Auteur: Alessan

Titre: Heart of Phoenix

Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling

Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut ce cacher derrière les masques affichés en public.

Note: J'ai mis mon autre fic en attente le temps de finir celle-ci, mais pour ceux qui lisent les deux, rassurez-vous je la finirai. N'hésitez pas à me demander dans vos reviews ce qui vous intrigue, comme Sahada ne s'en prive jamais ( et ce n'est pas la seule ^^).

Remerciements: Merci à mes fidèles reviewers, j'espère ne pas vous décevoir avec ce nouveau chapitre. Merci Nicolina de l'honneur que tu me fais en me mettant dans tes auteurs favoris, chuis tout émuuuuu ;-) .

Chapitre IX: Le Jardin de la Colère

Qu'est-ce qui avait encore pris à Draco? Pourquoi accepter ce pari ridicule, comme si ce coltiner le Balafré jusqu'à la fin de son projet, n'était pas largement suffisant? Certes il avait prévu une revanche complète sur lui, mais cette nuit avait chamboulé ses convictions: être le premier garçon à mettre le Survivant dans son lit, et le jeter ensuite, voilà quelque chose qu'il ne pourrait pas terminer car si il réussissait à initier le brun à ces plaisirs, il savait qu'il ne pourrait plus s'en séparer! Et voilà qu'il tentait de l'épouser, non par un véritable intérêt mais pour un putain de gage! Qu'es-ce qui n'allait plus dans sa tête? Était-ce par ce qu'il avait passé la première nuit sans cauchemar depuis qu'il avait six ans? Ou par ce qu'il avait eu envie de faire l'amour à Saint Potter au réveil? Il était maudit depuis que ce fichu phénix lui avait sauvé la vie! Il n'était plus capable de dissimuler ses sentiments comme avant! Et il y prenait du plaisir, à ce savoir capable de les ressentir! Avait-il jamais été vivant avant toute cette histoire? Et dire qu'avec tout ça il n'avait même pas lu le livre sur les phénix!

Et dans deux heures, il devait retrouver sa némésis pour finir son Palais des Glaces! Et dans une semaine, il devrait boire la potion de Potter! Merde! Et si ça marchait? Le Gryffondor avait accepté de se marier sans sourciller ! Il était diablement sûr de lui! Donc si cette saleté de potion fonctionnait, deviendrait-il un Animagus? C'était aussi simple que ça? Tu bois une potion et c'est fini? Il demanderait à Zabini à la première occasion! Dans quoi il allait encore se fourrer? Il avait échapper de justesse à l'esclavage des Mangemorts, destin tracé par son si « honorable » père, ce n'était pas pour perdre sa liberté toute neuve, se faire ficher par le ministère ou passer la bague au doigt de son seul ennemi, super comme choix!

Soit il trichait ou s'arrangeait avec son parrain pour la potion, et il épousait Potty; soit il buvait une potion dont il ne connaissait pas les effets, au risque de mourir, et il devenait un Animagus « féérique » selon le Maître de la Survivance, qui réussissait à peine ses potions les trois premières années à Poudlard. Il ne pouvait pas avoir fait de tels progrès, qui auraient échappé à Sévérus! Mais d'un autre côté Blaise ne mentait jamais sur les capacités qu'il observait chez les autres!

Et ça faisait deux heures que ses devoirs n'avançaient pas! Il était temps d'aller manger un diner bien chargé, ce n'était pas avec ses activités qu'il risquait de grossir!

Heureusement, qu'il avait soutiré six autres potions énergisantes à son parrain, il pourrait ainsi éviter de se retrouver au point que Potter doive le ramener dans sa chambre! Pourquoi en revenait-il encore à Potter? Potter ci, Potter ça, Potter fait ci, Potter fait ça! Et en plus, il l'attendait à la table des Serpentards: il respectait sa parole de jouer les petits amis! Ah oui, et cette histoire de hurler dans la Grande Salle, qu'ils étaient en couple! Ils devaient faire semblant, laisser courir des rumeurs, la plupart contradictoire, que les gens se pausent des questions, qu'ils soient déstabilisés! Mais non, le grand Harry jouait son rôle jusqu'au bout – quoique pour un Gryffondor, il n'aurait pas pu en être autrement – et il se permettait de l'embrasser devant tout le monde ! Et il avait aimé ! Aimé sa force, aimé sa rage, aimé sa virilité! Par Merlin et Morgane réunis, pourquoi son meilleur ennemi ne pouvait pas rester son ennemi justement! Et par dessus le marché, ce fichu Balafré semblait lire en lui comme dans un livre! Comment arrivait-il à savoir ce que LUI, Draco, ressentait, alors qu'il ne se départait pas de son masque d'impassibilité ?

