NdA : A partir de maintenant, j'utiliserai principalement le nouveau prénom de Harry et je parlerai de lui (d'elle, en fait…) au féminin dans la plupart des cas.

RaR

Pas de chances, les Rar sont maintenant interdits sur le site… désolée pour ceux qui m'ont laissé un message. J'adore les lire mais je ne pourrai vous répondre que si vous créez un compte sur le site. Bises à tous

Acide sulfurique

Chapitre 3 : premières épreuves

Rébécca suivit en silence Snape jusqu'à ses appartements. Elle restait avec difficulté à hauteur de l'homme qui marchait d'un pas rapide et raide trahissant toute sa colère. Ils parvinrent rapidement devant un tableau représentant une mer agitée par un vent de tempête. Sur un rocher battu par les flots un pêcheur et une sirène jouaient aux cartes.

- Sapienta.

La sirène, effarouchée par l'intervention de Snape, sauta à l'eau et le pêcheur fit une grimace.

- J'allais gagner !

Snape lança à l'homme un regard qui prouvait bien que cela lui importait peu, mais celui-ci ne se laissa pas démonter par si peu. Brandissant les cartes, il les agitait devant Snape avec colère tout en tentant de ne pas laisser les bourrasques de vent, de plus en plus fortes, l'emporter.

- Vous n'avez aucune idée du mal que j'ai eu à trouver et appliquer cette tactique et voilà que vous ruinez tout, avec votre 'sapienta'.

- Ouvrez ce satané tableau ! Je ne suis pas d'humeur à plaisanter ! gronda Snape.

- Pas plus que moi ! Franchement, vous...

Snape sortit sa baguette et la pointa sur le tableau.

- Si vous n'ouvrez pas dans la seconde, je vous assure que je brûle le tableau!

Sous la menace, le pêcheur s'exécuta tout en maugréant et le professeur de potions s'engouffra dans le passage. Rébécca le suivit à tâtons dans l'obscurité oppressante du couloir. Après une dizaine de mètres, elle parvint à une autre porte et l'ouvrit, débouchant par la même occasion sur les appartements de Snape. La pièce principale, lugubre et froide, semblait faire office de salon. L'un des murs de l'endroit était entièrement couvert par une immense bibliothèque. Dans un coin brûlait un grand feu qui était l'unique source de lumière et de chaleur de l'endroit. Les trois grandes fenêtres qui étaient en effet censées laisser entrer à flot la lumière du jour étaient fermées par d'imposants volets de bois et ne laissaient pas filtrer le moindre rayon. Près du feu se trouvait un canapé et quelques fauteuils, ainsi qu'une petite table ronde et basse faite de bois sombre ouvragé. Rébécca n'eut pas le temps de mieux détailler l'endroit car Snape se retourna vers elle et lui indiqua une porte.

-Apparemment, ta chambre est là. Tu vas y rester jusqu'à ce que je te dise d'en sortir, compris ? Je ne tiens pas à voir plus que nécessaire une erreur de la nature telle que toi!

La jeune fille serra les poings et répondit d'une voix au moins aussi méprisante que celle du professeur :

-C'est un sentiment tout à fait partagé, pro... père !

Elle porta une main à sa gorge, choquée parce qu'elle venait de dire, mais le professeur de potion ne fit que hausser un sourcil moqueur.

-Apparemment, le directeur a jugé nécessaire de nous lancer un sort pour m'obliger à te tutoyer et pour que tu m'appelles père. Ne me dis pas que tu es surprise ? Après tout, ce n'est pas comme si ce n'était pas à prévoir. Evidemment, prévoir suppose réfléchir, ce qui ne semble pas être à la portée de tous…

