Disclaimer : pas à moi, est-ce vraiment utile de le préciser ??? Non on s'en serait douté, hein ?
Genre : UA, aventure et romance
Couples : 1x2, 3x4, 5x ? (on s'en doute un peu quand même)
Rated : M
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Duo commençait à émerger des limbes d'un sommeil profond mais qui, il le sentait, n'était pas naturel. En effet, tout effort qu'il puisse faire, il ne parvenait pas à ouvrir les yeux et avait du mal à sentir son corps. Il avait l'impression que ce dernier était dans du coton, ou non en fait, il était en coton.
Impossible de bouger ne serait-ce qu'un doigt ou une paupière. Il réussit pourtant à garder son sang froid et se forçat à réunir toutes ses sensations et ses souvenirs. Mais rien ne lui venait, juste du flou, des impressions, des éclats de voix hurlant son prénom, rien de concret. Il fit alors appel à ses autres sens, il entendait des bruits autour de lui c'était déjà ça. Maintenant restait à déterminer de qui il venait et où il se trouvait car de toute évidence, ce n'était pas sur le canapé de son bureau qu'il était étendu.
Il tentait de lutter mais une torpeur l'envahit soudainement et avant qu'il ait eu une quelconque réponse à toutes ses interrogations, il se rendormit sans que les personnes autour de lui ne se soit doutées de son temporaire éveil.
_ Alors ?
_ Il ne devrait pas tarder à se réveiller, c'est une question de minutes.
_ Hn. Je repasserais tout à l'heure.
_ Heero ! Sois raisonnable et repose-toi un peu, d'accord ?
_ Hn.
Laissant Quatre jouer les infirmières, l'agent spécial s'en retourna à son autre occupation favorite de ces dernières 18 heures. Depuis l'attaque de la nuit dernière et ce qui en avait résulté, Heero faisait des allers et retours incessants entre la chambre du capitaine et la salle de repos, transformée dans l'urgence en salle de détention et d'interrogatoire.
Il ruminait toujours lorsqu'il parvint à la dite salle. Les cinq terroristes survivants ne cachèrent pas leur effroi à son entrée dans la pièce. Il faut dire que la fin de la nuit et la matinée avaient été des plus violentes, les interrogatoires s'étaient enchaînés à la même vitesse que les coups lorsque leurs réponses étaient jugées insuffisantes par Heero.
Lors de ses absences, les soldats étaient gardés sous la vigilance de Zech, secondé par Wufei et Howard, mais les questionner restait la spécialité du brun. Il n'était pas un partisan de la violence et de la torture, cependant, le temps leur était compté, aussi ajouté au stress et à la peur ressentis à l'égard de Duo, Heero avait beaucoup moins de scrupules à les « bousculer » un peu.
Ce qu'il avait appris jusqu'à présent ne le satisfaisait pas. Il se dirigea vers celui qui semblait le plus gradé des cinq, il passa devant Zech, l'ignorant totalement et recommença à poser les mêmes questions que quelques heures plus tôt.
Zech avait attendu le retour de son équipier avec impatience, quand celui-ci était apparu, il chercha désespérement son regard afin de pouvoir s'excuser encore, mais ce fut inutile. Au fond de lui, il savait que tant que le capitaine ne serait pas revenu à lui, Heero ne lui pardonnerait pas, et encore ...
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Cette fois, il sentait que c'était différent, les sensations se faisait plus précises et surtout plus douloureuses. Ce fut une violente et sourde douleur au niveau du dos qui le tira de son inconscience. Il se battit encore pour lever ses paupières, mais cette fois avec succès. La lumière était tamisée et la chambre, qu'il put alors reconnaître comme la sienne, était silencieuse.
Il tenta de se redresser mais ne put que retomber sur le matelas dans un grognement plaintif. Aussitôt, une ombre fut sur lui.
_ Duo ?
_ Gnfff.
_ N'essaie pas de bouger. Veux-tu de l'eau ?
_ Oui ... merci Quatre.
Son ami lui apporter de quoi raviver un peu sa voix rendue rauque par le sommeil et la déshydratation. Il savoura à sa juste valeur le liquide bienfaisant qui lui permettrait de poser les questions qui le taraudaient. Il prit tout son temps, tentant vainement de retrouver quelques bribes de souvenirs.
_ Comment te sens-tu ?
_ Tu m'as déjà posé cette question je crois ...
Quatre eut un petit sourire, le premier depuis cette nuit, au moins Duo avait toujours son sens de l'humour et, chose non négligeable, sa mémoire.
_ Alors, comment te sens-tu ?
_ Vaseux et j'ai mal dans le dos en haut à gauche.
_ Vaseux c'est la morphine, le mal de dos c'est la balle que tu t'es prise la nuit dernière.
Duo sursauta et soudain sa tête fut envahi par un flot d'images, son baiser sur le pont avec Heero, eux allant chercher Zech armés, les terroristes retenant son équipage en otage, l'intervention des deux agents déclenchant la fusillade, lui-même lançant une de ses lames dans la gorge du chef et là ... le trou noir.
_ Je vois ... Raconte-moi tout.
_ Tu n'es pas vraiment en état, tu devrais dormir enco...
_ Quatre, rapport !
Si la situation n'était pas si grave, Quatre en aurait ri, le ton et la voix on ne plus faibles et fatigués de Duo contrastaient totalement avec l'ordre donné, de plus Quatre était le seul sur ce bateau qui soit techniquement le supérieur du capitaine. Pas le moins du monde vexé, il savait que c'était la façon de son ami de lui dire qu'il voulait savoir malgré son état, Quatre entrepris de lui relater les événements depuis l'attaque.
_ Bien, tu te souviens d'avoir tué celui qui me retenait prisonnier ?
_ Hm. Mon couteau dans sa gorge.
_ Oui, d'ailleurs je ne te remercierais jamais assez, il m'aurait tué sans hésiter si tu ne ... si ...
_ Quatre. Je sais. Je ne pouvais pas le laisser tuer mon frère, no ?
Son infirmier improvisé avait du mal à retenir ses sanglots. Il n'était pas homme à pleurer facilement, mais avoir failli mourir et avoir failli perdre celui qu'il considérais depuis toujours effectivement comme son frère ... C'était juste trop. Les émotions et le stress aidant, les larmes coulèrent sans bruit le long de ses joues.
Emu, Duo lui fit signe de le rejoindre. Il ne se fit pas prier et s'assit sur le rebord du lit avant de reprendre son récit.
