Chapitre 6: Rencontres

Voldemort avait souhaité ce mariage… Allongé sur son lit, Draco Malfoy laissait son regard se perdre sur le plafond peint. Voldemort avait souhaité ce mariage. Pas lui. Pas Rebecca. Pas même son père. Un sentiment de joie l'emplissait, dessinait sur son visage un léger sourire. Le Seigneur des Ténèbres avait remarqué son existence, pensé à lui, il l'incluait déjà dans ses projets d'avenir. Il existait à ses yeux. C'était le début de la gloire, le début de sa vie pour la défense de ses idéaux. Et si se marier était nécessaire, n'était-ce pas un faible prix à payer ?

Alors pourquoi ? Pourquoi cette sensation d'amertume, ce serrement au cœur ? Il était un Malfoy, par Merlin ! Il ne croyait pas au grand amour. Il croyait au pouvoir, à l'argent, à l'entente. Il était un serpentard, il était ambitieux… Il ne songeait pas à aimer. Il n'y pensait pas, n'en rêvait pas. Il était serpentard et se mentir à soi-même était une seconde nature. Avec un grognement mécontent, le garçon se retourna en enfuit son visage dans son oreiller de plume, s'y enfonçant avec plus de rage que n'e méritait le moëlleux..

Content, il aurait du l'être. Il n'était que ravi… Il aurait du être tant de choses ; satisfait, heureux.. Euphorique, même… au moins autant que pouvait l'être un Malfoy. Et il l'était. Un peu. Il souriait, il était fébrile, impatient. Le Seigneur pensait à lui, il croyait en son potentiel, assez pour se soucier de son le bonheur n'occupait qu'une petite partie de son esprit. Le reste de ses pensées était plus sombre, plus douloureuse. Il n'y avait plus autant de sang-purs que par le passé, c'était vrai, mais il en restait assez pour qu'il puisse y trouver une fille qu'il pourrait aimer. Une autre fille que cette Rebecca… Moins insolente, moins moqueuse… Plus jolie, aussi. Mais le choix était fait, pour lui. Et cela laissait dans sa gorge comme un goût d'amertume.

L'aube se levait. Dehors, les oiseaux commençaient leurs infernaux gazouillis… Cinq heures du matin, à peine. Il n'avait pas dormi. Il n'avait pas rêvé… Il avait gardé les yeux ouverts sur ses pensées, partagé entre joie et appréhension, entre contentement et colère. Il ne voulait pas épouser cette fille… Et il doutait que cela ne soit pas réciproque.. Quoi que la fortune de sa famille avait de quoi en convaincre plus d'une de l'épouser… Et puis,que ne ferait-on pas pour être bien vu de Voldemort ? Cette fille, si elle avait deux grains d'intelligence, sauterait sur l'occasion.

Les dents du jeune homme se serrèrent en une grimace douloureuse et il se leva, s'asseyant sur le bord de son lit. Il passa une main hésitante dans ses cheveux blonds, le regard toujours perdu dans le vide. Que faire ? Il ne voulait pas épouser cette fille… Il ne voulait pas déplaire à Voldemort. Les yeux clos, il s'accorda le temps de la réflexion. Peut-être… peut-être s'il parvenait à convaincre cette idiote… C'était ça !

Se levant, le serpentard se dirigea vers son miroir et se contempla : non, cela ne conviendrait pas du tout. Avec des cernes aussi prononcés, coups de fusains sur le blanc de sa peau, et ses cheveux en bataille, il ne pouvait, ne saurait entamer une discussion, convaincre, persuader.. menacer. Ils erait déjà en position de faiblesse. S'asseyant, le blond sortit d'une boite de bois ciselé un pot de couleur claire et passa sous ses yeux un peu de la lotion : Dans 5 minutes, ses cernes se seraient volatilisées…

Il ferma les yeux et se représenta la suite des évènements : ce serait sans doute à la menace qu'il devrait avoir recours, vu l'attitude de la jeune fille : elle ne semblait pas du genre à être suffisamment sotte pour tomber sous son charme et rompre leurs fiançailles, pas plus qu'elle ne paraissait du genre à discuter calmement d'une situation… Elle ne voudrait pas perdre les avantages que lui procureraient ces fiançailles et ce futur mariage. A sa place, il aurait lui aussi profité de la situation. C'était logique, de bonne guerre, naturel : il ne pouvait le lui reprocher. Mais cela le rendait furieux et la tension accumulée dans ses épaules et la ligne sèche de sa mâchoire le confirmait.

