Auteur: Alessan
Titre: Heart of Phoenix
Disclaimer: Tous les personnages et les références de l'univers de Harry Potter sont la propriété exclusive de JK. Rowling
Résumé: Harry a suivi les traces des Maraudeurs et devient un Animagus. Il découvre alors ce qui peut se cacher derrière les masques affichés en public.
Notes: Je suis satisfait que mon choix sur l'animagus de Draco vous plaise autant, mais je vais vous expliquer dans ce chapitre le pourquoi de ce choix. Je vous remets en dessous les termes du pari.
Remerciements: Merci pour vos reviews, elles me font chaud au cœur (et j'en ai besoin^^). N'hésitez pas à demander des éclaircissements dans vos reviews, vous avez dû constater que je vous réponds toujours au mieux sans gâcher la suite (enfin je crois).
Rappel du chapitre 8:
Draco leva les yeux et lut les instructions: Réaliser la Potion du Coeur Anima, cette potion permet de donner à un corps humain la capacité de prendre sa forme animale pendant 1 heure.
« Et combinée aux enchantements appropriés, elle transforme un sorcier en animagus » ajouta mentalement le blond.
Son partenaire avait déjà ramené les ingrédients et commencé la préparation.
_ Qu'est-ce que tu fout, Potter! Il faut broyer les glands pas les éplucher!
_ En fait, une fois épluchés, tu réduit l'écorce en poudre et l'amande en fines lamelles, ça permet d'accroître la force de la potion et de réduire le temps de macération. Combinée à des runes de puissance, et convenablement enchantée, la potion permet de faire un animagus féérique.
_ Qu'entends-tu par « féérique », Potter?
_ Le terme me semble pourtant compréhensible, même pour toi, cher associé. Tu veux tester? Conclut-il un sourire angélique étirant ses lèvres pleines. À moins que t'aies la trouille, Malefoy!
_ Pff, tu ne saurais même pas effectuer l'opération que tu viens d'évoquer!
_ Mais oui, ma petite fouine trouillarde, si tu le dis! Moi qui voyait en toi un maître des coups en douce, le Prince des Profiteurs, je suis déçu que tu ne saisisses pas cette occasion unique!
_ Je détournerai l'attention pendant que tu feras les opérations! Cracha le blond.
_ Laisses-moi préparer tous les ingrédients, il me faut aussi un couteau d'argent pour émincer les cœurs de caméléon, et le double de lavande pour une révélation plus profonde des choses cachées. Tourne trois fois dans chaque sens chaque fois que j'ajouterai un ingrédient. J'aurai besoin de 10 min pour les runes, quant aux enchantements je prendrai ta force comme tu as pris la mienne dans le Jardin. La semaine normale devrai alors suffire pour compléter cette potion.
Le Serpentard échauffé par les insultes, insinuations et la suffisance de son partenaire, ne pouvait que collaborer pour mieux rire de l'échec du Survivant.
_ Et si tu échoues, comment comptes-tu sauver ma peau?
_ Je te parie que tout se passeras parfaitement !
_ Oh, un pari? Et qu'est-ce que j'y gagne ?
_ Si je réussis, tu seras un animagus , ça me paraît déjà pas mal! Mais en plus, tu devras passer une semaine habillé aux couleurs de ma Maison.
_ Vu que j'y risque ma santé dans cette affaire si ce n'est la vie, j'exige la permanence de notre contrat actuel en cas d'échec! Donc je te préviens, tu t 'engages par là, à m'épouser, puisque la permanence « d'être un petit ami », c'est « être un époux ».
_ La confiance règne! Et tu ne doutes vraiment de rien, Malfoy! Mais comme je ne peux pas échouer, j'accepte! Bien sur si la Potion était trafiquée, le pari serait nul et non avenu!
Chapitre XII: Le garde-malade.
L'ensemble de la classe, et même le terrible professeur, était muet de stupéfaction et d'admiration devant la beauté de l'Anima de l'Héritier Malefoy: une créature légendaire se tenait nerveuse devant eux, déjà que beaucoup jalousait le phénix qui avait élu domicile sur son épaule depuis plusieurs jours, mais en plus il osait posséder un Anima fabuleux.
_ Potter! Gronda Sévérus Snape, directeur de Serpentard, parrain du merveilleux Destrier, espion de l'Ordre du Phénix, maître de Potion, adversaire de Potter de tout âge. Qu'avez-vous trafiqué? Vous n'êtes donc pas capable de préparer une potion correctement? Donnez-lui immédiatement la Potion de Neutralisation !
