Hello everybody ! Comme vous avez été sages –un peu trop sages mais qu'importe^^- je vous poste la suite. Doctor only on live. 100% Gallifréen déjanté qui se torture l'esprit et redoute le pire ! Je vous laisse découvrir, bonne lecture !

Nathalie Newick hésita l'instant de quelques secondes, penchée au-dessus de son ordinateur depuis près de deux heures, lorsque enfin, balayant les horizons de son petit regard noir et vif de caractère, elle se leva avec grâce malgré ses quarante kilos excédentaires -comme quoi la majesté ne relève en rien du volume- s'approcha à pas feutrés du bureau voisin au sien, tira dans un silence quasi inaudible le second tiroir de ce dernier puis fureta l'intérieur du petit espace de rangement avec l'habilité du parfait cambrioleur.

Finalement, après dix secondes de fouille illégale, elle décela enfin l'objet de ses désirs : une petite boîte dorée renfermant quelques cookies faits maisons -le matin même !- par un certain Dolnald Spencer, un forcené des casseroles et autres ustensiles de cuisine… Caressant du bout des ongles le coffret à l'odeur délicieuse, elle souleva le couvercle puis saisit l'une des six dernières douceurs que lui réservait ce trésor digne des plus grands pirates…

- Et moi qui croyait que seuls les enfants se permettaient de voler le goûter de leur camarades…, souffla une voix dans son dos.

Nathalie sursauta d'effroi, les membres raidis de surprise, et se redressa aussitôt, prise en flagrant délit, le rouge lui montant quasi instantanément aux joues.

- Je… je… je… , balbutia-t-elle déboussolée.

Elle reconnut alors ce jeune professeur de philosophie qui avait –disait-on d'après les nombreuses rumeurs narrées autour de la machine à café- osé défier le Proviseur en personne, peu après son départ précipité du self.

- John Smith ? articula-t-elle finalement en reprenant ses esprits.

- Pour vous servir, charma le Docteur dans une révérence distinguée.

- Que faîtes-vous ici ? claqua-t-elle aussi tôt, peu désireuse de s'attarder sur ses manières de gentlemen qui faisait fondre la moitié féminine –et aussi masculine- des enseignants de ce très honorable établissement.

La Docteur haussa un sourcil, notant que Newick s'éloignait du bureau réservé à son secrétaire Donald, sans emporter son butin.

- Vous ne prenez pas de cookies ?

- Non, jamais devant témoin.

- Je ne dirais rien, assura-t-il avec un sourire complice.

Décidemment, adulait-il tant que cela de pousser les gens à la tentation où faisait-ce parti de son caractère pittoresque d'homme qui charme naturellement son monde et serait capable d'offrir en sacrifice tous ses Enfants du Temps sans même y avoir songé lui-même ?

Quoiqu'il en soit, Nathalie Newick ne céda pas. Elle dégusterait sa gourmandise une fois l'impromptu personnage éclipsé. Elle posa son séant sur le confortable fauteuil de cuir avant de clore un peu précipitamment un dossier rouge vif qu'elle venait à l'instant de remplir.

- Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle poliment.

Le Docteur passa une main dans ses cheveux, hésitant et un tantinet gêné, ne sachant trop comment aborder le problème.

- Voilà… il se trouve que j'éprouve quelques problèmes de discipline avec une certaine…

- Parker Lewis ? réagit aussitôt l'adjointe au Proviseur.

- Qui ?

- Si grabuge il y a, alors Parker Lewis est dans le coup ! cita-t-elle implacable. C'est un postulat.

- Vous voulez dire un axiome…

- Peu importe ! Je vais le convoquer dans une heure. Qu'a-t-il fait cette fois-ci ?

- Je ne crois pas que…, tenta le Docteur un peu embarrassé par la tournure de la situation.

- Chantage ? supposa alors Newick.

- Non en fait je…

- Notes trafiquées ? estima-t-elle après mûre réflexion.

- Il y a probablement erreur vous…

- Humiliation en public ? C'est bien dans son style. Je comprends que vous ne vouliez pas en parler.

