Un grand merci à Nadège, Coralie 91, Shykeiro, Calvero, Rubie Love, tinoue et tous ceux que j'ai pas cité. Merci pour vos reviews, ça met toujours un peu de baume au cœur pour poster les fics.
Alors Shykeiro, est-ce que tu avais la même idée pour l'identité de l'intrus extraterrestre ? Je vous laisse découvrir la suite.
« Rily ! Je veux que le Docteur revienne ! »
Ce sera pas pour cette fois ;)
Note : j'ai édité ce passage en rajoutant le chapitre suivant (je trouvais celui-ci trop court)… donc désolée pour ceux qui se voient contraints de tout relire… ^^
Bonne lecture !
Ha Ah !!!! Quel rebus d'énergie ! Quelle overdose de puissance ! Jamais, je n'ai savouré pareil festin ! Un Seigneur du Temps… voilà donc le vrai visage de ce professeur de philosophie, ce vieux fou à l'apparence d'un trentenaire. Diable ! Je ne rêvais donc pas ? Un Time Lord ? Un véritable Time Lord ??? Je les croyais pourtant éradiqués de l'Univers depuis plusieurs décennies ! La Guerre de Temps avait causé tellement de ravages… l'éradication totale et sans appel de deux civilisations au pouvoir colossal…
Que faisait-il ici ? Pourquoi avait-il atterrit sur Terre, à Londres, dans cette Université même ? Ses semblables s'apprêtaient-ils à le rejoindre ? Viendraient-ils se venger de mon crime, de cet affront ? Après tout, s'il en restait un, il pourrait très bien en rester un deuxième… à moins que…
Non, pas d'inquiétude à ce sujet, pas d'après les émotions que je ressens au travers de son énergie absorbée. Je perçois sa solitude sans égale, plus profonde et plus noire encore que les abysses de la Lune Poseïs… la tragédie de sa vie, son existence nomade et perdue, celle d'un être pathétique ravagé par son lugubre passé, une âme esseulée qui se bornait à errer et à s'occuper des mystères les plus incohérents de cet Univers pour oublier le drame de sa propre histoire. Un Ange du Temps… Un Gardien anéanti qui s'accrochait de toutes ses forces à l'espoir fou et sans issue que celui de trouver enfin un compagnon qui ne l'abandonne pas à son triste sort de voyageur errant…
Oui, seul et dernier de son espèce, voilà qui explique tout. Que de savoir, que d'expérience ! Et dire que je peux à présent accéder à toutes ses pensées, ses moindres desseins, ses jugements … tous ses secrets, tous ses vices et ses désirs ! Miam ! Miam ! Miam !
Que vois-je là ? Une peine de cœur ? Une parmi un millier d'autres certes… et là un génocide ? Comme c'est poignant…Tellement de sacrifices, tous plus difficiles à endurer les uns que les autres. Oh que de douleur Docteur ! Vous aimez tant passer pour un martyr ! Tiens, tiens… une prophétie qui annonce la mort d'un de ses compagnons les plus proches. Et ça, qu'est-ce que c'est ? Une lettre de Venise qui lui révèle un pan de son propre Destin ? Intéressant, d'autant plus intéressant qu'il n'aura plus de Destin. Une Pffff… c'est si navrant, surtout lorsque l'on considérait que…
Kate ? Il connaissait donc Kate ?! Cette petite idiote m'avait donc menti !!! Quelle peste !
- Excusez-moi ! s'exclama une voix dans mon dos.
Je sursautai, et me métamorphosai illico en humain, tâchant de paraître aussi commun et aussi dépourvu d'intérêt que les membres de cette espèce pitoyable !
- Oui ?
Julianne… je reconnu Julianne en bikini. Soupçonnait-elle quelque chose ? Avec le QI d'un bulot, j'en doute, mais tout de même… pourquoi me dévisageait-elle de la sorte ? Sourcils froncés, poings sur les hanches, cheveux bouclés cascadant sur ses épaules revêches, blonde pulpeuse qui ravivait l'appétit de n'importe quel mâle affecté d'une faim peu commune.