_ Voyons, Professeur, je lui ai donné la potion que vous m'avez rendue, l'auriez-vous modifiée? Répondit le Golden Boy, de son ton amorphe. Je suis pourtant sûr qu'il s'agit de la potion faite la semaine dernière.
Mortifié, le professeur de Potion se demandait ce qui avait mal tourné.
« J'ai pourtant échangé la potion de Potter, par une véritable Potion du Coeur Anima, et il n'y a pas d'Anima Féérique possible avec cette potion? Pourquoi celle de Potter avait de légers reflets dorés? Je me doutais bien qu'il avait trafiqué sa potion et que Draco risquait d'en faire les frais: il m'a éloigné de Potter à dessein , j'en jurerai! »
_ Potter, donnez-lui l'antidote de suite ou vous finirez en détention pour le reste de l'année.
Le brun secoua la tête devant son professeur médusé. Comment ce gamin arrogant osait-il lui désobéir ! Non, qu'il ne l'ai jamais défié!
_ Cela ne servira à rien Professeur, la potion que nous avons concoctée avec Malefoy est trop puissante pour votre antidote, et son effet irréversible. Vous n'ignorez pas que j'ai fait de remarquable progrès dans cette matière, ni que Malefoy a toujours été un excellent élève dans votre cours.
_ Expliquez-vous de suite, Potter! Et cinquante points en moins pour Gryffondor pour avoir fait une potion dangereuse sans la supervision de votre professeur. Encore cinquante points pour avoir mis en danger la vie d'un de vos camarades. Et 10 points pour votre insolence. Comment osez-vous mettre en doute mon antidote!!!!
Le regard éteint du Survivant se porta sur son professeur écumant de rage – et d'angoisse? -, avant de répondre de son attitude indifférente:
_ Le contrat magique qui nous lie, Malefoy et moi, nous aurait tué tous les deux si je n'avais pas réalisé la potion telle qu'elle a été faite, je ne peux pas mettre sa vie en danger sans me suicider, je suis obligé de défendre sa vie, même contre vous si nécessaire. Je suis sûr que vous connaissez l'implication d'un Serment Inviolable.
Un Serment Inviolable! Voilà qui expliquait beaucoup de chose! Voilà pourquoi Potter et son Filleul semblait si proche l'un de l'autre! Voilà pourquoi Potter jouait au petit ami de Draco! Mais quels en étaient les termes exacts?
_ Quelle potion avez-vous faites avec M. Malefoy, Potter? Exhala le redoutable Directeur de la Maison Vert et Argent, se retenant à peine de s'évanouir sous les révélations du Gryffondor.
L'interpelé haussa négligemment les épaules devant une telle évidence avant de répondre innocemment sous le regard assassin de son épouvantard personnel:
_ La Révélation du Coeur Anima, Professeur, dans sa version concentrée.
_ Ce n'est pas possible la version concentrée est utilisée pour ceux qui veulent devenir des Animagi, Potter, pas des créatures mythologiques. Et de plus M. Malefoy n'aurait pas pu survivre à la force de la potion!
« Sauf s'il avait fait les préparatifs pour être un Animagus avant! » Acheva mentalement le roi du cheveu gras. Se remémorant les paroles de son épine personnelle devant l'Eternel, - « Cela ne servira à rien Professeur, la potion que nous avons concoctée avec Malefoy est trop puissante pour votre antidote, et son effet irréversible. » - , la potion ne pouvait pas ne pas être réversible, elle était toujours temporaire, sauf dans le cas d'un Animagus. Il devait se rendre à l'évidence: le Rouge et or avait fait de son Prince Blond un Animagus, en utilisant les ingrédients qu'il avait lui-même donné à son élève le plus récalcitrant. Il se maudit longuement, et plusieurs fois d'avoir non seulement été dupé, mais d'avoir participé même involontairement aux manigances des deux jeunes gens.
_ Potter ! Emmenez donc M. Malefoy à l'infirmerie ! Vous serez aussi en retenue jusqu'à la fin de la semaine, dès 20h00 ici.
Et les élèves toujours sidérés, n'ayant pas suivi l'échange sans aménité et traditionnel du sombre professeur avec son flamboyant élève, virent un Potter indolent conduire la plus merveilleuse créature qu'ils aient pu approcher au delà de la porte de la salle de classe.