_ Au moment où j'ai pu me libérer de sa poigne, je l'ai regardé tomber et quand j'ai été sûr qu'il était mort, je me suis tourné vers toi et là ... je suis désolé Duo ... je l'ai vu mais ... j'ai pas réagi ... je ... le temps de ... c'était trop tard ...
Duo attendit patiemment que Quatre se reprenne. Il le laissa calmer les tremblements de sa voix, il attrapa sa main dans la sienne et le jeune homme d'affaire se gifla mentalent. C'était Duo qui était blessé, Duo qui avait besoin de soutient et de réconfort, lui s'en sortait bien dans l'histoire. Il secoua la tête avec une toute nouvelle résolution.
_ Excuse moi. En fait, il y avait un soldat au sol derrière toi, celui que Zech a abattu en entrant dans la passerelle. A ce qu'il nous a dit, il le croyait mortellement touché et donc il ne s'en est pas inquiété. En fait, il était juste blessé, il s'est redressé le temps de tirer la balle que tu as reçu dans l'omoplate. Il n'avait pas reposé son bras qu'Heero lui avait déjà mis une balle dans la tête, mais trop tard, tu était déjà touché. Tu t'es écroulé et là ça a été le bordel total.
_ Quand le capitaine n'est pas là, les souris dansent ...
Duo allait rire de sa boutade mais un tiraillement au niveau de sa blessure le prit en traitre et son exclamation se transforma en grognement à nouveau.
_ Trop drôle, tu crois que c'est le moment ?
Pas du tout intimidé par le ton faussement faché de Quatre, le capitaine se permit un petit sourire en coin.
_ Ca a été la panique, tous les terroristes étaient morts, Heero s'est précipité sur toi et t'as transporté de toute urgence au labo avec Wufei et Sally. Ils ont juste pu te faire une injection de morphine, on avait rien pour t'anésthésier, Wufei a réussi à extraire la balle avec l'aide de Sally. Tu m'avais pas dit qu'il avait eu une formation d'urgentiste à l'armée ! Enfin, bref ... ils ont stoppé l'hémorragie et ont recousu puis Heero t'as ramené à ta chambre. Je ne t'ai pas quitté depuis. Trowa a pris ta place et à envoyer tout le monde se reposer, au matin, il leur a demandé de remettre le bateau en état, il y a eut pas mal de casse à la passerelle. Heero a fait enfermé les survivants dans la salle de repos et après il ... il s'est battu avec Zech.
Quatre attendait avec appréhension la réaction de Duo. Celui-ci avait été heureux d'apprendre que l'homme qu'il aimait avait pris soin de lui et avait tué le terroriste qui lui avait tiré dessus. Il avait sentit son coeur se gonfler de joie et une sensation de chaleur l'envahir à l'entente du nom de l'agent spécial. Par contre, l'annonce de la bagarre avai jeté un froid. Ses yeux grands ouverts sous l'effarement, il fixa Quatre, attendant une explication ... qui ne vint pas.
_ Pourquoi ?
_ Ba en fait, il lui a reproché d'avoir été négligent, il lui a dit que si il avait été plus attentif, il aurait vu qu'il avait partiellement manqué sa cible et alors tu n'aurais pas été blessé. Zech s'est défendu, il lui a rappelé qu'il avait été blessé et donc déconcentré, que ce n'était pas de sa faute et le ton est monté. Heero lui a collé un pain et Zech a répondu. Il a fallu Trowa et Wufei pour les séparer. Depuis, Zech et Wufei surveillent les captifs et Heero fait des allers et retours entre ses séances d'interrogation et ton chevet. Il a eut peur tu sais. Il ne l'a pas montré mais son inquiétude est réelle.
Le blond savait qu'il fallait quelques minutes à Duo pour enregistrer et intégrer les dernières informations. Ce dernier, épuisé pour de bon, se renfonça dans son lit, prenant soin de ne pas frotter sa blessure, il prit alors conscience qu'il était torse nu et qu'un immense bandage lui prenait l'épaule et la moitié de l'abdomen.
Le fait qu'il ne l'ait pas remarqué plus tôt prouvait à quel point il était encore dans les vappes. Il ferma les yeux, se laissant bercer par le silence et rassuré par la main de Quatre qui tenait fermement la sienne. Il eut soudain envie de se confier à son ami.
_ On s'est embrassé.
_ Hein ?
_ Hier soir, sur le pont, juste avant qu'on vienne chercher les armes, on était en train de s'embrasser. Au début c'était juste tendre, mais c'est vite devenu ... passionné, oui je crois que c'est le mot. On s'est mutuellement avoué qu'on s'aimait ... On a pas pu en reparler depuis évidemment et maintenant je me demande si c'était une bonne idée.
_ Pourquoi ça ? N'es-tu pas rassuré de savoir que tes sentiments sont réciproques ?
_ Je sais pas, je me dis que c'est trop rapide, c'est pas normal. Mais ça m'a paru tellement naturel sur le moment, comme si on s'était toujours connu.
_ Ecoute, sincèrement je doute que tu sois en état de te poser ce genre de question maintenant, repose toi et quand tu verras Heero, je suis certain que tu n'auras plus aucun doute.
_ Hm. J'espère ...
Il s'était rendormi. Quatre soupira, il était épuisé. Il sursauta quand des coups frappés à la porte retentirent.
_ Oui.
_ C'est moi Quatre, je viens voir comment il va et accessoirement te relayer, il faut que tu dormes.
_ Ca va Hilde. Et franchement, je crois que je vais accepter, je ne suis plus opérationnel, si il lui arrive quelque chose je ne serais pas en état d'agir.
_ Allez va dormir, je prends le relais va !
_ Merci. Tu m'appelles si il ...
_ Oui Quatre promis ! Dégage maintenant.
Obéissant à la jeune femme, il alla à sa cabine où il s'écroula tout habillé sur son lit. Les derniers événements avaient eut raison de sa résistance pourtant acharné contre le sommeil.
Il n'entendit pas la porte de sa cabine s'ouvrir et se refermer presque aussitôt. De l'autre côté, dans le couloir, Trowa soupira de soulagement. Il avait bien fait d'envoyer Hilde remplacer Quatre, son amant était physiquement et émotionnellement épuisé. Il lui fallait du repos. Quant à lui, il ne pouvait pas se permettre d'abandonner son poste plus longtemps, aussi retourna-t-il à la passerelle sans attendre.
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_ Que fait-on Trowa ?