- Vous ne saisissez pas, je…

- Oh ! Je ne peux PAS le croire ! s'essouffla-t-elle ahurie devant son entêtement à dissimuler la vérité.

- Quoi ? s'étonna le Docteur soudainement inquiet par son effroi spontané.

- Il vous a menacé de viol ave une arme ?

- Quoi ? NON ! s'offusqua le Gallifréen en se reculant d'un pas, comme si le simple fait d'imaginer telle idée pouvait le compromettre dans la seconde.

- On ne sait jamais, reprit Newick acharnée, il peut très bien changer son mode d'attaque sans prévenir et nous prendre ainsi par surprise !!! Je sais de quoi je parle, il est vraiment très inventif !

- Ecoutez, la coupa enfin le Docteur exténué par ce dialogue de sourd, je ne connais pas ce Parker Louis…

- Lewis, récapitula l'autre.

- C'est pareil ! soupira-t-il un peu désobligeant. Bref, je ne connais pas cet élève, et visiblement je ne m'en porte que mieux !

- Dans ce cas que faîtes-vous là ? s'interloqua l'adjointe au Proviseur un tant soit plus perplexe qu'on ne vienne pas une fois encore se plaindre de cet américain maudit !

- C'est au sujet de Kate Wilson, une autre élève.

- Elle a disparue elle aussi ? s'angoissa alors Newick en dissimulant sous un tas de feuilles machines le dossier rouge classé top-secret.

Le Docteur haussa un sourcil, imaginant l'instant d'une seconde que si Kate venait à disparaître, il y avait fort à parier que les cinq continents de cette vaste planète ne le remarquent dans l'heure…

- Non, pas que je sache… c'est juste que…

Il hésita, puis mimant le loyal et fidèle gentlemen au cœur brisé, il sortit un téléphone et le déposa doucereusement sur le bureau.

- J'ai oublié de lui rendre son portable, comme vous pouvez le constater. Il a sonné en cours et… je ne vais probablement rien vous apprendre si je vous dis qu'elle possède un très mauvais caractère.

- Ah bon ? s'étonna sincèrement Newick. On me rapporte pourtant assez souvent que c'est une élève modèle et discrète.

Elève modèle et discrète ? Le Docteur aurait préféré être sourd !!!

- Bref… je lui ai confisqué pour la punir et la remettre à sa place d'élève obéissante…

- Vous voulez dire pour vous venger ?

- On peut le formuler comme ça, acquiesça-t-il -un peu gêné il est vrai de laisser tomber son masque d'homme pur, sans peur et sans reproche dévoué au service de l'humanité-.

- Je vois…, souffla Newick qui ne comprenait pas vraiment.

- Donc, j'ai oublié de le lui rendre et je voulais savoir si elle habitait loin. Peut-être pourrais-je lui remettre en main propre avant lundi. Ces jeunes sont tellement dépendants de technologie…

- Si je comprends bien, vous désirez obtenir ses coordonnées ? résuma Newick un peu à l'ouest.

Le Docteur haussa les épaules, mimant aussi bien que possible le prof totalement désintéressé.

- Savez-vous que ces informations sont classées confidentielles ? rappela-t-elle sévèrement.

- Confidentiel est mon deuxième prénom, avoua-t-il dans un clin d'œil mystérieux.

C'était peu dire…

Newick haussa un sourcil inquisiteur vis-à-vis de cet homme énigmatique puis se résolu finalement à lui accorder ce service. Après tout, peut-être lui rendrait-il un jour la pareille ? D'un mouvement vif des mollets, elle s'élança spontanément dans son fauteuil, se laissa glisser jusqu'à l'autre bout du bureau, vers une étagère haute de deux mètres environ, saisit une pile de dossiers où l'on distinguait diverses photos d'identité, puis après une dizaines de secondes –secondes qui parurent durer toute une éternité pour le Gallifréen en attente- à tourner les pages de ses doigts vernis de rouge carmin, elle se redressa surprise et réalisa suite à un vieux souvenir :

- Une minute ! Kate Wilson… n'est-ce pas justement cette jeune femme de vingt et un an qui s'est récemment mariée ?

