Auteur: Alessan
Titre: Heart of Phoenix
Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling
Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut ce cacher derrière les masques affichés en public.
Remerciements: Merci à tous pour vos gentilles reviews et pour vos encouragement. Mention spéciale à Sahada pour sa curiosité, fort stimulante.
Chapitre III: Le médaillon du Serpent
Celà faisait maintenant une semaine entière, que la sortie à Pré-au-Lard était passée, une longue semaine pendant laquelle Harry s'était senti bien seul: Hermione et Ron, ses amis de toujours étaient vraiment fâchés qu'il soit sorti sans les attendre, et pire qu'il ait tout fait pour les éviter en rentrant pratiquement aussitôt à l'école. De plus, Miss Granger était persuadée, à juste titre malheureusement, que Harry leur dissimulait quelque chose, et dans le fond c'était ce sentiment de trahison qui alimentait sa colère.
C'est pourquoi le Survivant errait dans les couloirs de Poudlard, après avoir fui une énième engueulade avec la tête pensante des Gryffondor. Perdu dans ses pensées, il finit, comme à son habitude dès qu'il ruminait ainsi, par percuter quelqu'un.
- Potter ! Ce n'est pas parce que tu as réussi un exploit la semaine dernière que tu peux te permettre de telles familiarités!
La voix acide, le ton méchant, l'attitude hautaine, tout celà ne pouvait désigner que sa blonde némésis de Serpentard: Drago Malefoy.
- Tiens donc, j'ignorai que tu étais déjà sorti de l'infirmerie, Malefoy, sinon j'aurai trouvé le moyen de t'y renvoyer aussitôt! Il faut dire qu'un Serpentard mordu par un serpent, l'emblème de sa Maison, c'est à mourrir de rire! Ou dans ton cas de honte ! Un Malefoy vaincu par un petit reptile ! À la place du serpent , je n'aurais pas eu l'audace de mordre de peur de m'empoisonner!
Harry déchaînait sa rage sur son adversaire de toujours, toute cette colère accumulée par ses altercations plurijournalières avec Ron et Hermione. La victime de ce venin verbal en resta sans voix tout le long de la tirade du Gryffondor, estomaqué que ce moins que rien de Potty ose non seulement se moquer de sa Maison mais carrément de sa prestigieuse et enviée Lignée de Sang-Pur.
- Saint-Potter se sent donc si supérieur qu'il n'est plus capable de s'excuser, pour avoir malmener une personne de ma qualité.
- Je ne sais franchement pas ce qui m'a pris d'aider un ingrat de ton epèce, Malefoy! Mais sois certain que je commence déjà à le regretter! Je ne comprends même pas comment j'ai pu croire un seul instant que ta misérable existence pourrait manqué à quelqu'un! Sur ce, Malefoy, je te laisse, tu pourras continuer à maudire mon nom tout seul! Je ne te suis pas indispensable pour ton monologue mille fois répétés!
Et sur ces paroles mordantes, il fît volte face, s'éloignant au plus vite de la seule personne capable de le faire sortir de ses goonds aussi facilement, déjà mortifié de sa sortie injustifiée.
- POTTTER !
- QUOI ENCORE MALEFOY ?
- Merci, merci pour m'avoir aidé! - ceci dit d'une voix assez faible pour celui qui était capable de se faire entendre de toute l'école, dans la Grande Salle au moment des repas- .
Chaque mot blessait la gorge du Serpentard, il n'était pas idiot, loin de là et savait parfaitement que sans le Gryffondor il ne serait plus ici même pour se disputer de bon coeur avec son ennemi depuis cinq ans révolus. Mais devoir le remercier était la raison de son malaise et de son manque de mordant: rabaisser quelqu'un à qui l'on devait une dette de vie, nétait pas facile même pour un Malefoy, ou plutôt surtout pour un Malefoy. Enfin maintenant que c'était fait ils allaient pouvoir se détester de nouveau et retrouver leur petite routine, basée sur une adversité farouche, des coups bas et des remarques hautes en couleurs, capables d'alimenter le moulin à rumeur de Poudlard.
C'était le tour de Drago de partir au plus vite fuyant cette situation gênante, insatisfait d'avoir finalement accorder un soupçon de victoire par ses remerciements au Survivant. Pourtant Drago se maudît lui-même d'avoir oublié la raison la plus importante qui l'avait poussé à chercher le brun: son petit médaillon d'argent. Le Gryffondor l'avait-il ramassé en même temps que son corps dont la vie fuyait à grand pas? Si pour une fois il n'avait pas été autant lui-même quand Potter l'avait bousculé, il aurait gardé son sang-froid, les plus flatteurs auraient ajouté froid comme un serpent, ce qui actuellement serait plutôt de mauvais goût, et il aurait pu lui demandé où se trouvait son cher bien.
