Voici le chapitre suivant avec mon pitit Shinyu n'à moi et mon Aiko née on ne sait comment euh... Vous allez découvrir le fameux homme dont est tombé amoureux Sanji il y a longtemps ^^. Et vous allez surtout vous demander comment il a pu en tomber amoureux. Et bien évidemment notre cher Commodore sera présent. Je dirais que c'est un chapitre qui annonce les prochains événements à venir sans vraiment les révéler. Enfin bref, c'est un chapitre important. Et le suivant le sera sans doute aussi. Et j'ai changé le nom de la destination de Kiiro (maintenant Dead Story). C'est pour ça que j'ai reposté le chapitre précédent. Bon, j'arrête d'écrire pour ne rien dire et je vous laisse découvrir après les rar. Bonne lecture !

Réponses aux reviews :

: Merci beaucoup, je vois que tu as apprécié ma fic ^^. Ça me fait très plaisir. Seulement, que voulais-tu dire par "chapitre tendu" ? Et en quoi cela fait partie de mon style ? Voilà voilà, encore merci. J'espère que tu aimeras ce chapitre.


Chapitre 4 : Sentiments et devoirs

Adossé au mur, Shinyu somnolait. Il reprenait des forces. Son altercation avec le commodore l'avait épuisé. Soudain, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Cela le réveilla aussitôt. Il entendit alors Aiko reprendre connaissance. Elle appela faiblement son ami qui la pria de se taire. L'instant d'après, il voyait le Colonel Uso, un grand sourire aux lèvres. Cela ne présageait rien de bon. L'officier était proche du commodore. Il se leva, accueillant son supérieur comme il se le devait.

-Merci bien Sergent-chef Heitai. Auriez-vous l'obligeance de m'ouvrir cette porte ? Il faut que je m'entretienne avec cette jeune fille.

-Je ne peux sans l'autorisation du Commodore Kiiro, Colonel Uso.

-C'est lui-même qui m'envoie. Je vous prie donc de m'obéir. Je reste votre supérieur jeune homme.

De plus en plus agacé par ses collègues, Shinyu s'exécuta. Une fois de plus il avait un mauvais pressentiment.

-Si vous voulez, vous pouvez rester Sergent-chef. Cela vous instruira sur la façon de s'y prendre avec certains pirates.

Le brun se raidit. Quand donc la laisseraient-ils tranquille ? Elle ne faisait que suivre ses envies. Était-ce donc si mal d'aimer la liberté ? Il ignorait que le colonel ne parlait pas d'Aiko, mais de Sanji. Haeru commença la conversation avec la jeune fille tandis que Shinyu les observait. Il savait que cela rassurerait son amie.

-Bonjour mademoiselle. Ainsi, vous êtes sur le même bateau que mon cher Sanji-kun, c'est cela ?

-Pour vous ce sera monsieur Kiiro.

-Oh non, je ne connais que trop bien ce pirate. Il m'a aimé, sais-tu ?

Elle le regarda avec surprise. Shinyu sentait poindre le danger. Torture psychologique, bien évidemment. Le commodore en raffolait. Référence à son père, événement malheureux, tout cela dans le but de l'affaiblir un peu plus. Et de toute évidence, Kiiro pourrait ensuite plus facilement avoir le dessus sur elle. Il tenta de capter le regard bleu-vert de la jeune fille, sans succès. Elle était trop étonnée par cette information. Son propre père, avec un marine ? Le Colonel Uso feignit la surprise :

-Oh ? Il ne t'a donc pas raconté ? J'imagine que tu n'es pas aussi importante que cela pour lui alors. C'est vrai que ce genre de choses se cache sur les bateaux pirates. Tomber amoureux d'un marine est un peu honteux pour un pirate, pas vrai ? Surtout quand ce marine s'est joué de lui. Tu veux que je te raconte ? Tu verras, c'est très instructif. Tu en retireras plein de bonnes choses.

-Je préfèrerais le savoir de sa bouche.

-Et pourquoi donc ne t'en a-t-il pas parlé ?