- Précisément ! s'enthousiasma l'extraterrestre ravi de voir d'avantage d'informations se profiler à l'horizon.

- Tenez voici son dossier…, lâcha-t-elle en lui tendant le document.

Le Docteur l'attrapa précipitamment –trop précipitamment-, impatient sans doute de résoudre LE mystère, de répondre à cette maudite question, de trouver la dernière inconnue de cette équation inconcevable, trop curieux de cet homme qui avait conquis le cœur de Miss Wilson, trop effrayé à l'idée de déjà le connaître… Oh oui ! Tellement effrayé ! Plus les minutes s'écoulaient, et plus le doute se frayait un chemin dans sa logique inégalée, dans son esprit chaotique, lui susurrant à l'oreille un futur qui ne pouvait être…

Newick ne commenta rien, toutefois, elle ne put s'empêcher de noter l'intérêt particulier qu'il portait à ces quelques lignes manuscrites.

- Attendez, s'étonna-t-il après avoir parcouru l'ensemble du dossier. Elle s'est mariée et elle conserve malgré tout son nom de jeune fille ? C'est très singulier comme comportement, n'est-ce pas ?

- Non, pas vraiment, avoua l'autre en toute honnêteté.

- Elle ne donne pas même de nom, ni de numéro à appeler en cas d'urgence !

- Peut-être ne désire-t-elle pas qu'on se mêle de ses affaires ? estima Newick loin d'être dupe par son numéro de bon professeur attentionné.

- Ou peut-être ne doit-elle pas révéler l'identité de l'homme avec lequel elle vit, souffla le Docteur inquiet par tant de secret. Possédez-vous une quelconque idée du personnage ?

Newick eu un maigre sourire, puis mastiquant le bout de son stylo, elle roula ses larges yeux soulignés de maquillage vers le dit John Smith et expliqua, un tant soit plus indifférente :

- Rien de bien important… juste les rumeurs de la machine à café, vous savez ce que c'est…

Justement, non ! Il ne savait pas ! Il ne savait rien ! Il nageait –ou plutôt coulait- en parfait aveugle ! et cela l'exaspérait au plus haut point ! Kate Wilson qui vivait dans le secret ? Voilà une première ! Elle qui ne se ménageait jamais de clamer haut et fort ce qu'elle pensait ! Il tâcha de ne point paraître trop impliqué par cette histoire et, d'une voix qui se voulait totalement insouciante, il demanda modestement :

- C'est à dire ?

- Un homme plus âgé, comme c'est souvent le cas… plus mûr, un éminent scientifique possédant un doctorat il me semble… je ne sais plus vraiment mais c'est quelque chose dans ce goût là.

- Un Docteur ? répéta l'extraterrestre à la limite du vertige.

- Oui, c'est bien ça, acquiesça Nathalie Newick au souvenir d'une longe conversation en compagnie du concierge. Un Docteur discret qui possède malgré tout le don d'être remarqué de par ses mérites.

Le Gallifréen l'observa bouche bée, incapable de répliquer quoi que ce soit tant la surprise l'étouffait. Il passa du rouge au blanc, puis du blanc au vert –peut-être même au bleu-, les idées et les émotions filant à vive allure dans son âme tourmentée de mille et un maux. Diable ! Ciel ! Désespoir ! Infamie ! Bénédiction ! Il faillit perdre l'équilibre tant son esprit bouillonnant se confrontait en cet instant même à une myriade de questions, d'énigmes, de craintes, de désirs, d'interrogations ! Et si l'avenir lui envoyait un message ? Et si son passé l'avait rattrapé ? Et si cette lettre de Venise relatait finalement la seule et l'unique vérité ? Et si… et si ???

- Puis-je vous poser une question ? l'interrompit soudainement Newick qui n'avait en rien perçut le malaise de l'extraterrestre.

- Je… Je vous écoute, begaya-t-il soudainement en proie à une angoisse de plus en plus grandissante suite à ces nouvelles révélations.

