Disclaimer : pas à moi, est-ce vraiment utile de le préciser ??? Non on s'en serait douté, hein ?

Genre : UA, aventure et romance

Rated M : pour le langage qui sera parfois légèrement grossier et pour la suite vous verrez ...

Couples : pour l'instant 3x4, 1x2

La chanson présente dans ce chapitre est Sacrifice de Symphony X, vous pouvez l'écouter sur Youtube et je vous la conseille !!!

Sinon, je voulais juste préciser que je répond à toutes les review par mail, mais des fois je ne sais plus si j'y ai répondu ou non, alors n'hésitez pas à me le rappeler !

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_ Capitaine !

La porte s'ouvrit brusquement sur un Howard rouge et essoufflé, terrorisé à l'idée de ce qu'il devait annoncer au capitaine. Ses yeux balayèrent furieusement la pièce. Ils se posèrent d'abord sur un jeune homme blond accroupi devant une petite bibliothèque et ramassant des livres et divers papiers éparpillés sur le sol, celui-ci avait relevé la tête d'un coup, surpris par cette intrusion.

Ils continuèrent et se posèrent ensuite sur un homme brun à la coupe plus que douteuse et au regard furibond, il était devant le canapé et tenait dans ses mains un ordinateur portable qui de toute évidence n'avait que peu apprécié cet arrêt brutal des machines.

Ils passèrent au reste de la pièce mais aucune trace du capitaine. Les sourcils de Howard se froncèrent, sa bouche s'entrouvrit, une question au bord des lèvres, lorsqu'un bruit sourd le fit se tourner vers le bureau. Il sursauta lorsque le haut d'une tête fit son apparition.

_ Capitaine ?

_ Non, la petite sirène !

_ ... .... ....

_ On peut savoir ce qui se passe ?

L'avantage de Duo à cet instant c'est que le stress et la culpabilité de ce qu'il venait de faire lui procurait une belle teinte rouge au niveau des pommettes, ses cheveux étaient légèrement « dans tous les sens », aussi, pour quiconque n'étant pas dans le secret, le capitaine apparaissait comme passablement énervé. Ce qui en soit n'était pas faux, mais pas pour les raisons auxquelles Howard pensait.

_ Je venais justement te chercher pour aller voir en salle des machines.

Duo finit de s'extirper de sous son bureau, des bibelots et des stylos plein les mains. Il les posa sans plus de cérémonie sur son plan de travail.

_ Ok. Heero, Zech, j'en ai pas pour longtemps, attendez-moi là si vous voulez bien.

_ Hn.

_ Ouai chef.

_ C'est pas le jour Zech !

Le ton était sans appel ainsi que le regard de son collègue et là Zech se rappela à quel point il était important pour sa santé de se contrôler au sujet de Duo.

Tout en suivant Howard dans les couloirs menant à la salle des machines, Duo se remémora son parcours, au même endroit mais dans le sens inverse, quelques minutes plus tôt. C'était juste. Il n'était arrivé dans la pièce que trois ou quatre minutes avant son chef machiniste et pour s'occuper et se calmer les nerfs il s'était mis à ranger. Il n'avait même pas adressé un mot aux autres occupants de son espace. Pourquoi faire ? Ils se doutaient bien que la mission avait réussi non ?

_ Ah, Capitaine ! Chef !

_ Rapport.

Le technicien ne se le fit pas répéter, Duo était froid et regardait ses hommes s'activer autour de lui, le militaire était de sortie.

_ Nous avons commencé les vérifications mais pour l'instant il n'y à rien qui justifie l'incident. Les moteurs sont ok à première vue mais il va falloir les démonter pour être sûr. Le système d'injection à l'air normal, les hélices sont en cours d'inspection et nous n'avons pas encore fait le tour des installations électriques.

_ Bien.... Jetez l'ancre. Il est 15h, je veux un premier rapport ce soir avant le dîner, disons vers 19h30. Je vais contacter les autorités nécessaires pour les prévenir et je dois finir ma réunion, je serais soit dans mon bureau soit à la passerelle en cas de problème.

_ Oui Capitaine.

Duo était sur le point de faire demi-tour mais Howard le retint. Il s'approcha plus près pour lui murmurer à l'oreille.

_ Tu penses à un piratage ou non ?

_ C'est trop tôt mais il faut garder notre sang froid sinon nous deviendrons vite paranos, ce n'est peut-être qu'un incident technique. Néanmoins, vaut mieux que tu préviennes les gars, qu'ils se tiennent prêts au cas où, on fait une belle cible là ...

De retour dans son bureau, il eut l'immense joie d'y retrouver tous les joyeux p'tits lutins qui s'y étaient donné rendez-vous, juste pour le plaisir de lui pourrir encore plus la journée, si si c'était possible, ils étaient tous très doués pour ça quand ils le voulaient.

Les pensées de Duo devaient se lire sur son visage car Quatre pris un air coupable, Trowa fixa avec une grande attention le tableau sur le mur, Wufei se décala légèrement pour ne plus se trouver dans sa ligne de mire, Sally et Hilde tentèrent de se fondre dans le décor. Seuls Heero et Zech semblaient à l'aise, mais après tout, ils étaient les seuls à qui Duo avait donné rendez-vous, ce qui rendait leur présence légitime à défaut d'être désirée.

Soupirant, Duo mit fin à leur supplice et au sien par la même occasion.

_ Bon, tout va bien , ils ne se doutent de rien. J'ai fait jeter l'ancre, je leur ai dit que je prévenais les autorités compétentes, ce que bien sûr je ne ferais pas, de toutes façons, un navire de recherches qui mouillent deux ou trois jours au même endroit ne devrait pas trop attirer l'attention, sinon on avisera. Donc, on les laisse faire leur travail, en espérant qu'ils ne trouvent pas trop vite. Je vais placer les meilleurs au contrôle radar pour surveiller les bateaux en approche, je vais aussi vérifier l'armoire contenant les armes et les munitions afin d'être opérationnels en cas d'attaque.

_ Je vais prévenir notre général en respectant le plan.

Heero sortit de la pièce et s'en alla vers sa cabine. Il allait faire ce qu'il avait dit mais il avait surtout besoin de s'éloigner du jeune capitaine. Il se sentait coupable de lui imposer tout ça et il ne supportait plus de voir les rides de contrariété barrer ce front qu'il aimait tant.

Tout le monde s'était séparé, retournant à leurs occupations dans une ambiance plus que tendue. Le plan qui paraissait si simple le matin même entrait dans sa partie la plus pénible : l'attente. Une envie que tout se termine vite mais une appréhension quant à ce qui allait probablement arriver. Tous ou presque savaient se battre, avaient eu une formation militaire, mais pour beaucoup c'était une époque révolue. Y arriveraient-ils une fois au pied du mur ?

