Chapitre 3 - La place d'Inuyasha

Il faisait déjà presque jour lorsque Kagome s'endormit. Je sentais que le soleil pointerait bientôt son nez à l'horizon. La nuit n'était plus si noire, les étoiles disparaissaient une à une. À l'est, le ciel sombre devenait bleu foncé.

J'adorais l'aube, surtout lorsque j'étais sous ma forme humaine. Ces nuits-là, je dormais rarement pour éviter de me faire surprendre pendant mon sommeil. Mais la dernière que je venais de passer n'était pas comme les autres. Toutes mes nuits seraient maintenant colorées par sa présence. En la sentant se reposer contre mon corps et s'abandonner si complètement à mes côtés, je la savais en confiance. Elle m'attendrissait. J'avais le goût de la protéger, d'être digne d'elle, de la rendre heureuse. Je me sentais si choyé qu'elle m'aime encore après tout ce temps, toutes mes hésitations. Cela ne cessait de m'émerveiller.

Le premier rayon de soleil m'atteint enfin et je me sentis redevenir Inuyasha. Même si j'acceptais maintenant le fait d'être un hanyou, je n'aimais pas les moments où j'étais complètement humain. Je me sentais plus vulnérable. Je gardais Tessaiga près de mon lit. Je savais que je ne pourrais pas la transformer, mais cette épée pouvait tout de même me protéger. Nous protéger. C'était ma plus grande crainte, celle qui me rongeait, même lorsque j'étais hanyou : comment protéger ceux que j'aime, comment être sûr de ne jamais les perdre?

Kagome se retourna et se blottit contre ma cuisse. Je caressai légèrement ses cheveux. Elle ne s'éveilla pas. Elle avait le visage si paisible. Je l'avais souvent contemplé pendant nos aventures. Il me suffisait de la regarder dormir pour me sentir apaisé. Kagome possédait une confiance en la vie que je n'avais pas. Mais elle me donnait lentement le courage d'y croire moi aussi. Je n'aurais peut-être pas le pouvoir de protéger tout ceux que je souhaitais... Mais je n'aurais peut-être pas à le faire. Enfin, pas au sens où je le craignais.

Après ces deux jours d'amour presque sans sommeil, ces deux nuits de plaisir, je sentis la fatigue m'envahir moi aussi. L'aube était maintenant bien entamée et rien ne m'empêchait de profiter du matin pour dormir près d'elle. Je couvris nos corps nus d'une couverture et je m'allongeai à ses côtés. Je fermai les yeux en la tenant dans mes bras. Maintenant que mes habilités de démon étaient revenus, je sentais mon odeur partout sur sa peau. Son parfum s'était mélangée au mien. Nous appartenions maintenant l'un à l'autre. C'est avec cette pensée que je m'endormis profondément.


J'avais sans doute dormi longtemps car j'avais les paupières lourdes quand j'ouvris les yeux. Kagome était appuyée sur mon torse et elle se retourna pour me regarder. Ses yeux semblaient légèrement hésitants. Elle semblait éveillée depuis un moment. À quoi avait-elle songé pendant tout ce temps?

- Ça va? Je t'ai blessé?

- Oh... Non, non, tout va bien, ne t'inquiète pas.

- Quelque chose te tracasse, je le vois bien...

- Non, ce n'est pas vraiment un souci. Juste une réflexion.

- Mmm. Quel genre de réflexion?

Elle se leva lentement et commença à remettre son uniforme. La lumière du soleil faisait luire sa peau, qui semblait si douce. J'étais jaloux de ces rayons qui passaient sur elle et réchauffaient son corps. J'avais encore envie d'elle. J'en oubliai presque notre conversation. Lentement, je m'assis.

- J'espère au moins que c'étaient de belles réflexions.

Je cherchai ma chemise blanche, que je retrouvai en boule dans un coin de la pièce. Kagome me l'avait enlevée avec fureur hier soir, mais le tissu semblait avoir résisté. Je sentais son regard fixé sur mon dos.

- Tu as de beaux cheveux, Inuyasha.

- Ah... merci, dis-je en tournant la tête. Je croyais pourtant que ton regard était un peu plus bas.

Kagome rougit violemment et j'entendis bien son cœur se mettre à battre plus rapidement.

- Je... Eh... Bon.

- Tu ne pouvais pas être plus claire.

Je souris pendant que je me mettais debout pour me vêtir. Elle ne détourna pas le regard, mais elle rougit de plus belle. Ce qu'elle était mignonne quand elle était gênée comme ça!

- Avec les deux derniers jours, j'ai beaucoup de belles réflexions, tu sais.

- Oui, moi aussi.

Je m'approchai d'elle et bécotai son visage.

- Mais cela n'empêche pas que notre relation ait changée. Ce n'est plus comme avant entre nous deux. Peut-être que ça te trouble?

- Non. Ça faisait longtemps que je souhaitais que ce soit comme cela entre nous.

