NdA:petite question pour mes lecteurs. Je voulais savoir si des chapitres réflexifs, comme le chapitre 10 vous ennuie, si vous n'en voyez pas l'intérêt. J'avoue les aimer, mais j'ai remarqué qu'ils ont en général moins de succès côté review. Pourriez-vous me donner votre avis? merci à tous.

rar rapide:

néphéria:… désolée pour l'attente

adénoïde: mais! mais! non! je refuse! rébecca ne peut pas mourir ou disparaitre de la circulation! p.a. maintenant en tout cas! Merci pour ta review, miss.

Chapitre 11: Weak as I am

Dans le silence du dortoir déserté par cette journée ensoleillée, Héra plia le parchemin de sa lettre, la scellant de quelques gouttes de cire, avant de jeter un sort sur le tout. Personne ne pourrait en lire le contenu à part ses destinataires, une précaution habituelle pour la serpentarde. Cette tâche accomplie, elle se laissa basculer en arrière dans un soupir, s'enfonçant dans l'édredon moelleux de son lit, sans que tant de douceur ne la détourne des pensées qui l'étreignaient; elle s'enfonçait dans les plumes comme elle s envoyait dans ses pensées: sans résistance, presque avec volupté.

Les prunelles marrons se posèrent successivement sur les trois lits de ses compagnes de chambres. Sur ses lèvres bordeaux s'esquissait l'ombre d'un sourire alors qu'elle faisait l'inventaire: Daphné Greengrass, blonde, magnifique, une poupée parfaire, avec ses yeux limpides bordés de cils sombres, mais qui cachait une volonté de fer sous des dehors prétentieux et superficiels. Elle l'avait détestée au premier regard, ne l'aimait toujours pas… Elle avait pour elle une sorte de respect caché: sous les dehors froids de la blonde, sous son apparente frivolité brûlait une passion: le chant. Refusant le chemin tracé par ses parents et sa naissance, elle s'opposait à ses géniteurs dans la quête qui la mènerait peut-être à son rêve. Comment ne pas l'admirer? Il lui avait fallu plus de deux ans pour accepter que la blonde n'était pas qu'une peste de la pire espèce, quoi que son comportement puisse laisser penser. Déjà elle plaignait les adversaires que rencontrerait Daphné sur la voie du succès. Il était évident qu'elle ne s'embarrasserait d'aucun scrupule pour les écarter de son chemin.

A côté des draps de soie or de Daphné, il y avait le lit d'Emiy, sa meilleure amie avec qui elle partageait tout, ou presque. Elles s'en disaient autant que pouvaient le faire deux filles de leur maison en une époque de guerre. Il y avait les sujets tabous: le Seigneur des Ténèbres, Harry Potter, la guerre… Dans quel camp serait la petite Emily et sa bonne humeur légendaire? Héra n'était pas certaine de vouloir l'apprendre. Elle-même, issue d'une famille traditionnellement neutre, préférait ne pas songer à l'avenir…

Et enfin, face au sien, le lit de la nouvelle venue de leur dortoir, Rébecca Snape. Fille de leur directeur de maison dont personne n'avait jamais entendu parler avant la rentrée, à l'ascendance incertaine: sang-pur? sang mêlée? Tant de gens semblaient concentrer leur attention sur elle et l'énigme qu'elle représentait! Certains prétendaient qu'elle était la soeur cachée des Weasley, au vu de sa couleur de cheveux… Ce n'était que l'une des multiples théories la concernant, et pas la plus ridicule d'entre elles. Ses fiançailles à l'héritier de la famille Malfoy, malgré son statut social incertain, ne faisaient qu'attiser la curiosité: il était évident que le blond n'était pas tombé sous le charme de la jeune fille, encore moins au point de faire cette folie, alors mille théories étaient échafaudées, toutes aussi peu réalistes les unes que les autres. Elle-même ne savait qu'en penser: seule dominait cette certitude, Rébecca était importante, plus, sans doute, qu'il n'y paraissait au premier ou au second regard. Elle était payée pour le savoir: condisciple et partageant sa chambre, elle était la personne privilégiée par les curieux en quête de renseignements.

Chassant de son mieux la crainte qui lui nouait le creux du ventre, la jeune fille se redressa, saisissant sa lettre au passage. Le chemin qui la mènerait à la volière n'était pas long, elle ne prit pas la peine de se recoiffer avant de partir, se contentant de secouer sa crinière du bout des doigts. Elle doutait rencontrer qui que ce soit dans les couloirs sombres et désertés. Ses doigts sur le parchemin de la lettre se crispaient alors qu'elle laissait ses pensées vagabonder vers ses parents: elle s'autorisait rarement ce genre de digressions, sachant qu'elles ne pouvaient que la blesser, mais il lui semblait impossible de penser à autre chose en cet instant.