Rébécca lança un regard noir au professeur avant de se diriger vers la porte de sa chambre et de la faire claquer derrière elle. Dès qu'elle fut dans sa chambre, elle se laissa tomber par terre, tremblant à la fois de colère contenue, de froid et d'horreur, le dos appuyé contre la porte, le visage levé vers le plafond et les yeux clos. Elle s'efforça à prendre quelques respirations profondes et régulières mais cela resta sans effet. Le tremblement de son corps ne fit qu'empirer. Elle n'en pouvait plus ! Trop de choses s'étaient passées en trop peu de temps. Il lui fallait quelque chose à quoi se raccrocher. La lettre ! Elle fouilla les poches de son pantalon puis se rappela que Snape la lui avait arrachée et ne la lui avait pas rendue. Elle caressa un moment l'idée d'aller la lui réclamer puis l'abandonna : elle en tenait pas à revoir le professeur en ce moment. Elle ne se sentait pas réellement en état d'affronter une nouvelle fois Snape. Un rire sec la secoua et elle dut se mordre l'intérieur de la joue pour le faire cesser. Elle n'allait pas céder à une crise d'hystérie maintenant ! Elle n'avait aucune raison pour cela. Après tout, rien de terrible ne lui était arrivé : elle avait simplement reçu une lettre de sa mère morte depuis 15 ans, découvert que Snape, le professeur qui avait toujours haï Harry Potter, était son père et qu'elle était une fille alors qu'elle avait toujours pensé être un garçon. Et pour finir, elle devait vivre avec son « géniteur ». Rien de bien important… La jeune fille passa une main tremblante dans ses cheveux puis s'arrêta à mi-chemin, légèrement étonnée de ne pas rencontrer les épis habituel. C'était vrai… A présent, ses cheveux étaient longs et ondulés… Un rire silencieux la secoua tandis qu'elle se mordait les lèvres pour éviter d'éclater en sanglots. Au bout d'un moment, elle parvint à se contrôler et détacha sa main de sa chevelure avec lassitude, la levant devant elle et ouvrant les yeux. Une main de fille, petite, pâle, avec de longs doigts fins, terminés par des ongles roses en forme d'amande. Elle la détailla pendant quelques minutes avant de pousser un petit soupir : il faudrait bien s'y habituer, si les recherches de Dumbledore venaient à confirmer son identité présente. Elle fit une prière mentale pour que ce ne soit pas le cas. Laissant son bras retomber le long de son corps, la jeune fille porta son regard sur la pièce qui l'entourait et retint à grande peine une grimace d'horreur : une chambre de fille ! Heureusement, la pièce n'était pas peinte en rose mais en bleu clair. En son centre trônait un énorme lit à baldaquin de bois blanc. Les couvertures et les tentures étaient faites d'un tissu blanc orné de motifs floraux bleu indigo. Il y avait même de la dentelle autour de l'oreiller, constata-t-elle avec dégoût. Pire encore, un ours en peluche blanc était assis sur l'oreiller. Mais pour qui Dumbledore la prenait-il ? Elle ne jouait pas à la poupée, bon sang ! A côté du lit se trouvait une petite table basse et une bougie. Dans un coin de la pièce il y avait un meuble qui devait être une bibliothèque mais ne contenait encore aucun livre. Près de ce meuble se trouvait un bureau. Un peu plus loin, proche d'une cheminée où brûlait joyeusement un petit feu, il y avait une table et un canapé. Se levant, Rébécca se dirigea vers une autre porte, remarquant à peine l'épaisse moquette sur laquelle il marchait. En poussant la porte, elle découvrit une salle de bain de marbre… Rose et argent! Cette fois, elle grimaça carrément. En plus, dans un coin, se trouvaient un miroir et un nécessaire de maquillage. Comme si elle allait jamais employer ces choses ! Dumbledore avait réellement perdu la tête, cette fois ! La jeune fille contempla à nouveau sa chambre. La pièce était vaste, bien plus vaste que tout ce à quoi elle avait été habituée jusque là et elle se sentit soudainement affreusement seule.

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Dès que Pot… Rébécca fut entrée dans sa chambre, Snape, furieux d'avoir été piégé par le directeur, s'enferma dans la sienne et jeta un sortilège d'insonorisation à la pièce avant d'éclater en imprécations toutes aussi peu dignes d'un professeur les unes que les autres. Il ne s'arrêta que lorsque sa voix fut devenue rauque et qu'il avait du mal à hurler des injures, dirigées vers le Dumbledore, Evans et Pot… Rébécca.

Ensuite, il se laissa tomber sur son lit et resta quelques instants à regarder le plafond avant de se redresser. Il ne pouvait supporter de rester inactif.

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La nuit était tombée depuis une heure lorsque Severus Snape entra dans la chambre de 'sa fille'. La pièce était plongée dans une épaisse obscurité et il lui fallut attendre quelques minutes avant de distinguer les ombres des meubles qui la meublaient. Son regard se dirigea instinctivement vers la seule source de lumière de l'endroit : dans l'âtre, les braises mourantes baignaient d'une légère lueur rougeâtre le canapé qui leur faisait face. Sur ce meuble était pelotonnée une petite silhouette. Snape s'en approcha silencieusement et eut un sourire narquois en remarquant que, dans son sommeil, la jeune fille serrait contre elle un énorme ours en peluche blanc. Toujours sans le moindre bruit, il se pencha sur la forme endormie et repoussa du bout des doigts les cheveux qui camouflaient le visage de l'adolescente. Dans les yeux brumeux du professeur de potion apparut une étincelle de satisfaction malveillante : sur les joues de la jeune fille, il pouvait distinguer des traces de larmes à moitié séchées. Ainsi, il n'était pas le seul à trouver cette situation insupportable ! Pot… Rébécca en souffrait tout autant, si ce n'est plus, que lui. Silencieusement, l'homme se promit qu'elle n'avait pas fini d'en baver. S'il était vraiment obligé de garder ce fardeau, il en profiterait pour s'amuser un peu, lui aussi. Fronçant les sourcils et retroussant le nez, l'adolescente détourna le visage sans s'éveiller. Apparemment, l'haleine du professeur lui déplaisait. A croire qu'elle n'aimait pas l'alcool, songea-t-il avec dérision.

