Auteur: Alessan
Titre: Heart of Phoenix
Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling
Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut ce cacher derrière les masques affichés en public.
Note: J'ai mis mon autre fic en attente le temps de finir celle-ci, mais pour ceux qui lisent les deux, rassurez-vous je la finirai.
Remerciements: Merci à mes fidèles reviewers, j'espère ne pas vous décevoir avec ce nouveau chapitre.
Chapitre 8: Au travail.
Ne lui laissant pas le temps de reprendre son souffle, le Prince des Serpentards rectifia la mise de son homologue Gryffondor, et le propulsa à sa suite par delà les portes.
La Grande Salle habituellement encombrée d'un bruit de fond résultat des conversations assourdies des élèves et professeurs, auxquelles se mêlaient l'entrechoc de la vaisselle du petit déjeuner, se fit silencieuse, d'un silence admiratif et envieux, tous les regards embrassaient la paire nouvellement introduite. L'aura de beauté et de puissance contenue éblouissait tout le monde. Chacun détaillait les membres de ce couple improbable et choquant: que faisait le Prince Vert avec le Roi Rouge, habillés avec le summum de l'élégance ?
Si leur tenue respective respectait le règlement de l'école en préservant l'apparence de l'uniforme obligatoire, chemise blanche, cravate de Maison et robe de sorcier noire, personne ne pouvait douter que ce n'était que pure forme tant la qualité et la recherche de la vêture criaient son indépendance au conformisme scolaire anglais, moldu ou sorcier.
Le Serpentard portait une robe de sorcier taillée dans une soie arachnéenne, qui laissait transparaître son pantalon de flanelle gris perle. Sa chemise blanche était passepoilée d'argent, le col et les poignets finement brodés. Un blazer anthracite détourait la chemise, pour mettre en valeur la cravate verte et argent. Des mocassins italiens noirs parachevaient la silhouette aristocratique du blond, dont la progression, tel le serpent, se coulait par l'allée centrale en un ballet de mouvements ondulants: le Prince parfait du bout de ses ongles manucurés à ses cheveux d'ange.
Son homologue Gryffondor portait une robe noire, aussi arachnéenne mais beaucoup plus cintrée qui rehaussait sa stature puissante et ses muscles félins. Son pantalon , probablement de lin pur, arborait un douce couleur rouille, mise en valeur par son blazer d'or brun. Sa chemise par contraste à celle de son camarade était soutachée d'or, des broderies dans un style plus dépouillé mais néanmoins recherché, rappelaient des lions héraldiques. La cravate rouge et or se laissait oublier dans cette mise spectaculaire. Les mêmes mocassins, d'une teinte érable cette fois, complétaient l'ensemble. Cependant ce qui transcendait cette fabuleuse vêture, étaient les émeraudes farouches de son visage, dépourvues du rempart de verre que tout le monde associait invariablement au Survivant. La recherche de ses habits était l'écrin de ces yeux magnifiques et indomptables, sa peau bronzée accroissant leur luminosité. Au contraire de sa némésis, l'allure du brun était une ode à sa masculinité, un fauve en chasse, puissance physique contenue, la où le blond s'insinuait, lui il conquérait le terrain.
Attendant quelques instants que son camarade de jeu le rejoigne, Draco posait devant ses admirateurs, ses gestes graciles accentuant sa mise et son élégance. Une fois son félin domestique à sa hauteur, il lui prit le bras et le dirigea vers sa table à la stupéfaction de l'intégralité de Poudlard. Le couple royale acheva son trajet calmement, un sourire suffisant et un regard plus limpide qu'une mer tropicale pour l'un, un air de contrariété et les yeux plus profonds et plus sauvages qu'une forêt millénaire pour l'autre. Leur démarche l'un avec l'autre, le contraste de leur vêture, tout concourait à rehausser les qualités de chacun et la sensualité qu'ils émettaient.
En effet, les regards s'étaient fait concupiscents, les souffles rauques, les joues rouges. La pièce entière était remplie de pensées luxurieuses, de sourires contraints et d'élèves agités par la chaleur soudaine, ou l'étroitesse de leurs vêtements. Un immense soupir secoua la Grande Salle quand les objets de leurs désirs inavoués et inavouables prirent place sur le banc des Serpentards, enfin libérée de l'attraction impudique des deux élèves les plus sexy de l'école.
