Me voilà de retour avec euh... environ trois mois de retard. Je m'excuse auprès de tous mes lecteurs et revieweurs. En plus j'ai le bac cette semaine et la semaine prochaine donc surement pas de chapitre prochain avant jeudi (pas de cette semaine, mais de la semaine d'après). Dans ce nouveau chapitre viennent deux personnages que vous connaissez bien mais je vous laisse la surprise ^^. J'espère qu'il est réussi, donnez-moi votre avis, je suis toujours ouverte aux critiques et si certaines choses sont floues pour vous (avec moi tout est possible xD), n'hésitez donc pas !

Réponses aux reviews :

Hiryu-san : merci de ta fidélité, voilà la suite ^^.

Uo-chan : c'est vraiment gentil, je suis contente que mes fics te plaisent. Quant à Aiko... tu verras bien. J'aime entretenir le suspense. Dans le prochain chapitre elle souffrira moins, ne t'inquiète pas.

anonyme : merci beaucoup de ton compliment, ça me fait plaisir. Quant à des morts ou du yaoi euh... j'avoue que je ne sais pas. J'écris ma fic au fur et à mesure et c'est pour ça que j'ai tellement de retard. D'ailleurs je comprendrais que personne ne me lise plus...

Je remercie les lecteurs qui liront quand même ce chapitre très tardif.


Chapitre 3 : Des marines… avec des pirates ?!?

Le troisième jour après l'enlèvement d'Aiko le nouveau quotidien des Mugiwaras s'était formé. Du moins, la majorité d'entre eux en avait changé. Notamment Kane qui au lieu de passer tout son temps avec sa sœur le passait désormais à s'entraîner. Il voulait devenir plus fort afin de pouvoir la libérer. Nami et Robin ne faisaient que se plonger dans leurs cartes et leurs livres, presque sans jamais adresser la parole aux autres. Zoro s'enfermait toute la journée dans la vigie et n'acceptait que la présence de Sanji qui venait lui apporter ses repas ou de Kane qui lui demandait des conseils afin d'améliorer sa technique. Ils organisaient des tours de garde la nuit afin de repérer le bateau marine. La morosité s'était emparée du Sunny. Même Luffy faisait moins de bêtises, comprenant la gravité de la situation. Ils n'étaient même pas certains de pouvoir rattraper le bateau marine. Pour le moment, Sanji préparait le repas. Et il réfléchissait. La veille il avait enfin compris pourquoi les marines avaient capturé Aiko. Pourtant la réponse était évidente. Elle était un appât. Il en avait fait part à Nami qui lui avait répondu qu'elle le savait. Perplexe, le cuisinier lui avait demandé pourquoi alors elle avait accepté qu'on les poursuive. Gênée, elle l'avait prié de ne pas répéter ce qu'elle allait dire. Cela ruinerait sa réputation au sein du navire. Puis elle avait dit qu'elle aimait beaucoup Aiko et qu'elle serait prête à risquer sa vie pour elle. Hésitante elle avait également ajouté : « Pour n'importe lequel de mes nakamas aussi. ». Il avait allumé une cigarette et avait souri.

-Tu n'es pas si méchante que ça finalement.

-Crétin ! Bon, maintenant que tu m'as dit ça je retourne à mes cartes.

-Il n'y a pas que ça Nami.

Elle se retourna. Son regard exprimait la surprise, fait rare chez elle lorsqu'elle était au sein du Sunny. Il l'éclaira :

-J'ai l'impression de reconnaître la patte d'un marine précis. Mais je n'arrive pas à trouver lequel.

-Ce serait bien que tu sois certain avant que l'on ait atteint le bateau. Fais la liste de tous les marines que l'on a croisé. Cela t'aidera sûrement. Et je chercherai aussi.

-Oui. C'est ce que je vais faire. Mais j'ai peur de ce que je vais trouver. J'ai l'impression que ce marine est vraiment dangereux.

-Ne t'inquiète donc pas. On a eu affaire à des situations bien plus compliquées. Là au moins, si le Sunny est assez rapide, nous n'aurons pas besoin de nous infiltrer sur une île ou dans une forteresse de la marine.

-C'est vrai. Mais qu'arrive-t-il à Aiko en ce moment-même ?

À la grande surprise de Sanji, Nami l'enlaça.

-Elle va s'en sortir. Elle a hérité de vous deux non ? Alors elle résistera à n'importe quelle torture. Tu devrais plutôt t'inquiéter pour Zoro. Il reste prostré dans la vigie depuis hier soir.

-Quoi que je dise il ne m'écoutera pas. Pas dans cette situation. Et puis il a besoin de se retrouver seul. Une fois qu'il aura fait le vide dans sa tête et qu'il aura accepté de se battre, nous le retrouverons. Comme nous retrouverons Kane une fois qu'Aiko sera revenue. Je n'aime pas la couleur qu'ont pris ses yeux. Ils sont maintenant gris. Même lorsqu'il était en colère je n'ai jamais vu ça.

Nami se détacha de lui. Comment remarquait-il de telles choses ? Il n'était décidément pas un homme comme les autres. Elle le rassura doucement.

-Il a toujours vécu à ses côtés. Quelque chose en lui s'est brisé.

-Je sais bien. Je ne veux simplement pas qu'il fasse quoi que ce soit qu'il puisse regretter par la suite. Bon, je te laisse.

