Voilà le cinquième chapitre ^^. On y retrouve nos chers Smoker et Ace. J'ai oublié quelque chose que je voulais y mettre mais je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps alors quand je m'en rappellerai je le mettrai. Quant aux âges des persos, les voilà comme promis ^^ :

Luffy : 32 ; Zoro : 36 ; Sanji : 35 ; Nami : 31 ; Usopp : 32 ; Robin : 42 ; Smoker : 47 ; Kiiro : 53.

Ils n'y sont pas tous car j'ai jugé que certains personnages étaient moins importants que d'autres et je n'avais pas leur âge dans le manga. Si quelqu'un à l'âge d'Ace au moment du manga, qu'il me le dise je veux bien l'information ^^.


Chapitre 5 : Révélations

Accoudé au bastingage, Smoker regardait l'océan défiler en dessous de lui. Il repensait à ces trop brefs instants passés en la compagnie d'Ace. Ils étaient inoubliables, mais comme d'habitude, ils avaient dû se dire au revoir et ne laisser aucun sentiment transparaître au moment des adieux. C'était leur condition implicite pour rester ensemble. Ils savaient qu'ils ne pourraient pas se quitter s'ils se montraient leur tristesse. Or, ils avaient des devoirs à remplir. Des devoirs qu'ils ne pouvaient délaisser. Quelques mots résonnaient sur l'onde salée, des mots empreints d'une douce tendresse :

-Nous nous reverrons et ton cœur jugera stupide colonel.

Des mots qui lui avaient fait ressentir tout l'amour que le cœur du jeune pirate contenait. Malgré son aspect provocateur, malgré son apparente politesse, il y avait un cœur en or qui aurait cessé de battre pour celui qui lui donnait l'impulsion nécessaire. Ce n'était tout d'abord pas évident, mais Smoker le savait au fond de lui. Et il ne voulait pas que ce cœur s'arrête, uniquement pour un vieil homme comme lui. Comment pouvait-il toutefois repousser le seul être que son corps acceptait au creux de ses bras ? Tashigi le rejoignit pour le consoler : elle savait que chaque abandon d'Ace le laissait dans un état second, incapable de réagir à quoi que ce soit. Il relâchait tous les sentiments enfouis lors des adieux. Elle se devait alors de le faire se confier à elle :

-Commodore Smoker ?

-Qu'y a-t-il Tashigi ?

-Vous n'avez pas l'air en forme. Ace allait bien au moins ?

-Oui, il allait bien.

Au début, les réponses de l'officier étaient toujours évasives, comme s'il n'était en fait pas là. Elle insista :

-Que s'est-il passé Commodore Smoker ? Vous ne pensez pas qu'à Ace. De quoi avez-vous parlé ?

Peu à peu, il rendait les armes face à sa Sergent-chef :

-Eh bien… Il ne m'a pas dit grand-chose. Enfin, que je ne savais pas déjà. Il est resté évasif sur les ados de l'équipage de Mugiwara.

-Je ne comprends pas pourquoi vous continuez à l'appeler Mugiwara. C'est son petit frère non ?

-Il n'y a qu'un pirate pour qui je fais une exception et c'est Ace.

Il tira une bouffée rageuse sur ses cigares. Tashigi comprit alors :

-Vous n'avez pas vu qu'Ace. Vous avez aussi vu les Mugiwaras, pas vrai ?

-Pas tous. J'ai vu le père et le frère de la captive de Nowaki et le bretteur de l'équipage.

-Et que s'est-il passé ? Vous avez discuté ensembles ?

Elle était curieuse de savoir ce qu'il s'était dit entre eux. Surtout que son supérieur pouvait se montrer extrêmement borné par moments.

-Oui. Le gamin voulait connaître les capacités de son grand-père. Je lui ai répondu, même si ça ne me regardait pas.

-Parce que malgré tout, vous savez où est la véritable justice Commodore Smoker. Vous savez qu'ils la possèdent.

-Tch ! Ils restent des pirates ! Et je pensais que tu croirais toujours en cela Tashigi.

-J'ai vu des choses Commodore Smoker… J'ai vu Ace, j'ai rencontré Roronoa Zoro. Et j'ai changé d'avis. Ils ne cherchent qu'à s'évader du monde normal. Ils recherchent l'aventure et la forme basique de la liberté, c'est tout.

-C'est ce que je ne peux accepter. Ace se bat pour un homme qui l'a élevé comme son propre fils. Ça me paraît plus normal.

-Lui aussi aime l'aventure.

