C'est encore moi ! Le calme avant la tempête, la sympathie avant la haine, touteS des douceurs qui vont tourner à la catastrophe, bref, vous savez ce que c'est… on est privé d'ordinateur pendant deux mois et après on lâche tout le même jour ! Toujours un plaisir en tout cas d'écrire et de voir que les lecteurs sont toujours fidèles au poste ! Un grand merci à Coralie, My-Doctor-Rodney-McKay, Luad, Tinoue, Nadège. Bon d 'accord, un petit problème dans la numérotation des chapitres, mais faut dire que ça faisait longtemps que je n'y avait pas remis le nez donc… voilà.

Allez, en vous souhaitant à tous une très bonne lecture ! (attention, l'abus de fanfic est dangereux pour la santé, surtout pour Nadège !^^).

Le Docteur pénétra dans sa salle de classe, méfiant vis-à-vis de Kate qui sirotait un Coca Zéro dans le fond en compagnie de son camarade Peter Carlisle. Le Gallifréen fit l'appel et nota une fois encore l'absence d'une élève : Karine Marshall. Il fronça les sourcils, inquiet. Voilà deux jours que la dite étudiante ne venait plus en cours. Aucune raison ne justifiait cette absence. Brillante et motivée, sa place devait être parmi eux. Il se renseignerait auprès de Nathalie Newick dès la fin de cette séance.

- Très bien…, commenta-t-il d'une voix forte. Reprenons, où en étions-nous la dernière fois ?

- On se posait la question de savoir si l'on pouvait vivre davantage en vingt ans que l'on ne peut le faire en quatre-vingt, répéta sagement Kate.

Le Docteur –qui en cet instant aurait bel et bien préféré être sourd- en resta quelque peu bouche bée. Il la contempla fixement, perplexe devant le prodige : Kate qui participait sérieusement à son cour ? Ouvrait la bouche sans pour autant se moquer, ni le tourner en dérision ? Impossible, inconcevable et encore plus improbable ! Que manigançait-elle ? Quel mauvais tour lui avait-elle réservé cette fois-ci ? Il jeta un bref coup d'œil aux quatre coins de la pièce, retira légèrement la chaise de son bureau sans rien y trouver de trop incommode, telle la super-glue ou des punaises, puis vérifia du bout des pieds les lattes composant le parquet de l'estrade sans rien noter de suspect. Aucun clou de travers, aucune fausse note dans le grincement caractéristique de ces vieux planchers. Pour être honnête : il craignait le pire.

- Si vous le dîtes…, commenta-t-il douteux. Vous avez un avis sur la question je suppose ?

- Bien sûr ! renchérit vivement la jeune femme avec une sincérité digne des ambassades.

- Et quel est-il ?

Elle le fixa avec insistance, un sourire taquin et complice fleurissant au coin de ses lèvres. Ses cheveux violets cascadant en mèches rebelles sur ses épaules, ses yeux de glace se morfondant dans la douceur de ses traits, elle n'en paraissait que plus belle et plus sage –une sagesse qui ne lui ressemblait guère, sauf dans les rares occasions où elle se bornait à lui rappeler l'imbécillité de sa vie solitaire de martyr.

- Je crois bien que tout dépend de la personne avec qui l'on partage ses aventures et sa vie.

Silence total de la part des étudiants –dont la moitié rappelons-le visionnait un film à l'aide d'un MP-4 dissimulé avec soin dans sa trousse.

- Oh…, souffla alors le Docteur par mégarde.

A dire vrai, l'instant d'une seconde, il en avait oublié le reste de la classe, ne focalisant son attention que sur cette compagne de fortune, cette jeune femme bègue qu'il avait découverte trois ans plus tôt dans une boutique de Music Mega Store. Pensait-elle à lui alors qu'elle déclarait solennellement ces mots ? Ou pensait-elle à son mystérieux mari ? Celui qu'il ne connaissait pas, celui qu'il n'avait jamais rencontré, cet homme qu'elle avait choisi, cet inconnu avec qui elle passait ses nuits, avec qui elle partageait angoisse, rire et fourberie…

L'extraterrestre douta de lui-même tout à coup, et contre son consentement, il remarqua que ses cœurs s'entrechoquaient douloureusement à l'idée qu'il n'était peut-être pas celui qui faisait vivre les aventures les plus merveilleuses à cette femme démente et fantastique, cette compagne au caractère invivable qu'il regrettait aujourd'hui d'avoir abandonnée. Mais bon sang qui était-ce ? Il devait savoir… et il saurait !