°oOo°

Voyager par cheminette sans se salir était l'une des compétences essentielles de toute personne possédant un minimum d'éducation et de distinction : inutile donc de préciser que Draco Malfoy excellait en cet art. Il pouvait même partir avec un verre de vin à la main et arriver à destination sans en avoir renversé une goutte.

Mais le blond failli trébucher en arrivant dans l'appartement du directeur de sa maison. Le spectacle qui lui faisait face était pour le moins inhabituel : dans un fauteuil, Severus Snape affalé, toujours vêtu de la robe noire qu'il avait porté la veille, un rideau de cheveux gras collant à son front. Décadence : c'était le mot qui venait à l'esprit devant cette scène et le nez aristocratique du spectateur se fronça de dégout. Il régnait dans la pièce une lourde odeur d'alcool qui vous prenait à la gorge et vous soulevait le coeur. Draco avait souvent soupçonné l'homme d'aimer prendre un verre de trop, le soir, ils en avaient plaisanté à serpentard, c'était une des rumeurs qui courraient sur leur directeur… Comme celles qui régnaient sur ses exploits sexuels douteux. Mais voir le professeur dans cet état était un choc inattendu. Et quel contraste par rapport à l'attitude attendue d'un serpentard !

Le jeune homme resta figé quelques instant, ligne droite et claire tracée à la craie sur le fond obscur de la pièce, avant de s'approcher. Une, deux bouteilles vides, une autre bien entamée.. Et ce n'était pas de l'eau coupée... Une marque de whisky suffisamment réputée pour exiger des prix exorbitants, spécialisée dans les alcools… très forts. Snape cachait bien des secrets… Qu'avait-il pu se passer pour qu'il boive autant ? Etait-ce une habitude ?

Mais peu lui importait. Il n'était pas là pour cela, il était là pour discuter…de façon plutôt musclée, sans doute, avec la fille du professeur. Et s'il était venu si tôt, c'était dans le but de la prendre par surprise, en la réveillant, et de mettre à profit sa confusion. Lui, calculateur ? pas plus que nécessaire. Il avait juste choisi l'heure de la rencontre, le lieu, sa tenue et son apparence rien, en fait…

Il lui restait à trouver la chambre de Rebecca… Sa plus grande crainte avait été de réveiller Snape durant ses recherches, mais il était à présent évident que ce ne serait pas le cas : nulle crainte à avoir, le professeur dormirait encore quelques heures avant d'avoir terminé de cuver. Il avait donc tout le temps nécessaire pour faire ses recherches. Mais comme toute chose déplaisante, mieux valait s'en débarrasser au plus vite. L'exploration méthodique des pièces commença. Il y en avait 5… ce fut la quatrième qui s'ouvrit sur une chambre si visiblement féminine qu'il eut un mouvement de recul. Des murs couleur ciel, un lit blanc et crème, au centre, une couverture bleue, un oreiller bordé de dentelle, un ours en peluche blanc… Une fenêtre laissait entrer à flot la lueur rosée de l'aube. Mais il y avait un détail étrange : le lit était vide.

Un léger froncement des sourcils trahit la perplexité du jeune homme, avant que son regard ne fasse lentement le tour de la pièce. Oh non, il ne voulait pas épouser une femme dotée d'un goût aussi douteux. C'était totalement hors de question, elle se mettrait en tête de redécorer le manoir et le transformerait en meringue géante. Cette simple idée avait de quoi le faire trembler. Mais il en pouvait en empêcher la réalisation que s'il parvenait à…

Il y avait quelque chose qui dépassait de derrière une armoire. Une forme qui évoquait beaucoup une jambe dénudée, au moins jusque mi-cuisse, tant par sa couleur que ses lignes… Merveilleux. En plus d'être insolente, cette jeune fille ne connaissait pas l'utilisation habituelle d'un lit, ni la pudeur… La jambe visible était toujours chaussée et il régnait dans la pièce une odeur étrange... différente de celle présente dans le salon.