_ Vous avez terminé avec les ordinateurs de bord ?
_ Oui et les techniciens machines ont enfin trouvé les raisons de la panne, une déconnexion dans un panneau électrique. Ils devraient bientôt avoir fini, nous serons opérationnels dans moins d'une heure.
_ Très bien mais de toute façon nous ne repartirons que demain matin, nous allons attendre le réveil du capitaine et la décision de l'agent Yuy. Et puis, comme ça vous pourrez faire une vrai nuit.
_ Merci Trowa, tu devrais te reposer toi aussi, t'as pas l'air en forme.
_ On verra.
Pas la peine d'insister avec le second, le jeune marin le savait, il était presque aussi têtu que le capitaine. Il retourna donc à ses écrans. Trowa continua de vérifier les réparations et remis à jour le plan de navigation. Ils avaient maintenant deux jours de retard ...Vivement que ça se termine ... Il commençait à être fatigué de tout ça.
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_ Nooooon !
_ Duo !
_ Hein ?
_ Duo, ce n'est rien, juste un cauchemar, tout va bien.
_ Hilde ?
_ Et oui !
_ Où est Quatre ?
_ Merci, ça fait plaisir ! Si tu veux pas me voir dis-le franchement !
Le ton d'Hilde montrait bien qu'elle ne lui en voulait pas mais Duo, grand seigneur, prit tout de même le temps de s'excuser, il parvint même à esquisser un sourire charmeur.
_ Bien sûr que non princesse, j'suis content que tu sois là, j'ai été étonné c'est tout.
_ Il est partit dormir, il n'a t'as pas quitté depuis ton opération. Trowa m'a envoyé le relayer.
_ Tant mieux, il avait pas l'air bien tout à l'heure. Dis-moi, il est quelle heure ?
_ Il est presque sept heure du soir. T'as faim ?
_ Un peu.
_ J'vais te chercher un p'tit truc, je reviens.
_ Attends !
La jeune femme, arrivée à la porte, se retourna son interrogation dans les yeux et attendit, seulement Duo ne semblait plus vouloir la regarder. Il gardait la tête basse et semblait trouver d'un seul coup un grand intérêt aux plis de ses draps que ses mains ne lâchaient plus.
_ Duo ? Qu'y-a-t'il ?
_ Je .... je suis désolé Hilde. Désolé de tout ce qui s'est passé, je n'aurais pas dû les laisser me convaincre, j'aurais dû refuser et les envoyer se faire voir. Ca aurait pu être un massacre, on a eu de la chance.
_ Tu n'as rien à te reprocher, nous t'avons suivi de notre plein gré, en plus tu es le seul à finir blessé alors ne regrette rien ... Votre plan est un succès... Bon ! Je vais te chercher à manger.
_ Hm. Merci.
Il se laissa reposer sur son oreiller, oubliant la douleur de son épaule pour se concentrer sur sa culpabilité. Quelques instants plus tard, il entendit des coups frappés à sa porte, se demandant depuis quand Hilde demandait l'autorisation pour entrer dans sa chambre. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait cru mourir de frayeur en se trouvant nez à nez avec elle en sortant de la salle de bain ou même en ouvrant ses yeux le matin au réveil.
Tout à ses pensées; il sursauta quand il entendit la porte s'ouvrir. Il avait oublié ! Se redressant, il fit face à l'homme qu'il éspérait et redoutait depuis son réveil.
_ Heero.
_ Je ne voulais pas te réveiller. Désolé.
Heero s'approcha et s'accroupit devant le lit au niveau de la tête de Duo.
_ Je ne dormais pas, j'étais perdu dans mes pensées, pardon.
_ Tu n'as pas trop mal ?
_ C'est loin d'être agréable mais vous m'avez bien shooté, pour l'instant ça va.
Ils se fixèrent encore un moment, puis délicatement Heero caressa la joue de Duo, laissant ses doigts glissés doucement sur la peau du capitaine, ils effleurèrent ses lèvres, jouèrent dans ses mèches rebelles et se posèrent enfin sur sa nuque.
L'ayant enfin attrapé, Heero se pencha et l'embrassa. Il garda les yeux ouverts le plus longtemps possible, craignant de le voir disparaître. Après un baiser des plus sages, le brun posa son front contre le cou de son compagnon.
_ J'ai eu peur Duo... Je n'avais jamais eu si peur de toute ma vie. J'ai souvent frôlé la mort, pourtant jamais je n'ai ressenti cette frayeur, cette sensation, l'impresion que tout mon corps s'était glacé, que mon coeur s'était arrêté. J'ai vécu la scène comme si j'étais hors de mon corps. Je ne me rappelle même plus l'avoir abattu. Je ne revois que tes yeux s'écarquiller sous la surprise et la douleur puis tu t'es effondré. A ce moment là ... Duo ! J'ai cru mourir ...
Il ne s'était clairement pas attendu à pareille déclaration. Cet homme si fort, si solide, qui le serrait dans ses bras en tremblant, la tête blotti dans son cou, lui aparraissait presque comme un inconnu, mais pourtant ... Pourtant, il en était encore plus touchant. Duo lui rendit son étreinte, le rassurant, lui prouvant qu'il était bien vivant et là près de lui.
_ Je suis là Heero, après ce que tu m'as dit sur le pont hier, tu ne croyais pas que tu allais te débarasser de moi comme ça ?
_ Baka.
_ En d'autres termes ?
_ Idiot !
_ Hey ! C'est pas gentil, je suis en convalescence, t'es pas censé prendre soin de moi ?
La moue boudeuse de Duo rassura grandement Heero et bizaremment lui donna des envies pas très catholiques à son encontre. Sachant pertinement que son état ne permettrait aucun dérapage de ce genre avant un moment, Heero réfréna ses ardeurs.
D'autant que Duo n'avait jamais eu de rapport de ce type avec un homme, ce n'était pas le moment de le brusquer, Heero l'attendrait, de ça il en était certain.
C'est justement cette certitude qui le confortait dans ces sentiments, si son attirance n'avait été que physique, il se serait lassé avant terme. Ne quittant pas son cou si chaud et accueillant, Heero lui réitéra cette fameuse confession.
_ Je t'aime Duo.
Ce dernier ressera son étreinte sur le corps de l'agent spécial. Il raviva ainsi la douleur de son omoplate blessé mais il s'en moquait totalement.
