Je suis vraiment désolé de ne pas répondre aux reviews, c'est impardonnable et je m'efforcerais de le faire rapidement !!! Encore toutes mes excuses, je me jettes à genoux devant vous et implore votre clémence !! Pardonnez moiiiiiiiiiiiiiii !!!!

Hum, bref (tousse tousse) voici un autre chapitre. Comme vous vous en doutez, ce chapitre racontera les confessions de Naruto, donc chapitre très dur !!! Ça va être violent et sanglant, vous voilà prévenu !!

Enfin, ce ne sra pas pire que ce que j'écrit d'habitude, c'est juste que là, j'enchaîne les scènes de violence, alors préparez-vous.

Bonne lecture (si je puis dire).


27 mai 1916, Peronne, Hôtel des Champs, chambre 27.

Après que la porte se fut refermée, les deux hommes restèrent quelques secondes immobiles, ne sachant pas trop quoi faire. Finalement Naruto alla poser son manteau par-dessus celui de Sasuke pendant que celui-ci alla s'asseoir sur le lit. Naruto l'y rejoint sans dire un mot, en profitant au passage pour détailler la chambre : la porte était en face de la fenêtre, situé en hauteur, et juste sous la fenêtre, se trouvait un bureau à tiroir. Sur la droite, il y avait une grande penderie, et sur la gauche, il y avait le lit. Perpendiculaire à la fenêtre, sa tête reposait sur le mur. A côté du lit, il y avait une porte menant à la salle de bain-toilettes, et à droite de la porte se trouvait le porte manteaux. Tout cela était dans des tons bois, hormis le lit dont la couette était orange. Ayant fini son inspection, Naruto reporta son attention sur Sasuke, qui le fixait avec un sourire amusé sur les lèvres.

- Quoi ?

- Ma chambre te plaît ?

- Euh ...

Naruto rougit, gêné, en réalisant que cela faisant bien 5 minutes qu'il détaillait la pièce en délaissant Sasuke. Celui-ci reprit d'un ton moqueur :

- En même temps j'espère qu'elle te plaît, parce que t'auras exactement la même.

- Oh, c'est bon hein.

- Je serais heureux d'aller dire à Germaine que t'apprécie ta chambre avant même de l'avoir vu !

- Tu vas arrêter oui ?

- Non.

- Raaah, mais t'es pire que ...

Le nom resta coincé dans sa gorge. Il pouvait pas. Pas encore. C'était trop tôt... Sasuke comprit son malaise, mais là il avait besoin de vider leurs sacs. Tout les deux. Il inspira un bon coup et demanda :

- Qui commence ?

Naruto sursauta. - Hein ?

- On a des choses à raconter tous les deux. Des choses dont on veut pas parler. Mais faut le faire quand même. Alors qui commence ?

- ...

Un petit silence s'installa, Naruto semblant peser le pour et le contre. Sasuke brisa le silence le premier :

- Bien, je -

- Je commence.

Sasuke tourna la tête vers Naruto, il avait l'air décidé.

- Tu -

- Je commence ...

- Nar-

- Si tu me prend dans tes bras.

Sasuke afficha une mine vraiment surprise, avant qu'un doux sourire n'éclaire son visage. Reculant, il se mis dos au mur, jambes allongées devant lui. Naruto le regardait sans comprendre, il voulait pas ?

- Bah viens là, idiot.

Naruto marmonna juste un "j'suis pas idiot, idiot", en se fourrant contre Sasuke, allongé contre lui, sa tête dans son cou, son côté droit contre le torse du brun. Sasuke passa ses bras autour de lui, mit sa tête sur la chevelure blonde du soldat, et attendit. Ils avaient le temps, et ils savouraient ça. Que ce soit à l'infirmerie, ou au front, les moments de détentes étaient pour ainsi dire inexistants. Soit il y avait des blessés à la masse, soit la peur et la tension qu'on ressentaient dans la tranchée empêchaient de se détendre, ne serait-ce même que de se relâcher. L'attention devait être à son comble, à chaque instant. Alors pouvoir rester simplement là, au chaud, sans avoir à laisser ses nerfs à vif, simplement pouvoir ne rien faire et se reposer, c'était un bonheur enivrant, et les deux hommes en profitaient sans vergogne. Mais Naruto avait son histoire à raconter, et si il n'avait pas dit un mot sur ce qu'il ressentait aux autres, avec Sasuke il savait qu'il pourrait tout dire sans se faire juger, ni repousser. Alors il commença tout doucement :