Une fois seuls dans les couloirs menant à l'infirmerie de l'école, le brun expliquait à son condisciple comment effectuer les changements de forme en concentrant son pouvoir sur sa forme humaine ou animale, afin qu'il puisse reprendre sa propre apparence, bien que certains sortilèges puissent forcer la métamorphose en cas de nécessité.
Draco ayant toujours été doué dans l'utilisation de sa magie, assimila rapidement le mécanisme élémentaire du changement de forme inhérent à sa nouvel condition d'Animagus, si bien qu'il put reprendre sa propre humanité avant d'atteindre l'antre de Mme Pomfresh, infirmière certes dévouée mais agaçante.
Aussitôt qu'il eut confié le Serpentard aux bons soins de la médicomage, ayant prétexté une soudaine faiblesse de ce dernier en cours nécessitant probablement du repos plus qu'autre chose, le garçon-qui-a-survécu tourna le dos et disparut de l'entourage du Prince au Sang-Pur.
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En effet, Harry devant effectuer une retenue chaque soir et n'ayant pas de cours commun avec les Serpentards pour le reste de la semaine, Draco ne le vit plus du tout alors qu'il aurait souhaité lui poser beaucoup de questions: quel était vraiment sa forme animale? Heureusement, son ami Blaise Zabini put le renseigner sur le nom de cette créature, bien qu'il n'en connaisse pas plus au delà de quelques rumeurs et lui conseilla vivement de chercher ses réponses dans un ouvrage spécialisé.
Hors l'attrappeur de Serpentard avait justement ce qu'il lui fallait sous le sabot, dans son dortoir: le précieux livre intitulé« Les Créatures Mythiques et Légendaires: une étude par delà la Magie ». Filant dans sa chambre, il se mit immédiatement à la lecture de l'énorme volume à l'article concernant son Anima, se rappelant aussi de devoir consulter le chapitre des phénix, enfin après, ou plus tard, mais de le faire.
La première chose que vit Draco fut l'illustration merveilleusement peinte et animée de la créature qui semblait survolé un paysage plutôt lugubre, lui rappelant fortement l'ambiance du manoir familiale depuis le retour du maître de son père. Après une longue contemplation satisfaite, - qui n'aurait souhaité possédé un Anima aussi enchanteur, fort , puissant, rare! - le blond commença sa lecture.
« De la Nature du Destrier de Xoroth:
Le Destrier de Xoroth, communément appelé, et ce, de façon impropre, Cheval de Cauchemar par les ignorants, est un élémentaire de Feu et de Vent, qui a l'allure d'un cheval à la crinière, la queue et les sabots de feu. Sa robe varie dans toutes les nuances de bleu, de noir ou de marron foncés. Son apparence équine n'en fait pourtant pas une créature stupide ni docile, au contraire, il s'agit d'un être farouchement indépendant et solitaire qui ne fréquente ses semblables qu'au moment de la reproduction, ou pour protéger son petit.
Ces créatures vivent généralement dans un milieu humide, bien qu'il soit affaibli par la proximité de grande concentration d'eau. En effet, leur tempérament fougueux provocant facilement des accidents avec leurs capacité à embraser tout ce qu'ils touchent, même la pierre. Un milieu humide comme les marais est donc plus en sécurité en cas d'incendie involontaire. Cette propension à vivre dans des zones dévastées et/ou lugubre, est la raison de leur surnom et de leur mauvaise réputation. Étant pour ainsi dire l'incarnation de l'indépendance et de la liberté, ces êtres fabuleux luttent férocement contre les chasseurs et autres prédateurs qui pénètrent leur territoire, accordant à leur réputation une tournure mauvaise, alors qu'ils sont neutres, ni mauvais , ni bons. Dans leur stupidité, les Moldus les associent avec les Démons-Chevaux et autre créatures infernales.
Il semblerait qu'ils soient des cousins (certains suggèrent les ancêtres) des autre créatures équines magiques telles les licornes, les pégases ou les thestrals (Sombrals).