Les réflexions de Sanji tandis qu'il cuisinait dérivaient tantôt vers sa fille, tantôt vers son amant, tantôt vers son fils. Lassé, il tenta soudain de rassembler toutes ses pensées afin de trouver la réponse à ses questions : pourquoi donc la façon d'agir de ce marine lui paraissait-elle familière ? Le connaissait-il ? La veille il avait fait comme Nami le lui avait conseillé. Il n'avait rien trouvé. Mais alors qu'il retournait la viande dans la poêle, les solutions lui apparurent, évidentes. Il recula d'un pas, son ustensile tomba au sol. Il était désormais troublé. Il avait oublié un marine. Celui qui les avait attaqués il y a douze ans environ. Nowaki Kiiro. Bien évidemment que cela lui ressemblait de faire enlever un pirate pour attirer ses compagnons dans un piège. Mais cela entraînait de terribles conséquences. Il était certain qu'Aiko passerait un mauvais moment en sa compagnie. Et que lui réservait son père ? Se retrouverait-il face à Haeru ? Ses blessures avaient guéri. Il n'en voulait même plus au colonel de l'avoir trompé. Il lui en voulait pour les mauvaises paroles qu'il avait prononcé. Mais la stupidité se trouvait partout sur Terre. Zoro se réjouirait de se trouver face à celui qui avait fait souffrir et pleurer son amant. Il désirerait même affronter son père. Mais cela, Sanji se le réservait. Ce ne serait pas Luffy qui comme d'habitude vaincrait l'adversaire le plus fort. Non, c'était un règlement de comptes entre lui et son père. Celui-ci n'avait pas le droit d'enlever sa petite fille ainsi. Il paierait chacune des souffrances qu'il lui ferait endurer. Un juron sortit de sa bouche. De tous les marines pourris il avait fallu que ce soit celui-là qui enlève sa fille. Qui n'était plus une petite fille mais une jeune femme. Cela rendait Kiiro d'autant plus dangereux à ses yeux. Il reprit l'ustensile, le lava et recommença à cuisiner. Son esprit était assombri par ces révélations. Une fois qu'il eut terminé, il laissa ses compagnons manger et monta à la vigie, deux assiettes en main. Il s'assit et donna la sienne à Zoro. Le repas se déroula en silence, comme depuis la veille. Mais Sanji le brisa :

-Je sais qui a enlevé Aiko.

Zoro le regarda, ses deux yeux agrandis par l'étonnement. Le blond continua :

-C'était tellement évident que je ne l'ai pas vu de suite. Mais il n'y en a qu'un pour avoir un plan aussi basique. Et pour savoir le manier avec autant de sadisme et de perversité. Je suis désolé de le dire mais Aiko va passer un très mauvais moment.

-Bon, accouche baka cook. Qui est-ce ?

-Mon père. Nowaki Kiiro.

Le cœur de Sanji se brisa. Le dire à haute voix était terrible pour lui. C'était avouer sa défaite face à son père. Une autre à son tableau. Mais il n'échouerait plus. Surtout pas lorsque sa fille avait besoin de lui. Zoro comprit la douleur de son amant. Il fit son premier geste amical depuis un jour : il lui prit la main.

-On est tous là Sanji. On ira tous ensemble.

-Non. Il faudra au moins deux personnes pour garder le bateau. Il pourrait nous le prendre. Mais je réfléchirai à tout ça et je le dirai aux autres. Et ne t'inquiète pas. Cet affrontement est plutôt ma revanche. Ma façon de dire à mon père que je n'ai plus besoin de lui.

-Et euh… cet homme… il sera là aussi ?

Je ne sais pas. S'il est resté au service de mon père oui.

Comme Sanji l'avait prévu, Zoro se porta volontaire pour s'occuper d'Haeru :

-Alors tu me laisseras m'occuper de lui.

Ce n'était pas une question, c'était une affirmation. Le bretteur ne laissait pas le choix au cuisinier. Un sourire se forma sur les lèvres pâles.

-Tu ne changeras jamais.

Sanji enlaça son amant et l'embrassa avec douceur. Il le remerciait de cet amour qu'il lui donnait depuis si longtemps, de toutes ses erreurs, ses fautes qu'il avait pardonné.

-Mais je ne veux pas que tu changes Zoro.

-Alors je resterai tel quel.

À ce moment Kane arriva dans la tour. Il vit ses parents et esquissa un geste pour s'en aller. Mais Zoro l'aperçut et lui fit signe de rester. Il vint donc s'asseoir près d'eux. Sanji regarda tristement son fils. Comment lui annoncer en douceur que sa sœur allait se faire violemment torturer par son propre grand-père ? Ses yeux arboraient toujours cette couleur grise que Sanji avait fini par détester. Sans qu'il puisse se retenir une larme coula sur sa joue. Son père allait lui payer ces larmes versées par son fils, son amant et sa fille et toutes les douleurs qu'il lui ferait subir. Déterminé il essuya cette larme et sourit à Kane :

-Ça va. On va le rattraper et il paiera. Je te le promets Kane.

L'inquiétude se peignit sur le visage de l'adolescent. Il savait lorsque son père lui cachait certaines choses. Zoro intervint :

-Tu ne lui dis pas tout sourcil en vrille.

-Je…

-On s'est juré de tout leur dire Sanji. Tu te rappelles de ce moment j'espère ?

-Oui mais… Est-ce si important Zoro ?

-Ça l'est. Pour tous d'ailleurs. Ça change considérablement la donne. Pour que nous soyons à armes égales nous devrons tout savoir de ses faiblesses.

-Ce n'est pas la peine puisque je me chargerai de lui.

-Et tu crois qu'on te laissera tout seul ?

Kane commençait à comprendre de quoi parlaient ses parents. Il coupa court à la dispute :

-Papa, dis-moi de qui il s'agit.

