Auteur: Alessan

Titre: Heart of Phoenix

Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling

Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut ce cacher derrière les masques affichés en public.

Note: je viens de constater que mes dialogues ne ressortaient pas à cause de la mise en forme automatique. Je vais rectifier le tir pour plus de lisibilité.

Remerciements: Merci à mes fidèles reviewers, particulièrement à Hebichu et Sahada, qui m'aident à conserver mon imagination folle sur le droit chemin de l'histoire. Merci à tous les lecteurs, qui suivent cette fic et qui m'encouragent. J'avoue que je ne pensais pas toucher autant de personnes, alors encore merci à tous.

Chapitre VII: La morsure du Serpent

Cela faisait près de deux heures que le préfet des Serpentards tournait en rond, passant de la contemplation extatique de souvenirs intérieurs et la rage du marasme dans lequel il était piégé. Son bras droit, le fier italien, n'osait plus tenter de le raisonner: Draco l'avait tellement fustigé l'heure précédente, qu'il craignait un reproche plus vivant, comme un Doloris voire un Avada Kedavra, s'il la ramenait encore une fois. Malefoy lui avait bien fait sentir combien il était responsable du problème actuel: ses insinuations, son défi, voilà le début de ses ennuis. Et Zabini n'avait pu qu'accepter de l'aider à réparer, après tout ce n'était qu'une juste compensation selon les critères Serpentards en vigueur. Puis il avait écouté son ami décrire les merveilles qu'il avait contemplées, de nouveau transporté par la puissance de l'œuvre qu'il s'essayait à décrire.

Avant de maudire Potter de l'avoir enchaîner par le Serment Inviolable! Le maudire encore et encore, louant la maestria du piège du Gryffondor ! Qu'est-ce que Potter fichait chez les rouge et or avec de tels dons de manipulation et de duplicité? Les ruminations du Prince devenaient de plus en plus inintelligibles, tant ses pensées étaient éloignées de son discours affiché.

La lumière se fit soudain dans l'esprit excessivement ralenti du lieutenant vert et argent, par la menace implicite d'un brusque décès: le masque malfoyen avait été complètement anéanti et son ami souffrait d'une poussée incontrôlée de jalousie. Jalousie pour les splendeurs contemplées -fichtre, ce qu'il aurait voulu être l'associé du Survivant dans ce projet-, et jalousie du machiavélisme usité contre celui qui était censé être le maître de cette discipline dans leur génération.

Un brusque éclat de rire, soutenu par une voix chaude et grave, stoppa net les vitupérations de Draco Malfoy: Blaise Zabini ne pouvait plus contenir une hilarité grandissante, si bien qu'il tomba de son fauteuil, soutenant malgré la chute la continuité de amusement. Un regain de contrariété secoua le blond, qui foudroya de son regard orageux, le brun qu'il était le seul à considérer comme un ami.

-Désolé, mon frère, articula péniblement la cible des yeux acier, les spasmes du rire secouant encore son être. Je viens de comprendre le pourquoi de toute cette sortie grandiloquente! Tu es jaloux, jaloux à en mourir! Tu lui en veux trop pour ce qui t'aurais fait sourire si cela venait d'un membre de notre famille! Tu ne supporte pas de l'admirer et de l'envier!

Un gargouillement s'échappa de sa gorge quand la baguette de son chef se pointa narquoise sur son coeur, promesse de souffrances indicibles, porteuse de mort: seul un imbécile n'aurait pas gagner soudainement en circonspection avec un tel argument en face de lui.

-Encore un mot dans cette même veine, et je te promets que tu pourra concurrencer Farinelli dans un concours de chant! Je t'offre généreusement, dans ma mansuétude, deux minutes pour me convaincre d'épargner ta virilité, afin que tu ne finisses pas en gardien de harem ou solo soprano dans le cœur du Vatican!

Déglutissant difficilement, Zabini fit travailler en surmultiplié ses chères cellules grises, qui l'avaient toujours soutenu dans pratiquement n'importe quelle circonstance, élaborant une sortie à l'impasse où il s'était laissé enfermé accidentellement.