Un sourire faussement compatissant étirait la bouche de l'officier. Il s'amusait tellement qu'il aurait presque éclaté de rire. Il n'était pas sûr qu'elle soit la fille de Sanji, mais son comportement le laissait croire. S'il se fiait à son instinct, elle se sentait trahie par lui en ce moment. Mais elle n'était pas à court d'arguments :

-Parce qu'il vous a oublié peut-être ? Il a refait sa vie. Vous en êtes parti depuis bien longtemps.

-Ah ? Et avec qui a-t-il refait sa vie ?

-Cela ne vous regarde pas.

Il saisit le menton de la jeune fille entre quatre doigts. Il l'examina en détails :

-Troublant, vraiment… Cette ressemblance morale avec lui… Ce physique qui lui fait référence… À bien t'observer il aurait refait sa vie avec une jeune femme aux cheveux verts. Tu es la fille de Sanji, n'est-ce pas ?

Shinyu et Aiko pâlirent presque en même temps. Le premier parce qu'il se demandait si la pirate pourrait faire passer un mensonge aussi facilement que de respirer et la deuxième parce que ses adversaires avaient découvert la vérité. Elle chercha pourtant à nier en se moquant du colonel. Mais son rire sonnait faux. La conclusion de l'officier tomba, sans réplique, avec seulement un sourire satisfait :

-Mes conclusions se sont avérées exactes. Fais attention à toi petite. Ton grand-père n'hésitera pas à te faire souffrir pour obtenir ce qu'il veut.

-Ça je sais que ce commodore est fou.

-Fou ? Sans doute. Mais c'est cela que j'admire chez lui. Cette faculté de ne rien ressentir lorsqu'il torture un criminel est exceptionnelle.

-Et pourquoi me mettez-vous en garde ? Vous n'êtes pas venu pour me déstabiliser, me faire du mal en me racontant comment vous avez blessé l'un des hommes que je respecte le plus au monde ?

Elle écarquilla les yeux. En avouant cela, elle venait de commettre une énorme erreur. Le sourire du marine s'élargit un peu plus :

-Merci, jeune pirate. Tu vas combler ton grand-père avec cette information.

Elle tenta de se ressaisir, mais une fois de plus, sa voix résonnait mollement :

-Qu'est-ce qui vous dit que ce taré est mon grand-père ?

-Tout me le dit. Tes attitudes, tes yeux, tes paroles. Ton corps. Il contient cette force et cette fragilité qui font Sanji. Je le retrouve à travers toi.

Il attira son visage à lui :

-J'aimerais bien savoir si tes lèvres ont le même goût sucré.

Elle reprit enfin le dessus :

-Essayez un peu. Vous ressemblerez ainsi à votre idole. Ce cher Commodore Kiiro.

Shinyu se retint de ricaner. Il était soulagé de ne pas avoir à intervenir. Surtout qu'il ne savait comment il pourrait se justifier face au colonel Uso. Celui-ci continua sa torture. Lui non plus ne manquait pas de répartie.

-Tu sais petite, j'ai beau avoir trompé ton père, il n'en reste pas moins que j'y suis parvenu et que j'ai plus d'un tour dans mon sac. Qui sait si le temps n'est pas venu pour toi ? Peut-être pourrai-je faire mien tous les descendants de ce cher Sanji-kun. Qu'en dis-tu petite ?

-J'en dis que je comprends pourquoi vous vous entendez si bien avec le commodore. Vous êtes aussi taré que lui. Et non, je ne me laisserai pas toucher par vous.

-Tiens donc ?

Il se rapprocha d'elle, posant une main sur sa chemise. Puis lentement, une seconde. Il s'attaqua ensuite au premier bouton. Il faisait durer le moment avec un plaisir fou. Mais elle finit par réagir et le repoussa violemment des deux mains. Il se releva, la saisit et la plaqua contre le mur du fond. Shinyu commençait à paniquer. Comment pouvait-il la sortir de là ? Il ne trouva la réponse que lorsque Haeru eut défait la moitié des boutons de la chemise, maintenant trouée de partout.

-Colonel Uso, vous ne pouvez pas !

L'interpellé se retourna lentement, un sourire dangereux sur les lèvres :

-Ah ? Pourquoi donc ? Je vous rappelle, une deuxième fois, être votre supérieur Sergent-chef Heitai.