-Aurais-je choisi la marine si je n'aimais pas naviguer Tashigi ?

La Sergent-chef soupira :

-Vous pouvez être si borné Commodore Smoker. Ils sont certes très différents mais ils font partie de la même famille. Et vous savez ce qui se passera si vous touchez Monkey .

-Je me suis juré de le capturer. C'est une question d'honneur et Ace le sait très bien.

Tashigi reprit la parole, consternée :

-Alors vous n'avez pas d'avenir.

-Je le sais bien. Mais nous nous aimons réellement. Et cela, personne ne pourra l'effacer. Rien, pas même une capture, ne pourra effacer le souvenir de notre première rencontre, les paroles que nous avons échangées, les promesses que nous nous sommes faites.

Il regarda au-delà de l'horizon, comme s'il espérait y voir quelque chose qui l'emmènerait loin de ce lieu, loin de ses valeurs, quelque chose qui le conduirait dans un lieu où tout serait simple, où ce serait pareil pour tous, où il pourrait rester éternellement en compagnie d'Ace, son ange brun. La jeune femme observa son supérieur, inquiète, puis décida de détourner la conversation :

-Nous sommes au large désormais. Quel cap devons-nous prendre Commodore Smoker ?

-Nous prenons celui de l'île suivante Tashigi.

La surprise apparut aussitôt sur le visage de l'épéiste. Elle balbutia :

-Mais… je croyais que nous… nous allions rejoindre le Commodore Kiiro.

-Après notre discussion ? Certainement pas. En plus, je n'ai plus le log pose de Dead Story.

-Qu'en avez-vous fait ?

-Je l'ai donné aux Mugiwaras.

Tashigi sourit avant de s'en aller :

-Alors vous avez quand même du cœur pour des pirates. Je me retire pour donner vos instructions Commodore Smoker.

-Très bien.

Il soupira : ce n'était même plus la peine de la contredire. Durant toutes ces années, son caractère était petit à petit ressorti. Elle avait pris confiance en elle, en Smoker et en Zoro. Ses rencontres avec lui avaient fini par lui ouvrir les yeux. Il n'était certes pas la brute qu'elle croyait. Il était un peu nounours mais ne cherchait jamais à faire délibérément du mal. Et il se battait uniquement lorsque c'était nécessaire. Enfin, Ace avait achevé cette construction d'elle-même.

Smoker rejoignit son bureau dans lequel il pourrait penser en toute tranquillité. Son équipage ne comprendrait pas ce soudain changement de cap, toutefois il s'en moquait. Le principal était qu'Ace soit heureux. Il ne voulait pas le blesser, et lorsque ce jour arriverait, il s'en voudrait toute sa vie et serait sans doute le premier à vouloir mourir. Quelle belle mort ce serait : mourir dans les bras de son amant, de l'homme qui nous a apporté tant de joie. Car s'il capturait Monkey , l'affrontement serait inévitable. Que l'on touche un cheveu de son petit frère le rendait fou, alors qu'il soit capturé… Il sortit de sa poche le cadeau qu'Ace lui avait offert aujourd'hui, le faisant rayonner à la lumière du Soleil. Une bête montre en argent. « Pour que tu puisses compter les heures qui nous séparent. » Il avait ensuite posé ses lèvres sur l'une des siennes et l'avait légèrement tirée, cherchant ainsi à l'agacer. Mais après avoir eu un sourire moqueur, il l'avait réellement embrassé pour lui dire au revoir. La dernière marque d'affection à laquelle il avait eu droit cette fois-ci. Leurs yeux avaient ensuite perdu toute expression et une simple main tendue en l'air resta ancrée dans la mémoire de l'officier de la marine. Il gardait encore rancune à Ace de le tenir à distance de la vérité. Même lorsqu'ils avaient été seuls il avait refusé de révéler le nom de la mère des deux adolescents. Au calme, il refit le point en se rappelant le plus précisément possible des événements.

Ils avaient quitté la clairière main dans la main, se dirigeant plus profondément dans la végétation. Aucun des deux ne savait comment aborder le sujet de conversation qui leur mordait les lèvres et qui les fâcherait. C'était pour cette dernière raison que le silence persistait : ils ne voulaient pas gâcher un des rares instants d'intimité auxquels ils avaient droit. Smoker se dit alors que tant qu'à faire, puisqu'ils ne parlaient pas, autant en profiter un peu avant l'orage. Il plaqua Ace contre un arbre. Deux sourires apparurent tandis que la jambe du commodore venait tout naturellement se placer entre celles de l'officier de Barbe Blanche. Ses deux yeux capturèrent les orbes onyx :

-Je crois que nos retrouvailles ne se sont pas vraiment faites correctement Ace.

