Bonjour tout le monde ! Je sais qu'il est peut-être un peu tôt pour poster la suite tout de suite –un peu répétitif comme formulation, non ?- mais bon, en grands lecteurs que vous êtes –et comme je sais que vous êtes particulièrement impatients de savoir comment se finit cette histoire- j'ai décidé de vous faire une fleur. En plus, on m'a rappelé ce matin que c'était Halloween, et que par conséquent, une petite page d'angoisse s'impose –ce qui tombe pile poil avec ce qui vient !-. Bon d'accord, motus ! Je vous laisse découvrir par vous-même (niark niark niark !!!!)
Passage spécial dédicace pour Nadège (surtout le dernier paragraphe en fait)
Bonne lecture ! ;)
Kate patientait depuis près d'un quart d'heure aux côtés de Parker Lewis, une paire de jumelles infrarouges sur le nez, scrutant les horizons sombres de l'Université, postée sur un point de vue connu de peu d'élèves -à proximité du toit, donc par conséquent à l'abri des pions et autres employés sans cervelle- qui donnait un aperçu globalement satisfaisant de l'école.
- Que fait-il ? marmonna-t-elle mauvaise.
- D'après l'étude que nous avons faite du personnage, il ne devrait pas tarder à sortir de l'établissement par l'entrée secondaire.
- L'étude ? répéta Kate interdite.
- Oui, nous avons analysé son comportement, observé ses manies, où il pénétrait, où il s'éclipsait quel couloir préférait-il se balader, son plat favori etc…, expliqua très professionnellement Parker.
- Et vous n'avez rien noté… d'étrange ?
- Non, c'est un prof de philo très banal ! assura-t-il dans un dodelinement de tête.
- Bonjour l'étude ! railla-t-elle dans une moue dédaigneuse.
Parker Lewis haussa un sourcil, ne comprenant visiblement pas l'allusion. Il jeta un coup d'œil à son bras droit Jerry, qui pianotait tel un virtuose sur un ordinateur portable, un micro à l'oreille, planifiant tous les détails de l'opération, communiquant avec ses contacts, Julianne et les peaux de bananes. Bref, le parfait opérateur dans une mission à hauts risques telles que celle-ci.
- Il va venir, assura Parker mal à l'aise devant l'impatience de sa cliente.
Evidement, comme dans toutes les machinations politico-militaires et coup d'états dignes de ce nom, leur plan machiavélique connut un hic, un imprévu qu'il n'avait absolument pas envisagé : un hurlement strident et parfaitement discernable dans les ténèbres omniprésentes.
Le cri était tel que Jerry se vit contraint de retirer son casque de l'oreille, le cœur battant à la limite de l'infarctus devant une telle horreur. Juste Ciel ! Qui égorgeait-on de la sorte ? Parker serra les dents à l'écoute de cette épouvante innommable qui assaillit de plus belle les couloirs ténébreux et lugubres de cet établissement aux mystérieuses disparitions. La légende voulait qu'un monstre se balade tard le soir et emporte avec lui les filles les plus solitaires de l'Université. Bien sûr, le lycéen à demi escroc n'y avait jamais cru, du moins pas jusqu'à ce soir, où l'ambiance morbide et glauque de cette nuit aux milles et uns vices cachés le poussait petit à petit au doute…
Le cri cessa finalement, laissant place à un silence lourd de crainte et d'angoisse, plus mort encore et plus terrifiant que la plainte tonitruante qu'ils venaient d'écouter.
- Qui est-ce ? demanda l'adolescent d'une voix fluette.
- Probablement Julianne qui a croisé le chemin d'un hamster…, tenta de se rassurer Kate.
- Non…elle…elle… elle dort sur son transat à la piscine, articula difficilement Jerry tout tremblant. Patron… qu'est-ce…qu'est-ce… qu'est-ce que c'était ?
Parker ouvrit la bouche, mais fut dans l'incapacité totale de répondre, glacé jusqu'au sang de cette minute de terreur. Ce n'était pas un cri simulé –il le certifiait pour n'avoir trop souvent lui-même exécuté quelques mises en scène digne des plus grands films d'horreur- non, cette fois-ci il reconnaissait la triste réalité d'un meurtre qui avait eu lieu sous leur nez, ou plutôt sous leurs oreilles…
- Tout va… va bien ? begaya-t-il à l'adresse de Kate de qui ne lâchait pas sa pair de jumelle.
- Non, souffla-t-elle inquiète.
Le cœur battant à tout rompre, la jeune femme furetait à l'aide du système optique infrarouge les moindres recoins de l'école. Bien sûr, elle ne pouvait tout discerner –faute d'angle-, mais il y avait bel et bien un éclat lumineux qui s'échappait du réfectoire, ou plus précisément de cette cour isolée dont le Proviseur avait interdit l'accès, deux mois auparavant.
Elle ne distinguait rien d'autre que ce halo bleuté, cette lumière douce et froide, et elle s'y serait davantage attardée si elle n'avait pas perçut, dans ce silence de mort assourdissant, dans cette ambiance déjà sinistre et reine des craintes les plus infondées, le cri d'une autre victime : un homme cette fois-ci, un homme à la voix profonde et grave, une voix dont l'éclat vous faisait tantôt sourire, tantôt pleurer, la voix si vibrante d'un homme dont le hurlement pouvait vous déchirer l'âme, vous réduire en charpie, un être seul et solitaire qui tâchait de lutter contre un ennemi quasi-invincible, dans un dernier soupir de vie… Un homme qu'elle aurait reconnu entre mille : le si dévoué Docteur.