Le plus sérieusement du monde, sans montrer ses émotions, il répondit :

-Le Commodore Kiiro se réserve cette jeune fille. S'il apprend que vous l'avez touchée avant lui, il risque de rentrer dans une rage folle. Et vous savez que cela n'est pas bon.

-Mais qui donc le lui dira ?

Il ne lâchait toujours pas Aiko qui se débattait malgré ses blessures.

-Je lui dirai. Je n'irai pas à l'encontre du chef. Et surtout, je tiens à être promu le plus rapidement possible. Une telle information me mènerait sans doute vers le rôle de Lieutenant.

Enfin, le colonel lâcha la jeune pirate qui tomba sur le sol de la cellule dans un bruit sourd.

-Très bien. Mais je retiens cela Sergent-chef. Et ne vous attendez pas à ce que j'aie de la compassion ou de la sympathie pour vous. J'aurai cette jeune fille. Que vous le vouliez ou non.

Sans un regard pour son inférieur, l'officier partit et Shinyu murmura sans qu'Aiko puisse l'entendre :

-En tout cas, pas avant moi.

Il pénétra dans la cellule et prit la pirate dans ses bras. Elle se colla aussitôt à lui. Pas un mot ne s'échangea durant un long instant. Enfin, le jeune homme se risqua à un geste un peu plus intime : il lui embrassa la tête. Elle la releva et lui sourit.

-Merci Shinyu. Une fois de plus, vous m'avez sauvée.

-Je ne vous crois pas criminelle. Enfin, vous l'êtes si vouloir être libre des contraintes du Gouvernement Mondial est un crime. Et puis, vous n'avez pas à me remercier. Je n'ai pas des intentions si louables.

Il rougissait en disant cela. C'était quasiment avouer son amour pour elle. Elle le regarda étrangement, mi-étonnée, mi-pensive. Puis elle sourit.

-Dois-je comprendre par là que vous êtes tombé sous mon charme Sergent-chef ?

Il hésita. Devant son silence gêné, elle continua :

-Parce que moi, je crois bien être tombée sous le vôtre Shinyu.

Et elle l'embrassa. Il hésita tout d'abord à lui répondre, incertain. Mais bien vite, il se laissa aller au plaisir de la sentir à lui. Lorsque leurs lèvres se détachèrent, il eut l'impression que des oiseaux chantaient autour de lui et qu'Aiko, même dans un état pitoyable, était la plus belle jeune femme dans tout Grand Line et Red line. Elle souriait tendrement. Ce même sourire qui l'avait fait fondre un jour plus tôt. Elle reposa ses lèvres sur les siennes et presque aussitôt s'en détacha. Elle rigola puis réitéra son geste. Mais cette fois il comptait bien garder cette douce bouche contre la sienne et capturer sa langue. Soudain, Aiko se sentit suffoquer. Elle repoussa délicatement le jeune homme et toussa à s'en décrocher la mâchoire. Du sang coulait de sa bouche et Shinyu paniqua. Il la serra contre lui, les yeux remplis de larmes. Dans quel état était-elle ?

-Je te le promets, je ne laisserai personne te faire du mal.

-Tu n'y peux rien Shinyu.

Elle essuya sa bouche avec sa chemise puis se laissa aller contre le brun. Il l'enveloppa de ses bras musclés.

-Il arrivera ce qui arrivera. Je ne peux qu'attendre ma famille.

Elle se reprit :

-Mon autre famille.

Le cœur du marine bondit dans sa poitrine. Il était adopté si facilement par la jeune fille. Elle était une perle et il ne comptait pas la lâcher comme ça :

-Qu'est-ce que nous ferons lorsque nous serons séparés ?

-Tant que tu seras sur ce bateau, tu ne peux pas me rechercher. Le seul moyen que tu aies est de te rendre sur celui du colonel Smoker. Grâce à Ace, je sais maintenant que tu pourras le lui dire sans craindre de quelconques représailles.

Il soupira : simple à dire, mais pas à faire. Il lui promit pourtant :

-Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, sale pirate. Je te traquerai jusqu'au bout du monde, s'il le faut. Je tuerai des millions de personnes s'il le faut. Tout ça rien que pour te voir un maigre instant.