_ Aussi étrange que cela paraîtra aux yeux de ceux qui me connaissent ... je t'aime aussi Heero. Jamais je n'avais éprouvé quelque chose de si fort. Tu sais tout à l'heure, à mon réveil, j'ai parlé avec Quatre, je lui disais que j'avais peur de ce que l'on s'était avoué, que c'était trop rapide ... mais comme je lui ai dit, ça me paraissait tellement naturel ! Dans tes bras, je me sens à ma place.
_ C'est la plus belle et la plus étrange déclaration que l'on m'a jamais faite.
Heero souriait et ce côté taquin, aussi bien dans le ton de sa voix que dans son regard, lui allait vraiment bien. Duo aurait voulu prolonger cet instant mais la situation lui revint en mémoire avec force et il se força à reprendre son rôle de capitaine.
_ Heero.
_ Hn. Je sens que le temps de la tendresse et des confessions est passé. Que veux-tu savoir ?
_ Excuse-moi, ne crois pas que je te repousse ou autre au contraire, c'est juste que ... enfin, je ... j'ai besoin de savoir ce qu'il en est ? Le plan ? Les prisonniers ? Et surtout, ta bagarre avec Zech...
_ Oh ça !
Heero avait détourné les yeux, gêné. Comment expliqué à Duo qu'il avait perdu son sang froid et s'était défoulé violemment sur son collègue ? Le rejetterait-il en apprenant son côté sombre ? Après tout, il avait quitté l'armée, c'est qu'il n'aimait pas la violence et tout ce qui va avec, non ?
_ Heero ?
Le regard perçant et attentif de Duo ne le quittait pas et il ne pu résister très longtemps.
_ En fait, je lui en veux. Si il avait fait son travail correctement, tu n'aurais pas été blessé. Il a été négligent, je le lui ai reproché et ça lui a pas plu. On s'est battu. C'est tout.
_ Tu t'es battu ... pour moi ?
_ Je ... oui.
Ce n'était qu'un souffle. Heero n'avait pas su déceler dans le ton de Duo si il y avait de la joie ou du reproche. En fait, Duo lui-même l'ignorait.
_ Je ne sais pas quoi dire Heero. Il y a une part de moi qui est en colère, je n'aime pas la violence même si je l'utilise quand j'y suis contraint...
Heero sentit son coeur se figer mais Duo ne lui laissa pas le temps de se poser plus de questions.
_ D'un autre côté et même si c'est un peu blessant pour ma fierté de mâle, je dois avouer que ... c'est plutôt ... agréable de se sentir défendu et protégé...
Heero soupira de soulagement et se permit un petit sourire, sa main se dirigea inconsciemment vers le front de Duo qu'il dégagea de ses quelques mèches effrontées.
_ Je suis un peu ton chevalier servant ?
_ Heero Yuy ! Redis ça un jour devant quelqu'un et agent du gouvernement ou non on te retrouvera essayant de nager avec un bloc de béton aux pieds, c'est clair !
_ Oui Capitaine !
Leurs rires se calmèrent doucement, il fallait vraiment revenir aux choses sérieuses; ils le savaient, aussi s'y résolurent-ils.
_ Bon, alors pour commencer, l'Orca est d'attaque, Trowa a prévu de lever l'ancre demain matin, il y a deux, trois petites choses qui devront être remplacées mais ça attendra le prochain port paraît-il.
_ Tant mieux.
_ Il reste cinq membres du groupe qui nous a attaqué, il nous ont appris quelques trucs mais rien de bien intéressant, ils sont coriaces. C'est une attaque commanditée par Oz évidemment, on s'en doutait. Ils ont été déposé par un navire léger et furtif qui a échappé à vos radars. D'après Quatre ils voulaient prendre le contrôle du bateau pour récupérer les documents. Ils ont fait allusion aussi à un traître chez nous mais impossible de les faire parler, c'est pas faute d'avoir été convainquant pourtant ...
_ C'est à dire ?
_ Je ne pense pas que tu veuilles savoir.
_ Effectivement ... Une idée pour la taupe ?
_ Et bien, il n'y a que le général Une et sa secrétaire particulière qui était au courant, ainsi que la reine bien sûr mais ...
_ On est coincé, c'est pas possible que ce soit l'une d'elles, impossible, elles ont forcément été piraté, elles ont peut-être parler à quelqu'un, enfin merde quoi ! La taupe ne peut être si haut dans le gouvernement !
_ Je suis comme toi Duo, je ne veux pas y croire, tu as raison, il y a forcément eu piratage, j'ai beau chercher je ne trouve pas ... Mais je vais pas laisser tomber, tu peux m'croire. Demain matin à la première heure nous serons rejoins par une frégate de l'armée de Sank. Ils viennent récupérer les terroristes, mais si moi je n'ai pas réussi à les faire parler je n'ai pas beaucoup d'espoir ...
_ Alors tout ça n'aura servi à rien, hein ?
_ Ne dis pas ça Duo. Notre plan a fonctionné, ils nous ont trouvé, ont les a eu, ils nous laisseront tranquilles maintenant. On peut rejoindre l'épave sans craindre qu'ils ne nous tombent dessus à tout instant, on réussira la mission et je trouverai cette putain de taupe ! Je ne laisserai pas ta blessure avoir été inutile, tu m'entends !
_ Oui ... Merci Heero.
_ Tu es fatigué, tu dois te reposer.
_ Je dois être opérationnel demain matin, le pauvre Trowa doit être exténué.
_ C'est vrai, mais tu as perdu beaucoup de sang et si tu forces sur ta blessure, les fils vont sauter, d'ailleurs tu dois voir Wufei demain, il s'occupera de ton pansement et si tout va bien il enlèvera les fils d'ici deux semaines.
_ Deux semaines ...
L'un comme l'autre savait à quoi ils pensaient, deux semaines, une éternité pour eux. Ils savaient que d'ici là, ils ne seraient plus ensembles depuis plusieurs jours. Ils n'avaient aucune envie d'en parler, même si il faudrait bien affronter la réalité un jour ou l'autre.
_ Heero ?
_ Hn ?
_ Restes avec moi cette nuit ?
_ Tu es sûr ?
_ Je veux t'avoir près de moi, s'il te plaît. Et puis mon canapé est horrible tu sais !
_ Si tu me prends par les sentiments ...
_ Alors c'est oui ?
_ Bien sûr, comment résister à ton air de chaton abandonné ?
_ Qui tu traites de chaton là ?
_ Tu as une trop sale tête pour réussir à m'impressionner ce soir Capitaine !