La volière était un endroit étrange de l'école: malgré les soins constants que lui portaient les elfes de maison, jamais il n'était propre, et une odeur d'ammoniaque flottait dans l'air, comme si les murs et le sol en étaient imprégnés. De partout, hiboux et chouettes lui jetaient des regards curieux ou hostiles, et des hululements indignés accueillaient son arrivée. Levant la main vers une petite boule de plumes caramel, elle l'appela, avant de lui confier sa lettre. Un pépiement morne lui répondit, mais l'oiseau la détrompa aussitôt sur son manque de vivacité, s'envolant et disparaissant en quelques battements d'ailes.

"Héra?"

Se retournant vivement, la noire se retrouva face à face avec Emily qui lui jetait un regard étrange, la tête légèrement inclinée. La serpentarde avait à la main un rouleau de parchemin prêt à être envoyé. Lui offrir un sourire insouciant et attaquer, avant qu'elle ne pose de questions:

"Hello, Emily… Je croyais que tu passais la journée avec Théodore?"

"Moi? Avec Théodore? Tu rigoles? Comme si je pouvais m'intéresser à un mec pareil…"

"Comme si je ne t'avais pas vu lui jeter des regards en biais ces dernières semaines…"

Rougissant, la brune secoua la tête négativement, avant de changer de sujet.

"A qui envoies-tu une lettre?"

"Mes parents."

La réponse avait été neutre, brève. Totalement dénuée d'émotion.

"Tes parents? Je croyais que vous ne vous parliez plus…"

Un voile passa devant les yeux sombres, la bouche prit un pli amer, avant que la réponse ne naisse, à demi étouffée:

"Nous nous sommes réconciliés cet été."

"Woooow… C'est plutôt inattendu, non?"

Pour toute réponse elle n'eut droit qu'à un haussement d'épaules.

°oOo°

Les toilettes des filles étaient toujours vides, hantées uniquement par leur fantôme attitré. Mimi Geignarde, en ce moment, pleurnichait au fond d'une tuyauterie après que Rébecca lui ait signifié à quel point sa présence l'ennuyait. Cela faisait deux heures que la jeune fille était debout, face à l'un de miroirs de la salle, et qu'elle se contemplait, immobile ou presque. S'approprier son visage, accepter, faire coïncider les traits féminins et ceux dont elle se rappelait. Cela ne faisait pas encore trois mois que la transformation avait eu lieu, mais il lui arrivait déjà d'oublier.

Comment était-il, Harry Potter? Avait-il le nez plus long? Plus court? Et quelle était la nuance exacte de ses iris? La ligne de son menton était-elle plus carrée que dans es souvenirs? Que restait-il de son ancienne apparence? perdue entre son ancienne apparence et celle qui lui avait été jetée à la figures quelques semaines plus tôt… Comment savoir qui elle était? Et ce qu'elle faisait là? Sous ses doigts, sa peau, la forme de ses pommettes, de ses lèvres, tout cela paraissait horriblement réel. Et pourtant elle ne parvenait à y croire, ni à l'accepter. Chaque matin, avant d'ouvrir les yeux, elle se demandait quelle serait la réaction des serpentardes si elle avait retrouvé son apparence masculine pendant la nuit. Et avec chaque aube venait la déception, amère. Il semblait bien qu'elle soit bloquée dans cette peau étrangère. Rancoeur, colère dégoût, haine…

Sous ses doigts, elle pouvait encore sentir la forme de sa cicatrice, célèbre marque qui ornait son front, mais rien n'était visible à l'oeil nu. Harry Potter n'était plus qu'un souvenir vague, qui s'éloignait peu à peu, la privait de passé, de souvenirs. dehors, le soleil se couchait, imperturbable, aveugle à ses tourments. Il ne daigna pas même s'attarder alors qu'elle s'écroulait au sol avec un cri étranglé, la main plaquée sur son front, des larmes ruisselant le long de ses joues.

°oOo°

"Voldemort frappe à nouveau!"

L'édition matinale de la Gazette du Sorcierr venait d'être apportée par hibou, trainant derrière elle un silence de mort qui régnait à présent sur la Grande Salle. Les quelques élèves abonnés avaient partagé la nouvelle avec leurs voisins, et avec elle le choc de ce nouvel assaut de Vous-Savez-Qui. A leur table le professeurs affichaient une mine grave, autour de la place vide de leur directeur. Chez les gryffondors, tout le monde, pâle, se penchait par dessus l'épaule d'Hermione Granger qui, lèvres pincées, tentait de contenir le tremblement qui secouait ses mains.