Leurs regards se croisèrent. Ce fut comme si le temps s'arrêtait. Sans y penser ils se rapprochèrent et à nouveau s'embrassèrent. Ils se détachèrent et il repoussa quelques cheveux verts des yeux de la jeune fille. Il lui posa alors la question cruciale :

-Aiko. Est-ce que tu as dis la vérité à Kiiro ?

-Hein ? Pour quoi ?

Il rougit.

-Pour euh… ta… enfin… à propos de tes euh… relations…

Il acheva dans un souffle sous le regard rieur de la pirate :

-Sexuelles.

-Eh bien non.

-Mais tu risques de… euh…

-Je sais bien ce qu'il compte faire. Mais tu peux l'en empêcher, n'est-ce pas ?

-Il est mon supérieur. Soit j'obéis, soit je suis accusé de mutinerie. Et ça pour lui, ça vaut la mort. Je veux bien mourir pour toi mais seulement si tu peux t'en sortir vivante par la suite.

Elle baissa la tête.

-Je suis désolée. C'était une demande égoïste.

Elle posa ses mains sur ses joues, les caressant :

-Je ne veux pas que tu meures pour moi.

Il joua avec elle :

-Même si… ?

-Sous aucun prétexte ! Tu n'es pas hors la loi Shinyu. Profite-en !

Il la serra contre lui, rigolant :

-Je plaisante Aiko. Je ne mourrai pas. Pas maintenant que je te sais également amoureuse de moi.

Il déposa un baiser sur sa tête.

-Je t'aime.

Ce fut à son tour de rougir. Jamais aucun garçon n'avait été aussi doux avec elle. Mais elle le savait sérieux. Elle était certaine que si un jour il était face au dilemme de vivre et la voir mourir ou mourir et la savoir vivante, il choisirait sans hésiter de perdre la vie. Il s'aperçut alors que la chemise de la pirate était encore entrouverte. Il rougit, les formes de la pirate étant avantageuses. Il se leva :

-Je devrais sortir de la cellule avant qu'on nous trouve comme ça. On ne sait jamais, pas vrai ?

Elle sourit tristement en acquiesçant et il referma derrière lui, s'asseyant ensuite par terre. Il regarda sa montre, elle indiquait une heure de l'après-midi.

-On ne devrait pas tarder à t'apporter ton repas et je vais devoir partir. Ça ira ? Au pire, je peux me passer de manger.

-Je n'ai pas faim.

Il sentit quelque chose dans son dos et s'aperçut qu'Aiko s'était collée à lui. Il se détendit. Elle chercha sa main à travers les barreaux et la saisit.

-Tu dois te forcer à manger. Ça te redonnera des forces Ai.

-Ai ?

-Tu n'aimes pas ?

-Si mais…

-Mais ?

-C'est comme ça que m'appelle Kane. Pour moi, c'est plus affectif qu'amoureux.

-Alors tu veux que je te surnomme comment ?

-Tu trouveras bien, pas vrai ?

Il rit, elle enlaça sa main à la sienne.

-Je ne mourrai pas non plus Shinyu. Je veux vivre. Tellement de personnes souhaitent ma présence à leurs côtés. Toi en premier. Ma volonté sera la plus forte.

-Mais ton corps te restreint.

Des pas résonnèrent dans le couloir, mettant fin à leur conversation. Des larmes apparurent dans les yeux de la jeune pirate. Elle commençait à avoir peur de la promesse qu'elle venait de faire. Les mots étaient sortis plus rapidement qu'elle n'avait réfléchi. Il était vrai que son corps était parfois faible. Et elle se demandait si ce n'était pas Kiiro qui venait la voir ou le colonel qui revenait lui raconter d'autres horreurs. Shinyu délaissa la douce main pour se lever. Il baissa contre toute prudence les yeux vers la jeune fille et l'entendit dire :

-Je mangerai quelque chose Shin.

Elle sentit son sourire intérieur et son soulagement la réchauffer avant d'entendre quelques paroles :

-J'apporte le repas de la prisonnière et je prends la relève Sergent-chef Heitai.

-Je peux rester si vous ne voulez pas perdre votre temps ici.

Un espoir saisit la jeune fille. Il s'évanouit presque aussitôt :

-J'aimerais mais je ne peux pas. C'est un ordre du commodore. Et il m'a chargé de vous dire de vous reposer. Il vous a apparemment réservé quelque chose de spécial. Il veut vous voir dans son bureau demain matin à neuf heures.