- Ca te banche de m'accompagner à la piscine, Little Boy ?
Ses cuisses musclées, ses courbes parfaites, sa sensualité presque trop naturelle, dure torture que celle de refuser ! Je pourrais immortaliser sa beauté dans la glace, conserver sa grâce pour toute une éternité… m'abreuver de son être rebelle et réchauffé, de ses instincts de prédatrices… Juste après le festin du Time Lord… oh oui ! Voilà un met succulent qui m'occasionnera un dessert des plus raffinés…
- Et comment ! souris-je en la suivant d'un peu trop près.
Le Loup et l'Agneau débarquèrent finalement à la piscine, ce petit bassin de douze mètre de long empestant le chlore, tous deux excités de l'aventure torride qui allait s'ensuivre. Julianne attrapa la main quelque peu hésitante de l'homme qui l'accompagnait et, l'attirant au plus près du bord, elle se haussa sur la pointe des pieds pour capter avec une fougue peu commune ses lèvres glaciales de reptile au sang froid.
- Tu es gelé mon mignon.
- Tu n'as pas idée à quel point, marmonna-t-il d'une voix suave qui ne présageait rien de bon.
Il dégusta du bout de sa langue la gorge luisante de cette nymphe effarouchée, passa une main dans son dos pour dénouer le mince fil qui sellait alors tous les détails de son intimité, toutefois, alors qu'il s'apprêtait à entamer sa métamorphose, profitant de cette transe envoûtante pour la prendre par surprise, une ombre se profila à sa droite, une ombre couverte de plume et d'huile de sardine qui le percuta de plein fouet, le propulsant alors illico dans le bassin d'eau tiède.
- Kate ! ragea ce dernier en remontant à la surface.
- Hello Peter ! s'exclama alors la jeune femme ravie de son effet. J'ai toujours su que tu étais un peu givré comme mec, mais je n'ai jamais soupçonné que cela était vrai au sens propre !
- Tu ne paies rien pour attendre !
Le jeune Peter Carlisle poussa un rugissement strident, ses yeux s'illuminèrent d'un blanc nébuleux, sa peau lisse vira au bleue, se fragmenta en de nombreuses aspérités qui s'allongèrent progressivement pour former une myriades d'écailles à l'éclat de saphir…
- Parker ! hurla Kate comprenant qu'il restait peu de temps.
- Aucun problème ! assura l'adolescent.
Sur ce, le lycéen attrapa un câble de très haute tension que Jerry avait pris soin de découper au chalumeau, puis -protégé par d'épais gants isolants-, il jeta le tout dans l'eau, créant alors un magnifique arc électrique qui se propagea sur toute la surface, pour finalement englober l'Iceman et le clouer sur place l'instant de quelques secondes.
La créature hurla de plus belle, résistant bien malgré lui à cette décharge mortelle, et, sans se soumettre aux arcs électriques qui l'assaillaient de part et d'autre, il nagea –tant bien que mal, on devait l'admettre- vers les deux jeunes femmes postées au bord. La mince Julianne en bikini reposait dans les bras de Kate –essoufflée par l'effort et serrant les dents sous l'agitation de l'allumeuse- qui chaussait alors de magnifiques bottes en caoutchouc. Parker nota le danger imminent du lézard sur le point de les assaillir, et cria à l'adresse de son bras droit :
- Jerry, augmente l'intensité du courant !
- Entendu Monsieur Lewis ! obéit le bizu en actionnant d'un œil aguerri quelques boutons et leviers de l'armoire électrique qui alimentait cette section de l'Université.
Les arcs bleutés s'épaissirent, l'Iceman s'immobilisa finalement, incapable de lutter contre toute cette énergie électrostatique accumulée dans ses veines et dans son corps. Il tendit le bras en direction de Kate, cette femme fougueuse dont il avait secrètement vu la destinée, plongé dans la tête du Docteur, percevant lors de son dernier repas l'Univers et le Temps dans sa globalité… Il déclara alors, suite à cette sombre révélation, dans un murmure persiflant :
- Exterminatrice !