Duo rattrapa sa chercheuse préférée dans le couloir au moment où tous quittaient son bureau.

_ Sally ?

_ Oui Capitaine ?

_ Arrête, nous ne sommes que tous les deux. J'ai besoin de m'occuper l'esprit, j'ai fait tout ce que j'avais à faire et le rapport machines ne tombera avant plusieurs heures, je t'accompagne au labo, je me rends compte que je t'ai délaissé ces derniers temps et ça me fera du bien. J'aime pas être tendu comme ça !

_ Oui je sais ce que tu veux dire. C'est peu comme une chaude journée d'été où l'air est tellement lourd, tellement saturée d'électricité que tu sens que l'orage ne va plus tarder. Alors tu l'attends avec impatience parce que t'en peux plus d'étouffer mais en même temps t'as peur ... parce que tu sais que l'orage peut être violent ... dévastateur.

_ ... ouai ... surtout en pleine mer.

_ Allez viens Duo, je vais t'changer les idées.

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_ Capitaine, Howard vous cherche pour le rapport.

_ Déjà ? Wah, j'ai pas vu le temps passer.

_ Et oui que veux-tu je sais y faire moi !

_ Ouai ma belle t'es la meilleure.

Duo colla une bise sur la joue de Sally et suivit le jeune marin venu le chercher jusqu'à la passerelle. Cette fin d'après-midi au labo lui avait fait un bien fou. Ça faisait un moment qu'il ne s'était pas permis de penser à autre chose qu'à Oz ou encore à Heero. A la pensée de l'homme qu'il ne manquerait pas de croiser sous peu, son regard s'assombrit. Sa présence et ces questions qui le hantaient avaient plus qu'entamé son habituel entrain. Il lui faudrait résoudre le problème et vite.

Arrivé à la passerelle, il ne prit pas la peine de regarder qui s'y trouvait et se rendit directement auprès de son chef machiniste.

_ Alors ?

_ Et bien comme on le pensait les moteurs sont nets, l'injection ne semble pas en cause, on doit encore vérifier les hélices mais pour bien faire les gars vont devoir sortir, on attendait ton accord, on n'a pas encore attaqué les panneaux électriques.

_ Ok, il est trop tard pour une sortie, il va bientôt faire nuit et ils n'y verront pas grand chose, programme ça pour demain matin et si ça ne donne rien occupez-vous des panneaux.

_ On peut toujours commencer à vérifier les panneaux ...

_ Non, que les gars se reposent. La journée a été longue, je préfère qu'ils aient l'esprit clair pour s'y mettre, c'est un tel bordel là-dedans ! Allez manger maintenant ...

_ Oui, à tout à l'heure.

Duo se tourna vers le reste de l'assemblée. N'ayant pas envie de leur faire face, il sortit expliquant seulement qu'il voulait prendre l'air.

Arrivé sur le pont inférieur avant, il sut qu'il avait été suivi. Pas besoin de se retourner pour savoir qui était là.

_ Que veux-tu Quatre ?

_ Savoir comment tu te sens.

_ A ton avis ?

_ Frustré, coupable, inutile et anxieux.

_ Toujours aussi précis. Puisque tu le sais, pourquoi tu l'demandes ?

_ Pour te faire parler, je ne veux pas que tu te renfermes.

_ C'est nécessaire, il y a trop de vies en jeux, je ne peux pas me disperser. J'ai déjà une fait une pause au labo tout à l'heure. J'ai eu ma récré, maintenant, je dois me tenir prêt. Je ne me suis toujours pas occupé des armes, pas eu le courage.

_ Zech, Heero et moi nous en sommes occupés. Elles sont ok.

_ Merci.

_ Je sais que tu n'aimes pas ça. Mais il y autre chose qui te tracasse, je le sens bien.

_ ... ....

_ C'est Heero, n'est-ce pas ? Qu'y-a-t-il entre vous ? Tu es différent depuis qu'il est à bord.

_ Je ne suis même pas surpris. Tu as vraiment un don, tu lis en moi comme dans un livre.

_ Depuis le temps qu'on se connaît ...

_ Hm. Je ne sais pas Quatre. Tu vois, les relations entre personnes du même sexe ne m'ont jamais dérangées mais de me retrouver confronté à ça, je sais pas, je me sens perdu et c'est pas tout à fait le bon moment pour ce genre de questions existentielles.

_ Il n'y a jamais de bon moment, je pense. C'est sûr que là avec Oz et tout le reste ... mais bon, sais-tu au moins ce que tu éprouves pour lui ?

_ Comment as-tu su pour Trowa ?

_ C'est difficile à dire. Quand je l'ai vu la première fois je me suis juste dit à moi-même qu'il était beau, qu'il me plaisait, que j'avais envie de le connaître. Quand je l'ai connu plus, j'ai vu qu'il n'y avait pas que le physique, j'aime ses qualités et j'accepte ce que je considère comme ses défauts. J'arrive à m'imaginer un futur avec lui. Mais quand je l'ai rencontré je savais déjà que j'étais gay.

_ Moi je ne m'étais jamais posé la question. Quant à m'imaginer un futur, j'aimerais ... mais au vu de nos situations respectives, c'est perdu d'avance.

_ Pour autant, tu ne renies pas ce que tu éprouves. Par contre, tu pars perdant, tu devrais vous laisser une chance, tu ne lui es pas indifférent, ça se voit pour qui sait regarder. Tu regretteras si tu ne fais rien.

_ Hm.

_ Bon, je vais dîner, Tro m'attends et je t'ai apporté un sandwich, je me doutais que tu n'aurais pas envie de venir au réfectoire, mais tu dois manger.

_ Merci Quatre, je le prends mais je vais faire un tour sous la douche avant, ça me fera du bien. Si je le pouvais je piquerais bien une tête.

_ Ce ne serait pas très prudent.

_ C'est pour ça que je me contenterais d'une douche. Je peux emprunter celle de votre cabine ? Pas envie de croiser les autres aux douches communes, j'aime pas leur cacher des choses, je préfère les éviter si possible.

_ Bien sûr, tu es chez toi après tout.

Sur un dernier sourire, les deux hommes se quittèrent.

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L'eau ruisselait sur son corps, détendant ses muscles doucement. Il l'a laissa couler le long de ses épaules finement musclées, puis sur son dos et enfin se tournant il présenta son torse aux abdominaux agréablement dessinés sous le jet vivifiant.

Ses cheveux éparpillés et collés à son corps par l'eau le chatouillaient et il soupira d'exaspération, combien de fois avait-il songé à les couper ? Il ne savait même plus, pourtant, il ne pouvait s'y résoudre. Une promesse idiote ...