Il fixait Sanji qui sut que son fils ne lâcherait pas l'affaire. Dans un soupir il rendit les armes :

-Nowaki Kiiro.

-Sanji…

Cette réprimande lui brisa le cœur. Mais son amant avait raison. Il le saurait un jour ou l'autre. Et il préfèrerait le savoir de la bouche de son père.

-C'est mon père.

Les yeux de Kane retrouvèrent leur éclat bleu sous l'effet de la surprise.

-C'est pas possible… Pourquoi ton père t'aurait-il fait ça ?

-Il veut nous attirer à lui. Je ne sais pas ce qu'il nous réserve mais je suis certain que ce ne sera pas plaisant. Ton grand-père est une personne infecte Kane. N'essaye même pas de discuter avec lui. Et ne lui dis pas que tu es son… Non, c'est inutile. Vu ton physique il doit le savoir. Ce qu'il ignore, c'est avec qui. Et il faut espérer qu'Aiko ne soit pas… enfin…

-Qu'elle ne soit pas torturée au point de craquer ? Dis-le clairement baka cook.

Sanji ricana, un sourire d'excuse peint sur son visage :

-Je suis désolé mais je sais trop bien ce dont il est capable.

Zoro releva la tête vers lui, le regard soupçonneux :

-Cette cicatrice… Ce n'est pas lui quand même ?

-Si. Et encore, ce n'est qu'une infime partie de ce qu'il peut faire subir. Aiko ressentira une douleur bien pire et… et ça me broie le cœur.

Les mots étaient enfin sortis. Le gris revenait à grande vitesse dans les yeux de l'adolescent, Zoro se renfrognait, comprenant enfin pourquoi son amant était si abattu. Il comprenait maintenant que pirates comme marines pouvaient avoir le comportement d'un démon. Sanji prit les deux assiettes et descendit après une dernière phrase :

-Je sais que vous voudrez tous les deux vous occuper de lui mais… s'il vous plaît. J'ai trop de choses à lui dire pour laisser passer l'occasion.

Il les regarda : aucun d'eux ne semblait réagir. Il prenait cela comme une approbation mais il s'en assura : après tout, ce pouvait n'être que de l'étonnement.

-Est-ce que j'ai votre promesse de me le laisser ?

Zoro acquiesça, comprenant les sentiments de son amant. Lui-même désirait s'occuper de Haeru. Mais Kane se releva :

-Pourquoi tu devrais être le seul à lui en vouloir et à pouvoir déverser ta rancœur sur lui ? Moi aussi je voudrais pouvoir lui faire payer toute la douleur qu'il infligera à Aiko !

-Kane, je t'en prie.

-Moi aussi je veux me battre contre lui !

-Tu ne comprends pas Kane. Mon père n'est pas un homme comme les autres. Si tu ne sais pas à quoi t'attendre avec lui il te manipulera de telle sorte que tu deviendras une véritable loque humaine. Je ne veux pas que tu subisses sa torture psychologique.

Voyant la bouche de son fils s'ouvrir à nouveau, il prit les devants :

-Je ne dis pas que tu es faible. Loin de là. Mais il est très doué. Je veux me détacher de lui. Ce combat doit être le mien. Si je ne l'ai pas je ne m'en remettrai pas Kane. C'est ma dernière chance d'être enfin libre. Toi tu ne lui es attaché en rien, si ce n'est par ton sang. S'il te plaît, promets-moi que tu ne tenteras rien contre lui et que tu me le laisseras.

Celui-ci soupira avant de se rasseoir. Il fléchissait :

-Très bien. Je te promets de te laisser le combattre seul. Mais ce n'est pas de gaieté de cœur.

-Merci Kane. Ça compte beaucoup pour moi.

Il redescendit, songeur. Il devait maintenant annoncer la nouvelle aux autres. Il les trouva encore attablés et comprit que Kane était sorti de table exprès pour aller les voir. Il les aida à débarrasser puis fit signe à Nami qu'il devait leur parler. Pendant qu'il apportait les dernières assiettes en cuisine elle leur fit part de la requête de leur nakama. Il s'assit ensuite parmi eux et rassembla tout son courage avant de leur dévoiler d'une voix tremblante ses informations :

-Le marine qui a capturé Aiko est mon père. J'en suis certain. Je reconnaîtrais sa patte entre mille.

Il releva la tête :

-Il va falloir que vous me fassiez confiance. Je peux prévoir ce qu'il va faire. Il va nous attendre pour nous conduire dans un piège. Mais on ne peut pas abandonner Aiko pas vrai ?

Tous acquiescèrent. Sanji s'adressa ensuite à son capitaine :

-Luffy. Je veux que tu me le laisses. Il y a quelques conflits avec lui que je n'ai pas encore réglé. Alors quoi qu'il se passe, n'interviens pas.

L'adulte acquiesça. En douze ans il avait pris en maturité, même s'il continuait à voler en cuisine et à faire quelques singeries avec ses compagnons. Ainsi, même s'il ne comprenait pas ce qui se passait dans le cœur de son nakama, il savait qu'il avait besoin de se confronter à son père.

-Merci beaucoup.

Un grand sourire étira les lèvres du brun :

-Il n'y a pas de quoi. Je vois que c'est important pour toi.

-Oui… C'est peut-être ma dernière chance de lui dire ce que j'ai sur le cœur.

-On te fait confiance Sanji. On suivra tous tes ordres concernant la libération d'Aiko.

