Auteur: Alessan
Titre: Heart of Phoenix
Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling
Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut se cacher derrière les masques affichés en public.
Notes: N'ayant aucun retour sur l'animagus féérique que vous auriez souhaité pour Draco, ben vous devrez vous contenter de celui dont j'avais discuté avec Sahada ^^.
Au fait, je ne sais pas si je dois mes milles lecteurs du chapitre précédent « à mon talent » ou si, comme dans n'importe quelle série, vous attendiez juste la scène « chaude » entre les personnages. Mystère, mystère ! ^^
Remerciements: Ben, merci à tous, déjà pour ne pas avoir raller , et puis pour avoir apprécié autant le dernier chapitre même si vous avez tous hurlé contre la réaction du Ryry. Il ne vous reste plus qu'à le plaindre pour ce chapitre.
Chapitre XI: Quand Harry rencontre Goldensong.
Quand Draco se réveilla au matin, son oreiller était trempé, trempé des larmes qui coulaient inlassablement des ses yeux gris, telles deux ruisseaux intarissables. Il s'était couché abattu certes, mais il n'avait pas le souvenir d'avoir pleuré, ni d'un rêve justifiant que lui, un Malefoy, puisse répandre autant de cette eau salée. Pelotonné contre son phénix, il avait somme toute bien dormi, il était parfaitement reposé, mais une langueur habitait son être.
Goldensong dormait toujours dans le creux de son corps, le plumage parcouru des frissons de son rêve. Partageait-il la tristesse de son phénix? Se dégageant doucement de son compagnon légendaire, le Prince des Serpentards décida de se lever et de se relaxer sous une douche chaude, espérant ainsi remettre de l'ordre dans ses idées.
Sous le jet brûlant qui parcourait son corps, le blond massa délicatement ses muscles ankylosés par la fixité de son sommeil. Pourquoi avait-il l'impression de saigner continuellement? Certes Potter l'avait rejeté, mais lui aussi avait jeté un bon nombre d'amants de passage, sans qu'aucun d'eux ne se plaignent. Bon, c'était lui cette fois qui était mis à l'écart !
Et cette idée l'enragea : pour qui se prenait ce Harry de pacotille pour repousser l'Héritier Malefoy? Le Survivant allait apprendre qu'il n'est pas quelqu'un que l'on prend et que l'on jette comme d'un mouchoir usagé!
Fort de cette résolution, il se choisît une tenue des plus époustouflante et des plus sexy, pour prouver à cet arrogant Sauveur du Monde Magique, ce qu'il perdait en le rejetant.
Sur son boxer le plus transparent, le blond enfila un pantalon de soie bleu-nuit, moulant, pour affirmer ses formes graciles. Une chemise arachnéenne d'un vert émeraude vint recouvrir son torse laiteux, dessinant sa musculature déliée, et laissant transparaître son teint nacré à travers le fin tissu. Une cravate argent et jade encadrait son cou, rehaussant la blancheur de son teint et invitant à découvrir la peau délicate. Ses mocassins noirs et la robe noire transparente complétèrent sa vêture. Dès qu'il fut prêt, Goldensong se percha sur son épaule gauche, les plumes les plus ternes que Draco lui eut jamais vues. L'oiseau semblait perdu dans une douleur infinie et son compagnon n'osa pas s'enquérir de la cause de son affliction.
Il fut déçu en arrivant dans la Grande Salle pour son petit déjeuner: Harry Potter, tourmenteur et amant, était déjà à la table de sa Maison, attendant son « petit ami » comme ils en avaient convenu. Une certaine satisfaction, se répandit en lui comme un poison. Le Balafré allait subir le juste retour de son courroux pour l'avoir ainsi humilié la veille.
Le brun était élégamment vêtu, comme il se devait selon leur contrat, et mangeait machinalement une tartine, inconscient de tout ce qui l'entourait. Son regard était baissé sur son bol et le Sang-Pur ne put juger de l'humeur de son vis à vis, avant d'attaquer son adversaire avec les foudres de son châtiment.