Le marine approcha ensuite ses lèvres de celles du pirate qui posa un doigt sur ses jumelles et les repoussa doucement :

-Moi je crois que nous avons d'abord des tas de choses à nous dire.

Smoker recula, à la fois soulagé et agacé. Le sourire d'Ace restait ancré sur son visage, comme s'il pressentait le futur massacre qu'il allait provoquer par ses réponses imprécises ou inexistantes. Smoker engagea la combat :

-J'aimerais savoir qui est la mère des deux adolescents. Mais ça m'étonnerait que tu me le dises. Je me trompe ?

Dans un rire, le jeune pirate répondit :

-Non. Mais tu pouvais toujours essayer.

-J'ai une question un peu plus utile : est-ce que tu comptes répondre à au moins une de mes questions ?

Joueur, Ace passa un bras autour du cou de Smoker et abaissa l'autre sur sa hanche, approchant ses lèvres tentatrices :

-Ça dépend de la question.

Ignorant le jeu de son amant, le marine continua son interrogatoire :

-Est-ce que tu sais comment ces enfants se sont retrouvés sur le bateau des Mugiwaras ?

-Eux-mêmes n'en ont aucune idée alors je ne peux pas te répondre.

-Très bien. Et ensuite, comment Kiiro a-t-il capturé la jeune fille ?

Ace sourit encore plus si c'était possible. Il aimait tellement agacer son amant en laissant poindre le suspense. Il savait que Smoker n'était guère patient et il en abusait. Il ne le poussa pourtant pas à bout, c'était trop dangereux au vu de la situation. L'officier s'était vu humilier par un autre et l'avoir avoué aux Mugiwaras l'avait déjà mis sur les nerfs.

-Kane, Chopper et elle se sont faits surprendre dans une embuscade. Les marines étaient trop nombreux. Kiiro avait bien prévu son coup. Apparemment, il n'a même pas eu besoin d'y aller en personne.

Le marine persifla :

-Il ne va jamais au combat, sauf si l'adversaire présente quelques difficultés ou quelque intérêt particulier à ses yeux. Autant dire presque jamais.

Ace souffla :

-Intéressant… J'y penserai si je le croise. Je verrai s'il voit quelque intérêt particulier en moi.

Smoker coupa court :

-Arrange-toi pour ne jamais croiser sa route Ace. Tu ne pourras jamais le battre.

-Sauf si je n'utilise pas mon fruit du démon.

Smoker le plaqua à nouveau contre un arbre, les yeux assombris par l'inquiétude et le début de colère qui l'envahissait :

-Tu as vu son corps ? Et le tien ? Laisse tomber, tu n'as aucune chance. Promets-moi Ace.

-Promettre quoi ?

La main de Smoker frappa violemment le tronc d'arbre. Ce geste effaça aussitôt le sourire de l'officier de Barbe Blanche :

-Ce n'est pas un jeu ! Ta vie n'est pas un jeu ! Promets-moi que jamais tu ne chercheras à croiser sa route. Fais-le Ace !

Leurs regards se croisèrent. Les yeux brillants, Ace enserra son amant et l'embrassa, essayant de lui transmettre ses sentiments. Smoker répondit, malgré tout tendu. Lorsqu'ils rompirent le contact, Ace murmura lentement et solennellement :

-Je te promets Smoky que je ne chercherai pas à le combattre. Si jamais je tombe sur lui, ce sera un pur hasard.

Aussitôt, le corps du marine se détendit et il consentit à répondre à l'étreinte chaleureuse du brun. La scène qui avait suivi se passait de tout commentaire et il préféra l'oublier afin de ne pas raviver sa douleur. Il n'avait pu pousser son interrogatoire plus loin, et de toute évidence, lui et Sanji étaient les seuls à en savoir le plus sur le commodore fou. Dans le bureau, il se dit qu'Ace l'aimait vraiment pour refuser de combattre intentionnellement l'un des pires marines qui soient. Il tira rageusement une bouffée de son cigare et murmura inutilement :

-Pourquoi donc ai-je choisi cette voie ? Je ne m'imaginais pas une telle vie, un tel calvaire. Obligé de mentir à ses supérieurs pour faire correctement son boulot et voir clandestinement la personne qui est censée être l'un de ses pires ennemis et que pourtant l'on aime.