Avec un sourire mauvais, il saisit l'adolescente par l'épaule et la secoua brutalement. La jeune fille se réveilla en sursaut et, dès qu'elle le reconnut, tenta de dégager son bras avec une grimace de douleur. L'étreinte du professeur se resserra encore lorsqu'il l'obligea à se lever.

-Lâchez-moi, sale bâtard ! cria-t-elle avec répulsion et une grimace de douleur.

La tirant par le bras, Snape l'obligea à se tenir à quelques centimètres de lui et plongea son regard noir dans celui tout aussi sombre de la jeune fille. Devant l'expression défiante de Rébécca, dans laquelle il pouvait distinguer des traces de la peur qu'elle tentait de dissimuler, un mince rictus ironique fendit son visage. D'une voix à la fois mauvaise et dangereusement basse, il laissa tomber, en faisant passer tout son dégoût pour la jeune fille dans son prénom :

-Il me semble que ce n'est pas à moi que devrais s'appliquer cette insulte, Rébécca.

Un éclair de douleur et de ressentiment traversa le regard de l'adolescente et ce fut avec un sourire satisfait que Snape la lâcha. Aussitôt elle recula de plusieurs pas puis s'arrêta, comme refusant de montrer que le professeur lui faisait peur, et le regarda d'un air dégoûté.

-Ce n'est pas comme si j'avais vraiment eu le choix, cracha-t-elle avec colère.

-Parce que tu crois peut-être que j'ai pu choisir ?

-Non, c'est vrai. Quand ma mère est venu vous voir, ce soir-là, vous avez du sauter sur l'occasion. Une telle aubaine ! Je doute que quiconque accepte de vous toucher sans y être obligé… A moins que vous ne payiez les femmes avec qui vous…

Rébécca n'eut pas le temps de terminer sa phrase. En une seconde, le professeur avait parcouru la distance qui les séparait et l'avait plaquée contre un mur.

-A ta place, je ferais attention à ce que je dis…

Une lueur meurtrière allumait le regard de Snape et sa fille avala difficilement sa salive et le fixa effrontément, sans cependant oser répondre. Le bras qui pesait sur sa gorge s'enfonça un peu plus et elle toussota et détourna le visage.

-Regarde-moi quand je te parle !

Rébécca releva lentement la tête et croisa le regard furieux du maître de potion. Elle perçut soudain une odeur étrange. Elle la connaissait, mais… Ses yeux s'écarquillèrent soudain sous le choc de la réalisation. Le professeur avait bu ! Une terreur incontrôlable la saisit quand elle repensa à l'attitude d'oncle Vernon lorsqu'il était saoul. Surtout lorsqu'il était saoul…

Snape sentit tout à coup le corps de l'adolescente se raidir. Un éclair de peur traversa ses yeux et elle sembla chercher à s'enfoncer dans le mur, remarqua-t-il avec une satisfaction mêlée de surprise. Il ne s'était pas attendu à ce que ce soit si facile… La respiration de la rousse s'était faite plus rapide et hachée. Lentement, il relâcha son emprise et la regarda rester immobile, collée contre le mur, et le regarder s'éloigner sans le quitter des yeux. Lorsqu'il fut sur le pas de la porte, il se retourna et la vit qui passait une main tremblante devant ses yeux.

-Nous allons manger dans 5 minutes dans la pièce principale. Ne sois pas en retard !

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Dès que Snape fut sortit de la pièce, Rébécca se laissa glisser le long du mur et porta une main à sa gorge tandis que l'autre pendait le long de son corps. Elle resta ainsi, sans bouger, les yeux fixés sur le sol, pendant un long moment, cherchant à la fois à calmer les battements désordonnés de son cœur et à reprendre sa respiration. Au bout d'une ou deux minutes, elle laissa retomber son bras sur le sol et ferma les yeux. Elle ne devait pas montrer qu'elle avait peur du professeur. Elle avait laissé une seule fois laisser voir à son oncle combien il la terrifiait lorsqu'il avait bu et cela n'avait fait qu'empirer la situation… Se relevant lentement, elle prit une profonde inspiration et redressa la tête avant de sortir de sa chambre.