Son estomac le rappela à l'ordre et il ferma l'eau avant de chercher une serviette dans la petite salle de bain. Lorsqu'il en trouva une, il contint un rire blasé en avisant la taille de celle-ci. Un mouchoir de poche. Il s'essuya comme il put, essora ses cheveux et se l'accrocha autour des hanches pour aller récupérer ses vêtements propres posés sur le lit de ses amis.

Au moment où il ouvrit la porte menant à la chambre, celle de la cabine eut le même mouvement. Surpris dans son élan, il se figea et tourna la tête vers le nouvel arrivant. S'il s'était attendu à trouver Quatre ou Trowa, il en fut pour ses frais. Il vira au rouge soutenu en comprenant la situation dans laquelle il se trouvait.

Devant lui, la poignée toujours dans la main, Heero ne pouvait détacher son regard du corps d'Apollon debout à quelques mètres à peine de lui, avec pour seul rempart à sa nudité une minuscule serviette.

Le temps semblait s'être suspendu, aucun des deux n'arrivant à prendre la parole. Ils étaient habitués à ce genre de spectacle, à l'armée, l'intimité était une notion très abstraite. Mais là, c'était différent, ils étaient parfaitement conscients tous deux de l'électricité qu'il y avait entre eux, des frissons de désir qui parcouraient leur corps à l'instant même.

Ce fut Duo qui brisa le charme en premier, secouant la tête pour tenter de reprendre contenance, il se racla la gorge, mais sa voix légèrement rauque trahissait son état.

_ Tu cherches quelque chose ?

_ ... Hein ? Heu ... oui, Trowa !

_ Heu, il doit être au réfectoire ...

Tentant vivement de garder ses yeux dans ceux de Duo, Heero fit un effort considérable pour se concentrer.

_ Non, c'est ... Il m'a demandé, comme j'allais à ma cabine, de lui rapporter son téléphone au passage. Je ne savais pas que tu étais là, pardon.

_ Pas grave, Tro pouvait pas savoir. En tout cas j'espère pour lui.

Ces derniers mots, il les avait murmuré mais Heero les avait entendu, il en souriat malgré lui. Duo s'en rendit compte et prit un air faussement vexé.

_ Vas-y fous-toi de ma gueule ! Mais si ça t'embête pas trop j'aimerais bien m'habiller ?

L'atmosphère se détendait peu à peu, comme s'ils s'étaient rendus compte du ridicule de la situation. La gêne resta mais beaucoup moins présente, ils la cachèrent derrière l'humour et un début de provocation. Ils en firent un jeu.

_ Oh mais je t'en prie ! Ne te gêne pas pour moi, je ne fais que passer.

Sur ce, Heero entreprit de chercher l'objet de sa quête, tandis que Duo restait planté à se demander si il avait bien entendu. Ah il le prenait comme ça ! Il ne le croyait pas capable de s'habiller devant lui ? Et bien il allait être déçu...

Duo s'approcha du lit, et par la même occasion de Heero qui tentait toujours de trouver le portable. Il attrapa son boxer et fit glisser sa serviette à terre. Heero n'était pas face à lui, mais il l'avait quand même dans son champs de vision. Le brun sentit une bouffée de chaleur envahir son corps et une partie très sensible en particulier à la vue des fesses tendues de Duo passant son sous- vêtement.

Il déglutit discrètement, pris à son propre piège. Il ne pensait pas que le capitaine relèverait son défi. Il aurait pu, il se serait mis une baffe. S'arrachant avec toute la volonté encore présente dans son esprit à sa contemplation de rêve, il se dirigea vers la table de chevet. Duo finissait de boutonner son jean, et si Heero pensait pouvoir le regarder maintenant sans risque, et bien ...

Duo était incroyablement et définitivement trop sexy. Il était torse et pieds nus, les cheveux mouillés et détachés retombant sur son dos et ses épaules, et surtout il affichait un petit sourire en coin en regardant Heero se battre contre lui-même. Ce dernier s'en rendit compte et sourit malgré lui.

_ Ok, t'as gagné, j'me rends !

_ Qu'y-a-t-il agent spécial Yuy ? Auriez-vous peur d'un scientifique désarmé et à peine vêtu ?

Le ton de Duo était irrémédiablement trop sensuel pour la santé mentale de Heero. Il mit fin à ses recherches et pour la première fois de sa vie, il fuit. Ouvrant la porte pour partir loin de son fantasme vivant, il réussit à lui répondre sans pour autant le regarder. Le jeu était réellement terminé.

_ Ce n'est pas de toi que j'ai peur ... mais de moi.

Finalement ce jeu était une mauvaise idée, il laissait Duo encore plus troublé qu'avant sa douche. Ce qui aurait pu être une fin de journée un peu agréable tournait à la catastrophe et Duo pressentait que c'était loin d'être terminé.

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Pourquoi il lui avait dit ça ? Pourquoi n'était-il pas sortit ? Non ! Il avait fallut qu'il fasse le fier, qu'il montre que rien ne l'atteignait, comme si la vision de ce corps pratiquement nu n'était pas suffisant ! Cette fois en tout cas, plus de doute. Il ne pouvait plus se mentir, par contre pourquoi Duo s'était-il plié au jeu de si bonne grâce ? Fierté masculine lui aussi ? Ou bien était-ce en rapport avec ce qu'il lui avait plus ou moins sous-entendu l'autre soir lorsqu'il lui avait dit qu'il se posait des questions sur ses préférences depuis qu'il le connaissait ?

Heero fut tiré de ses pensées par Trowa qui lui demanda son téléphone. Il l'esquiva rapidement, lui expliquant qu'il ne l'avait pas trouvé mais ne voulant pas s'étendre sur les raisons de son « échec ». Il avait besoin de faire le vide, malheureusement Zech le choppa dans un couloir et l'entraîna à sa suite pour faire le point sur la mission.

Quand ils eurent enfin fini, il était presque onze heure du soir et il eut le besoin irrépressible de rejoindre le pont où il savait pouvoir trouver Duo. Ces discussions étaient devenues vitales pour lui. Un moment privilégié pendant lequel il ne partageait pas Duo, il l'avait pour lui seul, parlant de tout et de rien, se confiant quelques fois sur leur passé, sur leurs inquiétudes concernant la mission mais surtout et plus que tout, il profitait de sa présence.

L'avoir près de lui, sentir son odeur, sentir chacun de ses gestes, accueillir chacun de ses sourires, se repaître de chacun de ses regards ... Finalement, il céda à ses pulsions et claquant la porte de sa cabine en signe de résignation blasée, il se rendit sur le pont.

Il resta un instant dans l'ombre à l'observer, il était dos à lui mais Heero pouvait très bien imaginer l'expression de son visage à cet instant. Son dos était détendu et il levait la tête vers le ciel, laissant le vent jouer avec ses cheveux. Il devait être serein, les yeux fermés et un léger sourire flottant sur ses lèvres.