- Quand comptez-vous résoudre le mystère de ces blocs de glace ? lâcha-t-elle sans le quitter des yeux.

- Quand comptez-vous en rendre compte aux autorités ? se ressaisit finalement le Docteur face aux mystérieuses disparitions de cet établissement –affaire qu'il avait négligemment mis de côté pour satisfaire sa propre curiosité personnelle, honte sur lui !-. Lorsqu'il n'y aura plus d'élève ?

- Je ne peux pas ! s'offusqua soudainement l'adjointe. Je risque ma place dans cette histoire !

Le Docteur se peina soudainement devant un tel comportement, une telle indifférence. Quelle triste vérité que celle des hommes qui avançaient non pas grâce à leur foi et à leurs principes mais grâce à l'appât du gain… Et dire qu'il avait imaginé quelques jours plus tôt que cette Nathalie Newick était en réalité une femme en qui il pourrait porter ses espoirs et sa confiance. Peine perdue, de toute évidence…

Il pianota du bout des ongles sur le bureau massif de cette adjointe quelque peu imposante de sa corpulence puis, s'avançant dangereusement vers elle, contournant le meuble et le plan de travail, la toisant de toute sa hauteur, de toute sa prestance d'homme ayant vécu un millénaire, de cette Autorité Suprême et magistrale et tellement gravissime, il ne put s'empêcher de la sermonner d'une voix noire et lourde de reproche :

- Il est certain que votre salaire mensuel importe davantage que la vie de ces jeunes étudiantes ! Vous préférez faire profil bas afin de poursuivre sans grand changement votre petite existence quotidienne totalement dénuée de sens et tellement pathétique ! Vous vous écartez sans rechigne de ce qui pourrait faire basculer votre vie en avant, et quand bien même dénoncer les crimes qui ont lieu à l'intérieur de cet établissement se révèlerait risqué, il est de votre devoir de faire en sorte que cela s'arrête une bonne fois pour toute !

- Il est certain en tout cas, répliqua Newick en baissant les yeux vers ses chaussures -coupable et incapable de soutenir son regard embrasé de colère et de blâme- que je risquerais de finir mes jours à l'asile si je relatais ce que je savais réellement…

- Que voulez-vous dire ? s'enquit soudainement le Docteur inquiet par autant de peur et d'incompréhension.

Nathalie Newick n'eut pas le temps de s'expliquer davantage car le téléphone sonna -de cette sonnerie agaçante et répétitive que l'on retrouve régulièrement dans chacun des bureaux administratifs de l'Etat- trois fois de suite, avant qu'elle ne se décide à répondre.

- Newick, j'aimerais vous parler. Rendez-vous immédiatement dans mes locaux.

- Oui Monsieur le Proviseur, obéit-elle sans réfléchir.

- Newick ? l'appela ce dernier peu avant de raccrocher.

- Oui Monsieur ?

- J'ai dit immédiatement.

- Oui Monsieur, abdiqua-t-elle sans broncher.

- Dans ce cas pourquoi n'êtes-vous pas déjà là ?

- J'arrive de suite.

- J'attends, soupira-t-il agacé.

Le Docteur ne commenta rien, observant avec un intérêt rare et compatissant cette employée pour le moins malheureuse et méprisée par son patron. Certes, peut-être se montrait-il parfois un peu dur, son caractère enflammé lui occasionnant souvent de prêcher la bonne parole sans plus se soucier des conséquences de ses propres mots. Le Gallifréen regretta l'instant de quelques secondes de l'avoir autant bouleversée et accusée d'ingérence, se pinçant les lèvres, coupable.

Il chassa les feuilles de papier machine qui recouvraient le dossier rouge vif qu'il n'avait pas manqué de remarquer dès son arrivée –évidemment, les humains prenaient un malin plaisir à cacher des documents ultra-confidentiels dans des pochettes ultra-flashi- le saisit de ses doigts fins et méticuleux, avant de le tendre vers cette femme boulotte et soumise corps et âme à la direction et au bon fonctionnement de cet établissement.

- Vous savez pertinemment ce qu'il vous reste à faire, murmura-t-il sans la quitter du regard.