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Une heure plus tard, après un repas interminable qui s'était passé dans le plus grand silence, elle rejoignit enfin sa chambre et se laissa tomber sur son lit, sans prendre la peine d'enlever ses vêtements, à la fois trop fatiguée pour le faire et n'ayant aucune envie de se confronter à sa nouvelle apparence. Après s'être retournée dans son lit pendant de longues minutes sans trouver le sommeil, elle finit par se lever et aller chercher l'ours en peluche blanc qui était resté devant l'âtre et se coucha à nouveau en le serrant contre elle, tout en se moquant intérieurement de son comportement totalement puéril.

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Un rayon de soleil vint caresser la paupière de Harry et il fronça les sourcils et détourna légèrement la tête. Mais le rayon de soleil persistait et eut tôt fait de retrouver sa paupière. Le gryffondor envisagea un instant la possibilité de se retourner et d'enfuir son visage dans l'oreiller puis y renonça : à quoi bon gagner quelques minutes de sommeil si c'était pour être réveillé par la voix de crécelle de sa tante dans moins de vingt minutes ? Il était d'ailleurs étrange qu'elle l'ait laissé dormir si tard, pensa-t-il, l'esprit encore embrumé de sommeil. Il avait fait un rêve horrible cette nuit-là, mais ne pouvait s'en rappeler. Il se souvenait vaguement que Snape y était inclu et cette simple pensée suffisait à faire courir des frissons de dégoût tout le long de sa colonne vertébrale. Comment pouvait-il rêver de Snape alors qu'il était en vacances ? Aucun doute, ses années à Poudlard risquaient fort de le laisser traumatisé à vie…

Lentement, Harry ouvrit les paupières, pour aussitôt les refermer et mettre sa main devant ses yeux éblouis par le soleil. Ce faisant, il sentit une chose étrange sous la paume de sa main. Une mèche de cheveux. Une mèche de cheveux anormalement longue. Il envisagea un instant une possible blague de Dudley puis repoussa cette idée : son cousin avait bien trop peur de lui pour tenter quoi que ce soit. Sa main remonta lentement jusqu'à la racine de la mèche et rencontra toute une masse de cheveux. Il allait pousser un soupir de soulagement lorsqu'il se rendit compte que toute sa chevelure était anormalement longue. Saisi d'un pressentiment désagréable, il ouvrit lentement les yeux, puis, lorsqu'il fut habitué à la lumière, jeta un coup d'œil autour de lui. Son rêve lui revint et un doute affreux s'empara de lui. Cela ne pouvait pas être vrai… Lentement, très lentement, il baissa les yeux et déglutit : les deux choses rondes étaient toujours collées à son torse… ce qui voulait dire qu'il était une fille et, pire encore, la fille de Snape. Il eut un instant l'envie de se recoucher dans son lit. Lorsqu'il se réveillerait, il rirait de ce cauchemar ! Mais il se frotta les yeux et se leva lentement de son lit. Pas par courage, non, ni même parce qu'il savait qu'il devait affronter la réalité à un moment où à un autre, mais parce qu'il devait aller aux toilettes. Passant une main fatiguée dans ses cheveux (toujours aussi longs et roux, nota-t-il avec accablement), il se dirigea vers la salle de bain et en poussa la porte. Il se figea en apercevant les toilettes. Il était une fille… Ces mots ne cessaient de se répéter dans son esprit… Prenant une profonde inspiration, il ferma les yeux et se dirigea vers le W-C. Toujours sans regarder ce qu'il faisait, il défit son pantalon et son boxer avant de s'asseoir sur le pot. Gardant les yeux fermé, il tenta de penser à autre chose… Comment les filles pouvaient-elles supporter d'uriner dans cette position ? C'était tellement… dégradant ! Dès qu'il eut terminé, le gryffondor s'éloigna du W-C comme si celui-ci risquait de lui transmettre la peste. Pourvu que je ne sois pas réellement une fille, pensa-t-il en ouvrant enfin les yeux. Il allait quitter la pièce quand son regard croisa son reflet dans un miroir. Lentement, il s'en approcha. Le reflet le regardait d'un air moqueur, avec un air narquois qui lui rappelait horriblement Snape.

-Tu ne crois pas que tu aurais besoin d'un bon bain ? Sincèrement, on croirait une vagabonde !