Draco s'assit à droite du Gryffondor, remarquant à peine que le phénix changeait d'épaule. Saisissant durement le menton du Héros Proclamé de ses doigts raides comme des serres, il lui déroba un baiser sauvage, mordant ses lèvres à les faire saigner.
Aucune réaction. Rien. Pas un frémissement de douleur, pas un gémissement, juste l'impression d'embrasser un cadavre. Rouvrant les yeux, son regard d'acier trempé rencontra deux mares verdâtres, deux puits insondables dépassionnés. Aucune lueur, aucun sentiment ne transparaissaient sur ce visage d'habitude plus ouvert qu'un livre.
L'incompréhension succéda à la rage. Pourquoi son Gryffondor ne réagissait-il pas? Pourquoi le regardait-il avec ce regard éteint? L'attrappeur vert et argent aurait juré sous Véritasérum, qu'aucune étincelle de vie ne parcourait plus sa némésis. Vaguement inquiet et parfaitement frustré de sa vengeance, le blond continuait de dévisager son épine personnelle. Rien. Harry Potter semblait être aux abonnés absents et Merlin seul savait pourquoi.
La voix monocorde qui s'échappa soudain des lèvres meurtries glaça le sang de Draco:
_ Malefoy, il faut que l'on se voit ce soir si tu ne veux pas mourir.
Une annonce de mort imminente, évoquée sur le ton dépassionné du brun, faisait plus d'impression que tout ce à quoi il aurait pu s'attendre.
_ Et pourquoi quitterais-je la vie si vite, Potter? Cingla-t-il.
_ Je n'ai pas encore eu le temps de t'expliquer pour la potion de métamorphose, continua la voix d'outre-mort. Ton corps n'es pas prêt aux changements et cela risque de t'être fatal. Comme je te l'ai promis, je dois t'en avertir et te préparer. Mais cela sera tout de même douloureux, une agonie comme aucun Impardonnable n'a jamais pu t'en infliger. Tu peux toujours refuser et perdre le pari, évidement.
_ Jamais ! Potter! Jamais je ne m'inclinerai surtout pas maintenant! Siffla le Serpentard. Soit! Rendez-vous ce soir dans la chambre du palais! Au moins je suis sûr que tu en connais le chemin!
Une brusque caresse duveteuse sur sa joue lui fit reprendre contenance: son phénix était inquiet de le voir si en colère. Son plumage restait éteint aujourd'hui, aucun chatoiement, aucune flamme parcourant son corps, aucune trace de son aura de puissance. Son ami mythique était-il malade? Il fallait vraiment qu'il lise ce maudit bouquin.... dès qu'il pourrait.
Profitant de l'absence du professeur d'arithmancie dans l'après-midi, Draco décida de se renseigner sur les animagi : Harry lui disait-il la vérité? Prenait-il un risque inconsidéré, non qu'un Malefoy craigne grand chose évidement?
« Animagus: Sorcier capable de prendre instantanément la forme animale correspondant à sa personnalité, à son cœur. Cette forme, appelée Anima (du latin animus, vie) est l'essence même du sorcier: elle est donc unique et personnelle. Un sorcier devient un animagus grâce à certains enchantements et certaines potions, qui préparent le corps à subir le stress des métamorphoses immédiates et successives. Certains mages auraient pris spontanément leur forme animale pour survivre suite à une situation particulièrement critique. Ces animagi, dit spontanés, doivent apprendre à maîtriser cette capacité sous peine de subir un choc mortel en cas de transformation instinctive et non-contrôlée.
Devenir un animagus n'est donc pas à la portée de n'importe quel sorcier, puisqu'il faut maîtriser les potions et enchantements nécessaires ainsi que la patience pour effectuer ces opérations. La souffrance doit être surmontée aussi, car tout comme la potion de Polynectar, la réorganisation du corps est particulièrement douloureuse jusqu'à l'acquisition définitive de cette capacité.