L'interpellé croisa le regard de Luffy. Il sentait les larmes monter dangereusement. Cette confiance que lui prêtait son capitaine l'ébranlait. Il continua afin de ne pas perdre le contrôle de lui-même :

-Je vais réfléchir et je vous dirai tout cela.

Ils hochèrent la tête, conscients de l'émotion qui prenait leur camarade. Sanji se leva et quitta la table, regagnant sa chambre. Les autres vaquèrent à leurs activités quotidiennes. Ils avaient le cœur plus léger : même s'ils se précipitaient droit dans un piège ils étaient certains d'atteindre le navire ennemi et de revoir Aiko. Et même Usopp était prêt à prendre tous les risques pour l'une des leurs. Aucun autre événement important ne perturba leur journée.

Mais le lendemain ils atteignirent une île. Luffy tint absolument à accoster. Nami ne protesta pas car ils savaient maintenant que quoi qu'ils fassent ils pourraient rattraper les marines. Et ils n'avaient pas le choix : il ne leur resterait bientôt plus de provisions et le Sunny nécessitait quelques améliorations d'après Franky. Cela leur permettrait d'atteindre Kiiro plus vite. Ainsi, cinq groupes furent formés : Luffy et Nami afin qu'elle puisse le surveiller ; Usopp et Franky qui s'accorderaient sur les améliorations à faire sur le Sunny ; Chopper et Robin qui iraient s'acheter des livres ; Zoro et Brook pour l'entretien de leurs katanas et épée et enfin Sanji et Kane parce que le cuisinier tenait à garder un œil sur lui. Les achats se déroulèrent sans aucun problème. Nami apprit que le log pose se rechargeait en seize heures environ, ce qu'elle dit aux autres lors de leur premier rendez-vous à midi dans une auberge. Elle ajouta qu'elle avait demandé si des marines étaient récemment venus sur cette île et le vendeur lui avait donné un message laissé par eux dans chaque commerce où ils étaient susceptibles de se rendre. Ce message leur indiquait la route à suivre pour rattraper l'officier. Ils ne dormiraient donc pas dans un hôtel. Le temps leur était malgré tout compté et ils repartiraient dès qu'ils le pourraient. Après le repas elle leur donna rendez-vous dans la même auberge à huit heures du soir. Ils repartiraient au bateau après avoir dîné. Les groupes se reformèrent, différents cette fois. Robin et Chopper restèrent ensemble ainsi que Luffy et Nami, et Usopp et Franky. Ces deux-là repartirent au bateau avec Brook, leurs achats et tous ceux des autres dans les mains. Pendant ces heures avant l'embarquement, ils feraient leurs améliorations. Restait maintenant la famille pirate. Elle se promena dans la ville au hasard, évitant simplement de se perdre. Plusieurs fois Sanji se surprit à penser qu'Aiko aimerait sûrement tel vêtement ou tel objet. Il finit par se gifler mentalement afin de ne plus laisser ses pensées dériver vers sa fille. Mais soudain ils virent un chapeau familier au coin d'une rue. Un chapeau orange sur des cheveux bruns. Un jeune homme au torse nu. Ils le rattrapèrent et s'aperçurent qu'en effet il s'agissait d'Ace. Celui-ci les salua d'un grand sourire. Puis il s'étonna de ne pas voir Aiko en leur compagnie :

-Aiko n'est pas avec toi Kane ? C'est bizarre. Vous ne vous quittez jamais. En plus… tes yeux…

Il se stoppa en voyant le net changement d'attitude de ses amis. Il comprit alors qu'il était arrivé quelque chose de grave. Zoro intervint :

-On ne va pas en parler ici. La rue est déserte. Entrons plutôt dans une taverne pleine de monde. On aura moins de chances de nous entendre.

Ace acquiesça, suivant la famille disloquée. Une fois autour d'une table, Ace reprit :

-Elle n'est plus avec vous ?

La douleur ne voulait pas quitter le cœur des trois hommes. Leur petite femme souffrait quelque part dans la mer et ils ne le supportaient pas. Zoro se décida pourtant à lui répondre :.

-Elle a été kidnappée par des marines.

Le cœur d'Ace fit un bond dans sa poitrine. Comme à chaque fois qu'il entendait parler de marines. Il fit en sorte qu'il cesse de battre plus vite :

-Par qui ?

Kane pouffa :

-Ne t'inquiète pas. Pas par lui.

Ace soupira :

-Tant mieux.

-Mais ça aurait mieux valu. Au moins elle aurait été bien traité.

Les deux pères ne comprenaient pas à qui les deux hommes faisaient allusion. Ils n'insistèrent pas, ayant l'impression qu'Ace préférait que ça reste secret. Ils se trompaient. Cela ne gênait nullement le pirate qu'ils sachent de qui il était tombé amoureux. Le mauvais sort avait voulu qu'il s'agisse d'un officier de la marine. Mais il s'en accommodait. Tout comme le marine en question.

Ils commandèrent leurs verres puis se mirent à discuter de tout et de rien. L'officier de Barbe Blanche tentait de rendre l'atmosphère plus joyeuse, sans succès. Leur blessure était encore trop récente. Seul Kane appréciait suffisamment Ace pour se dérider. Puis Sanji proposa à Ace d'aller voir Luffy. Il accepta et ils sortirent après avoir payé leurs consommations. Leur promenade se déroula sans trop de mal jusqu'à ce qu'ils aperçoivent le Commodore Smoker à l'autre bout de la rue. Lui aussi les avait aperçus et il se renfrogna. Il ne souhaitait pas faire son devoir pour une fois. Zoro et Sanji voulurent fuir, mais devant l'assurance d'Ace ils décidèrent de rester. Kane souriait et Ace fixa le marine de ses yeux noirs, un sourire aux lèvres. Smoker s'avança vers eux, ne laissant rien paraître de son trouble. La rue était déserte et il comptait bien en profiter. Il apostropha Ace :

-Oh Portgas ! Je ne m'attendais pas à te voir ici. Tu me suis donc ?

