Et voilà comme promis le chapitre 1. J'ai peur de l'avoir fait trop court mais bon, j'ai fait en sorte de le publier assez rapidement. Je connais l'impatience de Hiryu-san, alors je n'aurai que quelques mots encore :

Bonne lecture, amusez-vous bien !


Chapitre 1 : Vain combat, inutile tristesse

Toute une troupe de marines encerclait le petit groupe qui se battait vaillamment. Mais malgré leurs efforts, Chopper, Aiko et Kane ne parvenaient toujours pas à les repousser. Il en venait encore et encore, de chaque côté. Et ils faiblissaient de plus en plus. Aiko prit alors la décision qu'elle aurait du prendre il y a bien longtemps. Elle sortit un sifflet de l'une de ses poches et souffla dedans. Un son strident s'en éleva et se fit entendre sur le Thousand Sunny. Des bruits de pas précédèrent une réunion rapide sur le pont. Nami la présida :

-Bon, qui y va ?

Immédiatement, Sanji et Zoro se proposèrent. Nami éjecta le cuisinier :

-Sûrement pas Sanji, tu dois préparer le déjeuner. Zoro, si tu veux. Moi je n'y vais pas.

-Alors tu m'accompagnes Robin ?

Celle-ci sourit et acquiesça. Sans plus attendre, ils coururent en direction du coup de sifflet entendu. À mi-chemin, un cri perçant parvint à leurs oreilles :

-Aikooooo !!!

Le cri glaça le sang du bretteur. Il se demanda ce qu'il se passait. Pourquoi donc Kane avait-il crié le prénom de sa sœur ainsi ? Chopper devait pourtant les protéger. Le bretteur pressa l'allure, Robin le suivant. Au moment où ils arrivèrent, les marines partaient. Chopper était effondré sur le sol et Kane semblait dans un sale état. Ses jambes tremblaient, l'un de ses bras pendait lamentablement le long de son corps et du sang gouttait sur le sol. Sa main droite lâcha son épée tandis qu'il tombait sur les genoux. Son cri déchira l'air, atteignant le Thousand Sunny. Sanji se raidit, croyant comprendre qu'il était arrivé quelque chose de grave. Mais étant un professionnel, il ne se laissa pas déconcentrer. Et puis après tout, ce n'était qu'un cri, cela ne voulait pas dire que vraiment…vraiment Aiko avait…Il repoussa cette grotesque idée et reporta son attention sur la nourriture. Zoro interrogea Robin du regard : devaient-ils poursuivre les marines ou bien rester avec Kane ? Elle lui répondit doucement :

-J'ai bien l'impression qu'ils ont enlevé Aiko.

Le bretteur qui n'avait toujours pas compris ouvrit les yeux de surprise et se lança à la poursuite des marines. Robin le suivit mais il était trop tard. Les amarres étaient déjà larguées, le port étant proche, et ils voguaient au loin. Robin vérifia ses dires en cherchant sur le bateau grâce à ses pouvoirs et elle confirma à son nakama :

-Ils ont bien capturé Aiko.

Zoro frappa le mur de son poing et repartit vers Kane. Celui-ci pleurait violemment. L'escrimeur le souleva et l'aida à marcher.

-Robin, tu veux bien t'occuper de Chopper ?

-Oui.

Elle sentit que le bretteur n'était pas d'humeur. Les prochaines semaines s'annonçaient difficiles pour l'équipage. De plus, Sanji ne supporterait pas cela. Il chérissait Aiko et Kane bien plus qu'elle et Nami.

Au lieu de retourner au bateau, ils se rendirent chez un médecin, Chopper n'étant pas en état de se soigner ni de soigner Kane. Ils les y laissèrent et retournèrent au bateau. Le reste de l'équipage les attendait, espérant voir revenir les trois imprudents. Cependant, le regard de Zoro était clair : le combat ne s'était pas déroulé à leur avantage. Sans un mot, le regard triste, Sanji retourna dans la cuisine. Un coup de poing frappa le ventre de Zoro en regardant cette scène. Son amant ne lui reprochait même pas sa totale inutilité. Il alla dans la vigie. Il y serait seul et pourrait y laisser vagabonder ses pensées. Usopp, Luffy et Franky allèrent à la proue. Nami et Brook interrogèrent l'archéologue :

-Pourquoi rentrez-vous seuls ?

Honteusement, elle leur avoua :

-Chopper ne pouvait soigner personne. Nous l'avons donc laissé avec Kane chez un médecin.

Nami fronça les sourcils :

-Tu oublies Aiko. Où est-elle ?

-Capturée. Par les marines.