Se radoucissant, il poursuivit d'une voix plus douce mais ferme :

-Toutes nos promesses ne seront pas vaines, j'en fais le serment Portgas .

Il serrait fortement une montre argentée au creux de sa paume. Autour de lui, une voix ne cessait de murmurer des paroles emplies d'amour.

Sur le Thousand Sunny, cette même matinée s'était déroulée bien différemment. Au petit déjeuner, Kane avait décidé de faire profil bas après la scène de la veille. Il avait conscience que c'était un caprice qui risquait de mettre en péril le sauvetage d'Aiko. Il rentra dans la cuisine, trouvant ses deux pères. Le blond était aux fourneaux et Zoro mangeait tranquillement. Kane crut presque que tout ce qui s'était produit n'avait été qu'un mauvais rêve. Ce fut cela qui lui fit se dire que ses deux pères avaient dormi ensembles. Il en fut rassuré : il n'aimait pas l'attitude de son père bretteur depuis quelques temps. Il évitait trop la compagnie des autres. Kane ne se rendait simplement pas compte que lui-même avait changé de comportement. Lorsqu'il croisa le regard de son père cuisinier, il ne put le soutenir et baissa les yeux. Sanji éteignit le gaz, posa son plat sur une table et rejoignit son fils pour prendre son visage entre ses mains et le rassurer :

-Je ne t'en veux pas Kane, je te comprends. À ton âge, je voulais moi aussi me venger. J'ai simplement grandi et compris que me venger ne m'apporterait rien. Je ne suis pas comme lui alors je ne dois pas user de ses méthodes. C'est ainsi qu'il faut voir les choses Kane. Tu peux le saisir ?

-Oui. Mais… tu as dit qu'Aiko… Aiko…

Sanji pressentit le torrent de larmes. Et il ne savait comment faire pour l'empêcher de couler. Sous peu, les autres viendraient ici et Kane n'aimerait pas être surpris dans cette embarrassante situation. D'un regard, il appela Zoro au secours. Celui-ci arriva près de Kane et lui ébouriffa les cheveux :

-Ton stupide cuisinier de père raconte des choses et des choses qui au final se révèlent complètement stupides. Pour celle-là aussi il peut se tromper.

Sanji fut blessé de ces paroles, même s'il savait que Zoro n'était pas sérieux. Il disait cela uniquement pour calmer et rassurer leur fils. L'adolescent ravala soudainement ses larmes et demanda tristement :

-Tu crois ?

-C'est fort possible.

Il renifla avant de s'avancer vers la sortie. Sanji lui dit :

-Installe-toi, je t'apporte ton petit déjeuner.

Kane se retourna et souffla d'une voix presque inaudible :

-Merci papa cook, papa katana.

Le bleu n'avait pourtant toujours pas réapparu au fond de ses yeux. Après que leur fils soit parti, Sanji demanda à son amant :

-Quelle est la probabilité pour que je me trompe cette fois-ci ?

Dépité, Zoro admit :

-Elle est quasi nulle. Je crois que je rejoins Usopp chez les menteurs. Mais rassure-moi, cela vaut mieux qu'une crise de larmes, pas vrai ?

Sanji répondit d'une voix lointaine :

-Oui…

Puis il questionna à nouveau le bretteur :

-Tu crois qu'il saura sauver Aiko s'il la voit en piteux état ?

Zoro rigola :

-L'instinct fraternel la sauvera plus qu'il ne la perdra. Et je suis désormais certain qu'Aiko ne va pas si mal que tu peux l'affirmer. Tu dramatises très vite lorsque ça te touche personnellement Sanji.

Il piqua un baiser dans la chevelure blonde et partit s'entraîner sur le pont. Il devrait faire face à Haeru prochainement, et il serait prêt. Jusqu'au déjeuner, rien ne vint perturber le quotidien de l'équipage. Mais pendant le repas, Kane fixa tant son père blond que celui-ci finit par s'en étonner :

-Qu'est-ce que tu veux Kane ? Depuis le début du repas tu me regardes comme si tu espérais quelque chose.

L'adolescent se sentit soulagé et se détendit légèrement :

-C'est le cas papa. Tu sais, quand on était dans la forêt tu as parlé de… de ta mère et j'aimerais en savoir plus. Tu veux bien, dis, papa ?

Désormais, tous contemplaient le regard stupéfait du cuisinier en attendant sa réponse. Deux yeux bleus observèrent tristement leurs clones.

-Bien sûr, ce jour devait arriver. Mais je te préviens, ce n'est pas amusant et l'histoire finit mal.