De plus, l'animagus bénéficiera de toutes les capacités de sa forme animale (vol, sens aiguisés, griffes, etc...) et pourra conserver certaines caractéristiques sous forme humaine (sens plus puissants, vision nocturne partielle, résistance au froid ou à la chaleur...). On a toujours constaté une affinité des animagi pour la Métamorphose, puisqu'ils constituent eux-mêmes l'essence de la mutation et de la transformation.
Certaines rumeurs rapportent que certains sorciers auraient perfectionné les enchantements et potions leur permettant de prendre une forme animale fantastique, les phénix seraient certains de ces mages particuliers ou du moins la forme animale survivante de ces magiciens capables de devenir eux-même des phénix. Les formes « Anima féérique » les plus couramment citées dans les légendes sont, en dehors du phénix, les dragons, les pégases, les coquatrix, les griffons et les oiseaux-tempête. Il semblerait, mais cela reste hypothétique tant les Animagi Féériques sont rares, que l'ascendance de créatures comme les Veela et les vampires puissent altérer la forme ordinaire de l'animal de cœur, pour donner ces animagi exceptionnels. Merlin, d'ascendance démoniaque supposée, aurait pris la forme d'une chimère et la Fée Morgane une licorne noire. »
« Bon, en tout cas, ce satané Gryffondor aurait dit la vérité » songea le blond, fasciné par sa lecture. Il s'imaginait déjà prendre la forme majestueuse d'un Norvégien à Crêtes ou de n'importe quel autre dragon d'ailleurs. Son animal fantastique ne pouvait être que puissant, majestueux, noble et farouchement indépendant. Il tolérerait évidement d'être un animagus phénix, après tout il était bien lié à un de ces merveilleux oiseau.
Soudain, la réalité le frappa: Harry Potter connaissait tout cela, il savait pour les animagi féériques, pour les potions et les enchantements. Il était devenu un des meilleurs élèves en Potion, le meilleur et de loin en Métamorphose, et ses progrès en Enchantements étaient tels qu'il avaient créé ses propres sortilèges. Et s'il était au courant, s'il avait progressé au point de battre Miss Je-sais-tout-Granger dans ces matières, c'étaient parce qu'il était devenu un animagus, et sans doute un animagus féérique. Vu l'inconscience maladive touchant sa Maison, il avait sans doute pris le risque de cette transformation, mais qu'elle pouvait être sa forme? Un griffon comme l'emblème de sa Maison?
Mais pourquoi ce défi ? Il devait savoir que lui montrer cette potion, c'était se dévoiler. Par orgueil ? Non, malgré ce qu'il lui avait toujours dit, Harry n'était pas orgueilleux. Par générosité ? Certainement pas pour lui, enfin quoiqu'aux vues des derniers événements, peut-être comme un cadeau d'amoureux. Hummm! L'idée était plaisante, pas très réaliste, mais agréable. Pour le blesser ou le tuer? Non, le Survivant respectait la vie plus que tout, même celle du fils d'un mangemort patenté. À moins de lui nuire, il ne blessait ni ne tuait aucune créature. Et puis, il lui suffisait de le laisser boire la potion sans préparation pour se débarrasser de lui.
Que manigançait donc ce fichu Balafré ? Qu'avait-il à souffler le chaud et le froid ainsi ? Il l'avait piégé pour travailler avec lui sur son projet d'hiver, mais parce qu'il était un des rares susceptibles de le faire ou parce que c'était lui, Draco Malefoy, que le rouge et or voulait? Ou les deux ? Il espérait que ce soit les deux ! Si seulement cela pouvait être les deux ! Ô Merlin et Morgane, si c'était vraiment pour lui ! Et voilà, qu'il recommençait à soupirer après le brun ! Pitié, pas encore ce comportement déplacé de jeune fille énamourée ! Il était un Malefoy, pas un moldu de bas étage !