Il se redressa et Heero le vit prendre ce qui semblait être un talkie-walkie. Il ne put entendre ce qu'il disait mais il comprit quand quelques minutes plus tard une musique envahit gentiment les hauts-parleurs du pont. Heero ne connaissait pas mais il aimait bien. C'était beaucoup moins violent que ce qu'il avait fait passer la dernière fois.

D'un seul coup, Duo se retourna et le fixa. Pourtant, il aurait pu jurer avoir été des plus discrets.

_ Je sens toujours quand on m'observe. D'habitude tu me rejoins sans attendre d'invitation.

Heero sourit doucement et vint s'asseoir à ses côtés, en plus il lisait dans ses pensées.

_ C'est vrai, mais tu avais l'air si bien que j'ai eu des remords à te déranger.

_ Si un jour tu me déranges, tu seras le premier au courant.

Heero ria et secoua la tête. Duo, lui, resta émerveillé par l'éclat inhabituel dans les yeux de l'agent spécial.

_ Tu es bien aimable Duo !

_ Hm, je trouve aussi.

_ C'est quoi cette musique ?

_ J'ai demandé à Eiji de nous balancer un truc cool, apparemment il a choisi une programmation que j'ai faite il y a quelques temps, des ballades de différents groupes de rock et de métal.

_ Hn. J'aime.

Ils se turent pendant un moment, profitant simplement de l'instant. Puis Duo se tourna vers Heero, l'air grave et sérieux et le brun comprit qu'il allait parler de la mission.

_ Tu n'as pas peur ? Tu n'angoisses pas ?

_ Si bien sûr. Je regrette que vous soyez mêlés à ça tu sais...

_ Je sais, tu m'l'as répété mille fois au moins mais personne ici ne vous en veux. On sait bien que vous n'y êtes pour rien.

_ J'ai hâte que tout soit terminé et que vous soyez sains et saufs, que vous puissiez reprendre votre vie et oubliez tout ça.

_ Il y a des choses que je ne veux pas oublier.

Heero se détourna de l'océan et planta son regard dans celui, brillant, de Duo. Oui, il comprenait ce qu'il voulait dire et cette fois c'était clair, ses sentiments étaient, au moins un peu, partagés, plus de doute possible.

Toutes les allusions, tous les regards, tout ce qui l'avait fait douter, à ce moment précis tout s'assemblait pour lui apporter une certitude. Il allait lui répondre quand une nouvelle chanson commença et il vit Duo soupirer de plaisir en fermant les yeux. Apparemment cette chanson lui parlait et était importante pour lui.

Heero se concentra alors sur les paroles et son cœur fit un bond dans sa poitrine avant de reprendre un rythme plus endiablé. Cette chanson, c'était eux ...Alors il ferma les yeux également et se laissa bercer.

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Your Eyes singing to me sweet lullabies Tes yeux me chantent de douces berceuses
While you live there in submission Alors que tu m'asservis

Forbidden desire Désir interdit
Alone in the moonlight Seul au clair de lune

Hearts of fire burn away our inhibitions Des cœurs brûlants consument nos inhibitions

When the stars lose their fire Quand les étoiles perdent leur feu
And night steals the morning away Et que la nuit vole le matin
Forever and the day Pour toujours et à ce jour
I will stay, I will stay here with you my love Je resterais, je resterais là avec toi mon amour

Sacrifice

A heart beat away from paradise A un battement de cœur du paradis
All my reasons given way to temptation Toute ma raison cède face à la tentation
Fear and shame Peur et honte
Looking for someone else to blame Cherchant quelqu'un d'autre à blâmer
We're devoured by these fruitless accusations Nous sommes dévorés par ces vaines accusations

With every fleeting breath I take A chaque souffle éphémère je comprends
Maybe a love was a mistake Peut-être que notre amour était une erreur

Eternal life La vie éternelle

I traded for one moment beside you Je l'échangerais pour un seul moment près de toiWhen the stars lose their fine
And night steals the morning away
Forever and the day

I will stay, I will stay here with you my love

When the stars lose their fine
And night steals the morning away
Forever and the day
When the stars lose their fine
And night takes the morning away
Forever and the day
I will stay, I will stay here with you my love

_

La chanson s'éteignit tendrement et le CD continua, enchaînant sur une nouvelle mélodie que ni l'un ni l'autre n'entendirent. Ils s'étaient inconsciemment rapprochés au fur et à mesure que les paroles se frayaient un passage jusqu'à leur esprit.

La main d'Heero s'était égarée dans les cheveux de Duo en voulant replacer une mèche rebelle, elle y était restée. Duo s'était tourné face à lui et semblait chercher quelque chose dans ses yeux. Ses mains étaient posées de chaque côté de son corps, ses bras tendus le maintenait d'aplomb, sans eux il se serait effondré sous l'intensité du moment.

La main d'Heero passa de ses cheveux à sa joue, ils ne se quittaient plus des yeux, pas besoin de mots, non, leurs sentiments se reflétaient parfaitement dans leurs prunelles. Les doigts qui caressaient sa joue faisaient perdre toute notion de réalité à Duo, ils le brûlaient, le glaçaient, lui procuraient des sensations jamais connues auparavant. Son ventre était la proie de milliers de papillons batifolants.

Heero n'arrivait plus à contrôler sa respiration, son souffle était saccadé et les picotements de ses doigts sur la peau opaline du capitaine de son cœur le troublaient plus que tout. N'y tenant plus, poussé inconsciemment par le brusque changement d'intensité dans la voix du chanteur, il se pencha vers celui qui avait ravi son âme aux premiers regards.

Duo ne voyait plus que du bleu, pas celui de l'océan, non, un bleu dense et profond, annonciateur d'une soudaine tempête. Il n'avait pas conscience de la distance qui s'amenuisait entre leur visage , il ne voyait plus que les iris emplis de passion de son vis à vis. Instinctivement, il ferma les yeux, pour lui s'était avant tout une preuve de confiance, il s'offrait à l'agent spécial qui le hantait depuis le début, le torturant nuit et jour.

Ce dernier, ayant compris le message, soupira de soulagement, il n'aurait pas supporter un rejet dans l'état de nerf où il était. Annihilant les derniers millimètres entre lui et ses proies, il posa ses lèvres sur celles de Duo.

Ce dernier frissonna sous l'assaut des nouvelles sensations, Heero était d'une douceur à toute épreuve, pourtant il pouvait ressentir toute sa fougue et son désir contenus dans cette douce pression.

Ce n'était au départ qu'un contact léger mais lorsque Duo, perdu dans les dédales de son cœur, agrippa l'épaule d'Heero dans un élan spontané, celui-ci poussa un gémissement rauque et happa les lèvres du capitaine avec plus de ferveur encore. Il attrapa sa lèvre inférieure entre les siennes puis la mordilla gentiment. Duo se sentit fondre et resserra son étreinte, il sentit Heero l'attirer à lui par la taille avec son bras libre, l'autre main avait maintenant migré vers sa nuque et la tenait fermement.

