Hello la compagnie !!!!!!!

Je sais, je suis portée disparue depuis un bout de temps (pas loin de six mois en réalité) mais vous savez ce que c'est : les études, le bac, le permis, le service au resto et la prépa de physique depuis septembre… bref pas beaucoup de temps pour laisser mes doigts pianoter sur le clavier en pensant à notre Gallifréen déjanté et adoré !

Malgré cela, comme je n'aime pas ne pas finir quelque chose, et que, par un heureux hasard (heureux ou terrible car c'est très difficile de se concentrer) j'ai le sosie de David Tennant comme premier de la classe (un chimiste et physicien hors pair, à la fois grave et loufoque, grand brun au regard chocolat qui porte des chemises très strictes et des converses vertes) bref l'inspiration m'est revenue tout à coup. Et puis, voilà bien longtemps que je réfléchis à comment finir cette fanfic bizarroïde. Donc voilà. Un peu d'humour, un peu de romance, une Kate Wilson déchaînée, un Docteur égal à lui-même (enfin j'espère) et puis une ambiance de rentrée qui rappelle à tous qu'on est coincé dans notre quotidien mais que rien, absolument rien, ne nous empêche de rêver !

Bonne lecture à tous !

Merci à Nadège pour son soutien, et à tous ceux qui m'ont écrit durant ces six derniers mois.

- Bien, bien, bien… prenez place. Dépêchez-vous ! somma le Docteur intransigeant.

Au premier rang s'installait Julianne -tenue extravagante rouge et noir à tendance gothique- qui prenait un malin plaisir à dévorer des yeux notre bel extraterrestre, puis le petit James aux lunettes rondes, blond au teint un peu maladif, gaucher acerbe qui prenait note d'un cours qui n'avait pas encore commencé.

- On va rire, ricana Kate à l'adresse de son voisin Carlisle.

- Pourquoi ce sourire mesquin ? l'interpella le dénommé John Smith qui n'avait pas manquer de noter l'attitude maligne et vengeresse de son ex-compagne.

- Rien. Aucun problème, répéta-t-elle d'un ton qui rappelait le fourbe Lewis.

Ils se dévisagèrent l'instant de quelques secondes, sans mot dire, la tension s'accentuant davantage. Non, ce n'était pas de l'hostilité, bien que d'un certain côté, cette répulsion et cette attirance rebelle ne témoignent d'une bataille rivale qui ne tarderait bientôt pas à dégénérer en guerre incontrôlable. A dire vrai, le Docteur aimait cet antagonisme, ces petits affrontements innocents, cette nécessité pour Kate de le faire enrager. Etait-il content de la revoir ? Heureux ? Enthousiaste ? Désespéré ? Enervé ? Exaspéré ? Enchanté ? Passionné ?

- Pourquoi faire une fixation sur Kate ? intervint alors Julianne passablement jalouse. D'autres filles ici sont toutes aussi douées que miss-je-change-de-cheveux-aussi-souvent-que-de-chemise !

La jeune allumeuse changea la position de ses jambes dans un déhanché tout à fait gracieux et aguicheur. Le Docteur nota bien malgré lui la longueur très raccourcie de sa mini jupe et la blancheur lait de ses cuisses, restant en observation un peu plus longuement que nécessaire.

- Vous voulez peut-être prendre une photo ? grommela Kate agacée par ce jeu de séduction à sens unique.

Un fou rire s'empara de l'ensemble de la classe. Le Docteur reprit ses esprits, et secoua la tête, tâchant de garder son sang froid sous le déchaînement des Furies Humaines, ces créatures endiablées qui prenaient un plaisir fou à le faire chavirer.

- Reprenons…

- Quand vous voulez Johnny Boy, l'encouragea Julianne en haussant un sourcil lourd de signification.

Le pauvre professeur resta un instant bouche bée devant autant d'audace, puis mima le sourd, de peur de voir débouler Kate avec un marteau piqueur.

- Y a-t-il des absents ?

- Non monsieur ! articula James à la vitesse d'une kalachnikov.