La journée passa assez rapidement pour l'aristocrate, rêveuse et agréable, surtout que Goldensong ne s'éloignait pas de lui de plus d'un mètre. Au regret de Draco, le phénix ne chanta pas pour lui de la journée, comme hébété par un quelconque événement. Cependant, il ne manqua jamais de lui démontrer son affection dès que l'occasion s'en présentait. La seule chose qui perturbait le Serpentard, en dehors de l'attitude de zombie du Garçon-qui-ne-semblait-plus-avoir-survécu, était l'indifférence confinant à l'hostilité entre son oiseau mythique et le brun.
Pourquoi, alors que la créature légendaire avait conduit Potter près de lui auparavant, ne pouvaient-ils plus se souffrir l'un l'autre? Sirotant, une bièraubeurre fraîchement magifacturée, le blond s'interrogeait sur ces questions tracassantes. Et s'il y avait bien une chose que détestait le Sang-Pur, en dehors des mauvaises manières, des inférieurs et de la négligence, c'était bien de ne pas pouvoir satisfaire sa curiosité.
Le Gryffondor le rejoignit finalement dans cette pièce chaleureuse, où la veille ils s'étaient adonnés à d'excitantes activités, souvenir vivace que son anatomie soutenait par une raideur douloureuse. Et ce fichu Balafré qui rejetait tout ça! Rien que d'y repenser, le vert et argent s'enrageait de la mauvaise foi du Golden Boy de Poudlard.
_ Alors Potter, que me veux-tu? Commença Draco de sa voix la plus traînante et hautaine.
_ Honoré notre marché Malefoy, répliqua placidement le brun. Et assurer ma victoire, en te laissant vivant. Que sais-tu des animagi ?
_ En dehors, de l'évidente capacité à prendre la forme animale de sa personnalité, ce que j 'en ai lu. Imagine ma stupéfaction en découvrant que, pour une fois, tu savais de quoi tu parlais. J'en conclus que tu possèdes ces connaissances parce que tu as voulu en devenir un, et que tu as sans doute réussi. Tout comme je suppose que tu n'as pas déclaré au Ministère de la Magie, ton état d'animagus.
_ Exact, Malefoy! Et je sais que tu te tairas sur le sujet, pour ne pas te dévoiler toi-même. Assez d'évidence, passons aux choses sérieuses, enchaîna le rouge et or, de son ton monocorde.
« Pourquoi est-il aussi direct et logique avec moi? » songea le blond. « Et son regard olivâtre ne ressemble en rien à ses émeraudes flamboyantes habituelles ! »
_ Potter, montre-moi ton Anima! Exigea brusquement le Serpentard.
Regard fixe et vide. Attitude plus indéchiffrable que celle de Lucius Malefoy. Tremblements nerveux. La réponse lui parvint dans un souffle à peine audible:
_ Je ne peux plus.
_ Pourquoi ?
Frisson, terreur, dégoût se succédèrent rapidement sur le visage du brun, premières et seules émotions visibles dans cette journée étrange. Et de nouveau, cette immobilité froide, cadavérique, avant qu'un gémissement rauque d'angoisse ne franchisse les lèvres exsangues du Survivant.
_ Je ne sais pas............plus...........
Était-ce vraiment Potter, sa némésis, son fardeau depuis depuis cinq ans? Ce garçon faible et vulnérable, n'avait rien de commun avec l'énergique Gryffondor, cet imbécile courageux capable seul de lui résister. Personne d'autre que Potter ou lui ne pouvait franchir les barrières de ce lieu, alors il devait bien s'agir du vrai Garçon-qui-a-survécu.
_ Alors dit moi quel est-il, au moins, soupira l'Héritier au Sang-Pur.
_ Je.......je..........je ne.... m'en.........souviens pas.............
« Un choc physique ou psychologique l'avait-il frappé ? » se demanda Draco, une inquiétude grandissante le tenaillant de plus en plus.
_ D'après ce que j'ai lu, Potter, il faut du temps pour adapter le corps à la condition d'animagus, or il ne reste que trois jours avant que ta « superpotion » ne doivent être bue.