En regardant son amant elle se rendit compte que des cernes lui barraient les yeux. Il avait à peine dormi ces deux derniers jours, et ce exprès pour elle. Elle se sentit coupable d'avoir voulu le garder auprès d'elle, le fatiguant encore plus. Elle croisa le regard du nouveau garde. Celui-ci sourit et se pencha vers Shinyu en murmurant afin qu'Aiko ne l'entende pas :

-Dites donc, elle est pas moche la pirate. Finalement, je crois que je ne vais pas m'ennuyer.

-Ne la touchez pas !

C'était sorti quasi automatiquement. Ne laissant rien paraître de sa confusion, il se reprit :

-Le commodore se l'est réservée. Il s'en rendra compte si vous la touchez, croyez-moi.

Le garde se renfrogna :

-Ah. C'est dommage. Elle est vraiment pas mal foutu.

-Bon, je m'en vais, je vais suivre les ordres. Et rappelez-vous, le Commodore tient à elle.

Elle saisit l'allusion et sourit pour elle-même. Son regard croisa une dernière fois celui du jeune homme alors que le garde ne les observait pas. Il se retourna, souriant, et prit le chemin de sa cabine. Il s'effondra sur son lit. Il savait que ni le Commodore Kiiro ni le Colonel Uso ne s'en prendraient aujourd'hui à elle et que le garde ne tenterait rien. Il se laissa aller à la sensation d'Aiko dans ses bras. Il s'endormit rapidement, un sourire béat sur les lèvres.

Quant à Aiko, elle s'était reculée au fond de la cellule. Le garde déposa son repas devant elle et s'agenouilla pour mieux l'observer. Elle se félicita de sa présence d'esprit : elle avait reboutonné sa chemise auparavant. Elle avait fort bien compris ce qu'il avait insinué à Shinyu. Elle le défia du regard :

-Que me voulez-vous ?

-Quelque chose qu'à mon avis vous n'êtes pas disposée à m'accorder.

Son regard refroidit immédiatement le jeune homme.

-Ouh là, en effet. Ne vous énervez pas, je plaisante.

-Je n'en ai pas vraiment l'impression. Mais ne vous faites pas d'idée, le commodore ne m'aura pas non plus. Personne ne me touchera.

À part Shinyu se dit-elle. Elle savait qu'il était celui à qui elle souhaitait confier son cœur. Quelques larmes coulèrent sur ses joues. Elle les essuya aussitôt. Ne jamais montrer une quelconque marque de faiblesse devant son ennemi. Même si cette marque de faiblesse n'est que de l'amour. Elle allait devoir laisser Shinyu sur ce bateau. Jamais elle ne pourrait lui demander de se faire pirate pour elle et jamais elle ne serait une marine. D'ailleurs, elle doutait fort que le Gouvernement Mondial accepte comme marine une fille de pirates. Le garde s'étonna : où était passée sa détermination ? Sa bouche s'étira ensuite en un sourire : elle n'était pas si inaccessible finalement. Il s'informa :

-À quoi sont dues ces larmes ?

-Cela ne vous regarde pas. D'ailleurs, c'est passé.

Mais il ne goba pas ce mensonge. Cependant, sachant qu'il n'en pourrait rien obtenir aujourd'hui, il se retira. Il l'enferma et se posta devant la cellule. En regardant son repas, Aiko se rendit compte qu'en fait son manque d'appétit venait du fait qu'elle savait qu'elle n'aurait plus Shinyu à ses côtés. Elle se raisonna et se força à avaler son repas entier en imaginant le sourire de son amant. Elle se colla à un coin de la cellule et tenta comme elle le put de s'endormir.

Le lendemain matin, elle vit à nouveau ce garde. Elle s'aperçut qu'elle n'était pas aussi curieuse sur lui qu'elle l'avait été pour Shinyu. Elle ferma les yeux, se reposant encore en attendant le jeune homme brun. Mais elle n'y arrivait pas. Ses pensées dérivèrent alors vers le commodore. Que voulait-il à Shinyu ? Cela la concernerait-il ? Elle en était quasiment sûre. Et justement, tandis que ses pensées vagabondaient, son amant arrivait au bureau de son supérieur. Il toqua à la porte et afficha sur son visage un masque d'impassibilité. Il fut autorisé à rentrer. Il se trouva face à un commodore passablement énervé. Sans doute n'avait-il pas digéré son échec. Cela amusa Shinyu qui commença la conversation :

-Bonjour mon Commodore.