Leur corps à corps se fit plus sauvage, leur bouche s'entrouvrirent en même temps et leur langue se rencontrèrent. Cette fois ce fut Duo qui gémit plaintivement. Leur corps parcourus de frissons de plaisir ne leur laissaient pas de répit. Leurs mains touchaient, caressaient, s'accrochaient à tout ce qu'elle trouvaient.

Ils ne se séparaient que quelques dixièmes de secondes pour reprendre un peu d'air avant de se replonger dans la bouche de l'autre avec délectation. Ils ne pensaient même plus, leurs sens inutiles s'étaient déconnectés, ils ne ressentaient plus que le toucher. Leurs lèvres, leur langue, avaient d'un seul coup une volonté propre. entre leurs soupirs de bien être et leurs gémissments de plaisirs, ils avaient perdu toutes notions de temps et d'espace.

Après plusieurs minutes de ce ballet impétueux, ils se détachèrent d'un accord tacite. Duo posa son front contre l'épaule d'Heero, sa respiration laissait à désirer et son cœur avait un rythme bien trop élevé. Son compagnon ne semblait pas en meilleur état. Toutefois, cela ne l'empêcha pas de glisser sa bouche vers l'oreille de Duo, le maintenant fermement contre son corps tremblant.

_ Tu m'as asservi Duo.

Ce dernier tressaillit, la voix d'Heero si grave était une musique tellement sensuelle pour lui désormais. Il se recula légèrement et le fixa, il se demanda un instant si ses joues étaient aussi rouges et ses yeux aussi brillants que ceux d'Heero. Il voulait parler mais sa voix semblait ne plus pouvoir sortir, ce n'est qu'un souffle qui passa la frontière de ses lèvres.

_ Je t'aime Heero.

C'était dit. Rapide ? Peu importe, il était sûr de lui, rien d'autre n'avait d'importance. Il regardait toujours Heero, son regard ne vacillait même pas, comme pour montrer sa détermination, comme pour le mettre au défi de ne pas le croire.

_ Je t'aime aussi.

Deux sourires se firent face. Alors qu'ils allaient reprendre leur activité précédente, un éclat attira le regard de Duo et tout son corps se raidit. Sentant le brusque et infime changement dans le corps du capitaine, Heero se retourna lentement et vit ce qui avait provoqué la soudaine fixité de Duo.

Derrière lui, à bâbord, un corps se hissait sur le bateau. Se doutant qu'il n'était pas seul, il se releva, immédiatement imité par Duo.

En silence, sans même se concerter, ils filèrent à la passerelle de commandement. A leur arrivée, tous les occupants cessèrent leur activité, les regardant se diriger vers l'armoire contenant les armes. Le silence se fit angoissant et tout le monde sursauta lorsqu'Heero prit la parole, s'emparant en même temps d'un automatique 9 mm.

_ Ils sont là. Prenez une arme et un chargeur de rechange, prévenez les autres à l'aide des talkies. Que tout le monde garde son calme, restez groupés, ne vous séparez sous aucune condition. Il faut les laisser venir à nous, gardons l'effet de surprise jusqu'au bout si possible.

Duo attrapa une arme à son tour et laissa l'accès à l'armoire à son équipage. Trowa et Quatre furent les suivants, puis Wufei, Hilde et enfin Sally, cette dernière mettant au défi le jeune chinois de l'en empêcher.

_ Je dois trouver Zech.

_ Je viens avec toi Heero.

_ Tu devrais rest...

_ N'imagine même pas me laisser derrière toi crétin !

_ Hn.

Les deux hommes repartirent comme ils étaient venus, ils se faufilèrent dans les couloirs prenant garde à ne pas se faire remarquer. Ils se trouvèrent bientôt devant la cabine du blond. Ils y entrèrent sans prendre le temps de s'annoncer et trouvèrent son occupant étendu sur son lit en tenue pour dormir, à savoir en sous-vêtement.

Il sursauta mais ses protestations moururent dans sa gorge en avisant les armes et l'air contrarié de son équipier et du capitaine.

_ Oh je vois. Deux secondes.

Il sauta du lit et enfila jean et t-shirt avant de chercher ses baskets que finalement Duo trouva avant lui. Pendant ce temps Heero attrapa l'arme prise pour lui en plus de son arme de service.

_ Tout l'équipage doit être maintenant prévenu et armé. Nous allons essayer de faire le tour et des les chopper mais en cas de problème on tire. On est coincé sur un bateau on peut pas se permettre de faire dans le détail.

_ On y va alors.

Et chacun leur tour ils sortirent, se mouvant comme des ombres. Ils firent rapidement le tour des cabines, elles étaient vides, ils les refermaient à clés au fur et à mesure derrière eux.

Ils parvinrent ainsi jusqu'au réfectoire, vide également. Duo soupira de soulagement, de toute évidence, ses hommes avaient eu le temps de se regrouper et il était évident que les endroits encore éclairés seraient les derniers attaqués par Oz. Ils chercheraient sûrement des personnes isolées dans un premier temps.

Ils poussèrent jusqu'à la cuisine et au moment d'en ressortir, Zech sentit un courant d'air dans son dos, il eut juste le temps de se retourner pour empêcher une main de s'abattre sur sa nuque. Le « combat » fut rapide, en quelques mouvement il ceintura son agresseur et l'assomma. Les deux autres l'aidèrent à l'attacher et à le bâillonner, puis ne trouvant aucun autre endroit, il l'enfermèrent dans la salle frigorifique.

Ils continuèrent leur inspection, se maudissant de n'avoir pas eu le temps d'interroger leur prisonnier pour avoir ne serait-ce qu'une idée du nombre de représentants d'Oz ou de comment ils avaient pu approcher sans être détectés par les radars pourtant perfectionnés de l'Orca. Ils parvinrent au labo et salles de recherches.

Au moment de passer la porte, ils entendirent des bruits de voix. Ils se tapirent de chaque côté et en quelques regards ils convinrent qu'Heero entrerait le premier, couvert par Zech et que Duo monterait la garde à l'entrée, évitant ainsi une mauvaise surprise.

Les rôles enfin répartis, Heero s'aventura prudemment dans la première salle. Il eut juste le temps de s'abriter derrière le premier bureau à sa portée qu'un homme fit son apparition, il parlait tout seul, marmonnant des phrases incompréhensibles.

Apparemment alerté par le bruit, la sentinelle cherchait dans chaque recoin. Zech et Duo était coincés, ils ne pouvaient rien faire pour le brun jusqu'à ce que l'homme leur tourne le dos. Zech surgit tel un diable et abattit son arme sur la tempe du soldat qui se retournait au même instant. Heero se redressa à l'instant afin de rattraper le corps pour le déposer à terre silencieusement. Il fut dûment ligoté et bâillonné, à l'instar de son homologue dans les cuisines.