Chez les Poufsouffles l'heure était au deuil: parmi le victimes de l'attaque, une cousine de l'un des leurs sur les joues duquel coulaient quelques larmes silencieuses. Les serdaigles, sourcils froncés, songeaient sans doute déjà aux implications de cette nouvelle attaque, cherchant à trouver la logique qui animait le choix de ce petit village perdu en Cornouailles, que rien ne semblait désigner comme cible potentielle.

La maison vert et argent, elle, restait impassible, froide, appliquée à profiter du petit déjeuner préparé par les elfes. Quelques élève clissaient leur journal, impassible, se contentant de faire quelques remarques ci et là, sur l'influence qu'aurait la guerre sur le cours des bourses, à moins que, déjà, ils n'aient terminés l'articles et ne parcourent le reste des rubriques du célèbre journal. Pansy Parkinson émit un reniflement sarcastique après avoir cité une partie du commentaire que le premier ministre avait fait sur l'attaque.

"Une attaque de petite ampleur, facilement contenue par les aurores"! Bien sûr… c'est pour cela qu'il n'y a que 12 victimes… "

L'ironie de ces quelques mots tira quelques sourires moqueurs à ses voisins. Qui donc le ministère espérait-il duper? qui croirait un seul instant qu'il n'était pas totalement dépassé et incapable de réagit face à la menace que représentait le Seigneur des Ténèbres? Pas même le plus stupide des élèves de cette école ne se laisserait prendre par un tel subterfuge: pour preuve de l'impuissance du gouvernement, 11 corps et deux fois plus de blessés .

Le regard gris de Draco Malfoy terminait son tour de la salle alors qu'un rictus amusé s'affichait clairement sur ses lèvres. Pansy pouvait être drôle, il lui arrivait d'oser dire tout haut ce que pensaient beaucoup tout bas, avec le plus grand naturel et une pointe délicieuse d'insolence. Elle avait eu le don de l'énerver durant leur courte relation, à toujours demander de lui qu'il lui prouve sa passion pour elle. Difficile alors qu'il ne ressentait rien. Mais à présent qu'elle avait cessé de lui coller au train et de se plaindre de l'avoir perdu, il parvenait à nouveau à apprécier ces quelques traits de caractères qui faisaient tout le charme de la serpentarde.

Tout naturellement, son regard se posa ensuite sur sa fiancée. celle-ci était d'une pâleur effrayante, jusqu'à ses lèvres qui avaient perdu toute coloration. A côté d'une telle pâleur le roux de ses cheveux était comme une injure, ne faisait que souligner l'air moribond de la jeune fille et les cernes mauves qui ornaient ses yeux et venaient lécher ses joues. La jeune fille semblât n'avoir plus dormi depuis des semaine set en réfléchissant, elle avait toutes les raisons de ne pas parvenir à trouver le repos.

… Avait-il soudain pitié d'elle? Que lui arrivait-il? Pinçant le sèvres, serrant les mâchoires, le blond détourna les yeux, préférant les poser sur le spectacle qu'offraient les gryffondors. Granger, le visage exsangue, tenait à la main la feuille de chou qui servait de magazine au monde sorcier, tandis qu'autour d'elle tous affichaient des mines sombres et attristées. Vraiment… Quel cinéma pour quelques morts qui leurs étaient inconnus! Un peu d'honnêteté que diable! Ils ne valaient pas mieux que lui, tous ce rouge et ors, affichant un air attristé alors que tout ce vers quoi leur esprit les menait n'était p.a. sel deuil des victimes de la dernière attaque, mais la crainte pour leur vie. Jamais ils ne l'avoueraient, bien entendu, et tant de duplicité aurait pu prêter à rire si les adolescents n'étaient pas assez bêtes pour se persuader de leur propre altruisme, fermant les yeux devant la cause évidente de leur malaise.

Douze morts… C'était à la fois peu et beaucoup: une peccadille face aux morts à venir, lorsque la guerre serait en plein essor, mais un nombre à lourdes connotations symbolique et magique: douze, chiffre de plénitude, englobant, présent dans nombres de rites. Douze, ou le monde entier? sur le plan symbolique, il n'y avait aucune différence. Bien entendu, la plupart des sorciers ne feraient pas cette association symbolique, mais une part d'eux, imprégnée de culture traditionnelle, la ferait et comprendrait.

A la table des gryffondors éclatait une dispute entre la belette et son castor préféré, miss-je-sais-tout. D'un oeil amusé, il suivit de loin l'évolution de leur prise de bec - n'étaient-ils donc pas capable de s'entendre sans Potter, ces deux-là? Pitoyable! Le toast beurré qu'il avalait prenait soudain une saveur toute neuve, immensément agréable. c'était à lui qu'il devait cette étincelle e plaisir qui dansait dans son regard, bien entendu, pas à la misérable dispute de deux de ses ennemis.