Malefoy jubilait, intérieurement, son sourire inchangé, se contraignant avec toute la discipline héréditaire à ne pas hurler ses droits sur le le sex-symbole, patiemment assis à ses côtés. Il lui proposa aimablement café, croissants, entretenant une conversation anodine et aimable avec l'objet de luxure qu'il avait façonné.
Harry devait aussi faire appel à des trésors de concentration pour ne pas montrer combien il était mal à l'aise avec ses habits moulants. Mais le pire était les flamboiements d'émotion du Sang-Pur: il passait d'une joie intense à une jalousie farouche, contenant difficilement un désir intense, purement sexuel. Ce lien ératique mettait à mal son contrôle, il risquait à tout instant de rire, d'incendier ou de violer la première personne à sa portée. Pourquoi Malefoy ne pouvait être aussi glacé que son masque habituel? Il n'arrivait plus à ressentir autre chose que les sentiments induits par le lien qu'il partageait avec celui qui lui devait la vie. Tout à son trouble, le Gryffondor ignora les personnes qui souhaitaient lui parler, n'accordant d'attention qu'à son adversaire de toujours, comme un petit ami, se rendit-il compte ensuite, car il ne pouvait porter son attention sur une autre personne que cette boule de nerf disciplinée qui se délectait de sa présence et de son apparence.
Ce matin-là, les cours de Poudlard commencèrent en retard, puisqu'élèves et professeurs ne pouvaient ni ne souhaitaient détacher leur regard de l'hypnotique brun, chacun s'interrogeant pourquoi il n'avait jamais remarqué auparavant sa présence, son charme et sa beauté sauvage. Seuls deux yeux bleus rieurs, cachés entre des rides de sagesse, semblaient insensibles à cette attraction sensuelle, une barbe blanche et fournie dissimulant le sourire associé.
La journée se déroula calmement, l'étrange association continuant d'attirer incompréhension, jalousie et commérages, particulièrement pendant les repas.
C'est un Draco merveilleusement comblé, qui mena son partenaire au Palais des Glaces. Un sourire, complice?, restait plaqué sur le visage de ce dernier, incapable d'empêcher la joie du blond de jaillir hors de lui.
_ Et bien! Que souhaites-tu faire ce soir, associé? S'enquit poliment le Serpentard.
Mais qu'avait-il donc à être si affable? Froid, oui; colérique, pourquoi pas; cynique ou mesquin, c'était normal; tortueux, c'était son deuxième prénom: Draco « Tortueux » Malfoy; mais gentil, attentionné, aimable, poli avec lui, non c'était définitivement pas naturel.
_ Eh bien, pourquoi ne pas utiliser tes bonnes dispositions pour s'occuper du Jardin du Printemps? Répondit le brun. Vu que les sorts sont liés aux émotions, tu me semble dans l'état requis pour faire un printemps inoubliable.
_ Tu sais déjà quelles fleurs tu désires?
_ Non, je te l'avais dit, tu es sans conteste un meilleur botaniste que moi. Je suis sûr que tu trouvera le type de plante et la composition qu'il faut.
Draco reprit son chemin vers le jardin vide, réfléchissant aux l'agencement floral qui pourrait s'accorder au thème de renaissance du Faune, de l'éveil de la Nature et de celui du désir, le faisant furieusement rougir. Allons voilà qu'il se comportait comme un Poufsouffle ! Fréquenter Potter d'aussi près en permanence commençait à d'éteindre sur lui! Tous ces bons sentiments, cette honnêteté, ce corps musclé, cette démarche féline.....
« Draco Malefoy, redevient toi même de suite, c'est Potter, ton ennemi, Saint Potty, Défenseur des Belettes et des Sang-de-Bourbes! » se morigéna-t-il. Il l'avait rhabillé pour le torturer LUI et non pas pour s'exciter comme une pucelle première année de Poufsouffle.
_ Potter, je vais avoir besoin de ta force magique!
_ Ah, tiens! Je vaux quelque chose maintenant! Répondit sarcastiquement le brun.
_ Je n'ai jamais insinuer que tu étais faible, juste incompétent et sans expérience, répliqua sournoisement le vert et argent. Allez! Approche-toi, prends ma main et tiens ma baguette pendant que j'incante!