- A part Monsieur Fletcher, notre aimable professeur de philosophie, il n'y a aucun absent, signala Kate un tant soit plus cynique.

- Pas d'élèves qui ont désertés les rangs ?

- Pas d'avis de disparition à l'accueil, se moqua Peter Carlisle rangé aux côtés de sa voisine.

- Pas d'Iceman dans cette classe ? conclut alors le professeur d'un ton plus gravissime.

Il dévisagea ainsi chacun des étudiants présents, devenus soudainement silencieux. En effet, l'assemblée resta quelque peu muette devant une si étrange question. Peut-être pourrait-il le débusquer ainsi, juste par un simple regard… Etait-ce le jeune homme aux lunettes noires, installé au fond et somnolent ? Etait-ce celui qui s'adossait au mur et contemplait la scène d'un œil snob et complètement désintéressé ? Où diable était-il ? Diable… c'était bel et bien le cas de le dire…

- Non John, se démarqua alors Julianne. Ici il n'y a que des Hotgirls…

Il fronça les sourcils, et tâcha de ne pas relever l'allusion. Il saisit une craie déposée avec soin à proximité de tableau noir, puis, retroussant ses manches et passant une main vagabonde dans sa tignasse ébouriffée…

- J'adore quand vous faîtes ça…, souffla Julianne avec une discrétion qui ferait rougir CNN.

Kate soupira intérieurement, puis jeta un regard dépité en direction de Peter, un homme adorable et calme, élégamment vêtu d'une chemise bordeaux, à l'humour aussi tranchant qu'un scalpel et qui gérait difficilement ses problèmes de cœurs. Tiens, vu sous un certain angle, il lui rappelait parfois l'homme qu'elle fréquentait jadis… Son attention se focalisa à nouveau sur le Gallifréen déjanté qui peinait à écrire le titre de son premier chapitre…

- Qu'est-ce que…

A peine posa-t-il le petit cylindre blanc poreux sur l'ardoise noire qu'un son strident s'en échappa et écorcha les oreilles de toute la classe, sans pour autant délaisser aucune trace sur le tableau.

- Bizarre, commenta-t-il méfiant.

Il croisa le regard particulièrement coupable de Kate et comprit bien assez vite la raison de son sourire mesquin. Il retenta toutefois d'écrire, n'obtenant là encore qu'un crissement insupportable qui grinça dans la vaste pièce.

- Arrêtez ! supplia alors James. Vous constatez bien que cela n'écrit absolument rien !

- J'ai comme le vague pressentiment que personne n'effacera le tableau en fin de cours, déclara fièrement Kate en prenant ses aises.

- Ainsi vous aurez plus de temps pour mieux ranger les chaises de chacun ! se vengea alors le Docteur irrité.


- Alors chérie, comment t'es tu débrouillée aujourd'hui à l'université ? demanda son mari en posant un bras sur ses épaules.

- Les hostilités sont ouvertes, déclara Kate avec un sourire vengeur.

- Les hostilités ?

- Tu sais bien, la guerre entre élève et professeur.

- Ah oui, je me souviens de cette belle époque, murmura l'autre nostalgique. A combien les scores ?

- Deux contre un. En sa faveur…


- Bon très bien, continuons notre cours, déclara le Docteur en posant son long imperméable sur un portemanteau.

Il amena un tableau Véléda, armé de feutres neufs, histoire de poursuivre son étude sans être gêné par les craies maison de Parker Lewis.

- Nous avons donc commencé un chapitre sur les grands solitaires de l'Histoire et nous voulions voir si ces hommes pensaient mieux de par leur solitude et leur regard détaché sur le monde.

- Même s'ils s'imaginent plus sagaces, leurs intellect se heurte à leur désespoir et ils perdent ainsi toute objectivité…,soupira Kate dans une moue nostalgique. Certains ont bel et bien failli tuer des Empereurs Romains sous le coup d'une dépression…

Le Docteur resta un instant cois, toujours frappé de plein fouet par les piques véridiques de son ex-compagne. Bien sûr, il fut le seul à saisir l'allusion et préféra comme à son habitude passer outre le commentaire.