°oOo°

Rébecca n'avait pas eu besoin de lire le journal pour savoir ce qui s'était passé: elle avait été présente, avait vu de ces yeux les évènements, les avait vécu avec une netteté incroyable… Et plus que tout, une profonde satisfaction: elle avait savouré chaque hurlement effrayé, et le sang ne lui avait jamais semblé avec un goût irrésistible avant ces évènements. Y songer lui nouait l'estomac. Assise à la table des serpentards, elle chipotait du bout de se couverts à un toast posé sur son assiette, s'efforçant à en mettre un minuscule bout en bouche et à en supporter le goût de cendres lorsqu'un regard se posait sur elle.

Voir certains de ses condisciples afficher un sourire satisfait face à la nouvelle ne lui donnait qu'une envie, celle de les saisir par le col et de les secouer, jusqu'à ce qu'ils retrouvent leur raison. Ou jusqu'à ce qu'ils comprennent que tout cela n'était un grand jeu, que des gens mourraient, sans raison autre que la folie d'un homme. Savaient-ils ce qu'était la mort? Et savaient-ils ce que cela représentait de tuer quelqu'un? Ils ne pourraient s'en réjouir, s'ils avaient du eux aussi subir la vision des faits et gestes de Voldemort, ou ressentir le plaisir pervers qu'il prenait à faire souffrir ceux qu'il jugeait inférieurs.

Héra n'offrait à son observation qu'un visage froid, illisible, sur lequel n'apparaissait ni tristesse ni joie. Un masque. Elle était bien la seule. Emily était absente, Daphné avait du mal à ne pas sourire, derrière son verre de jus de fruit… Théodore affichait un air préoccupé, secondant en cela Blaize Zabini, deux exceptions parmi une mer de serpentards qui se réjouissaient. Il y avait dans les prunelles grises de Malfoy cet éclair de joie sauvage qui en disait plus long qu'un discours sur sa réaction à l'attaque et aux morts consécutives.

Draco suivrait donc les pas de son père, son si noble et prétentieux père, à la chevelure platine tâchée de sang, qui s'agenouillait devant ce monstre, et remettait entre ses mains sa vie, prêt à obéir au moindre ordre, quel qu'il soit. La nouvelle n'avait rien de surprenant, la fit sourire, même. Rébecca Snape, anciennement Harry Potter, fiancée à Draco Malfoy, futur mangemort. C'était une situation ridicule, à peine digne de la pire des pièces de théâtre amateur, ou autres productions écrites d'un niveau équivalent. Un rire nerveux secoua son ventre, avant de gagner sa gorge où elle tenta de l'étouffer par quelques toussotements… Peine perdue. Son hilarité se déclarait au plus mauvais moment, il lui aurait été difficile de sembler plus irrespectueuse qu'elle ne l'était en cet instant. une main plaquée sur sa bouche, elle tentait d'étouffer son rire, sans y parvenir.

Tous les regards de la Grande salle étaient à présent braqués sur elle, mais cela ne suffisait pas à la calmer. D'étonnés, la plupart des yeux se firent hostiles, lourds de menace, de mépris ou de promesses. Il n'y avait guère que les yeux de ses condisciples qui en la condamnaient pas et semblaient s'amuser de la situation. Le regard sombre du jeune homme plongeait en elle, avec une question, une interrogation sur ce qui causait ce soudain rire.. pas la raison immédiate, non, mais ce qui faisait qu'elle avait besoin de décompresser et que parfois rire est le seul moyen d'échapper à une réalité trop sombre.

Son rire prit une note d'hystérie alors que repassaient devant ses yeux des images de ce qui avait eu lieu. Cette mise à mort barbare, à la scénographie burlesque, et la joie profonde de Voldemort, qu'elle avait partagée en ces instants, avec une acuité que jamais elle n'avait ressentie dans une autre vision. Un peu comme si le mage noir accueillait sa présence et choisissait de lui faire partager ses sensations. Un hoquet la prit, qui la fit taire quelques instants. C'étaient à présent les larmes qui lui montaient aux yeux, sous les regards indignés de la majorité des étudiants, mais son rire ne s'était pas tu pour autant.

Une gifle. L'eau qui soudain rencontrait son visage. Contact inattendu… telle une gifle, la tirant de ses pensées

Le blanc. Le silence. En elle, à cause du choc. Et dans la Grande Salle. Relevant ses prunelles sombres, Rébecca croisa la moue déterminée de Pansy Parkinson, campée face à elle, un verre vide à la main:

"Ca ira, où je dois recommencer, Snape? Tu reprends tes esprits?!"