« Ci-gît Blaise Zabini, dommage collatéral de l'affrontement Potter/Malefoy, paix à son âme, qui a ri une fois de trop! » sourit intérieurement la future victime.

-Bon si j'ai suivi correctement tes commentaires: tu souhaites dans un premier temps te vengé pour rester au score dans ta guerre avec le garçon-qui-a-survécu, puis finir ce projet qui a réussi contre toute attente à t'intéresser et à te motiver, même au prix de côtoyer de près le Sex-Symbole brun.

-Blaise!

-Ah non! Tu ne vas pas revenir sur le fait qu'il possède un corps de rêve, ni que 90% de la population de Poudlard ne rêve que de le mettre dans son lit! Je continue: et surtout tu n'encaisses pas le Serment Inviolable, invoqué sans ton consentement, du moins pas un consentement direct, car le sort n'aurait pas marché sans ton accord, continua la tête pensante des Serpentards. Ohhh je crois que je tiens une solution intéressante!

-Il faut que j'arrache ton idée mot par mot, ou tu souhaites m'en faire part! S'impatienta son vis-à-vis, agitant négligemment sa baguette vers l'intimité de l'italien, qui trouva judicieux de passer les circonvolutions compliquées qu'il aurait normalement utilisées pour exposer son plan.

-Potter te tient à cause du serment, mais la réciproque est vrai! Au delà son engagement édicté via le sortilège, il n'aurait jamais dû t'y plier sans un consentement direct et complètement formulé. Crois-tu que notre estimé directeur de Maison, laisserai l'un de nous lié par une parole non donnée? Après tout l'avertissement de Potter était que celui qui ouvrirait les parchemins serait lié à eux et non à lui! C'est l'unique faille sur laquelle on peut travailler! Cependant, l'utilisation de tel moyen pourrait être considérer comme aussi répréhensible qu'un sort de contrôle comme l'Imperium, et donc la victime peut en demander une compensation égale! Exposa-t-il rapidement devant l'impatience grandissante de son chef adoré.

-Et alors? Demanda le blond, qui tentai de suivre les paroles et surtout d'assimiler leur sens, car les pensées de son camarades semblaient fuser trop vite pour qu'il les appréhendent, obnubilé par le sentiment d'humiliation d'avoir été si prévisible et celui plus déchirant encore, d'avoir envie de travailler en étroite collaboration avec SON Gryffondor – depuis quand Potter était-il sa propriété? Depuis toujours, répondrait son orgueil, il est Son ennemi, Sa némésis, lui seul peut le mettre en rogne, lui seul pouvait l'insulter, l'humilier avec effet. Le Balafré lui appartenait, point! - .

-Oh tu pourrais juste utiliser un bon vieux chantage pour lui faire valoir tes droits sur lui: quelque chose d'égal à ce qu'il exige de toi dans le Serment Inviolable, qu'il t'accompagne dans des projets, des trucs du style, conclut Blaise un haussement d'épaule appuyant son désintérêt pour la forme des exigences de Draco. Soit il le fait, soit tu dénonce son « crime » - avoir forcé ta volonté dans le but de t'utiliser -, dans le fond, l'éthique des sorciers condamnent de tels actes, non ?

-Oh je vois: soit il fait mes quatre volontés, soit je porte plainte pour utilisation abusive de magie sur ma personne et viol de mon autodétermination par un sort de contrainte, sourit le Prince des Serpentards, détournant sa baguette de son lieutenant. Brillant mon cher, brillant !

OoooOOOoooO

L'attrappeur des vert et argent sourit, seul dans son dortoir, il venait de prendre sa revanche sur Blaise qui l'avait embringué dans cette histoire par ses propos subtils et insultants, jouant sur sa fierté. La grande scène du « Seigneur outragé » était un succès, en plus d'avoir remis son ami à sa place, elle lui avait permis de bénéficier gratuitement de l'aide du brillant cerveau de son camarade, lui offrant les moyens d'accomplir ses propres projets sur Son Balafré. Certes ils n'étaient pas lié par les liens du mariage, mais par une adversité sans faille et un serment magique aussi puissant.