Arrivé à côté de l'objet de ses pensées, le Sang-Pur s'installa et attrapa le visage que sa némésis avait tourné vers lui, haussant un sourcil interrogatif, puis l'embrassa furieusement! Œil pour œil, dent pour dent, alors baiser pour baiser! Mais son baiser se voulait glissant, infiltrant comme le serpent, un baiser pour perdre son adversaire, un baiser langoureux qui lui mette le feu, un baiser profond qui abattrait les défenses de son frigide partenaire, un baiser qui lui donnerait envie de continuer, un baiser pour lui dire, que lui au moins aimait l'autre.

Car dans le fond, c'était là le fond de son problème: il avait jouer avec le feu et il s'était fait consumé! Oh il n'était pas prêt à l'avouer ni à Blaise, et encore moins à l'objet de son désir, mais il acceptait de le reconnaître pour lui-même, juste pour lui. Encore quelques semaines et il serait libre, libre de pleurer, libre d'oublier cet amour impossible, cet amour tordu et à sens unique. Le baiser se fit alors désespéré, mouillé, non par la salive échangée, mais par une marée salée, qui coulait à flot de deux lacs gris, deux yeux embrumés par un orage intérieur. Le blond s'accrochait de toute son âme aux lèvres de son adversaire, de peur de mourir, de peur d'être seul encore, de n'être que ce petit garçon de six, que son brave père avait éduqué à coup de « Doloris », de privations et de cadeaux, comme on dresse un chien par punition/récompense.

Deux mains le saisirent doucement par les épaules, le serrant fort, promesses de protection et de réconfort, deux mains compatissantes qui déposèrent sa tête douloureuse sur une épaule ferme, deux mains délicates qui le caressèrent, massant gentiment son cou et ses cheveux, deux mains qui apaisaient son cœur meurtri, son âme blessée, deux mains qui répandaient un merveilleux parfum de musc et d'amande, tout comme l'épaule et le torse accueillant, une odeur suave qui chantait la sécurité, des notes viriles qui enchantaient ses sens.

La dernière chose qu'il perçut avant de perdre connaissance, était une lamentation incroyablement triste, un chant qui émanait tout autour de lui.

OoooOOOoooO

Ron venait de subir son deuxième choc de la journée: non seulement Harry, son meilleur ami, contre lequel il était toujours fâché pour ce qu'il lui cachait ces derniers temps, venait ENCORE d'aller s'installer à la table maudite, puis la fouine blonde l'avait rejoint et l'avait embrassé – heureusement qu'il avait eu la journée pour digérer l'information comme quoi Malefoy et lui était ensemble – mais là, voir le chef des serpents rouler le patin le plus dément qu'il ait jamais vu à son meilleur ami, c'était ….......c'était.........écœurant.........répugnant........ et pourquoi une forte chaleur se concentrait-elle dans son bas-ventre?

Le Prince des Serpentards venait enfin de relâcher la bouche sur laquelle il semblait soudé, mais il semblait étrange, le brun venait de le prendre dans ses bras et le.......consolait ? Quand une lueur rouge-orangée commença à les masquer, comme une tornade de flammes, un brasier intense, ils étaient isolés, coupés du monde, les deux seules créatures qui ne semblaient pas inquiètes était le professeur Dumbledore et son phénix Fumesec, qui était apparu de nul part au moment où l'étrange phénomène avait commencé. Il avait chanté une mélodie triste à en mourir, une musique déchirante qui l'avait retourné. La tempête volcanique s'était soudain contractée, puis étendue avant d'imploser dans un souffle fantôme, une détonation qui avait fait vomir pratiquement tous les élèves, une attaque sonore et émotionnelle qui lui avait donné envie de pleurer, et il pleurait sans pouvoir se retenir. Là où se tenaient auparavant les deux Rois de Poudlard, il ne restait qu'un petit tas de cendres.