A quoi se saoulait-elle, elle ? Tel père telle fille disait l'adage, mais il ne s'était pas attendu à trouver deux alcooliques totalement avachis en arrivant à l'improviste et si tôt dans la journée.C'était peut-être pour cela que ce type de visites était considéré comme impoli… Elles empêchaient les acteurs de revêtir leur rôle, les laissant nus, vrais, réels… Tous les êtres se révélaient-ils aussi répugnants une fois.débarrassés des faux semblants ? Et lui ? Il n'était pas alcoolique mais quels détails, quels défauts verraient ceux qui lui rendraient visite à une heure indue ?… Aucun, se rassura-t-il.

Les découvertes s'enchaînaient et ne faisaient que renforcer sa résolution : il n'épouserait pas cette vache alcoolique, pas s'il pouvait l'éviter. Et il s'arrangerait pour y échapper. Il suffirait de quelques menaces, sans doute, et d'un petit étranglement de quelques secondes, peut-être… à moins qu'un petit sortilège ne suffise ? Qui pouvait savoir ?… Draco Maalfoy approcha de la forme étendue d'un pas déterminé.

°oOo°

Un mal de tête pareil ne s'appelait plus un mal de tête, ou même une migraine. C'était une fin du monde. Un peu comme du concentré de douleur en boîte, un endoloris au moins, qui lui vrillait les tempes et les yeux. Severus Snape eut la présence d'esprit de ne pas ouvrir les paupières. Arès tout, la faible lueur venait frapper sa rétine à travers leur rideau le blessait déjà.

Il lui fallait trouver le courage de se lever et de se traîner jusqu'à sa chambre. Là, il trouverait une potion contre la gueule de bois, il en avait toujours des provisions. Restait à trouver la force nécessaire… Et à se convaincre de bouger alors qu'il savait que le moindre mouvement allait empirer son mal de tête, alors qu'il risquait d'être malade…

« Tiens, avale ça… »

La voix lui parvenait légèrement déformée, mais elle ressemblait un peu à celle de Lucius Malfoy… Lucius… Impossible. Qu'aurait-il fait là ? Un mauvais rêve sans doute. Une main fourra dans sa paume une petite bouteille froide et un doute affreux envahit le professeur. Ce ne pouvait réellement être Lucius Malfoy qui se tenait là, non ? Il ne pouvait avoir été vu dans cet état… Le sort ne pouvait être aussi cruel.

Le professeur porta la fiole à son nez et renifla. C'était bien la potion appropriée et il l'avala après l'avoir prudemment goûtée. Ses pensées s'éclaircirent en quelques secondes et son mal de tête se résuma à une sorte de bourdonnement sourd, un peu distrayant mais totalement indolore, tandis que son estomac se calmait, lui aussi. Cette potion était un vrai petit miracle à elle seule et il se donna quelques instants pour savourer sa sobriété retrouvée, avant que le monde ne revienne s'imposer à lui. Le monde et les Malfoy, arrogante engeance qui avait un don pour se trouver là où ils n'auraient pas du être, au mauvais moment.

Mais le répit qu'il s'accorda était court : attendre aurait été faire preuve d'une faiblesse qu'il ne pouvait s'autoriser. Pas face à un adversaire comme Lucius Malfoy, sans doute présent sous les ordres du Seigneur des Ténèbres. Les paupières s'ouvrirent et le regard noir du professeur vint se planter dans celui de l'ancien serpentards. Qu'étaient-ils, au juste ? Amis ? Relations de travail ? Plus ? Moins ? Ennemis peut-être ? Adolescents ils avaient cru en leur amitié, puis le temps et les secrets les avaient séparés…

°oOo°

Qu'étaient-ils au juste ? Qu'avait fait la vie de leur lien ? Qu'avaient-ils fait de leur amitié ? Ils devaient l'avoir bien mal traitée pour qu'ils en soient arrivés là, distants, ennemis, presque, prêts à s'affronter… Qu'était devenue leur amitié si, dès le réveil, Severus se méfiait, s'attendait au pire ? Qu'avaient-ils fait… que n'avaient-ils pas fait ?