-C'est plutôt toi qui me suis Smoky.

L'échange étonna les deux adultes mais fit sourire un peu plus l'adolescent.

Le brun fit quelques pas vers l'officier.

-Tu n'es pas accompagné de tes soldats ?

Smoker avança à son tour vers le jeune pirate.

-Ils m'ont miraculeusement laissés. Ou plutôt, Tashigi a bien vu ta coque de noix et les a éloignés. Mignonne ma petite sergent-chef pas vrai ?

Le commodore se trouvait à présent à un pas seulement du brun qui répondit de façon à agacer son aîné :

-On la croquerait…

-J'espère que tu ne me ferais pas ça. Sinon, je jure que je traquerai tous les pirates de la Terre pour les tuer un à un de mes propres mains. Toi en premier.

Ace redevint plus sérieux et combla l'espace qui se trouvait entre eux. Il plongea son regard onyx dans celui de Smoker et esquissa l'ombre d'un sourire :

-Tu crois vraiment que je le ferais ?

Il prit sa main et Smoker lui répondit. Son souffle n'était qu'un murmure, si bien que les autres n'entendirent rien de ce qui suivit :

-Tu es si imprévisible que je ne sais jamais ce qui te passe par la tête.

Abasourdis, Zoro et Sanji virent Smoker passer son bras dans le dos d'Ace et le rapprocher de lui pour une étreinte… amoureuse ? Kane se moqua d'eux :

-Ça crevait les yeux papa cook, papa katana.

Il gardait ces expressions de son enfance pour les ressortir de temps en temps. D'ordinaire elle amusait les deux hommes, mais là elle ne les dérida même pas. Le fait qu'Ace et Smoker soient ensemble les rendait incapables de réfléchir ou de réagir à quoi que ce soit. La nouvelle les assommait. Que pouvaient-ils faire maintenant ? Les laisser seuls et retourner au bateau ? Non, vu la tournure que prenaient les événements, Smoker pourrait sans doute les aider à retrouver Aiko. D'ailleurs, les deux hommes revinrent vers eux. Ils semblaient avoir repris contact avec la réalité. Mais si Ace arborait un sourire à faire pâlir de jalousie un clown, Smoker paraissait beaucoup plus sombre, comme s'il pressentait que les pirates lui poseraient des questions gênantes. Il ignorait la relation qui existait entre Zoro et Sanji. Ace avait pris soin de la taire, se doutant que les deux hommes n'aimeraient pas que ce soit révélé au marine qui les pourchassait depuis plus de treize ans. L'affrontement entre les trois hommes ne dura guère longtemps. Ils comprenaient que la situation n'était plaisante pour aucun d'entre eux. Kane proposa alors de se rendre dans un endroit où les marines ne pourraient pas les trouver et où ils ne craindraient pas les oreilles indiscrètes. Sa proposition fut accueillie avec joie pour Ace et à contrecœur pour les trois autres. Le sourire moqueur d'Ace ne quittait pas ses lèvres et Smoker, intraitable, se bornait à ne pas le regarder. Une marque d'affection suffirait bien à Ace le temps qu'ils se séparent de ces pirates. Pourquoi donc son amant tenait-il tant à l'embarquer avec eux ? Ces rebuts de la société. Bon d'accord, il était tombé amoureux de l'un d'eux. Mais c'est parce qu'ils étaient si semblables. Le même honneur, la même fierté qui les empêchaient parfois de s'accorder. Et d'accord, les Mugiwaras avaient commis bien des actions honorables durant ces treize ans. Mais il n'en restait pas moins qu'ils refusaient de se soumettre au Gouvernement Mondial, et de par là, à une vie en société. Et cela, Smoker ne pouvait l'accepter. Il sortit ses deux cigares et les alluma nerveusement. Ace le regarda d'un air réprobateur : il détestait l'odeur du tabac. Il ne dit cependant rien, sachant que se retrouver en compagnie de pirates qu'il recherchait et sur lesquels il ne pouvait porter la main l'irritait au plus haut point. Ils ne marchèrent pas longtemps avant de trouver la sortie de la ville, non loin du port. Ils s'engouffrèrent dans la forêt et s'arrêtèrent dans une clairière. Ace s'assit sur une souche, entraînant avec lui son amant qui protesta, plus pour la forme que par réel mécontentement. Sanji et Zoro restèrent debout, à l'écart. Kane commença la conversation, s'adressant au Commodore Smoker :

-Commodore, savez-vous quelque chose à propos du Commodore Kiiro ?

L'officier plissa les yeux, surpris d'entendre une telle question de la part d'un adolescent. Il répondit pourtant franchement :

-Ce fou ? Bien sûr que je le connais. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?

Deux yeux gris foncé lui répondirent, malgré tout accompagnés d'un sourire :

-Il a enlevé ma sœur. J'aimerais que vous me disiez tout ce que vous savez sur lui. Notamment comment il procède avec ses prisonniers.

Sanji intervint : il avait peur que Kane le délaisse parce qu'il avait hésité à lui dire que l'enlèvement d'Aiko avait été commandité par son propre père.

-Si tu le veux Kane je te le dirai. On n'a pas besoin de Smoker.

Celui-ci se rembrunit et Kane fixa son père :

-Tu sais des choses qui se sont passées il y a des années, Smoker est plus proche de lui que toi maintenant.