Même s'il était conscient que le moment ne s'y prêtait pas, Duo ne put empêcher une pointe de jalousie d'envahir son cœur en constatant l'harmonie parfaite entre les deux agents sur le terrain. Il secoua la tête et se concentra sur sa tâche.

A première vue, plus personne dans cette salle, aussi ils poussèrent jusqu'à la suivante et enfin ils arrivèrent au labo à proprement parler. Aucun doute que celui-ci avait des visiteurs. Reprenant leur rôle respectif, ils en poussèrent la porte. Trois hommes fouillaient, faisant le moins de bruit possible. Que pensaient-ils trouver ? Duo était perplexe.

Heero et Zech se postèrent derrière eux, arme au poing.

_ Ne bougez plus.

Les soldats se figèrent.

_ Nous sommes armés alors retournez-vous lentement et mains en l'air.

Ils obéirent et Zech sortit les menottes coincées à sa ceinture.

_ Bien, chacun votre tour, vous allez vous baisser et poser votre arme par terre, puis vous la ferez glisser jusqu'à nous. Ensuite vous vous passerez les menottes.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les soldats étaient aguerris et savaient que dans cette situation, ils ne pouvaient rien faire d'autre qu'obéir.

_ Alors combien êtes-vous ?

_ ... .... ..

_ Vous parlerez croyez-moi, m'est avis que vous préfèrerez la manière douce cependant.

Duo ne pouvait qu'entendre, trop occupé à surveiller les couloirs, mais la voix d'Heero lui glaça le sang. Il parlait calmement mais avec une telle froideur !

_ Bon, je vois. Zech, surveille ces deux là.

Il en attrapa un et le tira à lui par le bras, le menant un peu à l'écart.

_ Gauche ou droit ?

Ne s'attendant pas à ce genre de question le soldat perdit un instant le silence.

_ Quoi ?

_ Pied gauche ou pied droit ?

En même temps qu'il répondait, il arma son pistolet et le baissa en direction des pieds du soldat, le regard impassible.

_ Si tu ne décides pas, je choisirais pour toi.

_ Non ! C'est bon ... ... nous sommes huit.

_ Seulement ?

_ On s'attendait à trouver une équipe de scientifiques et deux agents, pas besoin d'une armée.

_ Où sont les autres ?

_ Je ne sais pas, on s'est séparés tout de suite.

_ Comment êtes-vous arrivés sur le bateau sans être détectés ?

_ Des brouilleurs, dernier cri.

_ Hn. J'espère pour toi que tu dis vrai, sinon tu seras le premier à mourir.

Sur ces derniers mots, il le ramena vers les autres et se concerta un instant avec Zech. Après s'être mis d'accord, Heero appela doucement le capitaine.

_ Duo.

_ Ouai ?

_ On va ramener ces trois là à la passerelle, on ne pourra pas continuer l'inspection avec eux dans les pattes. Normalement, il n'en reste que trois mais je ne sais pas où.

_ Ok. On y va.

Duo commençait à croire aux miracle. Ils étaient parvenus sans encombre jusqu'à l'escalier menant à la passerelle. Heero les laissa en bas de l'escalier, cachés dans l'ombre et grimpa lestement les quelques marches. Discrètement, il se redressa juste assez pour apercevoir l'intérieur du poste de commandements par le hublot de la porte. Ce qu'il y vit ne sembla pas lui plaire car il étouffa un juron entre ses dents et se hâta de rejoindre ses compagnons.

_ On a un problème. Les trois autres sont là, ils tiennent l'équipage en otage, ils sont assis sous les tableaux de bord, les terroristes les surveillent armes au poing ...

_ Et ?

_ ... ...

_ Heero ?

_ ils ... ils retiennent Quatre, couteau sous la gorge, sûrement pour empêcher les autres de se jeter sur eux.

_ Shit ! Le con, il a dû leur dire qu'il était le patron pour sauver les autres. Il est pas possible ce mec .... fait chier !

_ Bon, du calme. Ça ne sert à rien de s'énerver, réfléchissons.

_ Zech a raison Duo, le sang froid est le maître mot maintenant.

_ Facile à dire.

Ils s'affrontèrent du regard, leur manège aurait pu durer longtemps si le bruit très caractéristique d'un haut-parleur brusquement branché n'avait pas résonné dans tout le bateau.

_ Capitaine Maxwell, nous retenons votre équipage, veuillez vous rendre à la passerelle accompagné des agents des services secrets, vous avez cinq minutes. Passé ce délai, nous commencerons à exécuter les otages.

Un claquement sec retentit, le haut-parleur était coupé. Un silence froid s'abattit sur les trois hommes encore libres de l'Orca. Leurs prisonniers, eux, ne cachaient pas leur joie, ils jubilaient sur place, heureux de la tournure des événements.

Duo s'avança et sa voix était résolue et déterminée, on ressentait toute l'expérience du soldat à travers elle. Il n'était jamais apparu comme ça avant devant Zech et Heero et ces derniers en tremblèrent lorsqu'ils virent l'étincelle meurtrière dans les prunelles du capitaine.

_ On a peu de temps. Vous allez faire ce que je vous dit. Pour une fois, je prends les rênes.

Il sortit un couteau à la lame effilée d'une gaine accrochée à son avant-bras et cachée par la manche de son pull. Heero sursauta, décidément, il ne savait vraiment rien de lui. Il le regarda approcher des prisonniers, il en prit en un au hasard et lui entailla profondément le bras d'une main, en couvrant sa bouche de l'autre. Le geste fut si rapide qu'aucun des deux agents n'eut le temps de l'en empêcher.

S'imprégnant du sang qui s'égouttait de la blessure du captif, il se barbouilla les mains et une partie du visage. Puis, à l'aide de sa lame toujours maculée du liquide rougeâtre il entailla ses vêtements à divers endroits. Il ébouriffa un peu ses cheveux et se tourna enfin vers Zech.

_ Frappe-moi. Vise le visage.

Heero voulut s'interposer mais un regard du capitaine l'en dissuada. Zech hésitait, c'était plus qu'évident. Duo le provoqua, il n'avait pas de temps à perdre.

_ Alors ? T'attends le déluge agent spécial ? T'avais pas peur de me toucher l'autre jour pourtant. C'est sûr que c'est pas le même genre de contact mais c'est toujours bon à prendre non ? Allez quoi ! T'as peur que j'te répondes ?

Il n'eut pas à approfondir d'avantage. Le poing de Zech s'abattit avec violence sur sa joue droite, entaillant la lèvre et laissant une marque bien rouge.

Duo accusa le coup et se frotta la mâchoire.