Lucius aurait fermé les yeux, autrefois, mais à présent, il ne se permettait plus ce genre de faiblesse même face à cet homme… C'était sans doute en partie cela qui avait changé. La méfiance.. L'âge adulte qui les avait un peu pris par surprise… Qu'étaient-ils devenus ? Lui, un lord, patriarche de l'ancienne et noble maison des Malfoy, comme il devait l'être depuis sa naissance.

Tireur de fils, dirigeant de politiques souterraines, adepte du Seigneur des Ténèbres, membre de son Cercle Intime.

Comme Severus.

Meurtrier.

Comme Severus.

Tortionnaire, violeur, voleur de vies, d'espoir, de passé…

Comme Severus.

La réalité n'était pas à la hauteur de ses espérances adolescentes. Il avait du pouvoir, avait des connaissances, de l'influence et sur les mains plus de sang qu'il ne l'avait pensé possible. Du sang de moldu, du sang de sang-de-bourbe. Du sang de sorciers au sang aussi pur que le sien, aussi. Il n'avait pas le pouvoir d'acheter le bonheur, de chasser les nuages de son ciel.

Mieux valait ne pas y songer. Mieux valait ne pas s'y attarder, continuer à avancer : parce qu'il ne pouvait retourner en arrière, parce que malgré l'horreur, il croyait en sa cause. Il ne pouvait pas, ne voulait pas regarder le monde sorcier expirer sous l'expansion de latechnologie moldue, rongé de l'extérieur par ces sous-hommes et de l'intérieur par les sang-de-bourbes. Il y avait tant à protéger. Il n'avait pas, n'aurait pas de regrets, donc.. Il restait juste assez de place pour quelques remords.

Et cette étrange mélange de fascination et d'interrogation en se demandant ce qui les avait séparés s'imposait, se doublait de curiosité, d'incompréhension et de dégoût mêlé face à cet homme capable de maltraiter son enfant. Les naissances étaient rares parmi les sang-purs, il était normal de chérir les enfants comme s'ils étaient de vrais trésors… Un comportement violent envers un enfant était aussi étrangee, aussi rare, plus choquant encore que ces scandales qui éclataient toutes les décennies sur un sorcier malade qui aimait les elfes de maison ou les hippogriffes…

« Est-ce toi ? »

« Pardon ? »

Lucius Malfoy détourna un instant le regard, le posant sur la table basse située entre lui et son ancien ami. La question était stupide. C'était l'adolescent en lui qui avait parlé, avec la fougue et la nostalgie d'une autre époque. La question avait été trop directe. Directe et inutile. Il n'avait pas la faiblesse de se permettre un doute. Le sang sur les poings de Severus était une preuve suffisante. C'était bien lui qui avait mis sa fille dans cet état. Et la constatation était douloureuse. Quand son ami s'était-il éloigné à ce point de ce qu'il avait été, de ce qu'il avait voulu être ? Boire à ce point… n'était-ce qu'occasionnel ? Et cette violence, envers sa propre progéniture. Cela lui renversait le cœur… Il avait assisté à des scènes bien plus violentes, plus sanglantes et n'avait rien ressenti, il avait tué, blessé, torturé et n'avait pas été aussi malade qu'il l'était aujourd'hui. Etait-ce ce qu'ils étaient devenus ? Lui insensible et le professeur de potion alcoolique et violent ?

« J'ai besoin de ta signature sur ce document… »

Le regard noir perdit les derniers voiles qui le couvraient, brillant de méfiance et le sorcier se redressa, prenant les papiers qui lui étaient tendus d'un geste sec. Lucius l'observa parcourir le document, sa lecture venant creuser ses traits, pinçant sa bouche, fronçant ses sourcils et assombrissant son regard. Le parchemin atterrit sur la table, lancé d'une main nonchalante, méprisante.