OoooOOOoooO

La première chose qu'il aperçut en se réveillant, ce furent deux magnifiques gemmes de jade aux mille et un reflets, un voile d'inquiétude palissant leur émeraude habituelle. Il était allongé, nu face à celui qui venait de le consoler chaleureusement – ça il s'en souvenait parfaitement, ces douces caresses, ces mots rassurants, cette merveilleuse odeur de musc et d'amande-, oh il s'en souvenait si bien que la perfection de ce moment provoquait une chaleur intempestive dans son bas-ventre et s'il ne trouvait pas immédiatement un autre sujet de préoccupations, cela allait devenir gênant, extrêmement gênant, surtout que ce regard plus profond que les plus anciennes forêts continuait d'éveiller chez lui ces étranges sensations.

À force de volonté, Draco réussît à abaisser son regard du visage inquiet de sa némésis, pour dériver sur les muscles athlétiques, la peau bronzée, jusqu'à constater avec stupeur que son vis-à-vis était aussi nu que que lui , et quelle nudité, oh dieux bienveillants, quelle générosité dans les proportions, fichtre il lui fallait remonter ses yeux et cesser de fixer impudiquement ce qui s'annonçait comme la plus intéressante découverte sur le compte du Gryffondor: si jamais il obtenait de lui ce qu'il désirait maintenant ardemment, il y avait la matière à le repaître de plaisir, lui offrir des billets sans retour pour cette fabuleuse destination que l'on nomme le septième ciel.

Malheureusement s'égarer sur ces découvertes majeures, avait l'effet contraire de l'intention initiale: son corps était parfaitement éveillé, brûlant d'expérimenter les promesses de ce corps magnifique qui lui faisait face avec nonchalance et décontraction, rendant sa silhouette pareille à un fauve au repos, toujours vigilant, prêt à bondir tant pour jouer que pour frapper un coup mortel – qu'il était virile ainsi offert, à son regard enfiévré!-. Heureusement que les préoccupations du brun ne lui avait pas permis de constater son état physique si tendu.

_ Où sommes- nous, Potter? Qu'est-ce qu'on fiche ici? Questionna-t-il la voix rauque, d'avoir pleuré, seuls ses pleurs pouvaient avoir rendu sa voix aussi rauque. Bien qu'un Malefoy ne pleure pas, évidement, seules des larmes devaient justifier une voix éraillée et non le désir de batifoler avec Harry James Potter, Golden Boy et Sex-Symbole – et quel sexe, oups!-.

_ Eh bien à vue de nez, nulle part! Il n'y a qu'une immense sphère de flammes autour de nous, mis à part le médaillon que j'ai sculpté pour toi, qui semble se maintenir au centre dans une sphère rubis! Répondit le Survivant, suivant du regard ce dont il parlait.

_ Et ?

_ Et j'ignore pourquoi et comment on est arrivé ici, de plus aussi dénudés que le jour de notre naissance. Oh fait! joli tatouage, Malefoy!

_ Je n'ai pas de tatouage, Potter! Je n'irai jamais défiguré mon corps avec de stupides dessins!

_ Ah! je suppose que ce petit phénix tatoué sur ton cœur est juste le produit de mon imagination. Je devrais aller consulter madame Pomfresh dès que possible alors, parce que pour t'imaginer là nu, devant moi, je dois être furieusement dérangé! Ironisa l'attrappeur rouge et or.

Devant l'insistance du brun, le Prince des Serpentards inspecta son corps aux proportions élégantes – et désespérément tendu – pour devoir convenir qu'il portait effectivement une représentation aux couleurs chatoyantes et métallisées, de l'oiseau légendaire sur son cœur.

_ C'est toi qui...

_ Non, Malefoy! Mais tu devrais savoir qu'on ne fréquente pas un phénix impunément!

_ Comment ça?

_ Dis donc, c'est toi qui emprunte le livre sur les créatures mythiques et c'est à moi de te faire la leçon?

_ Comment tu sais que j'ai ce livre?