Duo fit mine de bouder mais l'éclat de ses yeux démentait totalement cet état de fait. Par contre, le grognement de son estomac mécontent fut bien réel, lui. Heero éclata de rire, renforçant la moue de son compagnon.
_ Même pas drôle. En plus Hilde était censée me ramener un plateau, je sais pas où elle est passée.
_ Je vais aller voir, de toute façon, je dois faire un dernier tour pour voir les prisonniers.
_ Tu as mangé toi ?
_ Pas encore, je mangerais avec toi.
_ Fais vite.
_ Tu as si faim que ça ?
_ Non idiot, je veux juste t'avoir avec moi.
Heero rougit bêtement et se hâta de filer pour ne pas que Duo s'en aperçoive, ce fut peine perdue mais il eut suffisamment de retenue pour ne pas rajouter au trouble de son agent si spécial.
Laissé seul, il se détendit et se rendormit, tombant dans un sommeil léger, essayant malgré lui d'ingérer les dernières nouvelles, peut-être trouverait-il des réponses ?
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Heero sortit à toute vitesse, se dirigeant vers la salle de repos, il croisa Hilde dans le couloir et l'apostropha.
_ Hilde ! Duo m'a demandé de te trouver, il a faim et son estomac ne cesse de se plaindre !
_ Oui j'm'en doute ! En fait, le plateau était prêt mais quand je suis entrée dans sa cabine, vous étiez quelque peu occupés ...
Ne sachant pas si Heero serait ravi d'apprendre qu'elle les avait surpris dans une position plus qu'équivoque, elle regardait avec attention le plancher du couloir. Seulement, il semblait plus gêné qu'en colère et elle en fut grandement soulagée.
_ Oh, je vois...
_ Ca ne me gêne pas tu sais, si vous êtes heureux, moi je trouve ça très bien, j'ai été surprise c'est clair mais faut dire que je pensais trouver Duo endormi et au lieu de ça ...
_ Ouai ... écoute, ne dis rien à Duo et aux autres pour l'instant, je ne sais pas si il serait très à l'aise si tout le monde savait, je sais juste que Quatre sait ... et puis c'est très récent et ...
_ Ok, t'inquiètes, tu peux avoir confiance, je serais une vrai tombe, seulement prends soin de lui hein ! Il a tendance à pas supporter de rester à rien faire, même blessé, il est capable du pire.
_ Je ferais de mon mieux.
_ Heu, du coup j'ai rapporté son plateau en cuisine, je leur ai dit qu'il s'était rendormi, je peux aller le chercher si tu veux ?
_ Laisse, j'y vais. Merci Hilde.
_ A plus, je vais essayer de dormir, il se fait tard.
_ Bonne nuit.
Soulagé, il fila voir son équipier et ses prisonniers. Ces derniers, le voyant arriver, recommencèrent à trembler, leurs blessures les faisaient atrocement souffrir, même soignées par Wufei. Toutefois, c'était surtout psychologiquement qu'ils étaient affaiblis, les méthodes d'Heero étaient des plus pernicieuses et ils ne savaient jamais ce qui allait leur tomber dessus.
Heero réfléchit un instant, les laisser passer la nuit à ruminer ou en remettre une dernière couche ? Après tout, ils partiraient le lendemain très tôt, autant leur laisser un dernier souvenir, non ?
Il changea de tactique et plutôt que d'attraper le plus gradé comme un peu plus tôt, il s'en prit cette fois-ci à celui qui paraissait le plus ébranlé.
Il passa devant Zech et se permit un regard et un petit hochement de tête, son équipier comprit alors qu'il était sur la voie du pardon et lui renvoya un petit sourire en remerciement. Il serait bientôt relayé par Howard et pourrait souffler un peu.
En attendant, il se prépara à entendre les cris du prisonnier torturé par Heero. Il ne s'y ferait jamais, il avait beau savoir qu'Heero ne faisait pas cela de gaieté de coeur et qu'il les touchait à peine, il était toujours très mal à l'aise dans ces cas-là.
Au fond de la salle de repos, à l'écart des autres, l'homme s'était recroquevillé dans un coin, se demandant ce que le brun allait encore lui faire vivre. Heero le fixait sans qu'aucune expression ne transparaisse de son visage, son regard était froid, rien de vivant dans ses iris, aucun sentiment. L'homme, lui, ne quittait pas des yeux le couteau qui tournait dans les mains de son bourreau. Il n'était même pas un mètre l'un de l'autre et cette proximité le rendait plutôt fébrile.
_ Qu'allez-vous me faire ?
Silence. Toujours aucune réaction et il sentait des perles de sueur froide glisser le long de son dos et de son front. Il tremblait de peur et de froid, il ne supportait plus son regard mais était encore plus effrayé à l'idée le lâcher des yeux. Il était ligoté et sentait les liens entaillés sa peau à chaque mouvement.
Soudain il tressaillit, Heero s'était levé et passait derrière lui. Il ne pouvait pas se retourner, ni le voir. Il ne pouvait que l'entendre, ce souffle régulier, les frôlements de ses mains sur ses épaules, le glissement de ses pas sur le sol.
Brusquement, une lame froide se posa sur son bras, juste au dessus du coude et entama la chair tendre violemment, laissant un flot de sang couler jusqu'à sa main. L'homme hurla. Sans qu'il ne s'y attende, une sangle se ressera au-dessus de sa blessure, stoppant l'écoulement.
Le prisonnier étouffa un énième sanglot, la fatigue, la faim, la peur et la douleur commençait à avoir raison de ses nerfs. Heero réprima son dégoût et continua en silence. Il se remit en face de lui et essuya calmement son arme sur une serviette. Sa voix s'éleva pour la première fois, aussi glaciale que son regard et neutre que son visage.
_ Je te laisse le choix. Soit tu refuses de répondre et dans ce cas j'enlève le garrot immédiatement et tu te videras de ton sang, soit tu réponds et dans ce cas je te soigne. Tu as moins de vingt minutes pour te décider, passé ce délai, non seulement tu risques de perdre ton bras mais en plus si, malencontreusement, je t'enlève le garrot trop rapidement, le soudain afflux de sang risque de causer un arrêt cardiaque. Je te laisse réfléchir.
Il se leva et rejoignit le reste des personnes présentes, ces dernières, si elles n'avaient pas raté un seuk des gestes de Heero, n'avaient pu rien entendre. Seul Zech, parfaitement au courrant des méthodes de celui-ci, savait ce qui attendait le captif. Il déglutit en voyant son équipier approcher.