"Plutôt mourir que de lui reparler aujourd'hui!" pensa-t-il hautain. Il pouvait toujours lui faire part de sa demande par hibou, ce qui serait bien moins gênant pour eux deux. De plus, devoir montrer de l'humilité ou pire son besoin à Harry Saint-Potter, était absolument hors de ses forces! Ne sortait-il pas de l'infirmerie où il avait frôlé la mort?
- Un hibou suffira bien, grinça-t-il entre ses dents, parfaites d'ailleurs comme le reste de sa précieuse personne.
Harry fut complètement surpris de recevoir du courrier, ce midi-là: depuis la mort de Sirius Black, son parrain et ami, les seules personnes qu'il connaissait, susceptibles de lui écrire, qui lui battaient froid depuis une semaine d'ailleurs, étaient Miss Je-sais-Tout Granger et Monsieur J'ai-une-grande-Gueule Weasley. L'enveloppe était verte, une écriture fine et élégante à l'encre d'argent dessinait son nom de la façon la plus distinguée. Qui, dans la maison Serpentard, pouvait vouloir lui écrire quoique se soit, lui écrire tout court en fait, et ce pour une raison autre que des insultes ?
Cependant, le soin porté dans le choix de matériaux de qualité, l'élégance de son nom écrit de façon simple et sans insultes présageaient un contenu si ce n'est aimable, à tout le moins poli. Le parchemin, une fois révélé, s'avérait aussi raffiné que l'encre et l'enveloppe, qui l'avait abrité. L'écriture d'argent dansait sur le doux vélin comme un cygne sur le lac, arabesques majestueuses, courbes déliées, lettrage mesuré. La ponctuation était une envolée d'oiseau dans le ciel bleu de l'hiver. Le Gryffondor restait coi devant sa missive, incapable de lire le texte,qui lui était destiné, devant la beauté et la finesse du message. Il lui fallut quelques instants pour accommoder sa vision sur la signature: Drago M.
Les yeux émeraudes se relevèrent vers la table verte et argent cherchant l'azur du regard de l'expéditeur, l'expression confondue. Il n'eut pas à chercher, le bleu céruléen du blond l'attendait, un sourire ravi retroussait les lèvres du Prince de sa Maison. Il avait suivi le vol de la chouette blanche du Gryffondor, puis avec une avidité à peine déguisée, il avait contemplé les expressions du brun: surprise, inquiétude, surprise, admiration, et une petite rougeur sur les joues. Finalement, cette lettre payait au centuple l'effort de l'écrire.
S'arrachant au regard prédateur de son Adversaire, Harry lut le contenu du message:
" Potter,
Durant notre tête à tête matinale et tout au délicieux plaisir de nous échanger des bordées d'insultes, j'ai oublié après mes remerciements, de te demander si tu n'aurais pas conservé un objet qui m'appartient. C'est un simple bijou familiale, un petit médaillon d'argent surmonté d'un serpent. Je comprends que des personnes désargentées puissent vouloir le garder pour sa grande valeur, mais j'aimerais le récupérer intact, car il appartient à ma très chère mère.
Drago M."
Relevant la tête, ses émeraudes retrouvèrent les saphirs interrogateurs de son vis-à-vis, et d'un haussement négigent des épaules, il mentit, peiné de l'éclair de déception brièvement apparu dans les pupilles bleues. Comment aurait-il pu avoué qu'il avait oublié le petit bijou depuis une semaine ? Comment justifié qu'il l'avait conservé alors qu'il aurait pu le lui rapporter à son chevet pendant sa guérison ? Ce mensonge lui permettait de sauver sa face après les paroles amères dont il avait abreuvé le blond. Un souvenir de sa mère, hein ? Lui qui n'avait pas connu ses parents et qui souhaitait tant avoir un cadeau de leur part, ne pourrait que rendre ce pendentif, mais comment ?
" S'il a vérifié la clairière où il l'a perdu, je ne peux plus l'y remettre. Il ne m'aurait jamais rien demandé - parce que le petit mot étant bien une demande élégamant formulée - si il n'était sûr que quelqu'un ou quelque chose s'en est emparé! Quelque chose...... comme une pie voleuse, qui dérobe tout ce qui brille.... comme un jeune phénix qui n'a pas revu son protégé!" réfléchissait Harry.