_ Tu deviens énervant, Malefoy! Gronda le Gryffondor. Alors premièrement, oui je sais que tu fréquente un phénix, j'ai trouvé une plume après t'avoir rendu le médaillon de Salazar, donc je sais que l'oiseau qui l'a fait tombé est un phénix. Deuxièmement, j'ai voulu me renseigner sur ces créatures pour connaître les possibilités de la plume, mais madame Pince m'a dis que TU avais pris le volume les concernant. Troisièmement, je sais que les phénix tissent des liens avec certains sorciers, mais j'en ignore la nature ni les capacités. Ça te suffit?

_ Et pourquoi tu penses que je suis lié, comme tu dis à un phénix? Reprit le blond pour se donner le temps d'assimiler le raisonnement du jeune homme – beau comme un dieu!

« Grrr Draco calme toi! » se morigéna le blond.

_ Oh! Une intuition: peut-être avec les flammes qui nous entourent, le pendentif fait dans la plume dudit phénix,qui reste inaccessible au centre de cette prison, ou encore parce que tu arbores fièrement un tatouage de l'oiseau en question sur ton cœur, tatouage dont tu semblais ignorer l'existence, ajouterais-je.

_ Je gngngngngngngngnng.

_ Répète! Je n'ai rien compris! S'il te plait, ajouta-til devant le regard orageux qui le fixa soudain.

_ Je disais que je ne l'avais pas lu!

_ ET MERDE! Ragea le garçon-qui-a-survécu, colère qui allumait des étincelles dans ses yeux et qui irradiait dans son corps, démontrant une énergie que le Serpentard aurait bien utilisé dans d'autres activités.

_ Tu as dit que tu connaissais un peu les phénix, tenta l'attrappeur vert et argent, pour divertir sa némésis, car s'il continuait à s'exciter ainsi, il allait lui sauté dessus, faisant fis de ses intentions premières.

_ Humm, pas grand chose. Ils ont le pouvoir de guérir, de se téléporter, et leur chant peut guérir l'esprit ou l'âme, c'est tout ce dont je me souviens pour le moment.

_ Guérir? Par le chant? Avant qu'on arrive ici je me rappelle avoir entendu un chant, c'était la voix d'un phénix, j'en mettrais ma main au feu!

_ Ça peut s'arranger! Tends la main vers la barrière !

_ Très spirituel, Potter! Mais si tu veux sortir d'ici, il va falloir être plus coopératif!

_ Ah, parce que je n'ai pas encore été assez coopératif? T'es encore en vie que je sache! J'aurais pu abuser de ta situation tandis que t'étais inconscient, j'aurais pu me taire et ne pas répondre à tes questions!

Alors que l'Animagus s'échauffait de plus en plus, la température et l'intensité des flammes firent de même, incommodant fortement le blond, qui était recouvert d'un voile de transpiration, lui qui ne transpirait pratiquement jamais.

_ Assez! J'ai compris! Calme-toi! On dirait que ce lieu réagit aux émotions, en tout cas aux tiennes au moins!.............. Pourquoi as-tu fait ce pendentif au fait?

_ …................

_ Oh allez , c'est peut-être à cause de lui qu'on est ici et si on veut s'en sortir...

_ .....................pour.....t'impressionner.... et que tu travailles avec moi sur mon palais

_ …...et pourquoi tu l'as crée avec la plume, c'est quand même un objet magique puissant une plume de phénix?

_ Je sais pas trop, j'ai fait avec ce que j'avais sous la main. Et pis, je croyais qu'un pendentif vivant serais plus facile à créer avec la matière du sujet comme matériau de base.

_ Et ça l'était?

_ De quoi?

_ Ben plus facile!

_ Oh oui! Le lien mystique entre l'image et l'objet renforce les sortilèges que j'ai créés.

_ Tu crois que le pendentif à pris certaines capacités de sa version grandeur nature?

_ Possible, dit-il en haussant les épaules. Il chante bien comme un vrai! Il peut vouloir faire comme le phénix qui t'a lié.

_ C'est à dire?

_ Te sauver corps et âme! Répondit aussitôt le Gryffondor, un sourire étirant brusquement ses lèvres. Tu semblais désespéré à table,....après..........après que tu m'aies embrassé ….comme tu l'as fait, aussi....heu.... intensément.

* soupir *

_ ….....pourquoi tu.....pourquoi tu m'as embrassé comme ça? Je sais...que tu veux …;que tu désires couché avec moi.......mais c'était autre chose hein?