_ Surveille le, je reviens vite.
_ Pas de problème.
Ce n'était pas grand chose, juste quelques mots, mais c'était déjà beaucoup de la part du brun. Zech savait qu'il n' aurait aucune excuse d'Heero et d'ailleurs, pour être franc, il reconnaissait avoir fait une erreur.
Seulement, il restait surpris et inquiet de la réaction de Heero, qu'il jugeait excessive. Il se rendait bien compte que son ami, si il pouvait toujours lui donné ce qualificatif, avait un comportement étrange dès qu'il s'agissait du capitaine. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, jamais il ne l'avait vu regarder quelqu'un avec autant d'attention.
Perdu dans ses réflexions, il sursauta lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir sur Heero, chargé de plusieurs plateaux repas. Il en mis deux de côté et en donna un à Zech.
_ Quand Howard doit-il te relayer ?
_ D'ici une demi-heure. Il sera épaulé par Wufei.
_Très bien. Quand j'en aurai fini avec lui, j'irais me coucher également. Je viendrais te chercher quand la frégate arrivera.
_ Ok. ... Heero ?
_ Hn.
_ Merci pour le plateau et ...
_ De rien.
Pas envie de s'épancher en publique. Il soupira et repris sa tâche. Il rejoignit son prisonnier préféré.
_ Cela fait maintenant quinze minutes.
L'homme semblait apathique, pourtant il releva la tête, les yeux vides et désepérés.
_ Voilà pourquoi je ne supporte pas ce gouvernement...
_ Votre voix est faible, vous êtes épuisé, gardez vos forces pour répondre à mes questions, si vous vous évanouissez, vous n'aimerez pas la façon dont je vous réveillerais. Je répète, qui vous a fourni les informations pour cette opération ?
_ Seul le chef le savait.
_ Je ne te crois pas. Tu sais quelque chose, tu évites mon regard.
_ .... ...
_ Il te reste trois minutes.
_ ... Je ne sais presque rien ... Je ne l'ai vu qu'une fois et encore à peine aperçu ...
_ Description.
_ Un homme ... grand, je dirais un 1 mètre 85, plus vieux que vous je pense ... une voix grave ... c'est tout ce que je sais, j'vous jure ... s'il vous plaît je sens plus mon bras, j'ai mal, pitié ...
_ Je ne sais pas ce que c'est que la pitié.
L'homme finit par s'évanouir et Heero défit lentement le garrot, laissant le sang peu à peu revenir dans le bras. Il désinfecta la plaie et puis profita de l'inconscience du captif pour la refermer. Elle était très peu profonde en fait, il avait coupé une petite veine pour que cela soit impressionnant mais en fait le vrai danger pour sa santé venait du garrot en lui-même et non de la coupure. Même pas besoin de recoudre, des strappes suffiraient, recouverts d'un bandage.
Il retourna à l'entrée et expliqua les dernières infos à Zech et chargé des deux plateaux il rejoignit la cabine du capitaine. Son équipier ne lui posa aucune question sur le deuxième plateau, il avait compris et seul un froncement de sourcils trahit sa désaprobation.
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Il entra avec précaution, se doutant bien que Duo s'était rendormi. Malheureusement, il lui faudrait le réveiller, il devait manger pour guérir correctement. Il posa les plateaux près du lit et se pencha doucement vers lui. Il effleura ses lèvres des siennes, tout doucement d'abord, puis plus franchement. Il laissa un petit bout de langue chatouiller la lèvre inférieure du bel endormi, s'attirant un soupir de satisfaction. Ravi, il continua ce traitement un petit moment, jusqu'à sentir une main se poser sur sa nuque pour le pousser à approfondir le baiser.
Les lèvres sous lui se firent quémandeuses et s'entrouvirent. Il s'y engouffra de bon coeur et commença à jouer avec sa langue. Il sentit son doux capitaine manquer d'air et relâcha aussitôt sa pression. Il ne put se reculer bien loin, toujours prisonnier de cette main qui caressait la base de sa nuque tendrement.
_ Duo, je suis désolé de te réveiller mais il faut que tu manges. Je t'ai aussi apporté des calmants pour ton épaule.
_ Hum ... comment t'en vouloir ? Tu me réveilles de la plus agréable des manières et en plus pour m'apporter de quoi remplir cet estomac impatient et calmer la douleur qui me lance jusque dans mon sommeil.
Heero lui rendit son sourire et se redressa, l'aidant à en faire de même. Il posa le plateau sur ses genoux et le sien sur le bord du lit. Ils mangèrent en silence, ne se quittant pas des yeux. Sans le savoir, les mêmes angoisses les étreignaient. Duo voulait réellement rester près d'Heero cette nuit mais il appréhendait énormément.
Heero, lui, redoutait de ne pas réussir à se contrôler, perdu dans son sommeil, il craignait d'avoir des gestes déplacés. Il ne voulait pas le faire souffrir ou le voir s'éloigner.
Le repas terminé, Heero empila les différents éléments des plateaux et les posa près de l'entrée. Il se retourna vers Duo, une question au fond des yeux.
Pour toute réponse, Duo lui fit un sourire encourageant et repoussa les couvertures lui signifiant très clairement son invitation. Heero secoua la tête, amusé, et entreprit de se déshabiller. Lui tournant le dos, il ne put que sentir le regard appréciateur de Duo sur lui, il ne garda que son boxer et timidement s'approcha du lit.
Après une dernière hésitation, il éteignit la lumière et se glissa sous les couvertures. Il fit un effort considérable pour garder une distance acceptable entre leur corps, ce qui n'empêcha pas Duo de glisser sa main dans la sienne. Ils restèrent ainsi, étendus sur le dos, côte à côte, jusqu'à ce qu'un murmure de Duo ne rompe le silence.
_ Merci de ne pas me laisser seul cette nuit.
_ Tout le plaisir est pour moi.
_ T'as l'air assez tendu pourtant ... Dis moi ce qui va pas.
_ Rien, t'inquiète pas, ça me fait bizarre c'est tout.
_ De ?
_ D'être là avec toi, dans le même lit, en sous-vêtement, enfin tu vois quoi ...
_ Dis donc, c'est plutôt moi qui devrait être stressé tu crois pas, j'ai pas l'habitude de partager mon lit avec un homme moi !
_ Oui mais avec toi ... c'est différent. Toi ... je t'aime.