- A l'orphelinat, y avait plus d'argent. Tous les hommes valides avaient été envoyé au front, sauf Iruka qui devait garder les enfants, et moi qui n'avait que 18 ans quand la guerre débuta. J'aidais comme je pouvais, mais vient un moment où c'était plus suffisant. Je pouvais pas faire tous les travaux, et je voulais entrer à l'armée pour donner ma pension à Iruka. Mais il a refusé quand j'eus 19 ans. Pendant encore un an, je l'ai aidé, mais finalement on pouvait à peine nourrir les enfants à la fin août, et avec l'hiver qui allait arriver, sans argent, beaucoup d'enfants risquaient de ne pas passer Noël. J'ai donc supplié Iruka de me laisser partir, et au bout d'une semaine, il a cédé. Je me suis donc enrôlé. J'ai été affecté assez tardivement à Montauban, comme tu le sait, et lors de nos ... retrouvailles, je venais de faire mon premier... mon baptême, dirons-nous.

Les bras de Sasuke se resserrèrent autour du blond. Le baptême ... Une des étapes les plus dures de la vie de soldat. Après, c'est (un peu) plus facile. Mais la première fois... c'est toujours horrible. On sort d'un monde protégé, et dans le cas de Naruto, aimant et enfantin, pour tomber dans l'horreur, la violence crue, le sang. Pour Sasuke aussi la première fois avait été éprouvante ... mais il en parlerait plus tard. Pour l'instant Naruto racontait, et il avait besoin de lui. Le noiraud devait donc être à l'écoute. Naruto reprit :

- Tu sais ce qui c'est passé, je t'épargne donc le récit de l'attaque du 15 avril... Pour ma blessure, j'ai eu droit à 1 semaine de repos, et ensuite... ensuite ça a dégénéré ...

POV Naruto

On fait silence dans la tranchée, on sait que ça sera pour bientôt... j'ai peur, mes tripes se noue. Je veux pas y retourner... Y m'ont rien fait les Boches... Je veux p-

PFIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!

Le sifflet ! Maudites jambes, je veux pas y aller ! Poussez-pas derrière, j'vous jure qu'en face, z'ont assez de balles pour tous ! L'échelle, Trois barreaux ... Deux... Un... Un bruit qui siffle à mon oreille, du sang sur ma joue... Lavoie est mort... Je cours... Tiens c'est la tête de Hiriki ça... Ils l'ont eu... Je cours... A genoux ! L'obus éclate un peu plus loin... Cours vieux cours ... T'arrêtes pas !! A terre ! Le Boche, en face ! Tire ! Tire ! TIRE !! Tu l'as eu, alors fonce ! Merde, une baïonnette ! Désolé mec, mais j'creverais pas ici, Sasuke m'attend ! Sort le poignard, enfonce le dans sa gorge... Une fois... Deux fois... Le sang coule... Pas le temps... Je cours ... Sasuke ... Les barbelés ! Putain de tenaille !! C'est coupé ! Je cours... Mitraillette, baisse-toi ! Vise ! Pas le temps ! Tire !! TIRE !! Raté !! Recommence ! Roule ! Tire ! Raté ! Tire ! Touché ! Grenade ! Une main tombe à gauche... Pas le temps... Vite ! La tranchée ! Plonge ! J'suis dedans ! Enfonce ta baïonnette dans les ventres, enfonce, enfonce, tue, tue, TUE ! Il ôte son masque... Merde, un jeune ! M'en fous, sa vie ou la mienne ! Tue-le ! Un autre jeune ! Tue-le ! Un autre... Il lève les mains, il se rend ! Parfait ! GRENADE !... Le jeune, où est le jeune ? Merde... Dans le ventre la grenade. Plus d'ennemi ? C'est fini ? Bien ! C'est fini ... c'est fini ... Bon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait !

POV Normal

- C'était ... C'était ... C'était pas humain... J'vois encore leur visages... Les mecs tués, les jeunes que j'ai tué... Ils avaient notre âge... Ils avaient notre âge, merde !!

- Chuuuuuut, Naruto calme-toi...

- Uuuuuuh, uuh, uh... Pourquoi... Nom de Dieu, pourquoi ...

- C'est la guerre, Naruto.

- Je sais bien ! Mais ça, c'est même plus humain, c'est ... c'est ...

- Y a pas de mots Naruto, alors essaye pas d'en mettre.

Sasuke essayait de le réconforter comme il pouvait, c'est à dire sans enjoliver les choses. Avec un civil, la petite phrase : "c'était pas si horrible que ça " aurait pu marcher. Pas avec un soldat. Pas avec quelqu'un qui avait vécu ça. Alors Sasuke ne perdait pas son temps à débiter des contes de fées à quelqu'un qui n'y croyait plus. Il essayait juste d'être franc, et surtout d'être robuste. Car ce dont Naruto avait besoin, c'était d'un pilier où s'appuyer, et Sasuke était prêt à avoir ce rôle autant de fois que nécessaire. Naruto essuya ses larmes, avant de reprendre :

- Nous avons pris donc la tranchée adverse. On a du... on a du enterrer les notres, et les Boches. Mais que ceux dans la tranchée. Dans le no man's land, on les as laisser pourrir.

- ...

- On a eu 3 jours de repos, où j'ai tenté d'aller te voir, mais ...

- T'as pas pu, je sais. Je suis désolé.

- Faut pas. Tu sauvais des vies, c'était plus important. Bref, après ces trois jours, ils nous ont rapellés, et finalement on as eu un affrontement... d'un autre genre...

- Comment ça ?

- Aucun Boche.

- Hein ?

Sasuke ne comprenait pas. Comment il pouvait y avoir eu affrontement sans Boche ? A moins que...

- Gaz ...

- Oui.

- Putain !

- Ouais. Pendant trois heures. Dès qu'on essayait de sortir, on était tué. J'ai eu la bonne initiative de mettre mon foulard sur mon visage. Tous l'on pas eu. Si t'avais entendu Sasuke... Les cris de souffrance, de désespoir, les camarades qui tombaient en crachant du sang, la gorge et les poumons brulés... En plus y avait pas de vent, le gaz est donc resté assez longtemps. J'suis pas resté inactif, dès que je voyais un foulard à terre, j'me le rajoutais. Quand le gaz s'est enfin dissipé, j'avais 5 foulard autour du visage et des yeux. C'est abusé, mais au moins je suis à peu près intact.

- "A peu près" ?

- Pendant 2-3 jours, j'ai vu trouble, et ma gorge me faisait un mal de chien. Mais finalement ça s'est calmé. Au moins t'as pas subit ça toi...

- Tu crois ?

- HEIN ?

Naruto redressa la tête d'un coup, fixant Sasuke avec des yeux ronds.

- Qu'est-ce que tu racontes ? T'es à l'arrière ! A l'abri ! Me dis pas que je me bats pour rien !

- Comment ça ?

- Euh ...

Naruto eut un bel éclat rouge sur les joues et retourna dare-dare cacher sa figure dans le cou de Sasuke, en espérant que celui-ci change de sujet. Le brun regarda un petit instant les cheveux blonds avec étonnement et amusement, puis décida de reprendre sur le sujet principal :

- J'ai peut-être pas subit directement les gaz (et j'en suis heureux d'ailleurs) mais Naruto, dis-toi bien que chacun des gazés vivants que tu as vu à forcément atterrit dans mon infirmerie, et que j'ai du les soigner comme j'ai pu, un par un. Trop souvent j'ai simplement du leur mettre une serviette mouillé sur la bouche ou les yeux et les laisser là, trop souvent j'ai du leur annoncer qu'ils ne guérirait jamais, trop souvent j'ai du en laisser mourir par manque de place...

L'infirmier avait le visage crispé par la haine qu'il éprouvait envers lui-même, la haine d'être aussi impuissant. Il se haïssait de se sentir aussi faible, de laisser autant d' "innocents" mourir. Une main douce se posa sur son bras. Sasuke sortit de ses pensées pour retrouver les yeux apaisants de Naruto, et eut un sourire d'excuse. Le blond soupira :

- C'est vraiment dur, hein ?