_ C'est vrai et faux à la fois, Malefoy. En fait il faut du temps pour accumuler l'énergie magique nécessaire dans les opérations, donc un mage seul a besoin de temps pour refaire ses réserves. De toute manière, je maîtrise aussi beaucoup mieux les enchantements maintenant et je peux me servir de ton énergie pour accélérer le processus. Par contre, je ne vois qu'une solution pour fixer aussi vite les caractéristiques nécessaires à ton corps : les inscrire sous forme de tatouage.
_ Des tatouages, sur mon corps parfait ? T'es sûr que t'es bien , Potter ?
_ Parfaitement lucide, Malefoy ! Et je ne te laisse pas le choix, c'est les tatouages ou la mort. Mais je n'ai pas l'intention de t'amocher, j'utiliserai les oghams celtiques, ce sera élégant et raffiné pour ton sens esthétique, ajouta le Gryffondor de son ton monocorde.
_ Oghams?
_ Les runes celtes si tu préfères, c'est dans certains écrits datant de Merlin que j'ai trouvé les références aux animagi féériques et ils sont en celte. Mais je peux te les faire en Fourchelangue si tu veux, continua le brun de sa voix atone.
Là, le blond resta sans voix. Il ne voulait pas savoir comment ni pourquoi son Gryffondor connaissait l'écriture druidique, et encore moins se voir inscrit des tatouages fourchelangues, capacité dérangeante que le Survivant partageait avec le Lord Noir. Tout plutôt que ça! Il n'avait pas refusé de rejoindre le Mage Noir pour se le voir rappeler par une trace indélébile sur son corps divin.
Et pourquoi le Balafré restait-il si impassible, alors que, sachant que sa solution est la seule, il ne se réjouisse pas de faire souffrir sa némésis? Pourquoi l'idée de marquer le corps du Serpentard ne provoquait pas une intense satisfaction dans ce regard olivâtre? Potter ressemblait à une bougie vacillante, pratiquement éteinte, le teint pâle et blafard, ses nouveaux vêtements ajoutaient un contraste par leur mise impeccable sur cet homme défait.
_ D'accord, Potter! Mais si tu rates ton coup, j'exigerai réparation: œil pour œil et dent pour dent! Répondit l'Héritier Malefoy, d'une voix sourde. Quand.......quand commence-t-on?
_ De suite, à moins que tu aies mieux à faire, répliqua le brun , de son attitude sans émotion.
Les heures qui suivirent, furent douloureuses pour l'attrappeur vert et argent: utilisant sa baguette comme d'une aiguille, Harry tatouait chaque mot de ses enchantements dans la peau sensible et douce, dans une mélopée murmurée, continue, prononcée distinctement sur un rythme rapide. Le poignet suivait agilement le phrasé dessinant les entrelacs magiques des symboles celtiques, les runes se dissimulant dans l'enchevêtrement des lignes, seul un arbre divinement exécuté entre les omoplates, dérogeait à la magie des lignes abstraites de l'œuvre.
Il fallut trois jours, trois jours pour terminer, trois jours à serrer les dents tandis que la douleur irradiait dans tout le corps finement musclé. Potter usait leurs énergies combinées dans ses arabesques, qui finir par recouvrir les haut des bras et du dos du Sang-Pur, arabesques noires abritant de minuscules oghams, arabesques qui trouvait leur origine dans les racines de l'Arbre de Vie, trônant au centre de l'œuvre d'art, chaque feuille vivante, agitée d'un souffle fantôme comme tout image magique. Les lignes s'agitaient parfois comme un nid de serpent, sifflant doucement aux oreilles exercées, modifiant leur labyrinthe selon l'humeur de leur propriétaire.