- La liberté de penser existe-t-elle vraiment ? demanda-t-il théâtralement en se hissant d'un bond sur les marches de l'amphi. Peut-on réellement penser par soi-même ou est-on sans cesse influencé par le monde extérieur et par nos relations ? Qu'en est-il de notre objectivité ? Qu'en est-il de notre pensée ? Qu'en est-il de nos choix ? De nos actes? Qu'en est-il de nos vies ?

Ce disant, il laissa le silence planer quelques secondes, son regard glissant inexorablement vers celui de Kate… Quels avaient été ses actes durant son absence ? Qui avait-elle choisi comme époux ? Pourquoi étudiait-elle l'histoire de sa planète ? Que recherchait-elle réellement au travers des pages jaunies de vieux manuscrits ? Pourquoi fuyait-elle le présent en détalant vers le passé ?

- Rasoir ton ami… soupira Peter à l'oreille de sa voisine.

La jeune femme ne répondit pas, gardant un sourire en coin. En temps normal, elle aurait discrètement débusqué un livre de français ou de grec pour oublier l'ambiance mortellement ennuyeuse de ce cours sans queue ni tête, mais cette fois-ci, en compagnie du Gallifréen, la pièce semblait se charger électriquement de son aura passionnée, tant et si bien qu'elle peinait à le quitter des yeux. Son charisme naturel jouait sur ses mimiques, sa sagesse de neuf cent ans accentuait la gravité de ses mots… Elle en revint presque –seulement presque- à regretter la farce diabolique qui suivit…

- Rédigez-moi un devoir sur ce thème ! clama-t-il finalement en claquant des mains.

Un soupir las s'éleva soudainement dans la vaste pièce. Les étudiants se jetèrent des coups d'œil dépités, imaginant déjà les bulles voler parmi les rangs. Seul le petit James s'empressait d'ores et déjà de sortir un brouillon et de rédiger un plan de dissertation, comme on le lui avait parfaitement appris. –arf ces intellos…

- Vraiment rasoir…, répéta le jeune homme abattu.

- Pas pour longtemps, susurra malicieusement Miss Wilson.

Peter fronça les sourcils, sceptique devant autant de rivalité et d'amusement, puis il suivit son regard. Elle fixait en effet avec une attention toute particulière la chaise postée derrière le bureau du professeur, cette même chaise sur laquelle il prenait place…

- Oh non, souffla l'étudiant abasourdi par l'audace de sa camarade.

Il distingua l'éclat vif de cinq épingles collées à même le bois. Le Seigneur de Temps ne remarqua rien, trop préoccupé par la présence d'un extraterrestre parmi ses élèves, et il ne s'écoula guère plus de trois secondes avant qu'un cri strident et parfaitement audible ne retentisse dans toute l'aile de l'établissement:

- Aïïïïïïïïïïïe !!!


- Rappelle-moi voir ton âge ?

- Vingt et un ans !

- Vingt et un ans… et tu tends encore des pièges à ton prof de philo ?

- Il l'a cherché !

- Ah oui ? Qu'a-t-il fait de si terrible ce brave homme ?

- Tu veux vraiment le savoir ???


- J'ai corrigé vos copies…, déclara le Docteur en parcourant les rangs et en déposant un peu mollement les feuilles.

- Déjà s'écria James, mais nous vous les avons rendu il y a deux heures !!!

- Je suis rapide, se complimenta-t-il fièrement.

- Fastoche avec un Tardis à disposition, grommela Kate dans une moue dédaigneuse.

- En parlant de ceci, monsieur James, vous avez une excellente note : B.

- B ? répéta mollement l'élève assidu.

- Oui, c'est très bien.

- Dans ce cas pourquoi ne pas avoir mis A ?

Le Docteur haussa les épaules, et replaça ses lunettes du bout de l'index.

- Trop cliché, manque d'imagination et de fantaisie. Trop carré si vous voulez. On croirait un texte sortit d'un ordinateur. Etes-vous un ordinateur ?

- Non Monsieur ! s'offusqua le jeune homme.