La navigatrice comprit alors le regard dur du bretteur. Elle s'éloigna, marmonnant quelques vagues excuses à propos du temps et de ses cartes. En vérité, elle cachait sa peine. Elle appréciait beaucoup l'adolescente. Brook se rendit à son piano et joua un morceau lent et triste, propre à l'humeur de l'équipage.

Ce midi-là, personne n'en voulut à Sanji d'avoir oublié d'éteindre le four et d'avoir fait brûler le plat de résistance. Zoro ne s'était pas montré, sans doute honteux de son échec. Des restes de larmes ravageaient les visages de certains pirates, sans pour autant que leur faiblesse soit le but de moqueries. Tard dans l'après-midi, Zoro et Sanji rendirent visite seuls à leur fils et au médecin. Ils les trouvèrent beaucoup mieux physiquement, mais aussi démoralisés qu'eux. Longtemps, la petite famille maintenant rétrécie discuta. La lune était déjà tombée lorsque les deux amants prirent congé. Ils ne purent prononcer un seul mot, l'un rongé par la honte, l'autre par la tristesse. Ce ne fut que lorsqu'ils se couchèrent au lit que Sanji se sentit capable de parler :

-Zoro ?

-Hmm ?

-Ils…Ils ne la tueront pas, n'est-ce pas ? Ils n'avaient pas tué Robin alors…pourquoi tueraient-ils une jeune fille qui ne possède même pas encore sa photo sur un avis de recherche ?

-Je suis désolé Sanji. Tout ça c'est ma faute. Je n'aurais pas dû les laisser seuls avec Chopper alors qu'ils ne sont même pas aussi forts que nous lorsque nous avons embarqué à bord du Merry.

-Zoro…

Celui-ci se retourna vers le cuisinier pour renforcer ses dires. Il trouva en face de lui un visage tellement peiné qu'il dut puiser dans toutes ses ressources afin d'avoir la force de lui dire ce qui allait suivre :

-Mais c'est vrai ! Qui les a autorisés à se rendre en ville ? Qui aurait dû les accompagner ?

-Zoro…

-Sanji ! Laisse-moi me rendre responsable pour une fois !

-Mais tu ne l'es pas entièrement ! J'étais là moi aussi ! Et qu'ai-je fait ? Je leur aurais même confié cent mille berrys sans hésiter ! Si Nami avait été là, elle aurait protesté et aurait eu bien raison. Nous avons tous deux été inconscients, alors maintenant laisse-moi te dire.

Le blond s'arrêta : ce qu'il avait à dire n'était pas facile.

-Aiko est notre âme, notre cœur. Elle est nous deux en un seul être. Et si jamais nous la perdons, ce sera une partie de nous qui mourra. Nous en serons brisé à jamais. Kane également. Tu sais ce que nous devons faire. Cependant, nous ne savons pas comment Nami réagira. Si sa réaction ne tranche pas en notre faveur, que ferons-nous ? Je le sais pour moi. Mais toi, est-ce que tu me suivras ?

-Comment ça, ce que nous devons faire ? Tu veux dire…pourchasser les marines ?Mais… c'est mon intention depuis le début.

-Crois-tu donc que c'est celle de Nami ?

-Personne ne peut savoir ce qu'elle pense. Mais j'ai l'impression qu'elle s'est attachée elle aussi à nos deux enfants et qu'elle a également l'intention de pourchasser les marines.

-Nous verrons cela demain. Nous devrions en discuter avec tout l'équipage.

-Oui. Demain, Chopper et Kane seront de retour. Le temps que nous rattrapions les marines, ils seront guéris.

-Bonne nuit mon cœur.

-Bonne nuit baka cook.

-Toujours d'aussi beaux mots d'amour marimo.

-Tch.

Légèrement rassérénés, les deux amants parvinrent malgré tout à s'endormir.

Mais le lendemain, la vérité les rattrapait, cruelle. Au petit déjeuner, trois places restaient désespérément vides. Une fois que celui-ci fut achevé, pour une fois dans un silence presque religieux, Nami et Robin allèrent récupérer Kane et Chopper. Leurs graves blessures se refermaient. Seul le regard du jeune homme se trouvait changé. Il n'était plus bleu mais gris-bleu, et aussi froid que de l'acier. Toute chaleur ou trace de joie avait disparu de son être. Il ne respirait plus que douleur et haine. Sanji en fut profondément bouleversé, mais ne le montra pas. Inutile de s'inquiéter, voulut-il se rassurer, il sera redevenu lui-même une fois que nous l'aurons récupérée. À peine eurent-ils eu le temps de se retrouver que Sanji et Zoro réunirent l'équipage entier pour leur faire part de leur décision :

-Nous avons décidé de poursuivre les marines, quoi que vous, vous décidiez. Si votre décision n'est pas en notre faveur, nous partirons, même si cela nous attristera.