- NON ! s'écria-t-elle bondissant de sa planque.
- Attends ! s'inquiéta soudainement Parker à sa suite. Tu risques de…
Il n'eut malheureusement pas le temps d'achever sa phrase que déjà elle se ruait vers l'intérieur des interminables couloirs de l'établissement, avec l'unique pensée qu'elle devait une fois encore lui venir en aide, à cet extraterrestre dégénéré et complètement loufoque ! Le Docteur en danger et Kate Wilson à la rescousse ? Voilà qui ne changeait guère du schéma habituel ! Et dire qu'il l'avait abandonnée pendant toute une année ! A se demander comment il avait réussi à vivre jusque là !
Trop préoccupée par ses pensées, trop perturbée à l'idée de le perdre –car malgré l'hostilité rebelle qu'elle lui témoignait sans relâche, elle l'appréciait son Gallifréen, oh que oui !!!- elle ne remarqua pas au bas de l'escalier une petite peau jaune de banane, placée avec soin par la compagnie « Lewis et Associés », tant et si bien qu'elle l'écrasa de son talon effrénée. L'épluchure glissa vers l'avant, occasionnant un déséquilibre notable chez la jeune femme qui atterrit lourdement sur postérieur.
- Ouch ! grimaça-t-elle en se massant l'arrière train.
Elle se releva sans tarder, un peu boitillante, et s'élança de nouveau vers la cantine, notant alors que le cri du Gallifréen allait en s'amenuisant.
- Ne me faîtes pas ça Docteur…, souffla-t-elle le cœur serré. Tenez le coup !
Une fois encore, une banane judicieusement placée croisa son chemin et la jeune femme glissa sur trois mètres, avant de se cogner violement dans l'encadrement massif d'une porte. Un seau d'huile de sardine -posté justement à cet endroit précis, en hauteur- chuta sous l'onde de choc provoqué par l'accident, et se renversa illico sur la jeune étudiante qui manqua de recracher son dîner sous l'odeur infecte qui se dégageait du liquide graisseux.
Non ! Non ! Non ! Non ! Elle devait faire vite ! Vite, le retrouver vite ! Rapido presto ! Il ne se laisserait pas gagner par la colère ou la rage s'il la savait en danger ! Il agirait sans se poser de question –du moins l'espérait-elle-. Kate se devait donc de le retrouver avant qu'il ne soit trop tard, ne serait-ce que pour l'insulter une fois encore de sorcier vaudou complètement à l'ouest !
La jeune femme ne voyait plus rien, le seau collé sur sa chevelure bonbon, l'odeur du poisson pourri envenimant ses pensées et sa réflexion, tant et si bien qu'elle se prit les pieds dans une rambarde d'escalier, roula telle une avalanche sur les nombreuses marches, -croisant la route d'un oreiller découpé au rasoir et couvert de plume- avant d'atterrir à plat ventre sur un skate board positionné au rez-de-chaussée et de filer droit vers la modeste piscine de l'établissement, le nid d'amour de Julianne…
Kate atterri finalement –ou amerrit ?- sur l'eau et coula quasi instantanément. Attirée par le fond, et redoutant que de finir noyée –son hydrophobie la gagnant subitement- elle se débarrassa de sa lourde veste en cuir et de ses chaussures avant de remonter à la surface, de patauger et de glapir tel un chiot en détresse.
- Aide-moi imbécile ! aboya Kate mauvaise à l'adresse de la streapeuse en bikini.
- N'as-tu donc pas appris les bonnes manières quand tu étais petite ? pouffa Julianne devant le spectacle hilarant d'une Kate Wilson en calamité totale.
- Gourde ! ragea l'autre en sortant illico du bassin et en détalant vers la Cour des Honneurs.
Kate débarqua finalement sur le lieu du crime, couverte d'huile de sardine, de plume, de chlore, d'hématomes, l'arcade sourcilière ouverte, haletante par cette course folle et truffée de pièges, à la limite de l'épuisement total.
- Non pas ça…, lâcha-t-elle à la vue du Docteur.
Son cœur manqua un battement, et elle s'arrêta soudainement de respirer, soumise à un choc tel qu'on pouvait l'assimiler à une mort subite. Elle s'entendit pousser un faible gémissement d'agonie pour finalement se laisser choir à genoux, incapable de prononcer quoi que ce soit devant le tragique spectacle qui s'offrait à elle, incapable de lutter devant cette vision d'horreur, tout espoir venant soudainement de s'envoler vers les méandres infinis de l'Univers et du Temps.
Parker Lewis, Jerry le Bizu et Julianne l'Allumeuse pénétrèrent à sa suite, un peu déboussolés il est vrai par la tournure plus que bizarre des évènements.
- Oh juste Ciel ! s'exclama Jerry devant l'horreur de la situation avant de s'évanouir d'angoisse.
- Merde…, lâcha Parker complètement ahuri par le spectacle.
- C'est ce qui s'appelle refroidir les ardeurs…, conclut Julianne un tantinet désappointée.
Le Docteur se dressait devant eux, immobile, stoïque, le regard vide de toute expression, luisant dans la pénombre omniprésente, incapable de bouger ne serait-ce le petite doigt, dans l'impossibilité totale d'émettre le moindre son, inconscient et inanimé, triste dans son mutisme et sa rigidité, réduit comme Newick à ses côtés, en une haute et silencieuse statue de glace…
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Joyeux Halloween :)