-Peu importe. Je veux savoir qui était ma grand-mère et comment tu as pu naître d'une personne que tous considèrent comme un monstre.

-Pas tous Kane, pas tous. Une personne l'admire fortement. Je te dirai tout après le repas.

Sanji assura le service et le reste du déjeuner se déroula normalement. Tous, hormis Usopp, Nami et Chopper, étaient ravis à la perspective d'un combat proche et étaient désormais plus joyeux. Enfin, après que Sanji eut débarrassé le dernier plat, Kane se leva de table et suivit le blond. Du regard, celui-ci demanda à Zoro s'il voulait les suivre. Celui-ci fit non dans un sourire. Sanji y répondit : il savait ce que pensait l'épéiste en ce moment-même. « Je n'ai pas besoin de connaître le passé de mon amant si je l'aime. En plus, je le vois tel qu'il est maintenant et tel qu'il se projette dans l'avenir. Alors quelle importance si son passé est horrible ? ». Ils s'installèrent dans le salon et Sanji débuta :

-Tu veux savoir qui est ma mère ?

-Oui. Comment a-t-elle pu aimer ce Nowaki Kiiro ?

-J'ai récupéré son journal intime un jour. J'ai eu le temps de le lire entièrement avant que mon père ne le brûle sous mes yeux et me vole le médaillon qu'elle m'avait légué. Ainsi, je sais qu'elle était sur le même navire que lui, avec un âge supérieur au sien. Il était déjà fort et c'est son ardeur à toujours vouloir se surpasser qui l'a séduite. Ils ont entretenu secrète leur relation durant quelques mois avant qu'une bataille contre des pirates ne se déroule. C'est là que mon père a pris goût au sang et au pouvoir. À dix-huit ans, il a été promu Sergent-chef à la suite de son succès. Elle ne le reconnaissait plus et a pris peur. Seulement, elle est tombée enceinte de moi. Le Commodore du navire ne pouvait supporter une telle honte et a mis mon père face à un ultimatum : il devait choisir entre sa carrière ou sa femme. Je suis né et mon père a fait son choix. Ma mère n'était plus qu'un instrument à ses yeux. Elle ne représentait plus rien et il l'a tuée, m'abandonnant sur un autre navire marine. Des années après, j'ai atterri sur le Baratie, le navire-restaurant d'un pirate. De mon maître, Zeff. Et maintenant je veux récupérer ce médaillon qui renferme une photo de ma mère. C'est l'unique souvenir d'elle qui existe désormais.

Kane leva ses yeux vers son père. Celui-ci eut un choc : ils étaient presque noirs. Il murmura :

-Kane… Tes yeux…

-Qu'est-ce qu'ils ont mes yeux ?

Sanji paniqua :

-Ils ne cessent de changer de couleur ! Ils sont noirs Kane ! Noirs…

Kane sourit, retransformant le noir en gris :

-Ne t'inquiète pas, c'est le récit que tu m'as fait. Mais continue, tu as dit que Kiiro ne se séparerait pas du médaillon tant qu'il ne signifierait rien pour lui. Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Eh bien, ça veut dire que ma mère n'a été qu'un objet entre ses mains. Un objet pour avancer sa carrière. Elle l'a aidée à gravir les échelons. Et tant qu'elle ne sera que ça à ses yeux, il gardera son image sur lui. C'est un peu comme un hommage qu'il lui fait.

Kane acquiesça et posa une dernière question :

-Et tu as dit qu'il y a une personne qui admire ton père. Qui est-elle ?

Sanji tira une bouffée sur sa cigarette.

-La question est plutôt « Qui est-il ? ». Lorsque j'avais dix-sept ans, un homme est arrivé sur le Baratie. Il disait qu'il voulait se faire engager comme serveur sur le bateau. Zeff l'a accepté et m'a demandé de l'aider pour ses débuts. Nous nous sommes vite rendus compte qu'il y avait entre nous plus qu'une relation de travail. Ça a duré plusieurs mois et peu après il y a eu un incident avec Zeff. Il s'est rendu compte qu'on lui avait volé d'importants documents. Il a accusé Haeru. Moi, comme un imbécile, je l'ai défendu. Zeff m'a fait confiance et l'a gardé avec nous. Le lendemain, il me quittait. Avec les précieux documents.

Sanji passait sous silence les mots qu'Haeru avait dit ce jour-là et qu'il entendait toujours lorsque cet événement était évoqué. Il se tut également sur l'affront physique qu'il avait subi.