Description:
Le Destrier de Xoroth a donc l'apparence d'un cheval, mesurant deux mètres au garrot, faisant de lui une monture particulièrement robuste, si tant est qu'il se laisse chevaucher. Ses boulets, sa crinière et sa queue, sont en fait de véritables flammes dont la couleur varie d'un jaune vif et intense au bleu, en passant par toute la gamme des rouges et des oranges. La robe (nous continuerons à employer les termes réservés aux chevaux pour plus de commodité et de compréhension, bien que l'on ne puisse prouver une quelconque parenté entre l'espèce moldue et cette créature fabuleuse) reste unie sur tout le corps dans les tons sombres, comme le noir, le bleu, le gris ou le marron. Si certains ont déjà eu des marques particulières (étoiles, fleurs, lunes...) arborées avec fierté par ces créatures, il semblerait qu'il s'agisse non d'une marque de naissance, mais du résultat de contrats magiques ou de liens particuliers avec une autre créature magique intelligente ou un humain.
Pouvoirs et capacités:
Un Destrier peut embrasé ou faire fondre tout ce que touche ses sabots, une course éperdue dans une plaine pourrait provoquer un feu de plaine ou une série d'empreintes brûlées dans le meilleur des cas.
Il est immunisé au feu et à l'électricité en tant qu'élémentaire de feu et de vent.
Il contrôle toute manifestation du vent: de la brise, à la tempête dévastatrice.
Il peut à tout moment invoquer son pouvoir sur le feu et le vent sous forme de foudre parfaitement dirigée et contrôlée: on ne compte plus le nombre de victimes carbonisées par un brusque éclair alors que ces êtres tentaient de nuire au Destrier ou à son territoire.
Nous avons constaté avec émerveillement que ces créatures pouvaient voler, non avec des ailes (qu'elles ne possèdent d'ailleurs pas), mais comme une sorte de lévitation. Le destrier de Xoroth marche ou galope directement sur l'air, marquant son sillage d'empreintes de feu.
Cet être légendaire possède aussi une vitesse surnaturelle que peu de créature peuvent atteindre, à priori seul la vitesse vampirique peut y être comparée. Cette capacité appliquée en vol a donné naissance aux légendes de comètes dansantes ou d'étoile filantes descendues sur Terre et qui sont reparties.
Les propriétés magiques du sang, des crins de feu ou des sabots de la créature sont très recherchés pour la fabrication de baguettes magiques, de potions rares et puissantes ou d'artéfacts. »
« Eh bien, voilà qui risque d'être intéressant! »commenta mentalement le Prince des Serpentards.
Son parrain, ayant cherché à discuter seul à seul avec lui, le blond préférait sortir et s'esquiver à la moindre tentative de Snape, afin de ne pas lui parler de ce qui s'était passé en cours de Potion, ni pourquoi il arborait les couleurs de sa némésis depuis ce jour-là.
D'ailleurs, seul Zabini avait osé lui faire remarquer que les couleurs de la Maison rivale s'accordaient parfaitement avec l'ornement de son épaule gauche, ornement vivant et déprimé, il fallait le reconnaître. Si les Serpentards semblaient scandalisés que leur préfet et chef autoproclamé porte le rouge et or, les Gryffondors eux, ne savaient qu'en penser. Aucun n'avait osé l'approcher pour l'interroger, sauf Blaise, mais c'était un Serpentard. Personne ne s'était moqué de lui , sauf Blaise. Personne n'avait cherché à savoir, sauf Blaise, que le mystère attirait comme le miel les abeilles.
Au grand dam du blond, l'italien avait sous-entendu que ce choix vestimentaire était dû à une tentative désespérée pour plaire au Golden Boy, ou pour montrer que non content de le posséder physiquement, il le possédait tout cours, remarque qui avait valu au dit Zabini, de finir à l'infirmerie pour multiple bleus et hémorragies. Il n'y eut plus de questions ensuite, ni de remarque mesquines ou assassines.
De plus, l'absence de son petit ami Potter, parce que depuis les sulfureux baisers échangés dans la Grande Salle, tout le monde était convaincu que ces deux-là couchaient ensemble (si seulement), le caractère du Sang-Pur était tout bonnement invivable. Même lui, reconnaissait intérieurement et le moins possible, que son brun lui manquait affreusement et pire comment le conquérir s'il ne pouvait même pas le voir, le toucher, le caresser, le sentir vibrer sous ses attentions.
« Calme toi, Malefoy! Aucun Harry ne mérite de te mettre dans un état pareil! Comment ose-t-il ne pas venir me voir? » maugréait Draco inlassablement.