Harry continua à fixer la jeune fille qui se reflétait dans la glace, sans réagir.

-Hé ! Tu m'entends ? On est répugnante, là ! Prends un bain, bon sang !

-Je suis une fille… chuchota avec consternation Harry.

-Bien sûr que t'es une fille ! Ca ne se voit pas, peut-être ? grogna le reflet. Et si tu veux mon avis, tu es bien mieux maintenant qu'avant ! A part les yeux, peut-être… Verts, c'était pas mal. Mais noir, c'est mystérieux…Mais pour tout le reste, pas de doute, tu y gagnes…

-Tu parles, souffla Harry en grimaçant…

Bien que ses vêtements trop larges cachent en grande partie ses formes, il pouvait clairement distinguer le renflement de sa poitrine et ses hanches… Il secoua un peu la tête et cligna des yeux, mais rien ne se produisit. Il était toujours le même. Ou plutôt, la même ! Son reflet lui jeta un regard moqueur puis passa ses mains sur ses hanches, si bien que leur courbe se dessina clairement. Harry cligna des yeux puis passa ses propres mains sur ses hanches et déglutit difficilement.

-Je suis bien d'accord avec toi, soupira son reflet. Tu finiras pas top modèle avec ce genre de mensuration. Bon, d'accord, t'es pas énorme, loin de là, mais t'as quand même des hanches un peu trop développées pour défiler sur des podiums. Pareil pour la poitrine... Dommage… le reste n'est pas mal… Mais ce serait bien mieux si tu consentais à te laver. A moins que tu ne tiennes à sentir le bouc…

Soupirant, Harry… Non, Rébécca ! dut bien se rendre à l'évidence : il valait mieux suivre les conseils du miroir. Après tout, elle devrait bien se voir nue un jour ou l'autre… Fermant les yeux, elle se débarrassa de son t-shirt puis laissa glisser son vieux pantalon et son boxer le long de ses jambes. Puis elle ouvrit les yeux. Assez bizarrement, le premier détail qu'elle remarqua fut qu'elle avait oublié d'enlever ses chaussettes et qu'elle avait l'air ridicule, avec elles pour seul vêtement. Elle se pencha et les retira avant de se relever et de jeter un nouveau coup d'œil dans la glace et de détourner aussitôt le regard, ne sachant trop comment se comporter. Elle frissonna et remarqua que, bien que la pièce soit chauffée, elle avait la chair de poule. Puis elle se rendit compte qu'elle avait oublié de faire couler l'eau de son bain. Elle aurait bien entendu put prendre une douche, mais la simple idée de devoir se laver debout la rendait malade. Sans trop savoir pourquoi, elle préférait être dans un bain plutôt que dans une douche pour se laver pour la première fois. Après tout, pensa-t-elle, en frissonnant de dégoût, elle allait devoir TOUCHER son corps… Drapant un drap de bain autour d'elle (elle était fatiguée de voir son reflet s'examiner sous toutes les coutures sans aucune pudeur), elle fit couler l'eau chaude avant de s'y laisser glisser dans un mélange de délectation et d'appréhension.

Un quart d'heures plus tard, elle sortait de l'eau et s'enroulait dans sa serviette de bain en frissonnant, fermement convaincue qu'elle venait d'affronter la pire des épreuves de sa vie avec un courage incroyable. A côté de ce bain, ces rencontres avec Voldemort n'étaient qu'une partie de rigolade. Si on oubliait que celles-ci faisaient des victimes, ajouta une petite voix dans le fond de sa tête et Rébécca sentit un profond malaise l'envahir. Pour le chasser, elle se tourna vers son reflet qui semblait positivement enchantée d'être enfin propre. Rébécca se regarda fixement, tentant de se convaincre que c'était bien sa nouvelle apparence que lui montrait la glace, puis elle se rendit compte que si c'était bel et bien le cas, il lui faudrait un long temps d'adaptation. Avec un soupir de résignation, elle tendit la main vers une brosse et la porta à ses cheveux. S'asseyant sur la chaise qui faisait face à une tablette où s'empilaient divers produits et ustensiles dont elle préférait ne pas connaître l'usage, elle commença à démêler ses longs cheveux. Assez étrangement, chaque coup de brosse semblait l'apaiser, la rasséréner et elle continua à faire glisser l'objet dans ses cheveux bien après qu'il n'y ait plus le moindre nœud, jusqu'à ce qu'ils brillent et soient aussi doux que de la soie. Avec un étrange petit sourire, Rébécca décida qu'elle aimait ses cheveux.