Le Gryffondor rougit furieusement à la demande équivoque. Voyant l'absence de réaction du Balafré, le Sang-Pur le regarda, comprenant brusquement la gêne de son vis-à-vis; il reprit gentillement:
_ Voyons Potter! Cette baguette-ci ! - agitant devant le regard émeraude sa baguette magique-. L'autre, tu ne pourra l'avoir que quand nous serons plus intime, conclut-il à l'oreille de son camarade, sa voix soudain plus rauque.
Les doigts avides du Prince s'emparèrent de la main chaude et moite de gêne de Harry, pour la guider sur sa baguette, magique, emprisonnant sa propre main par celle de sa némésis, puis ses doigts inquisiteurs se retirèrent dans une douce caresse pour se glisser entre les doigts perturbés de l'autre main de l'attrappeur rouge et or, les serrant délicatement. La joie qui inondait son cœur ne connut plus de borne!
_ Desiderio Modelam!
À son invocation, drainant la force de Potter, les fleurs jaillirent, foison domptée, opulence de plantes moldues et sorcières: les narcisses chantaient avec les jonquilles, les tulipes posaient telles de végétaux mannequins, les crocus se mêlaient aux perce-neiges, des arbustes de fleurs délicates, inconnus du Gryffondor trônaient ça et là. Chaque feuille, pétale ou étamine étaient parfaitement sculptés, taillés ou agencés.
_ Lumina Interiore Revelo!
La lumière intérieure de chaque élément jaillit, colorant et illuminant de cette lueur féérique, qui avait fasciné Draco lors de sa première visite, l'ensemble de sa création. Ce n'était plus de simples sculptures, mais un véritable Hymne à la Vie qui s'étendant autour d'eux.
_ Jardin de Glace du Printemps Permanentia! Conclut-il drainant ses dernières forces ainsi que celle de sa némésis, pour rendre permanent sa magnifique création.
Les deux jeunes s'effondrèrent l'un contre l'autre, incapables de se détacher, leur énergie totalement consumée par la série de sortilèges qui venait de faire naître plusieurs hectares de fleurs en une seule fois. Ils reprenaient difficilement leur souffle, blottis l'un contre l'autre, toujours immobilisés par cette brusque faiblesse, réconfortés par la chaleur et la présence d'un humain.
_ La prochaine fois Malefoy, évite de tout faire en une seule fois! C'est humiliant de te coller comme ça! Reprocha Harry, la voix rauque de fatigue, et peut-être de gêne? Désir?
_ Si ça te perturbe, t'as pas besoin de te blottir contre mon corps sublime, contra Draco, sans son entrain habituel, l'épuisement se faisant douloureusement sentir. Vois le bon côté à ce rythme, on aura fini pour le week-end!
_ Si on ne meurt pas avant!
_ Ça ! Je veux bien te le concéder!
_ On a l'air plutôt idiot comme ça!
_ Hummm! Moi je suis bien, un superbe jeune homme me tient dans ses bras musclés, en plus je crois que je vais m'y endormir, murmura-t-il, joignant le geste à la parole.
_ Pervers! Rétorqua sans conviction le tout nouveau coussin du Serpentard.
_ Humm! Si tu le dis! Termina le blond avant de tomber pour de bon dans l'inconscience.
_ Pfff! Salaud! Et je fais quoi moi maintenant? Ajouta le garçon-qui-a-survécu dans un sursaut d'énergie dû à sa colère et à sa gêne. Profitant de cette maigre force, l'animagus se transforma et téléporta dans un dernier effort le blond dans son dortoir, où il s'endormit aussitôt lui aussi, les rideaux heureusement fermés.
OOOoooOOOoooOOO
La voix ronchonne de Ron tira Harry de son sommeil réparateur, dieu ce qu'il était bien ce matin dans son lit tout chaud.
Pourquoi la chaleur qui envahissait sa peau nue semblait-elle provenir d'une masse satinée, qui reposait sur son torse? Pourquoi une main brûlante maintenait-elle son épaule ? Pourquoi un souffle calme et sensuel se perdait-il sur son ventre? Pourquoi son sexe, ce traître, ce renégat, semblait-il sur le point d'exploser à cause de la présence rassurante qui partageait son lit? Pourquoi sa main gauche, insolente, s'égarait-elle sur cette délicieuse chute de rein? Pourquoi sa main droite, taquine, caressait-elle cette chevelure soyeuse et blonde?