- Alors?

Elle soupira puis me serra dans ses bras.

- Avec tout ce qu'il y a eu entre nous, je réalise que nous aurons sûrement beaucoup d'enfants.

- Oh... C'est ça...

- Mmm. Je veux des enfants, tu sais. Mais dans mon monde, on peut choisir quand on est prêt, on peut aussi choisir la quantité... J'ai 18 ans maintenant et si je calcule le nombre possible de grossesses jusqu'à la fin de ma fertilité... Ça en fait beaucoup. C'est un peu effrayant.

- Eh... Je n'aurais jamais pensé que c'était cela qui te tracassait. Je croyais que tu te disais peut-être qu'on en faisait trop...

- Trop? De quoi?

- Cette nuit, je ne t'ai pas laissé dormir...

- Oh!, elle rougit encore, non, ça va. Je te ferai remarquer que je ne t'ai pas laissé dormir non plus.

- Ah... Ça c'est bien vrai...

Je l'embrassai. Très vite, notre baiser devint plus profond et nous nous retrouvâmes couchés sur le sol chaud de la maisonnette. Elle se serra contre moi. Pendant un moment, je ne dis rien. J'étais bien avec elle au soleil. Je ne savais pas si elle avait besoin d'être réconfortée. Je voulais cependant lui préciser un point:

- Tout de même, je peux détecter quand tu es en chaleur, Kagome.

- Hein? Tu, quoi?

- Eh bien, je sais quand tu es fertile, je le sens à l'odeur.

- Vraiment? Mais... c'est très gênant ça!

- C'est plus gênant pour moi que pour toi, je te ferai remarquer. C'est arrivé souvent pendant nos aventures.

- Ah oui? Et ça te fait quelque chose?

Elle avait levé la tête. J'émis un grognement menaçant et j'enfouis ma tête dans sa poitrine.

- Je suis très sensible aux odeurs, moi! À l'époque, je ne voulais pas en savoir autant sur ton intimité!

- Oh oh. Et maintenant, tu sens quelque chose?

- Je te sens toi, mais tu n'es pas encore dans cette période. D'ailleurs, ce sera plus difficile de résister maintenant.

- Ah oui? Pourquoi?

- Mais parce que... parce que... Je le sens tout de suite, moi! Je sens l'intensité de l'odeur augmenter de jour en jour. C'est un parfum fait pour séduire. Maintenant que nous avons... Enfin... Que je connais ton corps, que je peux t'aimer vraiment... Ce sera difficile de ne pas succomber.

Kagome me serra plus fort contre elle.

- Pauvre Inuyasha. Il a le nez trop sensible.

- Eh! Ne ris pas de moi. Tu risques de le regretter la prochaine fois que tu seras en chaleur!

Elle rit quand même.

- Ah oui?

- Tu vas voir. Si je laisse le démon en moi prendre le dessus...

Elle rit encore.

- En fait, ça me rassure que tu puisses savoir quand ça m'arrive. On pourra essayer de se retenir.

- Je détesterai ça. Mais on trouvera d'autres moyens.

- D'autres moyens, hein?

- Sinon, tu seras en danger, chérie.

- Une menace et un compliment dans la même phrase, me répondit-elle en riant encore plus. Oh! Oh! J'ai hâte de voir ça!

J'adore son rire. Je la pris dans mes bras et la soulevai pour mieux voir sa joie. Cela la fit rire encore plus. Je la fis tourner dans les airs, à bout de bras. Elle s'accrocha à moi, les larmes aux yeux à force de rire. Je la gardai contre moi et elle me sourit. Son corps était souple et vivant entre mes bras, son visage confiant et heureux. Je me sentais amoureux et détendu. Le bonheur n'avait pas fait souvent partie de ma vie. J'avais été un hanyou solitaire, je ne voulais dépendre de personne. J'avais aimé une femme, mais notre histoire avait mal tourné. Pour moi, l'amour était un sentiment triste, qui pouvait me blesser beaucoup trop profondément pour que je m'y laisse prendre encore. J'avais si peur de souffrir. Puis, elle était arrivée et elle avait réussie, je ne sais trop comment, à toucher mon cœur, caché derrière tant de barrières. Même si je chérissais toujours Kikyo, Kagome m'avait redonné le goût d'aimer, l'espoir que je pouvais être heureux. Peut-être que l'amour pouvait être une belle chose pour moi aussi. Avec cette femme, j'avais le goût d'être tendre. Je savais que j'avais besoin de son rire et de sa joie pour être bien. Pour être pleinement heureux. Après tant d'années à chercher, je savais maintenant où était ma place. Et j'entendais bien en profiter.


L'histoire est presque terminée, il ne me reste qu'un chapitre à ajouter. Jusqu'à maintenant, j'ai peu de reviews... J'aimerais beaucoup avoir vos commentaires! N'hésitez pas! Myriel