Nami intervint :

-Qu'est-ce qui vous dit que nous ne tenons pas également à Aiko ? Je tiens à la revoir parmi nous. Nous tenons tous à la revoir parmi nous.

Même Luffy avait compris et approuvé. Les yeux larmoyants, Sanji les remercia d'un faible sourire. Kane partit à la poupe pour s'entraîner tandis que Zoro gagnait la vigie et Nami donna les premiers ordres. Ils partaient. En leur for intérieur, ils se juraient tous de retrouver leur mignonne musicienne et de se venger des marines. Ils se rappelaient tous, sauf Brook et Kane, de l'enfermement de Robin à Enies Lobby. Ils étaient partis à son secours. Aujourd'hui, ils feraient de même, surtout qu'Aiko serait bien contente de les revoir. Jamais Luffy n'abandonnerait l'un de ses précieux nakamas. Pour la première fois dans la vie du Thousand Sunny, la journée ne fut pas animée par les bêtises du capitaine. Kane passa sa journée à la poupe à alterner entraînement et repos. Il souhaitait devenir plus fort afin de pouvoir protéger tous ceux qu'il aime. Il ne voulait pas revivre une telle scène. Les autres tentaient vainement de se changer les idées en observant la mer ou en s'occupant à son activité quotidienne.

Le soir venu, ne restaient que trois personnes sur le pont : Zoro, Kane et Sanji. La pleine lune les éblouissait presque mais faisait ressurgir quelques souvenirs aux deux amants.

-Tu te rappelles Sanji ? Ce soir-là.

-Oui. Un désir incontrôlable s'était emparé de nous.

-Mais grâce à lui, deux adorables enfants nous sont nés.

Kane s'était retenu durant douze ans, mais aujourd'hui il voulait en avoir le cœur net :

-Dites, comment c'est possible ? Vous avez bien mangé un fruit du démon ou autre chose pour avoir pu…Enfin…c'est impossible que de deux hommes puisse naître un enfant. Et encore moins deux !

-Ça restera un mystère. Nous vous avons trouvé en nous éveillant. Nous n'avons aucune idée de ce qui vous a amené. Mais une chose est sûre : vous êtes bien nos enfants. Tu étais mon parfait clone. Et Aiko est assurément un mélange de Zoro et de moi.

Un silence s'ensuivit. Kane avait ce qu'il voulait. Jamais Sanji ne lui avait menti et ce ne serait pas aujourd'hui qu'il le ferait. Une douce brise s'éleva, chatouillant les visages fermés et tristes des trois pirates. Les cheveux courts de Kane étaient presque blancs sous la clarté de l'astre lunaire. Sanji prononça alors la promesse qu'ils se juraient tous, sans jamais parvenir à la dire à voix haute. Ce serait rendre réelle la situation dans laquelle ils étaient plongés, et cela, ils ne le pouvaient pas.

-Aiko. Nous te retrouverons. Il suffit simplement…que tu nous attendes. Ne doute pas de nous. Nous ferons ce qu'il faut.

Sanji serra dans ses bras son fils. Le vent s'engouffra alors dans les voiles, produisant un étrange son. Comme la réponse de la jeune fille se perdant dans la nuit.

-Tu vois Kane, elle a confiance en nous.

-Bien évidemment ! Que crois-tu stupide love cook ? Elle nous attend, c'est certain.

Sanji, d'une voix douce, les ramena à l'ordre :

-Nous devrions aller nous coucher. Tu es blessé Kane. Et toi Zoro, tu as mauvaise mine.

-Tu n'as pas mauvaise mine peut-être, sourcils en vrille ?

Un sourire lui répondit, ainsi qu'un rire jaune. Le cuisinier accompagna son fils jusque dans sa chambre tandis que Zoro se rendait dans la sienne. Lorsque Sanji voulut repartir, le jeune homme le retint :

-Papa ?

-Hmm ?

-Tu veux bien…me raconter une histoire ? Comme quand nous étions enfants. Je n'arriverai pas à dormir sinon.

Sanji écarquilla les yeux : l'espace d'un instant, il avait cru revoir cette couleur qu'il aimait tant au fond des yeux de son fils.

-Voyons Kane. Tu as seize ans quand même.

-S'il te plaît ?

Sanji céda. La supplique avait été prononcée d'un ton tellement douloureux, le cuisinier ne pouvait refuser cela à son enfant adoré. D'une voix lente et chaleureuse, le blond commença l'histoire de l'homme qui avait vu tomber de l'or sous ses yeux. Il avait alors cherché, cherché afin d'en trouver toujours plus et de pouvoir avoir la main de sa dulcinée. Mais il ne découvrit rien d'autre. Cependant il ne se résolvait pas à vivre sans celle qu'il aimait. C'est pourquoi il l'enleva. Elle mit longtemps avant de se faire à son sort. Mais plus les jours passaient, plus il lui montrait les preuves de son amour et plus elle aussi tombait sous son charme. Elle ne se résignait plus à le suivre, c'était de son plein gré qu'elle parcourait les routes à ses côtés.