« BLONDE?!? » réagit tardivement son cerveau, lent ce matin.
Il faillit hurler, mais une exclamation de ses compagnons de chambrée, le retint: au moindre, bruit de sa part les autres ouvriraient ses rideaux, découvrant l'impossible, l'innommable, le Prince des Serpentard tendrement endormi contre son homologue Gryffondor!
Saisissant sa fidèle baguette, le Survivant enchanta son lit, pour l'insonoriser et empêcher l'ouverture de son baldaquin, ses légers mouvements provoquant une réaction de rapprochement et de frottement chez son – son quoi, partenaire de lit ?- son adversaire, qui massa inconsciemment son érection douloureuse, infligeant une vague de chaleur et d'excitation dans tout le corps avide du Sauveur.
Réfléchissant frénétiquement, Harry remit en place les événements tortueux qui l'avaient mis dans cette situation gênante, délicieusement gênante.
« C'est la dernière fois que je me téléporte avec un passager quand je suis exténué! » se promit-il mentalement. Et comment s'étaient-il retrouvés nus dans son lit: son dernier souvenir les voyait endormis, habillés sur son lit!
« Si il fait ou dit quoi que se soit je le tue! » ragea-t-il, tandis que le bel endormi soupirait d'aise sur son merveilleux coussin. Arriverait-il à le ramener dans son propre lit sans se faire repérer? Un doux baiser, suivi d'un mordillement sur son téton gauche coupa instantanément toute pensée cohérente! La main qui squattait son épaule jusqu'ici, venait d'entreprendre un voyage tout en caresse et en effleurement vers le bas de son corps. Il ne réagit que quand celle-ci atteint son ventre où elle s'attarda un peu dessinant ses plaquettes de chocolat, avant de replonger plus bas encore.
_ Si ta main descend encore d'un cran, Malefoy! J'aurai un cadavre pour compagnon de lit, siffla-t-il honteux, sa voix froide charriant suffisamment de glaçon pour refroidir l'ardeur du blond. Et qu'est-ce que tu fous NU, DANS mon lit? J'avais réussi à te porter ici, HABILLE et SUR mon lit, puisque j'ignorais comment te réintégrer dans ton dortoir. Et aux dernières nouvelles, j'étais moi aussi habillé sur les couvertures, épuisé de ton transport.
Le Serpentard haussa les épaules conservant sa position sur le corps brûlant de son Gryffondor.
_ Je me suis servi d'un sort pour me déshabiller et je me suis glissé au chaud sous les couvertures. Je devais être trop crevé pour réaliser le sort correctement: au lieu de me mettre en boxer, j'ai dû nous dévêtir tous les deux, intégralemnt. En tout cas je pourrai me vanter d'avoir eu le Sauveur de l'Humanité et du monde sorcier dans mon lit!
_ Malefoy! (Nouvelle vague de froid ! nous craignons même actuellement une nouvelle période de glaciation!)
_ Eho ! Ça va! T'es plutôt mal placé pour me dire quoi que ce soit! Tes mains n'ont rien à foutre là où tu les as laissées à mon réveil! Et en plus tu râles depuis dix minutes mais tu n'as pas cherché à te dégager que je sache! Alors les sermons, tu peux te les foutre où je pense!
D'un mouvement brusque, le Survivant repoussa l'attrappeur des vert et argent, s'enroula dans une couverture et ajouta:
_ Parfait! Je vais me prendre une douche! Seul! Et quand je serai présentable, je te ferai sortir d'ici. Je te fais confiance pour rester caché: je doute que mes camarades soient ravis de voir émerger de mon lit, leur bête noire depuis cinq ans! Cingla-t-il.
Le programme fut respecté point par point, après que Draco ait pris sa douche chez sa némésis à qui il emprunta l'intégralité des affaires.
Les deux se rendirent maussades au petit déjeuner, malgré leur mise irréprochable et élégante comme la veille. Quand le rouge et or fit mine d'aller à sa table, un raclement de gorge lui rappela son obligation et il prit place à côté de Blaise en bord de tablée, pour éviter tout contact avec le chef de cette Maison.
