, enfonçant encore plus en profondeur ses doigts, et Al cria à nouveau de plaisir.
Edward sentit son excitation encore légèrement s'accroître. Conscient que son petit frère était prêt, il retira alors ses doigts, provoquant une plainte de frustration de la part de ce dernier.

Par quelques gestes maladroit, il retira son short puis se positionna au-dessus de son frère.

- Je… je vais y allé, avertit-il sur un ton maladroit, ses joues rougissant légèrement.

- Oui. Le pressa Al en posant ses mains sur les épaules de son aîné, comme pour l'encourager.

Edward pénétra le jeune garçon en douceur, ressentant une émotion troublante, mélange de bien-être et de découverte surnaturelle.

Il s'arrêta ensuite, et entendit Al murmuré, la voix douce et souriante:

- Je te sens. Tu es… en moi.

Il y avait tant de douceur dans cette affirmation, si simple mais si magique, qu'Edward oublia quelque seconde que ce qu'il faisait était contre nature. A cet instant précis, il n'y avait que lui, et cette personne nommée Alphonse qu'il chérissait tant, ainsi qu'un amour immuable, presque éternel.

Alphonse, avec tendresse, exécuta un premier mouvement, ce qui enclencha une vague de plaisir entre leur deux corps.
Edward suivit le rythme de son frère, accélérant la cadence au fur et à mesure, provoquant les premiers râles d'Alphonse.
Lui-même commençait à se laisser gagner par l'euphorie, mais, le moment en lui-même, leur action, la situation, tout baignait dans un lac d'affection et d'harmonie. Il ne ressentait pas la même chose que lors de leurs premiers ébats.

Il existait maintenant une dimension parallèle à la première; une dimension de pureté.
Ce qu'il faisait n'était pas sale. Ce qu'il faisait n'était pas blâmable. Parce que, ce qu'il faisait c'était l'amour…

Edward, gagné par un plaisir trop intense, finit par se libérer, satisfait dans son corps comme dans son esprit. Aussitôt, il déposa un baiser tendre sur le front de son frère, qui avait enfoui ses mains dans la tignasse blonde d'Edward, et souriait de bien-être.

- Ed… Appela t'il doucement, les yeux fermés, profitant de leur étreinte affectueuse.

- Hm? Fit l'autre, la tête encrée dans le cou du jeune garçon.

- Je t'aime.

- … Idem.

Puis ils rirent tout les deux, d'un rire enfantin et naïf qui apaisa leurs derniers soubresauts d'anxiété.

Prenant son courage à deux mains, Edward se redressa, puis il saisit le corps alangui de son petit frère et le porta comme un prince aurait porté une princesse.

- On va dans notre lit? Demanda Alphonse, ravi de se faire porter par les bras puissant d'Edward.

L'autre acquiesça, traversant le couloir à enjambée mesurée, avant d'atteindre leur chambre. Là, il poussa la porte avec son pied, s'avança dans les pénombres de la pièce, et déposa son petit frère sur son lit, avant de se coucher à ses côtés.

Alphonse souleva la couette et s'y glissa dessous, suivi par son grand frère. Celui-ci tendit son bras droit, dont la peau synthétique était aussi douce qu'une étoffe de soie, et accueillit ainsi Alphonse au creux de son épaule. Le cadet reposa son front sur le torse d'Edward, soupirant d'aise et de bonheur.
Une nouvelle fois, l'aîné posa un baiser sur le front adorable d'Alphonse, (cette habitude lui plaisait beaucoup) puis lui souhaita une bonne nuit, la voix déjà à moitié engloutie par le sommeil.

- A toi aussi, Ed. Répondit Alphonse en un murmure, persuadé que cette nuit allait être la plus belle de toute leur vie. Joyeux Noël.

- Oui, joyeux Noël.

Quelques heures plus tard, l'aube pointa le bout de son nez, mélangeant les couleurs de l'horizon dans un amalgame étrangement rosé.
Comme si tout l'amour né durant la nuit s'était déversé dans le ciel, il se peignait désormais une toile mirfique, telle une offrande destinée aux deux frères.

Ceux-ci, le visage décontacté et la respiration calme, se partageaient leurs rêves. Cette nuit avait marqué un grand tournant dans leur vie. Mais ce tournant les conduisait heureusement vers une route d'autrement plus belle que celle qu'ils avaient suivi dans le passé...

Quand il fut 7h30, leur radio s'alluma, et, après quelques grissillements dû à la fragilité de la fréquance, une douce chanson emplit la pièce:

Les amants de demain,
Le cœur ensoleillé,
Les yeux émerveillés,
Iront main dans la main.
Les amants de demain,
Les bras chargés d'amour,
S'aimeront à leur tour
Dès demain...

Les amants de demain
S'aimeront d'un cœur pur,
Bénissant leurs blessures,
Éperdus de s'aimer.
Ils iront vers le feu
Qui dévore les yeux
Et réchauffe leurs mains,
Les amants de demain...

Ils se rencontreront
Autour d'une chanson
Qui les aura vus naître.
Ils seront les plus beaux
Et, sans dire un seul mot,
Sauront se reconnaître...

Les amants de demain,
Le cœur ensoleillé,
Les yeux émerveillés,
Iront main dans la main.
Les amants de demain,
Enfermés dans un cœur,
Bâtiront leur bonheur
Dès demain...

Les amants de demain
S'aimeront sans raison,
Déchirés d'être heureux,
Enchaînés deux par deux.
Ils iront vers le ciel
En cortège éternel
Par le même chemin,
Les amants de demain...


FIN

Et voilà, on termine sur une note terriblement romantique XD
mais, promis, y'aura un prologue ;-)

C'était mon tout premier lemon FMA, j'espère qu'il vous a paru correct. J'aime bien quand y'a des paroles "pendant", sinon, je trouve que ça fait un peu méchanique. °-°

Voila, n'hésitez pas à laisser une review les amis ;-D !! ciao!