Il hantait les couloirs à la recherche d'élèves en infraction avec le règlement, non qu'il ait vraiment à cœur le suivi d'une telle chose en soi, mais tout simplement parce que c'était le meilleur moyen de trouver des victimes pour se défouler: retrait de point, remarques sarcastiques, menaces, retenues avec Filch, tout était bon pour décharger sa colère et son anxiété.
Alors que la tempête Malefoy foudroyait un malheureux premier année de Serdaigle, un raclement de gorge discret, bien que parfaitement audible interrompit ce qui devenait l'enfer sur terre pour le pauvre enfant de 11 ans.
_ M. Malefoy vous êtes demandé immédiatement à l'infirmerie par le Directeur, reprit aussitôt le ton sec et acide de son professeur de Métamorphose.
Faisant face à la Tête de Maison de sa némésis, il s'apprêtait à répliquer quand il remarqua le visage fatigué et inquiet de la vieille sorcière. La vieille bique ne prenait cette tête que lorsque son précieux attrappeur était dans une mauvaise posture: qu'avait encore fait Potter pour se retrouver à l'infirmerie et pour inquiéter le vieux matou?
Sans un mot, il se rua vers le seul endroit où il aurait les réponses à ses interrogations, le seul endroit que Potter pouvait considérer comme son deuxième dortoir: l'antre de Mme Pomfresh. Ouvrant les portes à la volée, il pénétra en trombe dans ce lieu de repos, au risque de se faire incendier par la médicomage.
Il était là, pâle comme la mort aussi blanc que les draps de son lit, les cheveux ternes collés par la sueur – avait-il de la fièvre?-, la respiration sifflante et les yeux clos. À côté de son lit, se tenaient le Vieux Fou et l'infirmière qui semblaient faire le point de la situation.
_ Vous m'avez demandé Professeur Dumbledore? Demanda le blond, de son ton le plus ennuyé, comme s'il ne venait pas d'entrer de la plus brusque des façons, comme s'il n'était pas inquiet pour celui qui occupait le lit près d'eux.
_ En effet, M. Malefoy. Répondit calmement le Directeur de Poudlard. Quand avez-vous vu M. Potter pour la dernière fois?
_ Hummmm...... je dirais quand il m'a amené à l'infirmerie pendant le cours de Potion. Il avait des retenus avec le professeur Snape, aussi nous ne nous sommes pas vu le soir pour travailler sur le Palais de Glace.
_ Vu que vous sembliez passer beaucoup de temps ensemble dernièrement, avez-vous remarqué quelque chose d'inhabituel chez lui? Un comportement, de la fatigue ou même une blessure ?
Un comportement étrange? Mais Harry Potter, Survivant de son état avait TOUJOURS un comportement étrange, à ses yeux! Inhabituel ? Mais rien n'était habituel chez lui: il était divinement beau, sexy en diable et.... hum.... il s'égarait là! Se reprenant, comme seul un Malefoy pouvait le faire, le Prince de Serpentard recomposa son masque d'indifférence, légèrement fissuré par ses pensées luxurieuses.
_ Disons que depuis une semaine, il semblait.... comment le qualifié........inexistant? Éteint? Sans volonté ? J'avoue que nous ne nous sommes même pas disputé depuis près de dix jours, Professeur, ce qui considérant le calme apporté à l'école semble incroyable n'est-ce pas! Termina le préfet des vert et argent.
_ Était-il dans son état normal, après l'incident de la Grande Salle ? insista le vieil homme, étirant pensivement sa longue barbe blanche.
_ Oh, heu, oui. C'est même la dernière fois que nous avons eu quelques mots, vous savez, je crie , il crie , on se crie, et chacun part de son côté, le truc habituel, répliqua platement le blond. Mais qu'est-ce qu'il a je lui ne lui ai rien fait!
_ Oh il n'est pas en votre pouvoir de lui faire quelque chose M. Malefoy, intervint Mme Pomfresh. Aussi étrange que cela puisse paraître, M. Potter, a perdu son cœur. À la place, on ne voit qu'une sphère de magie pure, sphère qui diminue d'heure en heure, comme si elle s'épuisait à faire fonctionner l'organisme de ce jeune homme.
_ Qu'est-ce qu'il lui ait arrivé? Murmura le Sang-Pur, trop choqué pour maintenir son indifférence. Il ne semblait pas lui-même, mais il allait pas mal, il a utilisé de sa magie et il restait en forme, pourquoi maintenant?