_ Ah ba quand même. Merci ... et je pensais pas tout ce que j't'ai dit !

_ Mais ....

_ Plus tard. Bon voilà ce qu'on fait, j'me rends à la passerelle, seul.

_ Atte....

_ Pas maintenant Heero. Ils vont me demander où vous êtes, j'leur dirais que des soldats à eux nous ont trouvé, qu'on s'est battu et que je suis le seul survivant. Ils ne me croiront pas, donc ils enverront un soldat à eux pour vérifier. Vous l'interceptez et vous le neutralisez. Ils ne seront plus que deux. Vous profiterez de l'effet surprise, on devrait pouvoir les avoir sans trop de casse.

_ Je suis pas sûr Duo, c'est risqué et ...

_ Heero ! Tu vois une autre solution ?

_ Il a raison Heero. C'est le seul plan potable, c'est le seul plan tout court en fait et le temps est pratiquement écoulé.

_ Bon j'y vais. Tenez vous prêt. Vous devriez aller foutre ces trois là dans le frigo.

Duo se détourna et s'approcha des marches quand une main attrapa son épaule. Il se retourna vivement prêt à frapper celui qui essayait de l'empêcher de mettre son plan en action, mais ce qu'il lut dans le regard d'Heero le réconforta quelque peu. Il ne tentait pas de l'arrêter, il lui faisait confiance. Son regard n'était qu'un mélange d'amour et d'inquiétude. Il ne lui dit rien, il le fixa simplement et lorsque les plis barrant le front de Duo disparurent, il sut que son message était passé.

Il le lâcha et rejoignit Zech qui poussait les terroristes captifs vers les cuisines.

Duo inspira un grand coup et entra dans la peau de son personnage. Il devait prendre un air effondré, épuisé et blessé. Il n'aurait pas trop à se forcer pour le côté psychologique mais physiquement, il avait l'air d'aller trop bien. Aussi c'est en boitant qu'il entreprit de gravir l'escalier.

Arrivé en haut des marches, il frappa à la porte et recula, mains en l'air.

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A l'intérieur de la passerelle, l'équipage était assis et attendait que le délai arrive à son terme. Trowa contenait de plus en plus difficilement sa rage en voyant son amant aux mains de l'ennemi. Si Wufei ne l'avait pas retenu, nul doute qu'il se serait déjà jeté sur eux, y perdant la vie à coup sûr.

Quatre restait digne et affrontait ses kidnappeurs avec un calme et sang froid qu'il était loin de posséder réellement. Sa passivité n'était qu'une apparence qu'il maintenait pour tranquilliser son compagnon et aussi pour éviter d'énerver les terroristes. Il ne savait pas encore ce qu'ils voulaient. Si leur but était d'empêcher la mission, ils seraient déjà tous morts. Or cela n''avait pas l'air d'être dans leurs intentions, du moins pas tout de suite.

Un silence pesant régnait sur la salle et les quelques coups frappés à la porte par Duo en firent sursauter plus d'un. Celui qui semblait être le chef raffermit sa prise sur Quatre et rapprocha la lame de sa gorge, lui coupant quelque peu la respiration. Trowa broya la main de Wufei. Le chef fit signe à un de ses hommes.

_ Va ouvrir et fais gaffe.

Le soldat s'approcha lentement de la porte et regarda par le petit hublot. Il vit Duo debout les mains en l'air. Il ouvrit et d'un mouvement de son arme, l'invita à entrer.

_ Je suis Duo Maxwell, capitaine de l'Orca Gladiator. Vous avez demandé à me voir ?

Duo avait prit un ton léger, le même que pour une conversation mondaine. Il voulait montrer à ses hommes qu'il contrôlait la situation. Ils le connaissaient assez pour déceler ce genre de détails.

_ Vous êtes seuls. Où sont les agents Yuy et Merquize ? Nous savons qu'ils sont à bord depuis plusieurs jours.

A l'entente de ses noms, Duo baissa la tête et pris un air grave. C'était le moment décisif, ça passait ou ça cassait ...

_ Nous avons rencontré des hommes à vous. Je suis le seul survivant.

Un silence religieux accueilli ses paroles. Plusieurs membres d'équipage hoquetèrent d'horreur en imaginant les deux agents morts. Quatre fronça les sourcils, il n'y croyait pas une seconde. Il connaissait trop bien son ami. Si Heero était vraiment mort, il ne serait pas dans cet état. Un coup d'œil à Trowa et Wufei lui apprit qu'il n'était pas le seul à douter.

_ Vous dites qu'ils sont morts ? Mes hommes et les deux agents ?

_ Oui.

Duo releva la tête, plus aucune expression ne traversait son regard, impossible de dire si il mentait ou non.

_ Où sont les corps ?

_ Dans la salle de repos, près du réfectoire.

Duo priait pour qu'il y envoi un de ses hommes, Zech et Heero en revenant dans la salle frigorifique tomberait forcément sur lui et lui règlerait son compte. Ça en ferait toujours un de moins. Après, il n'aurait plus qu'à attendre qu'ils les rejoignent et ils pourraient en finir avec les deux restants.

Le chef le scrutait toujours, l'air profondément contrarié. Finalement, il se tourna vers un recoin que Duo ne pouvait voir de là où il était et appela quelqu'un.

_ Yoann ! Va vérifier !

_ Oui chef.

Un mouvement dans son dos. Duo prit le risque de jeter un œil rapide et là , blocage. Son cœur se serra dans sa poitrine et une flopée d'insultes naquit dans son esprit. Le fils de chien ! Le bâtard que Heero avait interrogé leur avait menti. Ils n'étaient pas huit mais dix. Même avec un en moins, ils seraient toujours quatre à les tenir en joug et non deux !

Merde ! Ça bouleversait nettement leurs probabilité de s'en sortir sans trop de casse. Il ne pouvait même pas prévenir Heero et Zech .... c'est pas vrai ! Quand il y repensait, il y avait à peine plus d'une heure, il était sur le pont confortablement installé dans les bras de Heero, a échangé des baisers passionnés, leurs premiers baisers, a partager leurs sentiments respectifs et ... Merde !

Bon, chaque chose en son temps. Le gars était sorti depuis quelques minutes et si tout se passait comme prévu, il était déjà mort. Un de moins, restait quatre. La salle de commandement comportait deux entrées. Une à tribord et une à bâbord. Si il avait bien compris le fonctionnement des deux agents, ils se sépareraient sûrement pour en prendre chacun une. Il faudrait être prêts au moment où ils entreraient. Se souvenant du code mis au point à l'école militaire pendant leur entraînement, Duo tenta d'attirer le regard de Wufei discrètement.

Il bougea de quelques centimètres, assez pour ramener l'attention des soldats les mieux entraînés sur sa personne. Du coin de l'œil, il vit Trowa et Wufei guetter ses mouvements. Pour détourner le regard du chef et de ses sbires, il prit la parole sur un ton volontairement agressif.