Il est là… Cet odieux personnage qui poursuit mes œuvres d'art, cet homme aux questions grotesques qui enquête sur toutes ces disparitions… Que fait-il au milieu du couloir, armé de cette sonde sonique ? Tssssst satané bruit suräigüe qui m'écorche les oreilles ! Je ne le supporte pas !!!! Il semble tout savoir, tout comprendre… aucune surprise, aucune réaction d'étonnement devant le fait accompli…

Etait-il réellement professeur de philosophie ou n'était-ce là qu'une façade ? Nawash quaia trintum ! Je peux sentir ses deux cœurs battre ! Je distingue sa force et son caractère de leader, son sang de Roi, sa dignité refoulée… oh oui ! Que de sentiments refoulés… La peur, l'amour, la haine, la jalousie, le remords, la lâcheté, la folie… un met aux épices raffinées si je puis me permettre ! Une gourmandise innommable qui vous fait saliver de plus belle et tord votre estomac dans un supplice lent et délectable. Du caviar sur un lit de glace, un cuisseau de biche serti d'oignons confits, une poêlée de St Jacques tout juste citronnée, un grand cru classé, bref, je pourrais citer quantité d'exemples terriens, aucun met de cette planète aux milles et une saveurs culinaires ne saurait exprimer l'appétit qui me hante à la vue de ce gibier rarissime et exceptionnel.

Tant de vie, tant d'énergie accumulée en un seul être, tant de puissance dissimulée, tapie sous cet air dramatique, cette souffrance transcendante… Mmmmm… Quel délice d'humer son parfum, quelle extase de s'attarder sur sa fine silhouette svelte et élégante, son déguisement de professeur bien poli mais fourbe comme Scapin, coiffé de gel et se déplaçant dans ses converses rouges, insolite jusqu'au bout des ongles.

Ciel ! Comme il me tarde tant de m'abreuver de son âme…


- On récapitule ! exigea Parker Lewis en étalant devant lui un large plan du très honorable établissement qui avait daigné de l'accueillir lors de sa correspondance en Angleterre.

- Tout es prêt Monsieur Lewis ! assura le petit Jerry aux lunettes luisantes.

- Les peaux de bananes ?

- Placées stratégiquement !

- L'huile de sardine ?

- Macérée par vos soin !

- Julianne ?

- En bikini sur le bord de la piscine !

- Les paparazzi ?

- Aux aguets, prêts à mitrailler dès la moindre fausse note !

- Newick ?

- Occupée par le Proviseur !

- Parfait ! sourit Parker en se frottant les mains. Synchronisation des montres !

Les deux complices se sourirent puis, vérifiant les derniers ajustements de leur plan machiavélique, ils retroussèrent leur manches, prêts pour ce combat épique.

- Je vais contacter Kate Wilson, convint alors Lewis en sortant son téléphone d'une des multiples poches intérieure de sa veste en jean. Elle ne doit en aucun manquer le spectacle, sinon quoi elle risquerait de me doubler.

- Ne chercherais-tu pas à l'impressionner ?

- Avoue qu'elle est mignonne ! relativisa l'adolescent.

Le bizu haussa les épaules. Rien ne valait davantage à ses yeux que le dernier volet de Mario Kart, ce qui parfois désespérait le pauvre Parker, ce Roméo de fortune qui voyait souvent ses plans de conquête finir à l'eau, faute de sa popularité… A y regarder sous un certain angle, on pouvait admettre que tous les grands hommes de cet Univers étaient faits pour marquer les esprits, mais jamais les cœurs… -triste vérité-.

- Je ne sais pas toi patron, mais j'ai comme l'impression qu'elle n'est pas si indifférente que ça vis-à-vis de son prof de philosophie, nota l'intello.

- Il n'existe qu'une barrière très mince entre la haine et l'amour, résuma le jeune Parker Lewis sous un air pédant.

- Qu'est-ce que tu sous-entends par là ?

- Rien de bien important…