Le blond abandonna avec un soupir et laissa Smoker répondre :

-C'est très simple : soit le prisonnier rend les armes et lui dit ce qu'il veut savoir, soit il use de tout son pouvoir pour le faire fléchir. Cela va de la simple petite torture aux armes psychologiques. Généralement, il sait pratiquement tout de la vie de sa victime. J'espère que le passé de ta sœur n'a pas atteint ses oreilles.

-Non. Nous ne l'avons pas ébruité. Et même si nous l'avions voulu, ç'aurait été difficile.

Un sourcil perplexe se leva et Kane s'expliqua :

-Notre enfance s'est passée sur le Sunny. On ne peut pas se téléporter sur un bateau pour y espionner son équipage.

-Il a forcément une arme contre elle. Sinon, il ne l'aurait pas choisie.

Sanji se rembrunit. L'arme, il ne la connaissait que trop bien. C'était celle qu'une vie de famille avait effacé. Aussitôt, Zoro le comprit et tourna le visage de son amant vers le sien :

-Tu oublies ça. Je m'en occupe maintenant.

Ce n'était pourtant pas cela qui gênait Sanji. C'était quelque chose de plus intime :

-Que va-t-elle penser de moi Zoro ? Son père s'est acoquiné avec un marine qui l'a trompé.

-Elle comprendra. Après tout, n'a-t-elle pas deux pères ? N'y a-t-il pas bien des mystères autour de sa naissance ? Rien ne peut plus la surprendre après douze ans sur le Sunny. Et on ne contrôle pas l'amour. Nous sommes les premiers à le savoir love cook.

Kane n'avait pas remarqué cet échange entre ses deux pères. Il ignorait tout de ce sombre passé. Sanji n'y avait pas pensé jusqu'au retour de Nowaki Kiiro. Cependant, Smoker l'avait bien vu, et il intervint :

-Tu saurais quelle est cette arme ?

D'un signe de tête, le cuisinier rendit l'espoir à son fils qui l'interrogea alors :

-Papa, qu'est-ce que c'est ? Je dois savoir !

Sanji hésita deux secondes, puis prit la parole :

-Je me suis laissé avoir par un homme, il y a longtemps. Il s'appelait Haeru Uso. Et ce sont mes erreurs que mon père pourrait révéler à Aiko. Mes erreurs amoureuses. Ne pas tout savoir de ses nakamas est terrible pour un pirate. J'espère qu'il ne se doute pas qu'elle est ma fille, sinon il se montrera encore plus cruel.

Cela renseignait Kane de façon concise et pourtant assez explicite sur ce qu'il s'était passé entre cet homme et son père. D'un regard, Smoker fit comprendre au cuisinier qu'Haeru était toujours le second du Commodore Kiiro. Sanji continua :

-Mais elle n'y prendra peut-être pas garde jusqu'à ce que mon père, ou Haeru, lui apporte des preuves.

-Et il y en a ?

-Oui. Une photo. Je ne sais pas s'il l'a gardée. C'est la seule preuve existante de mon amour passé pour lui.

Cette conversation agaçait au plus haut point Zoro : il était le seul être que le cœur de Sanji chérissait de la sorte à présent. Le blond ne devait évoquer des anciens amants en sa présence. Surtout un tel que celui-là. Le cuisinier reprit :

-Smoker, est-ce que mon père garde toujours sur lui un médaillon ?

Surpris, l'interpellé acquiesça pourtant :

-Oui. Du moins, il en portait un la dernière fois que je l'ai vu, c'est à dire il y a un mois à peine. Est-ce si important ?

Un sourire étira les lèvres pâles :

-Oui. Cela veut dire qu'il n'a pas changé. Il m'avait juré la dernière fois que tant que ce médaillon ne signifierait rien pour lui, il le porterait. Étrange, pas vrai ? Nous sommes les seuls à connaître sa véritable signification.

Kane était de plus en plus intéressé par la conversation : on parlait de son grand-père que jamais Sanji n'avait évoqué. Il connaissait son autre grand-père par les récits que Zoro lui en avait fait, mais il ne savait rien sur Nowaki Kiiro. Il questionna le blond :

-Que renferme ce médaillon ?

Sanji s'alluma une cigarette et tira une bouffée avant de répondre. Cela agaçait toujours son fils, et il le savait. Mais il en avait marre que sans cesse, son passé le poursuive. Toutefois, n'était-il pas normal que l'adolescent s'intéresse au passé de son père ? La voix de Sanji sembla alors lointaine, comme si ce qu'il disait n'avait aucune importance. En réalité, cela le touchait énormément :

-Il contient une photo de ma mère.

Sanji s'arrêta là : il ne voulait pas que Smoker sache tout des blessures de son cœur. Cela était réservé à sa famille actuelle. Kane le comprit et son regard signifia clairement à son père qu'ils auraient une conversation plus tard. Ace s'était mis en retrait, pourtant collé à son amant. Il ne devait pas interférer dans cette conversation. En plus, il aurait Smoker tout à lui dans quelques moments. Celui-ci reprit la parole :

-Ainsi, tu veux tout savoir de la personnalité de ton grand-père ?

-Ben, pas tout à fait. J'aimerais savoir quelles sont ses techniques, comment il combat. Ce genre de choses. Et surtout, il faudrait que vous me disiez si vraiment on va tomber dans un piège.

Smoker sortit un papier de l'une de ses poches et le tendit à Kane :

-Cela te répondra petit gars.