Avant de recevoir le choc fatal qui eut raison de sa mort. Une odeur de chair brûlée s'éleva alors de la créature, une fumée noirâtre l'engloba, et il disparut bientôt dans les remous noirs et encore agités de ce petit bassin, pour finalement redevenir poussière de glace et microparticule d'eau.
Parker et Jerry coupèrent l'alimentation. Kate relâcha Julianne brusquement –trop fatiguée pour la porter à son cou plus longuement-, tant et si bien que l'Allumeuse atterrit sur son postérieur, dans un gémissement étouffé… Cette nouvelle version du Scooby Gang se rassembla autour du bassin, le regard assombri, réalisant bien malgré eux qu'ils étaient alors devenus de parfaits meurtriers… Le Docteur serait peu fier.
- Je suis désolée…, souffla Kate en baissant les yeux vers ses chaussures. J'ai agi sans réfléchir, j'ai éliminé la seule créature qui pouvait encore vous sauver…
Enfermée dans la chambre froide de l'établissement, habillée en tout et pour tout d'un gilet et d'un jean couverts d'huile de sardine et de plumes, ses cheveux rose bonbon rebiquant avec rigidité sur ses épaules, la jeune Wilson marmonnait quelques mots inaudibles à l'adresse de son compagnon de jadis, le Docteur à la fois si dramatique et si déjanté, ce personnage atypique aujourd'hui prisonnier de glace, statique et muet dans son immobilité accablante.
Elle leva les yeux vers lui, le contempla longuement, le cœur serré à l'idée qu'elle n'avait pu le sauver, secouée par le chagrin de ne plus jamais contempler son sourire exquis d'homme parfaitement inconscient de son charisme assassin, de son aptitude inégalable à jouer les bourreaux des cœurs, à la fois sensible comme une jeune pucelle et dur comme le titane…
- Je vous demande pardon, souffla-t-elle les larmes aux yeux. Je n'aurais jamais dû vous embarquer dans cette sale affaire.
Adossée au mur givré de la chambre, elle se laissa lentement glisser jusqu'à terre, retroussant les genoux sous son menton, grelottant sous le froid et l'humidité que dégageait ce frigo à cadavre.
Elle resta longuement ainsi, assise à ses côtés, sans prononcer quoi que ce soit, retraçant chacune de leurs aventures, revivant chacun de leurs instants passés, à rire, à pleurer, à se chamailler et peut-être même à s'aimer.
Le jour de leur rencontre, dans cette boutique de Music Megastore, la leçon de piano qu'il lui avait décernée à ses neuf ans, leur combat dans une Arène de gladiateurs à l'époque du Nouvel Empire Romain, leur traversée de Venise durant le Carnaval de 1650, le Dark Doctor et son armé de fantômes… et puis leur mystérieuse séparation, où il avait catégoriquement refuser de l'éliminer pour garder Rose à ses côtés, où il lui avait avoué… Elle avait à de nombreuses reprises risqué sa vie pour son joli minois, pour ses manières de fanfaron burlesque et déjanté, et elle savait pertinemment qu'il en avait fait de même, bien qu'il en ai gardé le secret…
Pourquoi l'avait-il abandonnée ? Pourquoi s'était-il éclipsé sans prévenir, un an auparavant ? Etait-elle trop cynique ? Trop encombrante ? Trop réaliste ? Trop clairvoyante dans son jeu de masque et de mystère ? L'avait-elle blessé, d'une manière ou d'une autre ? Diable, comme il était dure de vivre dans l'ignorance, le doute et la culpabilité… A dire vrai, elle n'avait jamais réellement su pourquoi il avait décidé de déserter sa compagnie, et il ne se passait pas un jour sans que cette maudite question ne vienne la hanter de nouveau : pourquoi ?
- Et aujourd'hui vous êtes plus silencieux que jamais, vous ne pourrez plus jamais y répondre…, soupira-t-elle la gorge nouée. A peine je vous retrouve, et vous vous transformez en statue de glace ! A croire que j'ai le don pour rafraîchir votre cervelle d'oiseau !