Il était temps de mettre en place la contre-attaque: un plan en plusieurs étapes, le tout masqué par un joyeux chantage et une vengeance visible, dissimulant ses objectifs cachés, un jeu de poupées russes, un plan dans un plan dans un plan! Même si les premières couches seraient vite exposées, les plus profondes devraient rester inaccessibles, tout au moins jusqu'à l'accomplissement final.

OoooOOOoooO

Harry Potter, Sauveur du monde, Héros à plein temps, prenait son petit déjeuner le sourire aux lèvres: il avait senti les émotions perturbées puis amusées et ravies de sa némésis par le nouveau lien qu'il partageait avec lui. Il savait la coopération du Serpentard acquise, mais il s'inquiétait de la brusque jubilation en fin de soirée, à son avis cela sentait la mise en place d'une manœuvre « Malfoy », une histoire tordue à souhait comme seul son adversaire de toujours pourrait le gratifier. Et il souriait bêtement, car lui-seul pouvait faire sortir le meilleur et le pire de Malefoy, tout comme seul le Prince Sang-Pur pouvait provoquer ces mêmes réactions chez lui: il se devait d'admettre qu'il s'était lié plus étroitement avec le blond qu'il n'avait jamais voulu le reconnaître, jusqu'ici, et encore sans trop s'y attarder!

C'était ses réflexions où il savait occuper une place importante dans la vie de son ennemi, qui étiraient ses lèvres sensuelles en un doux sourire, faisant immédiatement frissonner cinquante pourcents de la Grande Salle, dans chaque esprit, du plus pudique au plus salace, retentissait cette supplique: « Ô Dieux, faites que je puisse un jour être la cause de ce sourire, si doux. Qu'un jour je puisse embrasser ces doux fruits au goût incomparable! ».

Inconscient des tourments provoquer par ses gestes innocents, le Gryffondor fut surpris par l'arrivée du courrier et surtout la présence blanche d'Hedwige, reconnaissable parmi les milliers d'autres oiseaux postaux. Elle portait une lettre émeraude entâchée d'une écriture argent, facilement identifiable: les volutes, la grâce et l'élégance naturelle qui la caractérisaient, signaient plus qu'aucun nom l'expéditeur de la missive. Le ton du message était poli, sans menace, complètement affable et dans le fond tellement innocent qu'il en était effrayant.

« Cher Potter,

j'ai visité ton œuvre hier soir, tu sembles me connaître mieux que je ne l'aurais cru. Ton message flamboyant me demandait comment je souhaitais travailler avec toi à ce charmant projet. Je te propose d'en discuter à la salle du trône dans le Palais de Givre, nous pourrons y être au calme, et sans témoin.

Ton associé, DM.

Ps: Merci pour la statue de l'archange, je suis ravi que tu me reconnaisses enfin à ma juste valeur. »

Un sourire ironique se peignit sur les traits bronzés du Survivant: il devrait lui dire que cette scène représente la Chute, et que l'ange devient démon par la volonté divine, un être sauvage et de pulsions . Il releva ses yeux forêts pour rencontrer immédiatement le regard azur, et avide, de son adversaire favori. D'un geste affirmatif, il confirma le rendez-vous au visible soulagement du vert et argent. Ce dimanche s'annonçait passionnant finalement !

Sitôt son estomac rempli, il retourna à son dortoir chercher les plans de son projet: il serait plus simple de discuter avec ses croquis, surtout que le Serpentard allait probablement chicaner sur tous les points, pour imprimer sa marque, avant de se diriger vers le lieu de la rencontre. Oui une rencontre, comme un match de Quidditch, où chacun tenterait de surpasser l'autre, un concours acharné qu'il escomptait remporter.

Il franchit rapidement les grilles, traversa prestement les allées et pénétra l'incroyable édifice, pour rejoindre en son cœur, la salle du trône. Dès les portes massives et finement ouvragées franchies, Harry put constater que son associé avait déjà sacrément travaillé: la salle vide ne l'était plus du tout. Un immense tapis aux motifs fabuleux entrainait le visiteur du seuil de la riche pièce jusqu'à l'estrade supportant les trônes , délicatement sculptés, en passant à travers une haie de chevaliers agenouillés. De grandioses tentures faisaient concurrence au tableaux de maître, parfaitement reproduit. Lustres de cristal, candélabres, torchères illuminaient l'ensemble d'une féérie lumineuse et colorée. Un orchestre de musicien de glace jouaient une divine symphonie sur leur instrument de neige. Des couples de danseurs en habits Grande Epoque – ce que ce diable de Malefoy pouvait avoir un goût sûr en matière de vêtements!- évoluaient gracieusement au son de la mélodie, sur les côtés de la salle, par delà les colonnades.