-Il était sous les ordres de mon père. Il était chargé de me surveiller et de voler ces documents à mon chef. Le Colonel Haeru Uso, second du Commodore Nowaki Kiiro. Zoro et moi allons régler leur compte une bonne fois pour toutes.

Kane provoqua son père :

-Je croyais que ce ne serait pas de la vengeance.

-Et c'est le cas. Ils comprendront que plus jamais ils ne devront intervenir dans mes petites affaires. Et qu'ils ne doivent surtout pas toucher à ma fille. Tu vois Kane, pour ta sœur, je consentirais presque à me servir de mes mains pour combattre. Si je n'ai pas le choix bien sûr, ajouta-t-il avec un sourire moqueur. La vie des membres de ma famille est trop précieuse pour que je la néglige comme mon père l'a fait. Quant à Zoro, il ne supporte pas que l'on m'ait fait aussi mal. Il est le premier à avoir pansé cette douloureuse blessure.

-Qui sont les autres ?

Un tendre sourire étira les lèvres du cuisinier :

-Un certain Kane et sa sœur.

L'espace d'un instant, le bleu revint au fond des yeux de l'adolescent et tout en le serrant dans ses bras, Sanji murmura :

-Je préfère quand tes yeux sont bleus. Cet héritage que nous avons de Kiiro est le seul que nous puissions chérir. Il est la seule beauté qu'il possède et il nous l'a transmise. Gris, on dirait qu'ils renferment un océan de tristesse. Mais Aiko n'est pas morte. Nous la sauverons Kane, je te le promets.

-Je n'en doute pas. Mais je ne pourrai pardonner aux marines.

N'insistant pas, le blond se leva et partit retrouver son épéiste qui s'entraînait encore. Il s'assit, attendant qu'il ait terminé. Une fois que Zoro eut fini, il s'assit en face de son amant :

-Qu'est-ce que tu me veux baka cook ?

Tel un félin, le blond s'enroula autour du bretteur, le provoquant :

-J'aurais pensé que tu me demanderais ce que j'ai dit à notre fils. Tu me déçois marimo.

-Vraiment n'importe quoi. La prochaine fois, trouve un meilleur mensonge pour expliquer ta présence. Tu sais pertinemment pourquoi je n'ai pas écouté votre conversation.

Piquant un baiser sur la joue du second de l'équipage, Sanji répondit :

-Évidemment. Ça ressemble à peu de choses près à ça, pas vrai ? « Je me fiche de ton passé, ce qui m'intéresse, c'est ce que tu es dans le présent et ce que tu seras dans l'avenir. »

-Oui. À peu près.

Ils se rapprochèrent et s'embrassèrent passionnément, comme dans les films. Tout doute avait disparu, laissant la place à une féroce détermination et à une rage sans haine. Ils vaincraient. Quoi qu'il se passe, Aiko reviendrait sur le navire où elle était née. Les Mugiwaras y veilleraient.

Cette conversation avait fortement rapproché Sanji et Kane qui comprenait le trouble que ressentait à chaque fois son père lorsque l'on parlait de Nowaki Kiiro. Il n'avait auparavant pas saisi tout le mal qu'avait fait le commodore autour de lui. Même les liens familiaux importaient peu à cet homme. Tout l'après-midi il s'entraîna à côté de Zoro. Et le soir venu, il rejoignit son père qui faisait la vaisselle, soi-disant pour l'aider. En vérité, il voulait remettre son caprice sur le tapis. Alors que le blond essuyait une casserole, il dit ce qu'il avait sur le cœur :

-Tu sais papa, j'aimerais vraiment combattre à tes côtés.

Calmement, Sanji répliqua :

-Nous en avons déjà parlé.

-Justement. Cette fois mes motivations ont changé. J'irai chercher Aiko et la ramènerai sur le bateau. Je te laisse ce temps-là pour le vaincre. Si tu n'as pas réussi, alors je t'aiderai. Parce que ça voudra dire que tu es en difficulté contre lui. Ce que j'ai dit est vrai dans le fond : je ne veux pas te perdre papa. Et surtout pas à cause de ce démon familial. En plus, j'ai vraiment envie de rencontrer mon grand-père.

-Tu ne devrais pas. J'aurais préféré que jamais tu ne saches cela. Il est néanmoins vrai qu'il s'agit de ton grand-père et que tu dois savoir qui il est. Très bien, j'accepte. Mais fais très attention Kane, il a plus d'un tour dans sa poche. Déjà sans pouvoir de fruit du démon il est extrêmement fort et je n'étais pas sûr de pouvoir le battre. Maintenant, je vais devoir me donner à trois cent pour cent. Et je te protègerai quoi qu'il advienne.