Kane, trop fatigué, s'endormit avant même de savoir si les deux amoureux s'étaient tirés d'affaire. Sanji sortit doucement de la pièce après avoir déposé un baiser sur le front de l'adolescent. Il rejoignit sa chambre et se maudit de se faire autant de soucis. Bien évidemment que la vie d'Aiko n'était pas en danger. Les marines avaient un but, il le pressentait. Restait maintenant à savoir quel était ce but. Il passa la moitié de la nuit à tenter de trouver la réponse.

Le lendemain, des cernes barraient les yeux du cuisinier, du bretteur et de Nami. Ils étaient les seuls à n'avoir pas dormi la nuit entière. Le voyage se poursuivit, quelques obstacles entravant leur chemin et ralentissant leur allure. Enfin, la troisième semaine, le bateau des marines était en vue. Kane arbora son premier sourire depuis l'enlèvement de sa sœur. Il regarda le reste de l'équipage et posa la question qui allait inquiéter Sanji :

-Alors, prêt pour l'abordage ?

Le cuisinier n'avait jamais vu une telle haine émaner de son fils. La vengeance était son seul souhait, mais il fallait savoir faire la part des choses. Kane s'aveuglait. Il avait l'impression que les seuls fautifs étaient les marines. Sans doute cela était-il vrai, mais ce n'était pas une raison pour vouloir tuer. Oui, il lui semblait que le plus grand désir de Kane était de tuer chaque soldat présent sur ce bateau. Mais ce n'étaient pas eux les responsables de cela, il en était certain. L'ordre venait de bien plus haut. Et ce genre d'acte lui semblait étrangement familier. Le blond l'entraîna un peu à l'écart et l'interrogea :

-Tu comptes t'en prendre à chaque marine que tu rencontreras, n'est-ce pas ?

-Bien sûr, pas toi ?

-Non. C'est…comment dire ? Un peu plus compliqué que ton interprétation des faits. Tout n'est pas blanc ou noir Kane. J'ai le sentiment que ce n'est pas entièrement de la faute des soldats tu vois. Ce doit être un ordre venu d'en haut. Tu me comprends ?

-Donc nous ne devrions pas libérer Aiko parce que nous serons obligés de blesser ces innocents petits marines ?

Kane s'emportait. Il jeta un regard noir à son père, puis rejoint le reste de l'équipage.

-Kane !

L'intéressé se retourna.

-Quoi ?

-Fais-moi confiance. Tu sais que moi aussi je veux la libérer. Je veux la revoir, la serrer dans mes bras. Elle est ma fille Kane. Comme toi tu es mon fils. Et pour moi, cela représente beaucoup. N'en doute plus jamais. Ce ne seront pas les soldats qui me paieront cet enlèvement. Ce sera celui qui a donné l'ordre d'enlever Aiko.

L'espace d'un instant, le bleu revint dans les yeux de Kane. Il pardonnait à son père.

-Mais s'il faut les tuer papa, je le ferai. Je tuerai quiconque m'empêchera de récupérer Aiko.

Enfin le but de leur détour était sous leurs yeux. Ce n'était pas le moment de faillir. Tous le sentaient. Sur le bateau marine, le commandant souriait :

-Ainsi te voilà. Mon fils. Bienvenue dans mon monde.

Les deux camps face à face. Deux idéologies différentes. Qu'est-ce que cela aurait pour conséquence ? Nul ne le savait, tous étaient prêt à se battre.

Les pirates voulaient faire payer ces trois semaines de souffrance. Mais marines comme pirates ignoraient alors exactement tout de ce qui s'était déroulé sur le bateau des marines durant ces trois semaines.


Et voilà ce chapitre est fini. :'( Versons une petite larmichette en l'honneur de cette pauvre Aiko qui a été enfermée à fond de cale durant trois semaines. Mais ne vous en faites pas, elle a mis tout ce temps à profit. Vous comprendrez bientôt. Quant à Kane, je compte expliciter son comportement. Je trouve que je suis passée bien vite sur ses sentiments. Et ceux des autres membres de l'équipage également. Ne vous inquiétez pas, je développerai tout cela. Et je vais essayer de faire des looooongs chapitres, sans pour autant vous promettre la lune et sans vous donner de délais. J'écris quand j'en ai le temps et quand je suis inspirée.

Allez, je vous laisse. À bientôt pour un prochain chapitre. Merci d'avoir lu ce chapitre, Jindri.