_ Fumesec a insisté pour que l'on vous confie M. Potter, M. Malefoy, et que vous restiez tous les deux dans le Palais de Glace, où personne à part vous ne peut se rendre, continua Dumbledore, ignorant les questions de son élève.
_ Mais je ne saurais pas le soigner! S'exclama Draco, inquiet de perdre son rival par inexpérience.
_ Si Fumesec est persuadé, que vous ferez l'affaire M. Malefoy, vous ferez l'affaire. De plus, vous êtes lié à un phénix vous même, donc je suis persuadé que vous ferez des merveilles! Nous vous fournirons potions nourrissantes, potions de guérison, et nourriture. Vous êtes dès à présent relevé de toutes vos autres fonctions et obligations sur le champ. Prenez votre baguette et emmenez le jeune Potter dans son Palais, je vais faire suivre vos affaires par Fumesec.
Et ainsi fut fait! Draco Malefoy, pourfendeur de Gryffondor, Sang-Pur se retrouva garde-malade de sa némésis, et accessoirement homme de ses pensées.
L'installation fut rapide, bien que les préparatifs prirent plus de temps que le blond ne l'aurait cru: Mme Pomfresh se devait de former le nouveau garde-malade à l'utilisation des sorts de diagnostic et à la manière de déplacer le corps invalide, notamment pour pouvoir le laver.
Et une liste de potions plus longue que son bras à donner trois fois par jour, et dans l'ordre pour qu'elles ne s'annulent pas les unes les autres. Comment lui masser -caresser?- la gorge pour provoquer la déglutition du corps comateux, afin que les dites potions descendent directement et entièrement.
Draco bénissait la médicomage qui avait eu la prévenance de lui apprendre les sorts qui permettraient au corps d'évacuer ses..........déchets, sans qu'il ne souille sa literie plusieurs fois par jour. Car l'idée d'être confronter à l'incontinence du comateux, le révulsait: le Balafré était trop jeune pour souffrir de ce genre de chose. Et l'image du Héros du Monde Magique en prenait déjà un sacré coup à ses yeux, lui l'indestructible Gryffondor, le téméraire pourfendeur de Mage Noir, l'homme capable de ridiculiser un dragon en vol, réduit à l'état de légume sans que personne ne sache pourquoi.
Enfin si, le pourquoi était évident: il avait perdu son cœur et la boule de magie qui le remplaçait était devenue trop faible pour maintenir plus qu'un semblant de vie. Non, ce qu'ils ignoraient, c'était pourquoi son cœur était remplacé par cette chose faiblissante!
D'ailleurs, il était l'heure de faire le diagnostic et de voir si l'état du patient allait encore se dégrader.
Le Serpentard comparait les derniers relevés de l'infirmière, ainsi que ses prévisions. Elle avait encore diminué mais pas autant que ce que les autres notes de Mme Pomfresh le laissait supposer. Y aurait-il une stabilisation?
Réfléchissant à tout ce qu'il venait d'apprendre, le Prince de Poudlard avala rapidement son diner, le regard soucieux posé sur adversaire bien-aimé. Il avait l'air de ce qu'il était: un malade dans un état grave. Les lèvres bleuies, le teint pâle sous sa peau hâlée, les cheveux en bataille -enfin plus en bataille que la normale pour un Potter-, les joues creuses, des cernes noires fardaient les yeux clos. La respiration était lente et quasiment inaudible: par trois fois déjà Draco avait dû se coller sa joue au nez du brun , pour s'assurer qu'il respirait encore. Il savait que la peau serait froide s'il y portait de nouveau la main! Il en avait été choqué quelque temps auparavant au moment de lui faire boire sa série de potions du soir: potion nourrissante, puis potion énergisante, suivi de potion antidouleur, complétée par une potion de sommeil sans rêve, plus encore 7 autres potions pour purifier, stimuler, et protéger les différents organes vitaux du Golden Boy.
Il devrait sans doute laver le corps inconscient et changer sa tenue: quand lui-même était malade, il avait besoin d'être entouré de propreté et d'être lui-même encore plus propre que d'habitude. Harry était probablement comme lui, et même dans le coma, il sentirait qu'il prenait soin de lui et irait mieux, non? Il ne faisait cela que pour que sa némésis aille mieux, pour qu'il puisse de nouveau le torturer et se venger de porter les couleurs Rouge et Or de la Maison rivale. Rien à voir avec le fait qu'il allait parcourir le merveilleux corps sculpté du brun avec ses mains, ni qu'il allait le contempler nu ou observer les délicieuses courbes de son anatomie! Il allait le faire pour raisons médicales! Uniquement médicales! Le fait qu'il irait mieux dès qu'il toucherait Potter sentirait son odeur de musc et de miel, n'avait rien à faire dans cette histoire!