« Jamais. »

°oOo°

L'esprit de Séverus Snape s'emballait, à la recherche d'une solution. Il ne pouvait signer ces papiers. Transférer la garde de sa fille à Lucius Malfoy… Impossible. Impossible pour tant de raison, dont l'identité de la jeune fille n'était pas la moindre. Il ne pouvait confier au mangemort la Fille-Qui-Avait-Survécu.

D'un geste méprisant, il rejeta les documents et se renfonça dans son fauteuil. Il n'était pas en position de force pour se défendre. A peine dégrisé, toujours vêtu des vêtements fripés de la veille et entouré de bouteilles vides. Et puis, il y avait ce sang sur ses doigts… Il n'était vraiment pas en position dominante, mais son sourire moqueur et son maintien assuré ne trahissaient pas cette certitude. Il fallait trouver une solution, une parade, vite.

« Jamais. Rebecca n'est pas encore une Malfoy… Elle restera ici et vivra dans sa famille. »

Famille, un sujet délicat pour le blond, il le savait, et l'étincelle furieuse qui traversa le regard clair le confirma. Un point gagné, premier affrontement remporté, mais la guerre était loin d'être gagnée. Et s'il devait en croire l'imperceptible serrement de la mâchoire de son ami, ses chances de vaincre étaient minces. Où était Dumbledore lorsqu'il avait besoin de lui ? Sans son soutien, il ne voyait pas comment il pourrait empêcher Malfoy de gagner cet affrontement. Les cartes n'étaient pas dans ses mains.

« Sa famille ?… »

La voix était neutre, contrôlée… Il y manquait cette légère inflexion que Lucius adoptait dans les plus importantes discussions. Et si Lucius en arrivait à vouloir se contrôler à ce point, c'était que le sujet lui tenait à cœur. Il aurait peut-être plus de mal à rester détaché, neutre, à ne pas trahir d'émotions… Mais le connaissant, il n'en aurait que plus la rage de vaincre.

« Un homme aigri, alcoolique et violent ? Une famille ? »

… Il avait fait une erreur de jugement. Lucius n'était pas ici pour négocier, ni pour rester calme. Cela devait faire une dizaine d'année que ce regard furieux n'avait plus été dirigé vers lui, au moins.

« Tu vas signer, Severus. Et tout de suite… Ou un représentant du Service de Protection de l'Enfance viendra constater l'état de ta fille et lancera une enquête. Et ton cher directeur ne pourra pas te protéger d'Azkaban. »

Azkaban… Plus de quinze ans plus tard, les souvenirs de la prison le hantaient encore. Lucius connaissait trop bien ses faiblesses et il lui savait de contempler l'homme pour gagner la certitude que son regard noir avait laissé transparaître sa peur. Les iris clairs semblaient plus déterminé mais l'inflexion de la bouche était moins sévère. Qu'ils se connaissaient bien. Etaient-ils de vieux amis ou des ennemis qui s'étaient observés sous couverts d'amitié pendant des années ?

Lucius avait-il la moindre chance de soupçonner l'ancienne identité de Rebecca ? A moins que celle-ci ne se trahisse, il en était incapable, quelle que soit son intelligence… Dumbledore le tuerait, c'était certain, mais il verrait lui aussi les avantages de la position nouvelle de la jeune fille. Et il n'avait aucune envie… Aucune envie de s'occuper de la jeune fille. Son regard se posa sur ses doigts et les traces de sang qui les souillaient. Il la haïssait. Elle. Potter. Rebecca. L'ignomonie. L'abomination. Il la détestait.

L'alcool, le sang sur ses mains, sa conduite… Tant de raison de vomir… de vouloir oublier. D'éviter de revoir l'abomination, la créature qui se faisait passer pour son enfant, qui ne pouvait exister. Elle devait être dotée d'un minimum d'instinct de survie, non, avec tout ce qui lui était arrivé ? Et lui… Lui ne voulait pas atterrir à Azkaban…