-Bonjour Sergent-chef Heitai. Avez-vous bien dormi ?

-Très bien Commodore Kiiro.

Et c'était la vérité. Dans ses rêves il s'était vu sauvant Aiko des griffes de Kiiro et étant ensuite affecté au Colonel Smoker. La jeune femme lui était alors accessible sans aucun problème.

-Tant mieux. J'ai une mission à vous confier. Comme vous avez pu le constater, la pirate n'est pas très coopérative. Mais il faut lui soutirer le maximum d'informations afin de pouvoir éliminer les Mugiwaras, ou au pire les capturer. J'ai remarqué qu'elle est moins méfiante envers vous. Je vous demande donc de gagner sa confiance par n'importe quel moyen et d'ensuite me transmettre les informations dont j'aurai besoin.

Shinyu se raidit un instant. Fort heureusement, l'officier ne remarqua rien.

-Je dois donc la trahir, c'est cela ?

-À peu près oui.

Shinyu se leva, se préparant à partir.

-Mon éthique me l'interdit Commodore Kiiro. Je suis un marine, je n'emploie pas des méthodes de pirate. Choisissez quelqu'un d'autre pour cela.

-Combattre votre éthique reviendrait à accorder une cellule plus confortable à cette jeune fille et à la torturer un peu moins. Je sais que votre… éthique n'approuve pas toutes mes méthodes. Vous serez heureux d'apprendre que je peux faire certaines concessions. Mais si mon offre vous gêne, je mettrai quelqu'un d'autre sur le coup. Seulement, cela reviendrait à vous libérer de ce poids qu'est la garde de la jeune fille. Est-ce ce que vous désirez Sergent-chef ?

Le blond pouvait lire dans les yeux de Shinyu la bataille qui se menait dans son cœur. Il décida de lui laisser du temps :

-Reprenez votre poste. Je viendrai chercher ma réponse lorsque vous aurez fini votre service, c'est à dire demain à deux heures. Vous reviendrez dans mon bureau.

Cela voulait dire encore une nuit blanche. Il se renfrogna. Il devait demander à Aiko son choix. Soit il ne la voyait plus, ou presque, soit il se voyait obligé de parler d'elle au commodore. Et si celui-ci voulait tester Shinyu ? Voir jusqu'où il pouvait aller avant de tomber amoureux ? Il n'avait pas fallu qu'il aille très loin.

-Merci beaucoup mon Commodore.

Le regard impérieux et scrutateur du blond l'accompagna jusqu'à ce qu'il ait refermé la porte. Une fois qu'il fut à la cellule d'Aiko, il aperçut le garde de la veille penché sur elle. Il l'observait dans son sommeil. La jalousie s'empara de lui : ce jeune homme n'avait pas de nobles intentions, il l'avait prouvé hier et Aiko n'était pas en état de se défendre. Il entra dans la cellule ouverte et se contrôla pour être poli :

-Je viens vous remplacer. Vous pouvez partir.

-Oh mais je ne suis pas fatigué.

-C'est le Commodore Kiiro qui m'envoie. Allez donc vous reposer. Il est épuisant de la garder.

-Pas tellement en fait. Elle ne fait que dormir. Elle n'est pas très intéressante au final. Je crois que je vais obéir.

Shinyu perdait petit à petit son sang-froid. Il devait énormément se contrôler à présent. Que l'on critique Aiko était une chose très pénible pour lui.

-Vous faites bien. Désobéir peut coûter cher.

Le garde ne sut jamais réellement en quel sens ces paroles furent prononcées. Shinyu baissa la tête et s'assit sur le sol, faisant semblant de ne plus s'intéresser au soldat, qui finit par s'en aller. Une bonne heure plus tard, il entendit une faible supplique :

-Shin… Shinyu…

Il lui répondit doucement :

-Je suis là Aiko.