Draco soupira, pourquoi un simple accident mettait-il en danger son plan soigneusement conçu? Son réveil avait pourtant été fabuleux, enchanteur, incroyable: il se blottissait contre un corps chaud, au parfum si bon, deux mains le caressaient amoureusement, l'une d'entre elle plus coquine flattait les courbes magnifiques de son arrière train. Il s'était laissé aller à cette douceur, ne cherchant pas à savoir avec qui il se trouvait.
« Menteur! Criait sa conscience, comme si t'avais pas reconnu l'odeur de musc et d'amande de Harry Potter! ».
Depuis quand sa conscience s'exprimait-elle? Un Malefoy n'a pas de conscience ! Son père aurait-il raison en l'accusant d'être la honte de la famille?
_ Ça va pas, Draco? s'enquit doucement Zabini.
_ Non!
_ Allez raconte!
Deux coudes, l'un venant de droite, l'autre de gauche percutèrent ses côtes, lui coupant le souffle.
_ OK, les gars! Articula-t-il péniblement. Je ne me mêle jamais des histoires de couple!
Déclaration qui lui valut deux nouvelles perforations de sa cage thoracique par deux coudes toujours aussi pointus.
_ Ça ferait presque plaisir à voir une telle entente, ajouta-t-il dans une dernière bravade, accompagnée de deux claques retentissantes sur l'arrière de son crâne.
_ C'est bon, j'ai compris! On change de sujet! Draco, t'as dormi où cette nuit? Je voulais te parler du devoir de potions mais tu n'es pas revenu de la nuit.
Interrogation innocente et malheureuse, qui lui permit de sa rapprocher de son assiette remplie de tartines à la confiture, un rapprochement incontrôlable et rapide, lui permettant d'avoir ses tartines plus proches qu'il ne l'aurait jamais souhaité.
_ Vu que tu viens de finir de manger, Zabini, je te conseille de filer, commença le Balafré.
_ Et comme tu manges comme un cochon, tu ferais mieux d'aller te laver le visage, persiffla son Prince.
Ils n'avaient vraiment pas le sens de l'humour ce matin, pire ils travaillaient ensembles et sans se consulter, de quoi effrayer toute personne normale et la plupart des autres. Seul le plus obtus des imbéciles les auraient contrariés encore une fois, et il se targuait d'être plutôt intelligent, avis que partageait la petite Granger, qui devait être la seule personne censée à par lui.
_ Va chercher tes affaires, Malefoy, j'ai pas envie d'être en retard en cours de Potions. Je t'attendrai à ta place habituelle, comme de droit, mon cher petit ami.
Et sous les regards effrayés, et envieux, le Golden Boy embrassa sa némésis, d'un baiser sauvage, sans tendresse, un baiser conquérant, qui anéantît toute résistance de son partenaire, un baiser violent et punitif, qui se termina par une morsure douloureuse, marquant la lèvre inférieure du blond. Sans un mot, la bombe brune quitta la salle dans un silence mortel, le seul qui échappa à cette vision perturbante ce fut Ronald Weasley, qui avait perdu connaissance aux mots « petit ami ».
Quand Draco arriva en cours de Potions dans les cachots, tout le monde était déjà installé, fixant le dos de Potter, qui lui ignorait tous les autres. À peine installé, son parrain et directeur de Maison fit son entrée tempétueuse: il était encore sous le choc, du viol de la bouche de son filleul par ce damné Survivant, son épine personnelle, sa malédiction. Comment osait-il se conduire ainsi, sans pudeur, sans respect devant toute l'école assemblée? Et Draco qui l'vait laissé faire! Un comble ! Salazar Serpentard devait se retourné dans sa tombe! Un Gryffondor capable de dompter un Serpentard! Un cauchemar!
_ Aujourd'hui, examen surprise: Potion notée, vous travaillez avec votre voisin de table! La potion et ses ingrédients sont disponibles sur le tableau. Vous avez deux heures, nous testerons votre réussite la semaine prochaine après que votre préparation ait fermenté sept jours et sept nuit sous les éléments.
Draco leva les yeux et lut les instructions: Réaliser la Potion du Coeur Anima, cette potion permet de donner à un corps humain la capacité de prendre sa forme animale pendant 1 heure.
« Et combinée aux enchantements appropriés, elle transforme un sorcier en animagus » ajouta mentalement le blond.
Son partenaire avait déjà ramené les ingrédients et commencé la préparation.