Le Docteur ne répondait pas, toujours prisonnier –et peut-être même mort- de cette étreinte glacée. Il restait là, impassible, immobile, mystérieux jusqu'au plus profond de son être, l'expression vide de toute lumière, de toute vie et d'énergie.
La jeune femme se releva finalement, le cœur lourd de remords, les membres tremblants devant cette dure fatalité, puis elle se planta face au Gallifréen, la gorge serrée, n'osant trop le contempler dans ce qui serait probablement la dernière position de sa vie…
Elle leva légèrement le menton dans sa direction, s'approchant dangereusement de son visage, son souffle tiède caressant la surface glacée de sa peau dans une bouffée de condensation blanche et éthérée qui enveloppa l'instant de quelques secondes leurs regards anéantis…
- Je vous en prie Docteur…, murmura-t-elle avant de placer le tournevis sonique contre la cage thoracique de l'extraterrestre. On a besoin de vous ici…
Elle se racla la gorge, les doigts raidis par le froid –ou serait-ce la peur de passer à l'acte le plus osé qu'il lui eut été donné de réaliser ?- et avoua dans un chuchotement imperceptible, prête à enclencher le mécanisme destructeur :
- J'ai besoin de vous…
- Que fait-elle ? demanda Julianne en tâchant de voir qui ce tramait à l'intérieur de la chambre froide.
- Je pense qu'elle essaie de le sauver, nota Parker en griffonnant quelques lettres sur une page de mots fléchés.
- Comment ? s'étonna la bimbo couverte alors d'une veste en jean que le lycéen avait eu l'extrême obligeance de lui céder.
- Aucune idée, mais si elle avait voulu nous le dire, elle n'aurait probablement pas couvert les vitres de ce frigo trois places avec d'épais torchons de cuisine…, soupira-t-il dans un haussement d'épaules.
- Oh…, réalisa la bimbo en se reculant des portes, comprenant soudainement pourquoi elle ne distinguait rien.
Les trois étudiants se jetèrent un coup d'œil dépité en biais, puis chacun s'en retourna à ses occupations. Jerry montait la garde, dissimulé entre deux portes derrière un angle de mur, frémissant à l'idée que n'importe qui pouvait débarquer, les surprendre en flagrant délit pour finalement les réexpédier aux Etats-Unis où l'abominable garce, plus communément appelée « petite sœur de Parker Lewis» les attendait avec impatience… Julianne l'Allumeuse, quant à elle, se laissait dorer sous les rayonnants incandescents du snacker, tandis que le chef de la bande, ce très respectable « Monsieur Lewis », jouait les intellectuels de lettres en énonçant à haute et intelligible voix les énigmes des cruciverbistes expérimentés :
- Inimaginable… en dix lettres.
- Oh-my-God ? tenta alors la jeune femme d'une voix distante.
- Arrête de visionner Desperate Housewives ! conseilla Parker dans une moue ridicule.
- Impossible ! s'écria soudainement Jerry sur le qui-vive, les yeux écarquillés d'horreur.
- Impossible, ça pourrait coller, remarqua Parker avec un sourire conquis. Bravo Jerry !
- Non Monsieur Lewis, je veux dire : IMPOSSIBLE ! Regardez la chambre froide !
Parker fronça les sourcils et releva la tête en direction du large frigidaire, pour découvrir stupéfait, un éclat doré, peu à peu éblouissant, croissant à une vitesse hallucinante pour finalement atteindre une intensité telle qu'ils en furent bientôt tous aveuglés.
- C'est quoi, ça ? s'étonna Julianne légèrement prise de vertige.
- Kate ! s'inquiéta alors Parker en se ruant vers les portes d'aluminium du meuble réfrigérant…
Il n'eut guère le temps de s'approcher davantage car une explosion phénoménale s'ensuivit, d'une puissance et d'une déflagration mortelle, balayant tout sur son passage, que ce soit casseroles, tables d'inox ou étudiants mal avisés…