- Dans ce cas laissez parler votre âme. Elle est bien plus loquace et bien plus sage que vous ne le serez jamais. Intuition, persévérance, acharnement, curiosité sont des qualités vous font défaut. Apprenez à les cultiver !

Il distribua ainsi plusieurs feuilles, psalmodiant proverbes et autres citations, puis quand ce fut au tour de Kate, il mima l'éhonté :

- Mademoiselle Wilson, pour une langue aussi pendue que la vôtre, je m'attendais un à devoir plus lourd en matière !

- Il y a près de treize pages, nota Kate légèrement déstabilisée par cet air de reproche.

- Justement, vous croyez que c'est suffisant ? Avec tout votre potentiel ?

- Et bien je…

- Vous avez un F.

- QUOI ??? s'étrangla-t-elle

- Vos exemples sont anarchiques, votre vision est tout simplement trop centrée sur un seul personnage ! Un prétendu extraterrestre de neuf cent ans ! Non, mais franchement, où va le monde ? Votre imagination débordante vous fait défaut, en particulier lorsque vous vous égarez dans les voyages temporels et autres sottises de ce genre ! Nous ne sommes pas en cours de science-fiction Miss Wilson. Réveillez-vous !

- Mais je…

Tout la classe piqua un fou rire sous les railleries du professeur, tant et si bien que la jeune femme se retrouva dans l'incapacité totale de répliquer. Quelle honte ! L'élève modèle et cultivée qui finissait au rang de rêveuse loufoque… Le rouge lui monta aux joues, et elle passa littéralement au vert lorsque le Gallifréen s'enchanta d'une voix naïve en s'éloignant vers le premier rang :

- Miss Julianne ! Excellent travail ! Vous avez la meilleure note ! A !!!


- Voilà le prodige ! s'exclama théâtralement Parker Lewis en tendant fièrement dans les airs un bocal rempli d'une substance glauque et peu engageante.

Kate Wilson haussa un sourcil, visiblement peu convaincue par ses airs d'escroc tout juste digne à vendre des voitures volées. Elle s'approcha et attrapa l'objet à la volée, visiblement inconsciente du danger que représentait un tel article.

- Attention !!! insista alors le jeune homme crispé à l'idée qu'elle ne répande par mégarde le produit facteur de catastrophes.

- Qu'est-ce donc ? demanda-t-elle en analysant le contenu d'un œil attentif.

Parker Lewis s'apprêtait à répondre, fier comme un coq de cette miraculeuse invention, puis il se ravisa au dernier moment, le mérite d'un tel produit revenant à son ami le bizu :

- Jerry… réponds à la dame s'il te plaît.

- Une… une petite seconde Monsieur Lewis, s'excusa l'intellectuel armé de la mallette du parfait petit cambrioleur.

Vous l'aurez deviné, situé dans un couloir strictement réservé aux professeurs à une heure un peu trop matinale, le trio préparait un attentat à l'encontre du soi-disant professeur de philosophie -plus connu chez les mortels sous le nom de Docteur-.

Toutefois, malgré l'ambition de leur plan, le jeune Jerry ne parvenait malencontreusement pas à forcer la serrure du casier réservé au prétendu John Smith. Il revint vers ses compagnons d'un pas las et, relevant ses lunettes du bout de l'index, il désigna la solution verdâtre qui reposait dans le flacon :

- C'est un mélange très corrosif d'acide chlorhydrique et de difluor. J'y ai ajouté quelques agents de textures pour…

- Quel en est l'effet ? coupa alors Kate impatiente.

- C'est assez efficace si vous voulez transformer un rideau de fer en une passoire, résuma fièrement Parker.

- Okay, acquiesça la jeune femme satisfaite, un sourire carnassier creusant davantage ses joues roses de malice. Voilà qui commence à me plaire. Un problème avec le casier de ce cher professeur ?

- Eh bien je…je…je…, balbutia le petit.

- Aucun problème, assura Parker armé de son ineffaçable sourire confiant. Jerry ?

- Oui monsieur Lewis ? s'empressa alors le cadet.

- Apporte-moi le chalumeau !