Draco dévisagea intensément le Survivant avant de répondre, cherchant dans l'attitude de l'autre un indice sur ce qu'il voulait.

_ Tu m'avais bien embrassé !

_ Pas comme ça, pas tendrement!

_ Oui c'est la différence: toi tu voulais me blesser, moi je voulais te faire ressentir une part de moi que tu ignores.

_ Et du coup, j'étais tellement nul que t'en as pleuré de désespoir, piqua-t-il.

_ Au contraire, Potter, au contraire! Tu as été fabuleux, passionné, je me suis senti aimé pour la première fois, c'est ce que j'ai découvert: j'ai toujours été seul, je me suis souvenu de l'éducation de mon père, pour être un bon Malefoy.

Le regard du blond s'était de nouveau fait lointain à ces souvenirs, revivant intensément ses souffrances passées mais jamais oubliées. Voyant la détresse, la fragilité du mince Serpentard, Harry s'approcha vivement et le reprit dans ses bras pour le consoler de nouveau.

Quand le vert et argent se fut un peu repris, le brun lui murmura gentiment à l'oreille:

_ Il paraît que les blessures de l'enfance sont les plus profondes, Draco, et les tiennes nous ont sans doute conduits ici. Tu saignes toujours intérieurement! Il est temps pour toi de guérir d'extérioriser tout cette rage et cette colère qui viennent de la façon dont tu as été maltraité.

_ Je n'ai pas.....

_ Ne me mens pas , pas ici! Regarde le pendentif, il pulse différemment quand tu dis ce que tu as sur le cœur. On a été amené pour te guérir, pour que tu sois libre de ces tourments.

Alors le blond parla, il raconta comment depuis ses six ans son père avait pris son éducation en main, éloignant sa mère, qui n'osa jamais lui tenir tête même pour son fils, son seul enfant, comment il le punît avec le fouet pour chaque écart de langage, avec des « Doloris » chaque fois qu'il faisait un bêtise infantile, les jours et les nuits de privation, attaché seul dans les sous-sols, parce qu'il avait tenu tête, et mille autre horreurs qui plongèrent le Gryffondor dans une rage noire. Concentrant cette violence sur les flammes, il sculpta des plantes torturées, épineuses, ou carnivores, qui s'attaquaient à autant de Lucius que son imagination arrivait à imaginer pour achever la vie du Mangemort, des arbres qui l'écartelait, le pendait, plantes vampires qui s'infiltraient jusqu'à son cœur noirci comme un charbon, pour dérober le poison que véhiculaient ses veines. Cela dura longtemps, aussi longtemps que le récit immonde, rapporté d'une voix blanche.

Quand il ne resta plus que des sanglots, Harry, le cœur légèrement apaisé, berça dans ses bras celui qui occupait ses pensées ses derniers temps, et il chanta, chanta et chanta encore jusqu'à ce que son protégé s'endorme contre son corps, jusqu'à ce que sa voix s'éteigne de fatigue, jusqu'à ce que lui aussi s'endorme, son précieux fardeau contre son cœur, son cœur de phénix.

C'est le froid soudain sur son corps nu, seulement réchauffé par le contact d'un autre corps contre le sien, un corps mince et pâle, un corps d'une beauté aristocratique, fragile, un corps couronné d'une auréole de cheveux blonds, un corps qui resserra son étreinte pour mieux profiter de la chaleur et du réconfort. Avec précaution, le Sauveur du monde magique regarda où il se trouvait: la statuaire du combat du Jardin d'Hiver lui en fourni la réponse. Mais il avait changé!