Le Serpentard trônait littéralement, attendant patiemment que son rendez-vous s'approche de l'estrade, aussi le garçon-qui-a-survécu reprenant contenance devant les splendeurs créées par sa némésis, s'avança sur le tapis moelleux, remontant la haie d'honneur des chevaliers. Ces statues qui semblaient si identiques au premier regard, s'avérèrent toutes différentes. Certes elles arboraient toute sans exception le visage de Harry Potter, mais chacune affichait une expression unique, un instant d'émotion du Gryffondor: joie, tristesse, peur, courage, envie, répulsion.... Et chaque émotion faisait face à son contraire, chaque paire formant une arcade pour le visiteur. Draco prouvait ainsi combien lui aussi connaissait son adversaire, tant dans ses attitudes corporels que ses sentiments. Le rouge et or comprit soudain la double insulte de son vis-à-vis: il se moquait de sa propension à vouloir secourir tous et tout le monde -comme un preux chevalier, aurait ajouter le Serpentard-, puis il surenchérissait en rabaissant le brun au rôle de serviteur tandis que lui occupait le trône. Heureusement qu'il avait enchanté l'un des deux royaux sièges pour son propre usage, de telle sorte que lui seul puisse s'y assoir , et que personne ne puisse le modifier avec un sort quelconque. Il ne voyait pas l'intérêt d'être collé à son trône jusqu'au dégel parce qu'un petit malin l'aurait maudit avec un maléfice de Glue Perpétuelle.

Quand il atteignit la première marche , défiant toujours Draco Malfoy, ce dernier le sourire éclairant ses traits aristocratiques – Dieu qu'il était à sa place sur un trône – condescendit à le rejoindre à mi-chemin des marches, un sourcil relevé, quémandant une remarque, n'importe laquelle.

_ Alors Malefoy, qu'as-tu décidé pour le projet? Demanda le plus neutrement possible le brun.

_ Nous allons travailler ensemble, étroitement, sur l'ensemble, cette salle n'est qu'un avant goût de ce que je peux faire, répondit aimablement le blond, son sourire toujours en place, narguant son camarade.

Harry était plutôt mal à l'aise devant ce Draco affable et extrêmement séducteur.

_ Mais! Enchaina celui-ci, j'ai aussi quelques exigences!

Sa némésis arqua un sourcil, restant silencieux, attendant la suite des événements.

_ Vois-tu, Potter, tu te doute que je ne peux tolérer la liberté que tu as prises en me jetant un Serment Inviolable. Je ne t'y ai pas autorisé et cela va à l'encontre de mon autodétermination. C'est selon l'éthique un viol mental, ce que tu as fait, et sur un Malefoy ça pourrait finir à Azkaban! Mais je suis d'humeur à te laisser te faire pardonner.

_ Tu veux dire que tu me veux dans ton lit, Malfoy, répliqua glacé le Gryffondor.

_ Ah oui ça aussi! Mais ce n'est pas ce que j'ai en tête! Contra le Serpentard. Oeil pour oeil, et dent pour dent, Potter. Je veux une compensation égale au préjudice que tu m'as fait subir. Vu que je ne peux rien tenter contre toi à cause du sort, j'exige la même chose pour toi.

_ Où veux-tu en venir?

_ Un vrai petit Gryffy, toujours droit au but

_ Abrège, Malfoy!

_ Nous allons devoir passer pas mal de temps ensemble pour ton projet, et je refuse d'être humilier par ta présence à mes côtés! Donc nous allons , pardon, JE vais te rhabiller: il n'est pas question que tu te trimballe dans mon entourage habillé comme le dernier des miséreux.