Le coeur de Duo rata un battement, voir même plusieurs. Oui, il lui avait déjà dit, mais là, la situation était un peu stressante. C'était un bon stress malgré tout. Il n'hésita même pas et rompit sa position. Il se tourna afin de se mettre sur Heero et happa ses lèvres sauvagement.
_ Les calmants font effet à ce que je vois.
_ Hummm ... tais-toi et embrasse-moi encore.
Heero ne se fit pas prier et entoura son corps de ses bras pour le rapprocher de lui. Il s'empara de sa bouche avec le même empressement que son compagnon. Leurs lèvres étaient en feu, leur langue embrasaient leur bouche respective. Leurs mains se joignirent au ballet. Celles de Duo vinrent se poser sur les hanches du corps sous lui et leurs consoeurs se posèrent sur ses reins. Elles ne caressaient pas, elles se contentaient de tenir serrer, de coller, de rapprocher.
Des gémissements et des soupirs de plaisir s'élevèrent dans la chambre. Ils ne se séparaient que pour respirer ou pour trouver un « angle d'attaque » plus satisfaisant. Echappant à tout contrôle, les mains d'Heero descendirent empoigner les fesses de Duo. Ce dernier se cambra sous la pression amoureuse, collant son bassin contre celui d'Heero. Leur érection naissante se frottèrent l'une contre l'autre. Duo sursauta en gémissant. Quelle sensation étrange que de sentir l'érection d'un homme contre la sienne.
Il prit conscience de la masculinité plus qu'évidente du corps sous le sien. Perdu dans son plaisir, il ne pensait même plus à ce « léger » détail. C'était une âme qu'il embrassait et non un corps. Mais là, il ne pouvait plus l'ignorer.
Heero se laissait faire, ayant l'habitude de dominer dans ses ébats jusque là, il voulait laisser à Duo l'avantage d'une position dont il avait nettement plus l'expérience. C'était donc très nouveau pour lui aussi de se trouver dans cette situation mais il appréciait grandement. Quand il sentit un éclair de pur délice le traverser suivit peu après du sursaut de Duo, il prit conscience d'être aller trop loin. Il ramena doucement ses mains à leur place habituelle et rompit les baisers.
_ Pardon.
_ Hm ?
_ Excuse moi, j'ai été trop loin, je ne voulais pas t'effrayer.
_ M'effrayer ?
_ Je n'aurai pas dû me laisser emporter. C'est trop tôt, nous devrions dormir.
_ Heero attend, je comprends rien à ce que tu racontes.
Perdu dans ses nouvelles sensations toutes plus délectables les unes que les autres, il n'arrivait pas à reprendre ses esprits suffisament pour suivre les pensées de Heero, lequel n'osait même plus le regarder en face.
_ Je ... t'ai senti ... sursauter. Je ne veux pas te brusquer, j'ai conscience que tout ça soit nouveau pour toi et je ...
_ Stop.
Aussitôt des lèvres chaudes se posèrent sur sa bouche pour confirmer l'ordre qu'il venait de lui donner. Un baiser nettement plus chaste que ceux qu'ils venaient d'échanger, mais porteur de sentiments très forts.
_ Je ne suis pas effrayé, tu ne m'as pas brusqué. C'est vrai que c'est nouveau, mais ça n'en ai pas moins exquis. Maintenant je te déconseille fortement de me laisser dans cet état... Je veux que tu m'apprennes comment te faire l'amour ...
Un frisson d'extase secoua le corps de Heero aux derniers mots soufflés dans son oreille par Duo. Dans un dernier éclair de lucidité, il tenta de repousser les attaques sensuelles d'un Duo déchaîné.
_ Tu es blessé, c'est risqué, je ne veux pas te faire mal...
Le regard de Duo était très explicite, il se moquait royalement de sa blessure.
_ ... par contre, si tu promets d'être sage, je peux te montrer comment prendre du plaisir ...
_ Apprends-moi ... Heero.
Délicatement, ce dernier se redressa et inversa leur position. Il coucha Duo sur le dos et vint se positionner au-dessus de lui. Il entrepris alors de l'embrasser à nouveau, encore et encore, fougueusement et amoureusement. Ses mains commencèrent à le caresser, Duo avait l'impression qu'elles étaient partout à la fois, sur ses épaules, son torse, son ventre, mais jamais elles ne descendaient soulager cette douloureuse pression qui pulsait dans son boxer.
Il ne pouvait que s'accrocher à son dos, se cambrant contre lui en gémissant entre deux baisers. Heero abandonna ses lèvres pour descendre dans son cou, il se retint d'y laisser sa marque, se doutant que cela ne passerait pas inaperçu.
Il ne s'empêcha pas, par contre, de l'embrasser, de lécher la peau fine et si blanche de cette parti du corps apparement si érogène chez son amant.
Il continua sa progression, s'attaquant à sa clavicule non protégée par le bandage, il laissait jouer sa langue, attisant toujours plus son désir. Ses mains se posèrent chacune sur un de deux bourgeons de chair et les durcirent encore plus si c'était possible. Elles furent remplacées chacune leur tour par sa bouche, ses lèvres, sa langue, ses dents, ... Tout ce petit monde descendaient toujours plus bas, le torse en feu, le ventre bouillant, le nombril ... Oui, le nombril où la langue s'engouffra et joua quelques instants.
De petits cris s'échappaient des lèvres de Duo, il se retenait difficilement, conscient du peu d'épaisseur des cloisons séparant les cabines.
Ses mains s'activèrent à leur tour, il caressa le dos d'Heero, laissant ses ongles tracer de légers sillons sur sa peau. Puis elles stoppèrent, les ongles s'enfoncèrent dans la peau. Heero avait arrêté sa bouche à la lisière de son boxer et entreprenait maintenant de le faire glisser sur ses cuisses. Duo se sentit rougir, un homme était en train de le déshabiller, un homme lui faisait l'amour.
Non ! Pas un homme. Heero. Heero lui faisait découvrir des sensations plus merveilleuses qu'aucune de ses partenaires ne lui avait jamais procuré.
Il se détendit aussitôt et accompagna le mouvement de son sous-vêtement. Les longs doigts habiles de celui qu'il pouvait désormais considérer comme son amant, lui caressaient l'intérieure des cuisses. Ils furent imités rapidement par des lèvres gourmandes qui remontèrent langoureusement vers l'objet de toutes ses souffrances.
Son sexe, gorgé d'une érection plus qu'insoutenable, se dressait fièrement devant les yeux emplis de désir d'Heero. Ce dernier les leva vers Duo et eut une une vision à couper le souffle, un air extatique et impatient se dessinait sur son visage et ses yeux ... Ses yeux étaient tels deux sphères incandescentes qui semblaient vouloir le dévorer, le mettant au défi de s'arrêter.