L'adolescent le déplia, lisant ainsi les instructions que Kiiro lui avait envoyé :

Mon cher Commodore Smoker,

comme tu le sais, je suis également à la poursuite des Mugiwaras. Je te prie de ne pas interférer dans mes plans. Mais si malgré tout tu souhaites me devancer, je ne t'en voudrai pas. Il te suffira de te rendre sur l'île d'Élos au plus vite. J'ai capturé l'un de leurs compagnons, l'adolescente, et tente de la faire parler. Dès qu'ils aborderont mon navire, mes hommes les arrêteront. Si tu veux m'aider, fais au plus vite, ils ne tarderont guère, ils tiennent beaucoup à cette Aiko. Tu peux venir sur mon navire ou bien leur indiquer le chemin. Je me rends vers la forteresse Dead Story. C'est pour cela que je t'ai joint un log pose. Je sais que tu tiens à battre leur capitaine, cet arrogant Monkey D. Luffy. Je te souhaite bien du courage, il a quand même une prime de 300 millions de Berrys sur sa tête. Remarque, toi-même tu n'es pas mauvais. Mais comparé à moi, tu n'es pas grand-chose. Tu as certes fait une ascension fulgurante, mais moi je suis à ce poste depuis bien plus longtemps que toi. Bref, tout ce que je te demande, c'est de ne pas intervenir ou de m'aider en me laissant mon fils, le cuisinier de l'équipage. Voilà Smoker, je te souhaite bien du courage pour ta prochaine destination. Tu vieillis, mon vieux, et ton corps aussi. J'ai entendu dire que tu as récemment souffert d'une simple grippe. J'espère sincèrement que tu t'es rétabli et que tu es désormais en pleine forme, ne souffrant plus de rien. Et sinon, je ne t'ai toujours pas vu au bras d'une femme, qu'attends-tu donc pour te préparer une belle retraite aux côtés d'une jeune et jolie ? Tu n'auras aucun mal à en dénicher une, vu ta situation. Je te laisse, le devoir m'appelle.

Bien amicalement,

le Commodore Nowaki Kiiro.

Kane était partagé entre le rire et la fureur : l'arrogance de Kiiro le désolait au plus haut point. Il plaignait Smoker d'avoir un tel abruti comme collègue. Il tendit la lettre au commodore d'un air blasé. Ainsi, son grand-père pouvait écrire ce genre de lettre sans avoir honte ? Le marine lui expliqua :

-Voilà le genre d'homme qu'il est. Il se croit bien meilleur que moi. Erreur, je suis encore jeune par rapport à lui, et si j'ai souffert de la grippe, c'est parce que j'avais été auparavant blessé par de sales pirates. Enfin bref, cet homme est infect. Il aime la mort et le sang au mépris de la véritable justice. Si je le pouvais, je m'occuperais de lui. Mais il est respecté par le Gouvernement Mondial, ces vieillards qui n'ont rien vu de la vie en mer et se permettent de donner des ordres aux officiers qui font honnêtement leur travail. Quant aux techniques de ton grand-père petit gars, elles sont tout simplement efficaces en peu de temps. Il se plaît à déstabiliser son adversaire. Et il lui suffit ensuite de l'achever. Je te souhaite bien du plaisir si tu veux le battre. Tu n'es encore qu'un adolescent.

Sanji ne se retint pas : il n'allait pas laisser son fils se faire anéantir par son propre grand-père. Un massacre de famille n'aurait pas lieu.

-C'est moi qui le vaincrai. Contre moi, il n'aura aucune chance. Il m'a déjà tellement dit et fait d'horreurs que je pense être immunisé.

-Vraiment ? Vous ne savez donc pas qu'il a mangé un fruit du démon ?

-Je l'ai entendu, mais je m'en moque. Ce n'est pas cela qui m'empêchera de le battre.

Smoker éclata de rire :

-Même Ace ne peut rien contre lui. Il a mangé le genso genso youso fruit. Il contrôle les quatre éléments à sa guise. C'est un peu effrayant venant d'un homme comme lui. Bref, je vous souhaite bien du courage, mais surtout de la chance. On y va Ace ?

Celui-ci acquiesça et se leva, sans oublier de dire un dernier mot :

-Dites à Luffy que l'on se verra un autre jour ok ?

Smoker sortit un objet d'une poche intérieure et le lança à Sanji. Celui-ci le réceptionna parfaitement et l'observa : il s'agissait du log pose conduisant à Dead Story. Son regard exprima toute la gratitude dont il était capable. Ce simple objet les conduirait vers leur si précieuse jeune femme. Kane répondit à Ace par un simple geste de la main tandis que Sanji restait songeur. Ils reprirent le chemin de l'auberge. La nuit commençait à tomber et Nami les assassinerait si ils arrivaient en retard. Ils réfléchissaient à ce qu'avait dit Smoker : ainsi donc, le pouvoir des quatre éléments était entre ses mains. Cela changeait considérablement la donne. Il n'avait pas prévu que ce serait ce fruit-là que Kiiro aurait mangé. Seulement, ce n'était guère surprenant : son père avait toujours aimé le pouvoir, il était normal qu'il veuille contrôler également la nature en plus des Hommes. Quant à Kane, il avait désormais l'espoir de pouvoir se battre contre son grand-père aux côtés de son père. Il suffisait qu'il convainque ce dernier. Ils arrivèrent enfin à l'auberge et racontèrent tout ce qu'il leur était arrivé durant le repas en confiant le log pose à leur navigatrice. Nami ouvrit des yeux grands comme des soucoupes lorsque Kane leur révéla que Nowaki Kiiro avait mangé le genso genso youso fruit. Elle avait du mal à imaginer un tel fruit. Le pouvoir qu'il conférait était en effet incommensurable. Sanji attendit qu'ils en soient au dessert pour leur faire part de ce qu'il avait pensé sur le chemin de l'auberge :

-Mon père a désormais ce pouvoir entre les mains. C'est un désavantage certain pour nous. Alors il faut absolument deux personnes pour garder le bateau et le défendre coûte que coûte. Si nous avons besoin de fuir, il doit absolument être prêt à appareiller à tout instant. Luffy ?