Draco Malefoy était abasourdi: le Survivant était-il un artiste ignoré? Son talent esthétique ne faisait plus aucun doute dans l'esprit du Serpentard. S'il craignait le résultat quand Potter lui avait annoncé être obligé de marquer son corps pour sa survie, il ne regretterait jamais d'avoir accepté de prendre ce risque: il passait une heure ou deux le soir à admirer ce travail d'orfèvre, un bijou noir sur sa peau nacrée, un ornement qui habillait à lui seul cette chair tendre qui affolait toujours les résidents de Poudlard. Durant ces moments intimes, il suivant les lignes du bout des doigts effleurant le grain soyeux de sa peau aristocratique, souhaitant voir les doigts de son Gryffondor parcourir les mêmes chemins et bien plus encore.
OoooOOOoooO
Toute la Maison des Vert et Argent se tenait exceptionnellement tranquille en cours de Potion avec les Rouge et Or : une impatience mal contenue sourdait de chaque personne présente, anticipant le test de leur potion de métamorphose préparée la semaine précédente. Le garçon-qui-a-survécut était le seul qui échappait à cette ambiance légère et décontractée, il restait morose, même pas égaillé par la présence de la créature légendaire qui squattait toujours l'épaule du Prince des Serpentards.
Ce dernier était d'ailleurs nerveux, comment allait ce passer la suite? Le phénix chantonnait dans son oreille une mélodie réconfortante, frottant son plumage éteint contre son ami humain, pour le soutenir.
Les fioles furent rapidement rendues aux binômes par un Maître des Potions, particulièrement exaspéré par l'enthousiasme déplacé de ses élèves. Il allait bientôt pouvoir donner libre cours à son sarcasme naturel quand certains avaleront ce qu'ils avaient osé lui présenter comme une potion. Il avait bien entendu prévu une série de contrepoison et d'antidote, en plus d'une potion de neutralisation afin d'éviter d'envoyer certains de ces cancres directement au cimetière, mais un peu de souffrance mettrait peut-être enfin un peu de plomb dans leur cervelle d'abrutis congénitaux. Chaque binôme devait choisir un testeur, tandis que l'autre devrait lui donner la potion de neutralisation, pour éviter de supporter sa forme animal plus longtemps que nécessaire. De plus, il avait un cours à tenir, sinon vu le niveau médiocre de la majorité, ses élèves seraient incapables de réussir leurs ASPICs.
Chaque couple se présentait à tour de rôle devant le bureau professorale, la « victime », - car en dehors du Zabini, Granger et Malfoy, personne ne pouvait prétendre être un brillant alchimiste - , buvait rapidement leur composition, bien que le terme de décomposition vienne plus facilement à l'esprit des buveurs, le goût du liquide étant particulièrement écœurant. Une série de chien (Ron), chat (Parvati) ou paon (Zabini) se succédèrent la moitié de la classe découvrant ainsi son animal de coeur.
Vint enfin le tour de Draco, son partenaire ayant échangé la fiole rendue par leur professeur, par celle prélevée en douce, pour éviter tout sabotage. Le blondinet but d'un trait le brouet du Gryffondor. La fiole de cristal se fracassa en atteignant le sol: le Prince se tordait de douleur, tandis que la potion prenait possession du corps d'éphèbe. Draco pouvait sentir le chemin parcouru dans chaque muscle, chaque nerf chaque os. Puis vint la chaleur! Suffocante ! Insoutenable! Avant que les effets ne se manifestent ! La silhouette se brouilla, s'étendit, changea de couleur. Le dos s'allongea et se courba. Les doigts disparurent laissant à la place des sabots enflammé, La chevelure blonde recouvrit tout le dos, s'agitant et devenant feu indompté et indomptable.
Devant les yeux ébahis de ses condisciples, la forme légendaire d'un Destrier de Xoroth, surnommé Cheval de Cauchemar, piaffait , faisant jaillir des flammèches de sa crinière et de ses sabots. Sa robe bleue nuit contrastait avec le jaune moiré d'orange et de rouge de son crin incendiaire. Hennissant doucement, la créature mythologique vint quémander quelques caresses, frottant son nez à la chemise de son partenaire. Harry murmura à l'oreille du cheval fantastique, de sa voix atone, où perçait ci et là, une pointe d'admiration:
_ Tu es magnifique, Malefoy. Et tu as perdu ton pari!