Heero n'eut plus aucun doute, si tant est qu'il lui en restait vraiment et, avec une lenteur qui exaspéra Duo, il approcha ses lèvres du point si sensible. Elles s'y posèrent légèrement pour s'en éloigner tout aussi vite. Un grognement de frustration se fit entendre et les coins des lèvres d'Heero se soulevèrent dans un sourire taquin. Il mit encore quelques petits coups de langues, plus haut, plus bas, le caressant plus fermement, ses mains remontaient à la base de cette source de chaleur pour aider sa bouche gourmande et le supplicié se retenait autant que possible pour ne pas hurler, à la fois de plaisir et de frustration.
Abrègeant les souffrances du jeune capitaine, il le lécha sur toute la longueur de ce sexe si empressé et finalement le prit en bouche. Duo ne put retenir cette fois un immense soupir de plaisir accompagné d'un gémissement plus qu'explicite. Il murmurait sans cesse le prénom de son amant et cela excitait encore plus Heero qui avait entamé un lent mouvement de va et vient avec sa bouche. Sa langue n'était pas en reste et s'activait autour de son désir, ses mains caressaient sans cesses ses cuisses, son aine, son ventre, ...
Les mains de Duo agrippaient les draps à les déchirer, il découvrait une jouissance qu'il n'avait jamais éprouvé, il était complètement perdu, un ouragan aurait pu emporter son navire qu'il ne s'en serait même pas rendu compte.
Il sentit qu'il n'était pas loin du point de non retour, au lieu de se laisser emporter par la jouissance, il mit toutes ses forces pour se retenir. Ses mains se posèrent sur la tête d'Heero, mais plutôt que d'accompagner son mouvement, elle tentèrent de l'en empêcher.
_ Heero ... nan ... hummm .... attends ... hannn ... arrête.
Heero crut qu'il était allé trop loin, il prit peur et s'arrêta soudainement. Il se remonta à la hauteur de Duo et s'apprêta à lui faire toutes les excuses possibles. Il n'eut pas le temps, pris de court par son compagnon.
_ Pas comme ça ... je veux ... tu vas ... je veux qu'on ...
Duo n'arrivait pas à s'exprimer et se maudissait intérieurement, il savait pourtant bien ce qu'il voulait. Heero soulagé, compris tout de suite la brusque interruption de son amant. Il le regarda s'embrouiller et s'empourprer, il commençait à paniquer. Heero prit son visage dans ses mains.
_ Chut Duo chut, calme-toi mon amour, j'ai compris, j'ai compris.
Il embrassa ses paupières et repris ses lèvres. Il s'installa de façon à être à ses côtés, tous deux sur le flanc face à face. Un bras passa sous le corps de Duo et le colla au sien en l'attrapant au creux des reins. Tandis que Duo le regardait et se laissait faire sans comprendre, sa main libre s'aventura nettement plus au sud et repris des mouvements de va et vient sur le sexe tendu de son amant.
Ce dernier repris ses gémissements, excitant plus encore Heero qui changea sa prise sur son captif de façon à pouvoir se prendre en main également.
A l'éclat dans les yeux de Duo, il sut que celui-ci avait compris la démarche, ce qu'il n'attendait pas, en revanche, c'est qu'une de ses mains viennent le rejoindre dans sa besogne. Les deux consoeurs caressaient à tour de rôle, enserrant et palpant, menant une danse de plus en plus fièvreuse. Duo tresaillit au contact d'un autre membre que le sien dans sa main, contre toute attente, il ne trouva pas cela désagréable, ni même étrange. Il était même plutôt fier de savoir qu'il était le seul responsable des plaintes de jouissance de cet homme entre ses bras.
Leurs gémissements et leurs soupirs s'unirent pour former une mélodie des plus aguichantes. Leurs jambes s'entremêlèrent de façon à se rapprocher toujours plus, leurs lèvres jouaient tantôt ensembles, tantôt dans un cou, tantôt sur le lobe d'une oreille extrêmement sensible. Leurs yeux ne se quittaient pas et tout l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre transparaissait dans ces contacts.
Bientôt, ils ne purent plus se retenir, leur désir montait en crescendo, leur souffle était haletant, leurs mouvements saccadés et presque incontrôlables, à l'image des frissons qui secouaient leur corps brûlants.
_ Heero ... je vais ... je ...
_ Laisse-toi ... aller
Dans un même râle, ils jouirent, leur corps tremblant recouvert de sueur. Transportés par un éclair lumineux dans un monde de sensations pures et orgastiques, ils restaient accrochés l'un à l'autre, Duo n'arrivait pas à redescendre sur terre et la présence si forte et rassurante d'Heero était son port d'attache.
_ God ... Jamais je n'ai ressenti une telle ... un tel ... ça. C'était extraordinaire ... indescriptible.
_ Je sais, c'est pareil pour moi ... Et dire que nous nous sommes contentés d'être sages ...
_ Heero ...
_ Qu'y-a-t-il ? Tu as mal ?
_ Non, c'est juste que ... tout à l'heure tu m'as appelé ... "mon amour".
_ Je le pensais, c'était naturel et ... kami-sama Duo, tu étais si excitant, si magnifique, jamais je n'ai connu ça, crois-moi tu es unique ... mon amour.
Epuisé par toutes les informations et les événements des dernières 24 heures, Duo craqua, il éclata en sanglots. Cela faisait des années que ça ne lui était pas arrivé, mais là tout était juste ... trop, c'était trop !
_ Je t'aime Heero, je ne sais pas ce qui nous attend mais c'est une certitude.
Il n'y avait rien à répondre, aussi Heero le serra dans ses bras et sentant la fatigue les envahir, il se leva tant qu'il en trouvait encore la force, rassurant son homme d'un petit sourire. Il s'éclipsa dans la salle de douche attenante et revint vite, un gant humide à la main. Après les avoir sommairement nettoyé, il se rallongea auprès de ce corps si accueillant et prit Duo dans ses bras, le serrant possessivement.
C'est ainsi qu'ils s'endormirent, aussi rapidement que tout ce qui c'était passé dans leur vie depuis ces dernières heures.
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Bon voilà, à suivre bien sûr !
Un chap plus calme que le précédent avec une fin moins sadique ...
J'espère que ça vous plait toujours, à bientôt
Kisu !!