Il se leva et s'agenouilla à côté d'elle, la prenant dans ses bras.

-Je suis là mon petit amour.

Il s'aperçut que les plaies ne s'étaient pas refermées, et même, saignaient encore plus. Il déchira une partie du pantalon de la jeune fille et lui en fit un bandage sommaire. Il entama alors la conversation sur le sujet qui fâche toujours :

-Kiiro m'a confié une mission.

-Ah bon ? Qu'est-ce que c'est ?

Nichée au creux de ses bras, elle ne réalisait pas encore la signification de ces paroles.

-Eh bien… soit je lui confie ce que tu ne veux pas lui dire, soit je ne suis plus à ta garde. Il veut que je gagne ta confiance.

-C'est déjà fait.

Elle leva ses yeux, croisant son regard de jais. Elle lui transmit tous ses sentiments. Sa passion, son amour, sa confiance. Il sourit tristement, lui caressant les cheveux. Elle continua de son aimable voix :

-Je te dirai ce que tu peux lui avouer en toute sérénité. Tout sauf me retrouver loin de toi.

-On ne sait pas où cela peut nous mener. Ça peut paraître insignifiant maintenant, mais si Kiiro décide tout d'un coup de changer les modalités de notre accord, je me verrai contraint d'obéir. Et je ne le veux pas. Il serait bien trop dangereux d'obéir à un homme de sa trempe. Au moment où il me le dira je saurai où tout cela nous conduira. Mais pas avant.

-Mais… comment alors pourrons-nous nous retrouver si tu t'éloignes ?

-Tu ne sembles pas bien comprendre ma douce. Kiiro te veut, bien qu'il sache qui tu es. Et il t'aura si nous ne faisons pas attention.

Elle passa ses bras autour de son cou, posant sa joue contre celle du jeune homme.

-Si je m'offre d'abord à toi, cela ne pose aucun problème, pas vrai ?

Hésitant en premier lieu, il enserra la taille de la pirate et lui fit comprendre d'un regard et d'une parole que ce n'était pas forcément un sacrifice à faire :

-Aiko…

-C'est mon choix.

Il posa ses mains sur ses deux joues et des larmes perlèrent de ses yeux.

-Aiko… Je ne veux pas que tu te sentes obligée de faire ça pour nous. Pour moi.

-Ne t'inquiète pas. Je ne ferais pas quelque chose qui me ferait mal. Shinyu, j'ai l'impression que c'est toi que j'ai attendu toute ma vie. Tu m'es apparu de façon plutôt soudaine et inattendue, mais tu es bien là. Et nous ne sommes pas pressés pour une telle chose.

Il essuya l'eau salée qui se transformait peu à peu en torrent.

-Je ne comprends plus cette éthique de la marine. Kiiro représente ce qu'est le Gouvernement Mondial. Et je n'en veux pas. Je veux te protéger mais si je ne peux même pas t'éviter… t'éviter cela, alors je ne te mérite pas.

-Ne dis pas cela ! C'est toi que j'ai choisi. Tu as tes faiblesses. Je les accepterai toutes. Et lorsque je serai à tes côtés ces faiblesses feront notre force.

Elle amena son nez contre le sien.

-Je t'aime Shinyu Heitai. Et deux cœurs amoureux se retrouvent toujours.

Un silence s'ensuivit, brisé seulement des sanglots du Sergent-chef. Peu à peu il se calma et ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre.

Shinyu ne se réveilla qu'à une heure de l'après-midi, le visage de la jeune fille contre le sien. Il essuya les restes de larmes qui ravageaient son visage et se dégagea doucement de l'étreinte de son amante. Leur repas n'allait pas tarder à arriver. Il entendit d'ailleurs des bruits de pas dans le couloir et vit ensuite un jeune soldat porter timidement deux repas sur deux plateaux. Il lui fit signe de les déposer sur le sol à côté de lui. Il remarqua que son repas était bien plus garni que celui de la jeune fille. Il le prit et alla réveiller Aiko. Elle devait manger quelque chose de chaud. En se réveillant il l'avait sentie froide. La maigre couverture ne parvenait pas à la réchauffer. En la regardant il comprit que refuser l'offre de Kiiro c'était s'éloigner de la jeune fille, d'une promotion et risquer que quelqu'un d'autre accepte l'offre. Il devait y souscrire. En le voyant elle sourit faiblement. De toute évidence elle souffrait toujours de ses blessures. Il posa une main sur sa joue et sourit à son tour, bien qu'il n'en ait pas vraiment le cœur. Il prit le plateau et le posa sur les genoux d'Aiko.