_ Et maintenant on peut savoir ce que vous nous voulez ?

_ Mais bien sûr Capitaine, j'allais y venir. Nous prenons simplement le contrôle de votre bâtiment. Votre mission reste inchangée, vous allez retrouver l'épave et remonter les informations qu'elle contient. Seulement, les commanditaires ne sont plus les mêmes.

_ Je ne comprends pas.

Duo comprenait trop bien, au contraire, mais il devait gagner du temps. Sans que les terroristes ne s'en aperçoivent, sa main gauche en partie cachée par son corps formait à toute vitesse différents signes que seul Wufei pouvait comprendre. Il le prévenait ainsi de se tenir prêt à l'assaut qui ne tarderait pas être lancé par Heero et Zech. Au fur et à mesure, le chinois traduisait furtivement le langage codé à Trowa, car assurément ils auraient besoin de son aide. Par contre, dans sa position, mieux valait ne pas compter sur Quatre, quant à ses hommes, Duo voulait les épargner au maximum.

_ C'est très simple. Si nous vous éliminons, nous ne doutons pas qu'un jour ou l'autre un autre navire sera lancé pour aller les chercher, nous allons donc récupérer ces données avant que le gouvernement de Sank ne le fasse.

_ Et après vous nous tuerez.

_ Chaque chose en son temps Capitaine. Peut-être qu'avec le temps, certains parmi vous adhèrerons à notre objectif. Ce qui est déjà le cas de certaines personnes bien placé dans ce gouvernement auquel vous obéissez.

_ Je ne pense pas non, quant à leur obéir, sachez que nous avons guère eu notre mot à dire.

_ Comme c'est dommage, alors vous avez été entraîné contre votre gré dans cette « aventure », c'est ennuyeux en effet ... pour vous je veux dire.

_ Comme c'est aimable à vous de vous soucier de nous.

L'ironie explicite dans la conversation n'échappait à personne bien entendu. Duo avait terminé ses échanges avec Wufei mais interrompre la conversation maintenant mettrait la puce à l'oreille du chef terroriste. De plus, pendant ce temps là, il ne pensait plus à ce Yoann, envoyé repérer leurs complices.

_ Me soucier, me soucier, je n'irais pas jusque là. Je constate simplement qu'encore une fois, un gouvernement élu soi-disant démocratiquement agit de façon dictatorial avec ses «tendres» sujets.

_ Quelle hypocrisie en effet ! Oz est tellement plus pacifiste dans ses « demandes ».

_ Pas de ça avec moi Capitaine, nous sommes de grands garçons. Vous savez comme moi que le pouvoir s'obtient par la force si on veut le conserver.

_ Parce que c'est ça que veux Oz, prendre le pouvoir à Sank ?

_ Bien sûr ! Quoi d'autre ?

_ Et qui sont ces personnes dont vous parliez tout à l'heure ?

Là Duo risquait gros, il en avait conscience, mais en même temps, sa philosophie avait toujours été « Qui ne tente rien, n'a rien! ». Les sourcils du chef se froncèrent et sa main se ressera autour de la lame du couteau sous la gorge de Quatre. Si Duo avait tenté d'occulter la position délicate de son ami pendant le précédent échange, cette fois il ne pouvait plus. Il lança un regard désolé à Quatre mais se reprit bien vite.

_ Je vous trouve bien curieux d'un coup Capitaine.

_ Nous allons mourir, je me demande seulement à cause de qui ?

_ Nous verrons cela plus tard.

Il se tourna vers ses hommes, de toute évidence l'absence de Yoann commençait à l'agacer.

_ Qu'est-ce qu'il fout ? Il faut pas trois heures pour se rendre au réfectoire.

Puis il se retourna vers Duo.

_ Nous auriez vous menti Capitaine ? Je ne vous conseille pas de ....

Il fut interrompu brutalement par les portes s'ouvrant à la volée et laissant entrer deux agents spéciaux très en colère mais très efficaces.

L'équipage, au sol, vécu toute cette scène avec une expression horrifiée sur le visage et un sentiment étrange, mélange à la fois d'excitation, de peur et de frustration de ne pouvoir rien faire sans risquer d'aggraver les choses. Les otages virent distinctement Heero enfoncer la porte et se jeter à terre pour éviter une balle, puis se relever tout aussi vite pour tirer sur le soldat le plus proche de lui, celui là même qui s'apprêtait à sortir chercher le fameux Yoann. Il s'effondra, une balle dans la jambe, l'autre dans le torse.

Dans le même temps, Zech avait engagé à peu après la même méthode, sauf que lui ne put complètement éviter la balle qui lui était destinée et elle effleura son avant-bras, laissant une entaille sanglante derrière elle. Il abattit un autre soldat. En restait deux.

Alors que Trowa se relevait d'un coup, empoignant l'arme de celui qui se trouvait derrière lui pour la maintenir en l'air, Wufei toujours accroupi lui faucha les jambes. Ils le retinrent au sol et le débarrassèrent de son arme.

Le chef avait suivi le combat sous ses yeux, les écarquillant de plus en plus à mesure qu'il voyait ses hommes se faire maîtriser, au moment où il allait trancher la gorge de cet homme blond entre ses mains, il eut juste le temps d'apercevoir un éclair argenté dans les mains du capitaine.

Duo n'avait pas perdu une seconde, sachant pertinemment que la vie de Quatre était en jeu. Il remonta sa manche et se saisit de son couteau, d'un geste vif et sûr il le lança et la lame se figea instantanément dans la gorge du chef, frôlant le visage de Quatre qui ne put s'empêcher de trembler d'appréhension en sentant sur sa peau le souffle d'air provoqué par le déplacement de l'arme.

Le chef s'étrangla quelques secondes avec son propre sang, relâchant peu à peu son étreinte sur le patron de la Winner Corp, lequel se dégagea d'un mouvement sec. Le corps de son bourreau s'effondra à ses pieds dans un bruit mat et après une dernière convulsion, il ne bougea plus.

Duo regarda autour de lui l'étendu des dégâts, il s'apprêtait à demander si tout le monde allait bien quand il sentit une piqure violente et brûlante le frapper dans le dos au niveau de l'omoplate. Il n'eut que le temps de voir les visages horrifiés de ses amis et en particulier celui de Heero qui se précipitait vers lui, arme au poing et visant quelque chose hors de son champs de vision.

Il n'entendait déjà plus rien, son ouïe était calfeutré par les battements sourds de son sang contre ses temps et il sombra dans l'inconscience.

_ Duooooooooooooooo !!!!

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A suivre !!!

J'espère que ça vous plait toujours, merci de me lire ça me fait vraiment plaisir et à très bientôt pour la suite

Kisu !!!