Les parterres étaient occupés, tous sans exception par des fleurs, des arbustes fait de flammes gelées, tout n'était que souffrances et colères, répétées en d'infinies variations. Chaque jardinet voyait une silhouette humaine torturée: qui contre un arbre étouffée par des lianes voraces qui s'introduisaient dans ce corps sans résistance, se nourrissant de sa substance; dans celui-ci, des gueules-de-loup déchiquetaient inlassablement dans un ballet affamé la forme humanoïde d'un bleu de glace; dans celui-là, un buisson de ronces épluchait sa victime, faisant jaillir des traînées bleutées; dans cet autre, la victime était transformée en un élégant pot de fleur pour d'immense orchidées de feu et de glace. Tout le jardin s'animait au gré des fluctuation des ombres portées par les flammes vivantes de chaque plante. Seules les prisonniers apportaient leurs touches de bleu, bleu marine, bleu glace, bleu azur, bleu roi, ou encore un bleu si pâle qu'il en était quasiment transparent. La vue de sa rage au récit du blond effraya le Gryffondor, car elle était étalée sous ses yeux incrédules, rage meurtrière, colère froide, vengeance innommable. Comment pouvait-on torturer un enfant, un innocent de cette manière? Comment un père pouvait-il infliger cela à la chair de sa chair, le sang de son sang? Les plantes tigrées, les gueules de loup et toutes les plantes animales, sorcières se mirent à entonner son chant de réconfort. Après la violence, la paix et la guérison des blessures survenaient. Tout était pardonné, pansé, guéri, et à la fin de la douce mélodie, la punition reprenait comme dans le Tartare, où les morts payaient éternellement leurs péchés.

S'emparant du corps inconscient, le garçon-qui-a-survécu se traina jusqu'au palais de glace où les feux pourraient les réchauffer, où ils pourraient trouver de quoi couvrir leur nudité. La seule chose qui restait était Minisong endormi au coup du Serpentard. Il gagna la chambre royale qu'il avait terminé avant que Malefoy ne se joigne à lui: un immense lit à baldaquin trônait au centre avec deux petites tables de nuit, d'une facture exquise, des tableaux champêtres décoraient les murs, d'épais et moelleux tapis recouvraient le sol, une fourrure d'ours polaire s'étendait devant le large foyer de la cheminée, où brasillait un feu de joie capable de chasser le froid de leur corps et de l'extérieur. Se dirigeant vers un meuble-bar, Harry rapporta un whisky pur-feu, qu'il avait transfiguré à sa dernière visite, avec une paire de verres en cristal pour réactiver sa circulation et celle de son blessé.

Une fois la boisson parcourant son être dégivré et celui de son compagnon d'infortune, il s'allongea à côté du blond sur la peau d'ours, se dorant aux flammes, profitant de la douceur de son corps endormi et de sa chaleur, savourant chaque instant comme un bonheur ineffable. Se concentrant, il appela sa baguette grâce à sa magie brute, informulée, espérant qu'elle n'avait pas été détruite, et ce dernier effort, finalement couronné de succès, lui coûta ses dernières forces. Il s'endormit, blotti contre son ennemi, le foyer accordant suffisamment de chaleur pour qu'ils n'aient besoin de rien d'autre, pour le moment, et trop fatigué pour trouver incongrue sa façon de se coller à sa némésis comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Il faisait encore nuit quand quelque chose le réveilla, un bruissement d'aile, un doux roucoulement et de petit coup de bec tendrement portés sur sa joue. Fumesec le regardait gentiment, s'assurant qu'ils allaient bien tous les deux.

_ Rassure Dumbledore, Fumesec! On va bien, épuisés mais en bonne santé, enfin je crois. Si tu pouvais nous rapporter des couvertures se serait gentil et paraît. Il ne sentit même pas le retour de l'oiseau légendaire, ni les couvertures déposées sur leur corps endormis et emmêlés. Et pour la première fois de sa vie, Harry Potter dormit magnifiquement bien, sans aucun rêve troublant, se sentant enfin chez lui en famille, entouré d'amour, apprécié pour lui et non pour l'image du héros.

Loin de là, dans une maison obscure, avec ses serviteurs dans les autres pièces, un homme ou du moins ce qu'il en restait, vécut la pire nuit de son existence, torturé par une douleur abominable que même l'expérience de sa mort ou celle de sa demi-vie n'avait jamais égalée. Il hurla, pleura de souffrance, une indicible agonie déchirant tout son être, plongé dans un enfer personnel, lui qui ne craignait rien si ce n'est un jeune garçon qui lui échappait encore et toujours. Et en cette nuit terrible, ses serviteurs se cachaient car la douleur de leur maître finiraient par leur retomber dessus, comme si en se déchargeant sur eux il allégeait sa propre souffrance. Pour cette maisonnée, cette nuit fut la plus longue et la plus terrible qu'elle n'ait jamais vécut, celle dont on se souvient, toujours et encore, quoiqu'il arrive, craignant qu'elle ne puisse se reproduire.