_ Qu'est-ce que tu fout, Potter! Il faut broyer les glands pas les éplucher!
_ En fait, une fois épluchés, tu réduit l'écorce en poudre et l'amande en fines lamelles, ça permet d'accroître la force de la potion et de réduire le temps de macération. Combinée à des runes de puissance, et convenablement enchantée, la potion permet de faire un animagus féérique.
_ Qu'entends-tu par « féérique », Potter?
_ Le terme me semble pourtant compréhensible, même pour toi, cher associé. Tu veux tester? Conclut-il un sourire angélique étirant ses lèvres pleines. À moins que t'aies la trouille, Malefoy!
_ Pff, tu ne saurais même pas effectuer l'opération que tu viens d'évoquer!
_ Mais oui, ma petite fouine trouillarde, si tu le dis! Moi qui voyait en toi un maître des coups en douce, le Prince des Profiteurs, je suis déçu que tu ne saisisse pas cette occasion unique!
_ Je détournerai l'attention pendant que tu feras les opérations! Cracha le blond.
_ Laisses-moi préparer tous les ingrédients, il me faut aussi un couteau d'argent pour émincer les cœurs de caméléon, et le double de lavande pour une révélation plus profonde des choses cachées. Tourne trois fois dans chaque sens chaque fois que j'ajouterai un ingrédient. J'aurai besoin de 10 min pour les runes, quant aux enchantements je prendrai ta force comme tu as pris la mienne dans le Jardin. La semaine normale devrai alors suffire pour compléter cette potion.
Le Serpentard échauffé par les insultes, insinuations et la suffisance de son partenaire, ne pouvait que collaborer pour mieux rire de l'échec du Survivant.
_ Et si tu échoues, comment comptes-tu sauver ma peau?
_ Je te parie que tout se passeras parfaitement !
_ Oh, un pari? Et qu'est-ce que j'y gagne ?
_ Si je réussis, tu seras un animagus , ça me paraît déjà pas mal! Mais en plus, tu devras passer une semaine habillé aux couleurs de ma Maison.
_ Vu que j'y risque ma santé dans cette affaire si ce n'est la vie, j'exige la permanence de notre contrat actuel en cas d'échec! Donc je te préviens, tu t 'engages par là, à m'épouser, puisque la permanence « d'être un petit ami », c'est « être un époux ».
_ La confiance règne! Et tu ne doutes vraiment de rien, Malfoy! Mais comme je ne peux pas échouer, j'accepte! Bien sur si la Potion était trafiquée, le pari serait nul et non avenu!
Au milieu de la préparation, Potter saisit la main de sa némésis, et murmura ses sortilèges drainant Draco de ses forces. Puis quand il ne restait que les runes à ajouter, il demanda au Serpentard de distraire le professeur Snape. Aussi le blond s'approcha-t-il de son parrain.
_ Pardon, Professeur, je ne me sens pas bien, auriez-vous une potion énergisante? Je crois d'avoir beaucoup usé mes forces dans les exercices de ces derniers jours!
_ Vous êtes effectivement bien pâle M. Malefoy!
Plaçant sa main sur le front de son élève, Sévérus Snape examina rapidement celui-ci.
_ Venez dans mon bureau quelques instants, que je vous ausculte mieux voir si vous ne devriez pas aller voir l'infirmière.
Dès que la porte se fut refermé, Harry incanta les runes: Pachad, la transformation, Zakaï, la pureté, Meborack, la force, Binah, la sagesse, Geburah, la puissance magique et Kether, Celle qui contient Tout. La dernière rune plongeait dans la solution la teintant de la couleur argent requise, bien que les tourbillon dorés ne devrait point s'y trouver, que Snape et Draco reparaissaient dans la salle de cours, le second beaucoup plus en forme qu'à son entrée.
Profitant de l'inspection du maître de Potions dans le fond de la classe, le Garçon-qui-a-survécu attrapa un gros flacon, mis à sa portée par un « Accio » informulé et parfaitement maîtrisé, qu'il remplit de deux bonnes louches de sa composition, au cas où Snape remplacerait la sienne, si il venait à découvrir qu'il l'avait trafiquée. Il ne lui restait plus qu'à l'exposer à l'air libre pendant une semaine, et rirait bien qui rirait le dernier.