Il attendait que son capitaine approuve et désigne ceux qui s'occuperaient de cette tâche. En treize ans, le jeune homme immature avait petit à petit appris à prendre de bonnes décisions. Nami l'autorisait quelquefois à en prendre certaines, tout en le remettant sur le droit chemin lorsqu'il faisait encore ses singeries.

-Brook, Usopp ? Vous voulez bien vous en charger ?

Les deux concernés acquiescèrent. Luffy avait bien désigné. Personne ne devrait s'approcher du navire. Brook pourrait effrayer les adversaires et Usopp bénéficiait d'un avantage certain sur les assaillants grâce à ses qualités de sniper. D'un simple signe de tête, le capitaine pria son cuisinier de continuer. Celui-ci s'exécuta, un poids dans le ventre : ces événements l'abattaient au plus haut point.

-Et il faudra quelqu'un pour aller chercher Aiko. Ce sera toi Kane. Et je ne veux pas de discussion.

Le ton était sans réplique : le blond ne mettrait jamais son fils en danger pour une querelle personnelle.

-Papa je… !

-Ce sont mes problèmes Kane, pas les tiens. Ils datent de trop longtemps. En plus tu m'avais promis.

-Mais on ne savait pas encore qu'il…

-Ça suffit ! Tu ne sais pas ce qui t'attend si tu l'affrontes. Moi si.

Les autres membres de l'équipage assistaient à cet échange, désolés. Seul Zoro restait stoïque : il savait comment finirait cet affrontement pour en avoir vécu plusieurs avec Sanji. Lorsque le cuisinier parlait sur ce ton, il n'était pas bon de rester dans la même pièce et de discuter ses ordres. L'adolescent se leva, faisant directement face à son père :

-Papa ! Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, et c'est pour ça que…

-Arrête donc de me débiter tes salades ! Je sais bien quelle est la véritable raison. C'est la même que pour tes yeux. Depuis que ta sœur n'est plus parmi nous, tu me fais peur Kane. Tu veux à tout prix te venger. Tu veux faire payer ta souffrance et la nôtre à mon père. Je ne te laisserai pas faire.

-Alors tu le protèges ?

-Certainement pas ! Mais tant que je ne serai pas convaincu que tes raisons de te battre contre lui sont bonnes, il ne sera pas ton adversaire. La vengeance est mère de souffrance. Elle n'apporte aucun réconfort, contrairement à ce que tu crois.

-Pourtant il mérite de…

-La discussion est close.

-Mais… !

-Kane…

L'adolescent défia un instant son père du regard avant d'aller dehors. Pas un mot ne s'échangea durant un long moment. Puis Nami intervint :

-Tu ne crois pas que tu y es allé un peu fort Sanji-kun ?

Il leva la tête et ses yeux croisèrent ceux de la jeune femme. Elle y lut un terrible orage.

-Vous ne pouvez pas comprendre. Ce n'est pas un jeu. Ce n'est pas la vie de mon fils contre celle de ma fille. Ce sont leurs vies. Pas une de plus, pas une de moins. Vous repartirez avec les deux. Quant à moi, je ne veux pas mourir. Ces mots suffisent non ?

Zoro l'entoura de ses bras et déposa un baiser sur sa tête. Les autres s'en étonnèrent : pour que le bretteur fasse cela en public, la situation devait vraiment être terrible dans le cœur du blond. Robin tenta d'apaiser les esprits :

-Si tu veux bien continuer Sanji, le temps presse non ?

-Oui. Donc Kane cherchera Aiko pendant que je distrairai mon père. Zoro occupera Haeru, son second. Quant à vous, vous vous chargerez du reste. Est-ce que ça vous va ?

Tous acquiescèrent sans faire d'histoires. Ce n'était pas le moment. De plus, le plan de Sanji n'était pas si mauvais. Il manquait quelque peu d'étoffe mais cela viendrait plus tard. Il ne leur restait certes pas beaucoup de temps, mais suffisamment pour élaborer un plan correct. Tranquillement, ils retournèrent au Sunny après avoir récupéré Kane qui boudait seul dehors. Après quelques boutades de son épéiste de père, il reprit un léger sourire. La nuit tomba alors qu'ils reprenaient la route sous l'impitoyable direction de Nami. Demain serait un autre jour…

Ne ?


Et voilà la fin de ce chapitre ^^. Le prochain est déjà écrit, donc il y aura un délai d'attente moins long. Je m'en veux encore pour ça... Vous pouvez envoyer des reviews méchantes si ça vous fait plaisir. Euh... je délire pas un peu là ? Bref, dans le prochain chapitre, on reviendra au bateau de ce cher Nowaki Kiiro. Pour les impatients des combats, qu'ils ne s'affolent pas, ils arriveront lorsque les trois semaines seront passées. Là ça fait trois jours. Sinon, est-ce que ma fin n'est pas trop niaise ? Ce "Ne ?" n'était pas de trop ? N'hésitez pas à m'envoyer des critiques constructives ^^.

Merci de m'avoir lue. À bientôt, Jindri.