Profitant d'un groupe de Gryffondors qui remontait dans leur salle commune, leur héros se mêla à eux pour regagner discrètement son dortoir où le bijou sommeillait depuis une semaine. Dans le calme de sa chambre déserte, Harry oberva pour la première fois le délicat bijou d'argent qu'il avait ramassé négligemment. Il s'agisait ouvrage très fin et ancien qui lui rappelait le style utilisé par les gobelin pour faire l'épée de Godric Gryffondor. Un serpent or et argent s'entrelaçait sur l'avant du médaillon, ses yeux d'émeraudes le regardaient avec une telle intensité, qu'il semblait à Harry qu'il allait s'animer devant lui. Oui, la vie débordait de ce simple bout de métal. Alors comme Harry l'avait déjà fait devant de tels serpents, il chuinta en fourchelangue les mots qui commanderaient l'ouverture.
- Ouvre-toi!
Le serpent prit vie et s'enroula plusieurs fois sur lui-même brillant de plus en plus d'une lueur argentée, pour devenir d'un feu liquide sous ses yeux larmoyants. Une douce silhouette se matérialisa devant lui berçant un charmant bébé. Les deux êtres partageaient la même chevelure blonde évanescente, il ne pouvait s'agir que de Narcissa Malefoy berçant son petit Drago. La voix pure et claire de la jeune femme s'éleva soudain pour calmer son enfant, et une douce berceuse enchanta la pièce solitaire, ravissant un Harry décontenancé.
" Je dois lui rendre et lui montrer, mais comment? Comment sans me faire accuser du vol d'un bien aussi cher à son coeur? De plus, il ne peut pas connaître le secret du pendentif!" rumina-t-il. À moins que....
Le fabuleux Anima remplaça vite le corps du jeune homme, s'empara du bijou redevenu inerte et s'envola aussitôt en direction de la Forêt Interdite, persuadé d'y découvrir le propriétaire de son léger bagage.
Drago fouillait chaque touffe d'herbe à coté de la souche qui lui avait servi de siège avant le drame de la semaine précédente, quand il aperçut audessus de lui un éclair rouge orangé se poser sur une branche le surplombant. Dans les serres de l'oiseau, l'argent du médaillon brillait au soleil de l'après-midi.
- Alors c'est toi qui m'a sauvé la vie, Beau Phénix!
La voix du Serpentard était douce et.....gentille. Même son visage ne conservait pas son air mesquin habituel. Harry était confondu: s'agissait-il vraiment de Drago Malefoy, Prince des Serpentards, et son tourmenteur personnel? Sous l'effet de son étonnement, son plumage était parcouru de vagues changeantes de rouge et d'or, hypnotisant littéralement le jeune homme qui l'admirait sans retenue.
- Veux-tu bien me rendre le bijou accroché à ta patte ? souffla son admirateur avec déférence.
"Oui, mais pas comme ça!" pensa le jeune animagus. Aussi s'envola-t-il vers le lac, certain que le blond le suivrait pour récupérer son bien.
Dès qu'il fut près du lac, dissimulé par un arbre, il reprît vite sa forme humaine et attendit sa némésis, adossé négligemment à l'écorce rugueuse. Une respiration essouflée le rejoignit bientôt.
- Potter ? Qu'est-ce que tu fiches ici ?
" Evidemment après ce matin..........."
- Comme toi, je suppose, je me balade.
- Tu n'aurais pas vu oiseau passé ? Un phénix.
- Non ! (Ce qui était parfaitement vrai, il n'avait pas vu de phénix) Par contre j'ai reçu ceci sur la tête! ajout-t-il en montrant le médaillon d'argent.
- Rends le moi Potter, c'est le miens, l'oiseau l'avait gardé!
Le brun s'approcha de son opposé et alors qu'il lui tendait l'objet tant convoité, il chuinta la commande fourchelangue. De nouveau, le serpent prit vie et de nouveau la douce berceuse retentit dans l'air froid de l'automne.
Profitant de la surprise du blond, Harry lui glissa le médaillon de sa mère dans la main et se penchant sur son oreille, il ajouta dans un souffle:
- Considère l'ouverture de ton bijou et de son secret, comme mes excuses pour mes paroles blessantes de ce matin!
Et il partit apaisé, plantant un Drago complètement perdu et émerveillé par le chant de sa mère. Le temps qu'il retrouve sa lucidité, le Gryffondor avait disparu.