Le cuisinier acheva sa tâche et accompagna Kane jusqu'à sa chambre. Il laissa son fils se coucher puis prit place sur le lit. Il caressa tendrement la tête blonde.

-Je ne veux pas que tu meures mon trésor. Comme je l'ai dit aux autres, ce n'est pas ta vie contre celle d'Aiko. Ce sont des deux dont je veux pouvoir profiter. Elle me manque énormément, mais c'est à moi de risquer complètement ma vie pour la sauver, pas à toi.

-Pourquoi ? Je suis son frère.

Sanji sourit :

-Eh bien… Disons qu'en tant que frère, tu dois seulement l'aimer et la protéger du mieux que tu le peux. Mais la nature veut que les parents meurent avant leurs enfants. Tu vois ce que je veux dire ?

Kane prit alors une attitude songeuse :

-Oui. C'est terrible pour des parents de perdre leur enfant. Alors ils sont prêt à risquer leur vie pour lui. Je te promets papa, que je ne mourrai pas. Aiko et moi nous complétons. L'un ne peut vivre sans l'autre ; et si l'un des deux meurt, alors l'autre aussi.

Sanji pouvait lire la sincérité au fond des deux yeux de son fils. Il déposa un baiser sur son front, lui souhaita une bonne nuit remplie de beaux rêves, et se rendit dans la chambre de Zoro pour voir s'il y était. Et en effet, le bretteur l'attendait, avec une question :

-Tu as cédé n'est-ce pas ? Tu vas laisser Kane se battre à tes côtés pas vrai ?

Surpris, le cuisinier ne put que souffler un simple oui.

-Tu le mets en danger Sanji. Et en plus tu te décrédibilises face aux autres.

-Calme-toi ! Il fera ce que je lui ai ordonné. J'aurai le temps qu'il aille chercher Aiko et la ramène sur le bateau. Ce devrait être suffisant pour que je batte mon père.

-Le problème c'est que tu n'en es pas sûr.

-De toute façon il aurait insisté jusqu'à ce que je cède. Et j'aurais fini par craquer. Rappelle-toi son épée, il l'a tellement réclamée que nous avons fini par la lui acheter non ?

Zoro craqua :

-Ce n'était que de l'argent et une épée, là il s'agit de sa vie ! Baka cook, tu joues la vie de notre fils à la montre.

Le blond regarda son amant, sûr de lui :

-Quand bien même, il sera déjà affaibli. Et il est vrai que son aide ne sera pas de trop.

-Je pourrais t'apporter la mienne.

-Tu auras déjà fort à faire avec Haeru. Et Kane m'a promis de ne pas mourir. Cette promesse me suffit. Je crois en lui Zoro. Mais toi ? C'est l'occasion de le laisser prouver sa valeur. Il s'entraîne si dur depuis qu'Aiko a été kidnappée, on ne peut pas lui faire ça. En plus, il a changé d'état d'esprit depuis hier. Alors oui, j'ai décidé de céder à son caprice. Qui n'en est plus un soit dit en passant.

Zoro soupira face à l'assurance de Sanji. Il voulait croire en son fils, mais quelque chose en lui lui disait qu'il n'était pas prêt à affronter de puissants ennemis. Peut-être n'était-ce que l'instinctive protection parentale, peut-être était-ce un pressentiment qui lui disait que tout se passerait mal et qui avait raison, ou tort. Seule la suite des événements lui montrerait si Sanji avait eu raison ou tort d'autoriser Kane à se battre à ses côtés.

-Très bien, je te laisse le bénéfice du doute. Mais si jamais il arrive quelque chose, je t'en tiendrai pour responsable.

Ces paroles firent l'effet d'un coup de poing dans le ventre du cuisinier. Cela faisait si longtemps que Zoro ne doutait plus de lui, et il le mettait maintenant à l'épreuve. Si jamais il échouait, ce pouvait être leur fin. Jamais Zoro ne pardonnerait une telle chose à son amant, même s'il l'aimait profondément. Toutefois, il était prêt à jouer son avenir :

-D'accord. Je te demande juste de me faire confiance.

-C'est ce que je fais en te laissant le bénéfice du doute baka cook.

Un moment tendu passa : Zoro n'aimait pas qu'on touche à ses enfants, et que Sanji laisse leur fils affronter un tordu le dépassait et le rendait furieux.

-Si tu veux tu peux passer la nuit ici. Mais je ne suis pas d'humeur à plus.