Un soupir de soulagement intérieur parcourut le corps du Survivant, si ce n'était que ça!

_ Ce sera tout? S'enquit-il prudemment.

_ Oh que non, Harry! Susurra son adversaire à son oreille, je te veux à mes côtés jusqu'à ce que cette histoire soit terminée: en classe ou aux repas, tu seras avec moi comme si tu étais mon petit ami.

_ JAMAIS !!

La musique cessa, les danseurs s'arrêtèrent et les courtisanes chuchotait derrière leur éventail, commentant la dispute de leurs seigneurs. Les murmures réprobateurs parcouraient l'assemblée de spectateurs. Les chevaliers se regardaient en chien de faïence, prêts à en découdre et à protéger leur roi, comme autant de pièces d'échec.

Draco saisit rapidement le Balafré et l'entraina dans une danse, lui murmurant à l'oreille:

_ Continuons dans une danse, sinon le mélange de nos magies risque de provoquer chez nos « sujets », des réactions plutôt déplaisantes.

En effet, chacun semblait au bord de l'agression ouverte sur le « royal » personnage qui osait s'opposer à leur seigneur respectif. Les paroles du blond n'était que du bon sens en cette occasion. Aussi le garçon-qui-a-survécu rentra dans le jeu de son partenaire, craignant que le vert et argent n'ait pris la même précaution que lui: faire en sorte d'être défendu en ce lieu par leurs diverses créations.

Dans les bras légèrement tremblant du Golden Boy, Malefoy frissonnait un peu, retenant un tremblement convulsif. D'abord, il se sentait divinement bien contre sa némésis et il ne pouvait rester indifférent à la douce chaleur contre son corps – Zabini avait raison, le corps de Potter était chaud et accueillant comme dans ses rêves les plus fous -; et ensuite, parce qu'il venait, à l'inquiétude de son vis-à-vis, de comprendre combien il avait vu juste: les soldats et la court les auraient réduits en morceaux, en tous petits morceaux, si leur prise de bec avait perduré.

Harry éclata de rire brusquement, à la stupeur et au ravissement du Serpentard.

_ Pourrai-je savoir ce qu'il y a de si drôle, Pott.... Potter? Acheva le blond, pestant intérieurement que le Serment l'empêche même d'utiliser ses mots mesquins et ses surnoms préférés pour son adversaire.

_ Rien! Absolument rien! Enchaina l'interpelé, rougissant furieusement.

Il était parfaitement adorable et sexy comme ça, et Draco sentit un bouffée de désir, vite contrôlée (il ne fallait pas tout gâcher pour un coup de sang, il avait tellement plus à gagner).

_ Ton sort m'empêche d'être moi-même Potter ! Énonça le Sang-Pur, ce n'est que justice que tu ne puisses être toi même. Je ne te demande pas de m'apprécier ou de coucher avec moi pour réparation, juste que tu restes dans mon entourage, tu ne pourras pas être ainsi comme d'habitude.

Et en le regardant franchement dans les yeux:

_ Et oui, Potter, vu que tu sais que je prendrai plaisir à ta présence à mes côtés, ce sera vraiment une punition pour toi. Je vais te laisser ce soir tranquille, que tu digères tout ça, tu recevras demain ta nouvelle garde robe, je t'attendrai au petit déjeuner à ma table entre Pansy et moi. Oh! Et après les cours je te ferai une vrai coupe de cheveux! Je tiens à ce que mon faux petit ami soit sexy, pour rendre tout Poudlard jaloux!

Et avec un baiser tendre sur les lèvres du Survivant, si rapide qu'il n'eut pas le temps de réagir, Draco Malefoy, Prince des Serpentards, quitta majestueusement son associé, complètement soufflé par tant d'audace, sous les regards envieux des courtisans de glace et de neige.

C'est un Sang-Pur, jubilant qui regagnait sa salle commune, quand son pendentif se mit à vibrer doucement, avant de laisser un chant joyeux, un chant de bienvenue, se manifester. Encore surpris par cette réaction, le blond ne réagit pas quand deux puissantes serres s'enfoncèrent doucement dans son épaule droite et qu'un bec effilé fourrageait dans ses cheveux soyeux.