- T'as pas idée. Savoir qu'on peut les guérir, et ne pas pouvoir le faire ...

- ...

Il y eut un petit silence, puis Sasuke reprit :

- Si j'ai bien suivi, après cette attaque nous sommes le 25 avril.

- Oui. Nous n'avons pas quitté la tranchée, le gaz s'étant évaporé, les généraux nont pas jugé utiles de nous déplacer. On est donc resté là. Durant une semaine.

- Donc, tu était là le 30.

- Oui. Ils sont passés juste devant nous.

Naruto n'avait pas besoin de préciser qui était le "ils", tous deux savaient très bien. Il n'eut pas besoin de raconter non plus. Après un soupir de découragement, Naruto continua :

- Je n'étais pas sûr qu'il t'avait envoyé, alors j'ai attendu patiemment le retour à l'arrière. Mais quand je suis allé te voir, de nouveau tu n'étais pas disponible. Et ça à continué, inlassablement. Les assauts, la mort, l'attente, l'arrière, les assauts, la mort, l'attente, l'arrière... Jusqu'au... Au...

Il n'y arrivait pas. Le visage de Kiba lui apparut clairement et il ne put pas. Sasuke dit doucement :

- Naruto... je ne peux pas t'aider si je ne sais pas.

- Mais c'est ... c'était... je- je peux pas...

- ... Qui est mort ?

- Ki... Kiba...

- Et comment ?

- Il ... Il ...

Naruto n'acheva pas sa phrase et éclata en sanglots. Sasuke ne poursuivit pas ses questions, et attendit patiemment que le blond se calme. Et finalement, entre deux sanglots de Naruto, il parvient à avoir un récit haché de ce qui c'était passé le 25 mai. Ce récit, plus que les autres, lui fit horreur, parce que bien malgré lui, il imagina Neji et Sai à la place de ce Kiba qu'il n'avait jamais vu. Les larmes coulèrent à leur tour de ses yeux. C'était tellement cruel et injuste. C'était la guerre. Et c'était douloureux. Très douloureux.

Naruto lâcha d'un coup, d'une voix suppliante :

- Ne meurs jamais Sasuke...

L'infirmier sursauta et baissa la tête pour plonger dans les yeux empli de larme du soldat.

- Ne meurs jamais, je t'en supplie ... Si toi aussi ... Si toi aussi tu meurs, j'aurais plus de raison... Plus de raison de vivre ...

- Chuuuuuuut Naruto, tout va bien, je ne vais pas mourir...

- Ne meurs jamais... Ne meurs jamais Sasuke... Ne meurs jamais...

Naruto répétaient ces trois mots, comme si le fait de les dires sans cesse allaient faire d'eux une réalité. Et Sasuke le berçaient doucement, pour apaiser les larmes du cœur de Naruto, pour apaiser les craintes plus que justifiées du soldat.

Car en vérité, pendant la guerre, la mort n'était-elle pas omniprésente ? Ne devenait-elle plus proche de vous que n'importe qui ? Vouloir lui échapper semblait presque absurde. Alors les deux jeunes hommes firent ce que des milliers de poilus ont fait avant eux, et sûrement ce que des millions d'autres feront après : ils s'endormirent en priant pour une chose. Une phrase de six mots. Une phrase capitale, si petite et pourtant si forte.

Faîtes que je ne meurt pas.


Bien, que dire après ça ?

D'abord, j'espère n'avoir fait vomir personne (je le dis parce que moi rien qu'en écrivant c'est pas passé loin ... ou alors vous avez rien eu et c'est juste moi qui suis sensible -_-' bref) .

Pour le passage en POV Naruto, je me suis surpassé... J'ai essayé de rendre ce passage aussi réaliste que possible (j'ai demandé à un ancien soldat, c'est dire) mais on sait jamais. Alors j'aimerais bien avoir votre avis (demande-t-elle alors qu'elle répond même pas aux reviews -_-' soyez clément ) !

Très important : il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine. Je suis sincèrement désolé, mais pour des raisons personnelles, je ne pourrais pas posté de chapitre. Pardon.

A dans deux semaines !