D'une voix triste, Sanji remercia son amant. La nuit tombée depuis longtemps les enveloppait. Elle les conduisait petit à petit vers l'une des personnes qu'ils adoraient. Malgré tout, Zoro accepta que Sanji l'enlace. Le lendemain, sa fureur serait sans doute passée, mais son inquiétude persisterait. Sur le bateau, une seule personne restait éveillée à lire dans le salon. Robin ne parvenait plus du tout à dormir depuis l'incident. Elle avait suivi la conversation du père et du fils ainsi que celle des parents. Elle s'interrogeait gravement : cet événement pouvait-il être leur fin ? Si jamais Kane mourait, les Mugiwaras seraient déchirés. Il est vrai que Sanji jouait gros sur sa confiance envers son fils. Robin, contrairement à Zoro, avait un bon pressentiment pour tout ça. Le cuisinier, selon elle, avait raison de laisser sa chance à l'adolescent. Il ne pourrait se construire et progresser s'il restait toujours à l'écart des combats. En plus, Sanji et Zoro n'étaient guère plus vieux lorsqu'ils avaient rejoint le Merry. Elle allait tenter de s'endormir sur l'un des canapés du salon lorsqu'un bruit la fit sursauter. Elle ne vit cependant que Luffy qui lui fit un grand sourire et lui demanda de ne rien dire.

-Mais je n'ai rien vu capitaine. Rien du tout.

Il sourit et continua son excursion nocturne vers la cuisine. Le lendemain, le blond serait furieux d'avoir été une fois de plus dévalisé par Luffy. En dehors de ce léger incident, la nuit se déroula normalement. Pour la première fois depuis quelques jours, Robin parvint à dormir et pour la deuxième fois Zoro et Sanji dormirent ensembles.

Seul Usopp n'avait pas dormi. Il était en effet de garde. Mais au petit matin, il ne put se retenir plus longtemps et s'effondra. Il fut vite réveillé par un boulet de canon tiré sur le Thousand Sunny. Il regarda au dehors et vit un navire portant l'emblème de la marine. Il cria dans le haut-parleur :

-Réveillez-vous ! Les marines nous attaquent ! Les marines nous attaquent !

Aussitôt, tous se levèrent, s'habillèrent et se mirent en position de combat. Tristement, Sanji constata que ce n'était pas le navire de son père. Kane avait la forme et osa même plaisanter :

-Ça nous fait faire un peu d'exercice avant le véritable combat, non ?

Il souriait et murmura à ses pères :

-Je vais pouvoir vous montrer quelques techniques en vrai. Vous allez voir, ce sera plus qu'efficace.

Ils ne répondirent rien. Zoro en voulait toujours un peu à Sanji. Sa colère était retombée mais il s'inquiétait pour son fils. Il s'agissait d'un peu de lui. Et il savait pertinemment d'où venait cet esprit casse-cou. Vu qu'il en était le possesseur, il lui faisait peur. C'était cet esprit qui lui faisait parfois perdre des litres et des litres de sang. Soudain, une voix résonna dans sa tête : « Et si tout simplement, tu leur faisais confiance ? Sanji t'a affirmé qu'il sait ce qu'il fait. » Au fond de lui-même, il savait que cette voix sonnait juste. Il décida alors de la suivre. Un deuxième coup de canon retentit, qui fit chanceler Sanji. Zoro le rattrapa et en profita pour lui murmurer :

-Je te fais confiance. Tu m'as dit que tu sais ce que tu fais. Nous allons bien voir comment il se débrouille aujourd'hui. Et si jamais ce n'est pas glorieux, je pose mon droit de veto.

Les yeux de Sanji brillèrent de bonheur. Il enlaça tendrement son amant qui venait de comprendre que le blond n'avait pas cherché à mettre en danger la vie de leur fils. Les Mugiwaras, tous prêts, se préparaient à l'abordage, heureux de pouvoir se dégourdir les jambes et de s'extirper de leur morne quotidien. Un coup de canon, cette fois tiré par Usopp, alla abattre l'un des mâts du navire marine. Le combat s'engageait, il serait sans pitié.


Merci d'avoir lu jusque là ma fic ^^. Surtout que je coupe à un mauvais moment je crois ptdr. La suite est en cours, j'essaye de l'écrire le plus rapidement possible. Mais je ne peux pas prévoir les pannes d'inspiration et surtout j'ai envie d'écrire mon roman aussi. N'hésitez pas à me laisser des reviews et à me critiquer.

Encore merci et à bientôt, Jindri.