_ Bonsoir, Goldensong! Murmura Draco, la voix rauque d'émotion: le phénix provoquait toujours ce genre cette réaction en contact avec lui, un immense bien-être, une joie profonde, et un sentiment de protection. Je t'ai manqué?

L'oiseau flamboyant se contenta de lisser son magnifique plumage, faisant rire son perchoir vivant, un rire chaud et doux, comme la caresse d'une plume. C'est ainsi que l'Héritier des Malfoy atteint son dortoir, racontant en confidence la merveilleuse journée qu'il avait passé à son ami à plumes.

Ses camarades de sixième année retinrent leur souffle au moment où la vision féérique de leur chef accompagné de l'oiseau légendaire, pénétra dans leur chambre. Crabbe et Goyle firent l'effort de rester sur leur lit, le regard polaire de leur Prince aidant beaucoup pour leur maîtrise. Seul Blaise osa s'approcher un sourire aux lèvres, ignorant la créature mythique, uniquement hypnotisé par le rayonnement joyeux de son ami.

_ Alors?

_ C'est bon Blaise! Potter et moi sommes parvenus à un accord. Oh! Gregory! Vincent! Demain et dans les semaines qui viennent le Survivant m'accompagnera durant les repas et dans nos moments libres, donc je compte sur votre vigilance pour empêcher quiconque de commérer ou d'être désobligeant avec lui. Particulièrement nos camarades de Maison! Je me charge personnellement des autres. Je file faire mes ablutions du soir à la salle de bain des préfets! Blaise, tu peux poster les trois lettres qui sont sur mon bureau: il y en a une pour Mme Guipure, un pour l'opticien M. Monokle et la dernière pour ton marchand de chaussures.

Zabini acquiesça et entreprit de s'exécuter aussitôt, tentant tant bien que mal de dissimuler un sourire narquois.

Draco prit ses affaires et gagna rapidement la fantastique salle de bain préfectorale, « son » phénix toujours sur l'épaule. Un fois plongé dans son bain, largement parfumé à sa parfaite satisfaction, le blond reprit son compte-rendu amusé à son ami flamme et or. Le calme du phénix contribuait pour beaucoup à détendre le Sang-pur, qui ne semblait pas gêner de l'intérêt poli que l'oiseau accordait à sa personne.

_ Veux-tu bien me chanter quelque chose, mon bel ami? Ta voix est si agréable et elle me fait tellement de bien, murmura l'homme.

L'oiseau pencha la tête de côté comme jugeant cette demande insolite, puis le chant léger et pur comme le cristal s'éleva. La mélodie s'amplifia quand le pendentif repris le contrechant de la musique, apaisant l'âme et le cœur du jeune Malfoy. Le récital enchanteur continua longtemps et le jeune homme s'endormit profondément, si profondément qu'il ne sentit pas un autre corps se glisser contre lui pour le bercer, le laver gentillement, puis le sécher avant de l'habiller et de le ramener à son dortoir. Seul le portrait de Salazar Serpentard remarqua le jeune brun qui portait l'élève endormi de sa maison, un brun qui lui intima le silence en Fourchlangue. Rassuré par l'autorité émanant de ce garçon qui parlait si bien le langage des serpents, le portrait se rendormit: les histoires des Fourchelangues ne regardaient que les Fourchelangues et non le communs des sorciers, même pas le directeur de la Maison – un Demi-Sang si ce n'était pas déjà assez outrageant-, ou encore le directeur de Poudlard.

Cette nuit-là, Draco Malfoy fit les plus beaux rêves qu'il avait jamais faits, cependant il ne comprit jamais comment il avait quitté son bain pour regagner son lit. Par contre, c'était un Prince impatient qui attendit son associé devant la porte de la Grande Salle pour le petit déjeuner: il voulait faire son entrée avec lui, pour donner une des plus belle représentation que Poudlard ait jamais connue. Enfin, sa némésis arriva, le rouge aux joues: les quelques retardataires restèrent bouche bée en l'apercevant. Ne lui laissant pas le temps de reprendre son souffle, le Prince des Serpentards rectifia la mise de son homologue Gryffondor, et le propulsa à sa suite par delà les portes.