« Malefoy, tu touches le fond là! Même toi tu ne peux pas être aussi, idiot ! C'est quoi ces raisonnement de Pouffesouffle! Oui, tu le veux et oui tu vas le faire: pourquoi perdre une occasion en or d'être près de lui, de sentir l'odeur de son corps, de parcourir la soie de sa peau, de toucher son intimité avec la meilleure raison du monde! Voilà tu y es, ça c'est du Serpentard! Profiter de toutes les occasions! » se morigéna mentalement le Sang-Pur.
Conjurant une bassine d'eau chaude, il mélangea au liquide des essences de plantes pour stimuler la circulation sanguine, et dont les parfums apaiserait son âme. Avec un gant, il commença soigneusement la toilette de son patient. D'abord le visage bleu de froid, puis le torse musclé, mettant les mains tour à tour sur ses épaules, il lava les bras. Évitant le bassin de peur de s'y perdre, il enchaina sur les jambes, massant au passage les muscles inactifs. Puis retourna Harry, pour laver le dos et les fesses, qu'il relava plusieurs fois pour être sur de la propreté, s'égarant dans le sillon entre les deux appétissantes collines de sa chute de reins. Enfin, cerise sur le plateau de son désir, il entreprit de nettoyer délicatement l'entrejambe qui avait affolé ses sens, y attachant encore plus de précision, y égarant un ou deux baisers aussi doux que le frôlement d'aile d'un papillon.
Le corps du Survivant était glacé où que se portent se mains aristocratiques, seul un léger frissonnement attestait d'un vie quelconque, perdue dans un recoin ignoré de tous. Le froid semblait être pire que jamais! Alors le blond prit rapidement sa décision: il fallait procuré de la chaleur à sa némésis, et comme ni les charmes ni les potions n'avait réussi à lui rendre une meilleure température, il lui restait à partager sa propre chaleur avec l'insupportable brun, qui osait lui échapper dans une maladie inconnue et effrayante.
Se mettant en boxer, il s'allongea contre l'homme qui lui avait volé son cœur, tentant de lui donner sa chaleur par le contact de leur corps maintenant emmêlés. Il ferait payer tout cela à son Harry, dès qu'il irait mieux. Comment osait-il l'inquiéter et le forcer à de telles extrémités? C'est contre son brun, la tête sur son épaule, les jambes entremêlées, sa main libre parcourant tout le corps de son amour, que le Prince des vert et argent s'endormit.
Dans leur sommeil, le corps inconscient du Gryffondor se blottit encore plus contre son homologue Serpentard, ses mains enserrant la taille du blond, nichant son nez dans le creux du cou de sa bouillotte. Il se réchauffa enfin.
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Ailleurs dans un sombre manoir, une créature serpentine souffrait elle aussi dans sa chambre où seul son fidèle Sévérus pouvait entré pour soigner son corps meurtri. Après la terrible nuit où il avait vécu mille agonies, le matin avait apporté une désolation plus grande: des flammes avait ravagé son corps, des flammes magiques si puissantes qu'aucun sort n'avait pu les éteindre. Puis elles s'étaient arrêtées d'elles-même, et son doué maître des potions personnel l'avait sauvé avec ses compétences médicales. Pourtant son état physique empirait, non que les brûlures ne soient pas soignées, du moins pas complètement, mais il n'avait plus l'énergie de se lever, ni la force de manier sa cruelle baguette pour torturer quelques victimes afin de détourner ses pensées de l'état morbide de son corps blessé. Depuis une semaine, la vie semblait le quitter comme absorber par un terrible maléfice: pourtant même lui le Maître de la Magie Noire était incapable de le faire à une personne qu'il ne torturait pas directement, même lui était incapable de contrer ce qui se nourrissait de son être. Qui pouvait, tel un vampire, le dépouillé de sa précieuse vie? Qui pouvait avoir la puissance de le détruire malgré les protections qui l'entouraient? Qui pouvait manier une magie encore plus néfaste que la sienne?