-Toi tu ne manges pas Shinyu ?

-Après. Je veux m'assurer que tu manges tout tant que c'est chaud.

Elle mit sa main dans la sienne :

-Ne t'inquiète donc pas tant Shin. Je vais bien.

-Ah bon ? Dans ce cas pourquoi mon bandage de fortune est-il trempé de sang ?

Il captura son regard plus sérieusement :

-Ne me mens pas Aiko. Et mange s'il te plaît.

Elle baissa la tête et s'exécuta. Une fois qu'elle eut tout avalé, il l'enlaça, prit son plateau et sortit pour manger à son tour. Il ne tarda guère : il voulait avoir une discussion avec son amante :

-Aiko. Je vais accepter la proposition de Kiiro.

Elle leva sa tête vers lui :

-C'est la meilleure chose à faire Shin.

-Je le crois aussi. Au moins je pourrai veiller sur toi en attendant que ta famille vienne. Et tu seras dans de meilleures conditions.

Il se retourna, perdu dans ses pensées. Est-ce que vraiment ses conditions de vie s'amélioreraient s'il acceptait la proposition du commodore ? C'était peut-être un risque à courir vu l'état déplorable dans lequel elle était. Si cela continuait ainsi, elle ne survivrait pas le temps que sa famille vienne la secourir. Il savait au fond de lui qu'il avait pris la bonne décision. Ils profitèrent des derniers instants qui leur restaient pour aujourd'hui en se contentant de rester dans les bras l'un de l'autre, d'apprendre à connaître le corps de l'autre, de l'apprivoiser. Puis Shinyu se rendit dans le bureau du commodore. Celui-ci l'attendait, impatient de savoir ce qu'allait décider le jeune homme. Dès qu'il entra dans la pièce, il tenta de transformer son regard déterminé en un regard neutre. Il resta en face de Kiiro et le fixa, attendant un mot qui ne vint pas. Le Commodore Kiiro le fixait également d'un regard à la fois amusé et interrogateur. Shinyu lui répondit alors d'un ton assuré :

-J'accepte mon Commodore.

Un sourire étira les lèvres de l'officier. Un sourire satisfait qui écœura le jeune homme qui osa poser une condition :

-Cependant je ne veux pas que les modalités premières de cette mission soient modifiées. Est-ce que cela vous va ?

-C'est parfait. Je vais prévenir les gardes de ne pas vous inquiéter s'ils vous surprennent en fâcheuse situation et je vais faire transférer la pirate dans un meilleur appartement. Faites-lui croire que vous avez fait pression sur moi pour cela.

-Très bien. Que dois-je faire maintenant ?

-Reposez-vous un moment et retournez ensuite auprès d'elle. Vous serez informé de sa nouvelle résidence et l'y conduirez. Je compte sur vous Sergent-chef Heitai.

L'officier le congédiait aimablement. Sur le chemin de sa cabine, le brun se rendit compte de son erreur : il aurait du faire faire un papier au commodore. Il décida alors de ne penser qu'à Aiko jusqu'à ce que les Mugiwaras viennent la chercher. Il observa son bracelet, souvenir de ses parents, et posant sa main dessus, appela la chance pour que la jeune femme se sorte rapidement d'affaire. Quant à Aiko, ses pensées dérivèrent vers sa famille alors qu'elle s'endormait d'un profond sommeil.


Et voilà ! C'est la fin de ce chapitre. Ils ne sont pas mignons nos deux tourtereaux ? Leur situation devrait s'améliorer avec la décision de Shinyu mais il faudra attendre le chapitre 6 pour en savoir un peu plus. Eh oui, le prochain chapitre sera consacré à Smoker et au passé de Sanji. Il est en cours d'écriture donc il faudra être patient. Mais je suis enfin en vacances d'été donc pas de problèmes normalement ^^.

Merci de m'avoir lue. À bientôt, Jindri.