TITRE : Les non-dits

NOTE : Fringe ne m'appartient pas.

CONTEXTE : Se situe après l'épisode « grey matters » saison 2 épisode 10.

RESUME : Peter est enlevé.

NdA : Si vous n'avez pas vu la saison 2, je vous déconseille de lire cette histoire. J'avais cette histoire en tête depuis mon histoire « enlèvement », qui ne me convenait pas. Ceci est un peu une V2, mais il n'est pas nécessaire d'avoir lu « enlèvement » pour comprendre. Certains passages peuvent rappeler certains épisodes de la saison 2, mais j'avais ces idées avant de les voir. J'espère que ça vous plaira.

N.B. : Suite à des suggestions qu'on m'a faites, j'ai fait des modifications sur ce chapitre. Le fond de l'histoire reste inchangé, seules la formulation et la forme ont été un peu modifiées. Le chapitre 2 est en cours. Encore un peu de patience.

CHAPITRE 1

Peter ouvrit les yeux. Sans regarder l'heure, il comprit qu'il devait être très tôt. Il faisait noir, le soleil n'était pas encore levé. Quand il n'était pas réveillé par Walter, il ne se réveillait généralement pas sans raison. Pourtant, cette fois, c'était le cas. Et il ne pouvait même pas incriminer une quelconque enquête stressante.

C'était une période particulièrement calme. En effet, cela faisait plus de deux semaines qu'ils n'avaient pas eu un seul cas à étudier. Si Peter avait trouvé cela agréable et reposant au début, à présent, il s'ennuyait ferme.

Tous les jours, il faisait la même routine. Il se levait, réveillait Walter, prenait une douche et allait prendre son petit-déjeuner avec son père. Puis ils allaient au labo où Peter accompagnait son père avant d'aller chercher le café pour tout le monde. Mais au lieu d'en prendre 4, il n'en prenait plus que 3.

Du fait de l'absence d'enquêtes, Olivia ne se montrait guère, préférant travailler dans les locaux du FBI sur des affaires « classiques », plutôt que de rester inactive. La première semaine, elle était quand même passée, raccourcissant à chaque fois le temps de sa présence. La deuxième, elle n'était même pas venue, se contentant de prendre des nouvelles par téléphone.

Peter ne pouvait pas lui en vouloir. D'une part, il savait qu'elle était une mordue de travail. L'inactivité ne lui valait rien. D'autre part, en ces temps de calme, il devait admettre que Walter était particulièrement insupportable. Il avait noté que les moments où Walter était le plus lucide, étaient quand ils avaient un cas à étudier. Son père arrivait alors à rester concentré, dans une limite acceptable, sur le sujet en cours. A l'inverse, quand aucun cas ne se présentait, il se dispersait en un nombre incalculable d'expériences plus absurdes les unes que les autres. Si Peter essayait parfois de le canaliser, il abandonnait vite tant l'attitude exubérante de son père l'exaspérait.

Sa dernière expérience avait consisté à vouloir modifier le code génétique de rats pour leur faire pousser des ailes. Mais il n'avait réussi qu'à les faire exploser, tapissant ainsi tout le labo de morceaux de rongeurs. Peter s'était énervé et était sorti plusieurs heures, histoire de se calmer. Astrid avait alors pris le relais.

Astrid. Il devait reconnaître que la jeune femme l'épatait. Elle montrait une patience sans limite face aux excentricités de Walter. Elle ne se plaignait jamais, supportait les changements d'humeur de Walter sans sourciller et l'assistait dans toutes ses expériences tout en essayant de le canaliser quand elle estimait qu'il dépassait les limites. Tout du moins les limites de la section Fringe. Et plus tard, quand Peter était revenu plus calme, le labo avait été nettoyé. Il savait qu'Astrid y était pour beaucoup. Il nota mentalement qu'il devrait la remercier pour tout ce qu'elle faisait.

Il en était là de ses pensées quand il comprit qu'il ne se rendormirait pas. Il regarda son réveil, il indiquait 4h10. Il ne savait pas pourquoi mais depuis quelques temps, il avait des troubles du sommeil. Depuis presque un an et demi maintenant, il ne voyait pas le temps défiler, vivant à une allure infernale au rythme des enquêtes qui s'enchaînaient inlassablement. Il avait appris à vivre de cette manière, aussi supposa-t-il que ce soudain calme perturbait son sommeil. Il eut un rire ironique à cette pensée.

Il finit par se lever et décida qu'une douche chaude lui ferait le plus grand bien. Une fois sorti, il s'habilla rapidement et énuméra mentalement les options qui s'offraient à lui. Soit il pouvait rester là à tourner en rond, soit il allait au labo. Tout en considérant chaque option, il ouvrit précautionneusement la porte de la chambre de Walter. Il distingua la forme endormie de son père grâce à la veilleuse qu'il avait fait installer. Walter ne supportait pas de dormir dans le noir le plus complet.

Peter s'approcha lentement mais comprit rapidement que son père dormait à poings fermés. Cela lui fut confirmé quand son père émit un ronflement sonore comme le bruit d'un moteur. Le jeune homme sourit. Il s'apprêtait à sortir quand il capta la voix de Walter. Pensant qu'il l'avait peut-être réveillé, il s'approcha du lit.

« Désolé Walter, je ne pensais pas te rév… », commença Peter avant d'être interrompu.

« Peter, je suis désolé », marmonna Bishop senior.

Peter fronça les sourcils et examina le visage de son père de plus près. Il constata que ses yeux étaient clos mais que ses traits exprimaient la peine.

« Si désolé, fils. Je n'ai pas réussi à te sauver. Peter, pardonne-moi » murmura-t-il à nouveau, dans son sommeil.

Le ton de Walter était sanglotant. Peter en ressentit un pincement au cœur. Son père était toujours aux prises de ses démons et même dans ses rêves, il n'avait aucun répit. S'il ne comprenait pas le sens des paroles, il savait que la plus grande crainte de Walter était de le perdre. Il posa sa main sur l'épaule de son père en un geste de réconfort.

« Walter, je suis là, ne t'inquiète pas », le rassura Peter.

« Fils, c'est toi ? », demanda son père.

Walter avait toujours les yeux clos.

« Oui, je suis là, tout va bien », répondit Peter.

« Je t'aime, Peter. »

Peter eut un petit sourire en coin et contempla son père, toujours endormi. Il soupira.

« Je sais, Walter. Je sais » dit-il en le regardant tendrement.

Les traits de Walter semblèrent se détendre. Il soupira à son tour avant de se tourner. Quand il émit un autre ronflement sonore, Peter sut qu'il s'était calmé et eut un rire bref. Il se leva et quitta la pièce silencieusement.

Peter décida finalement d'aller au labo. N'appréciant pas de rester inactif, il allait faire des recherches pour tenter de trouver un nouveau cas à étudier. Cela ferait d'une pierre, deux coups. D'une part, cela tuerait le temps et il retrouverait le sommeil. D'autre part, Walter cesserait ses expériences extravagantes et recouvrerait un peu de lucidité.

Une autre idée s'imposa à lui. Il dut admettre que s'il espérait reprendre du service de la section Fringe, c'était aussi que l'ambiance des enquêtes lui manquait. Le tandem qu'il formait avec Olivia avait trouvé un équilibre qu'il appréciait et qui lui avait apporté une stabilité qu'il n'avait pas connue depuis longtemps.

Olivia. Il ne put s'empêcher de penser que la jeune femme lui manquait. S'il était honnête envers lui-même, il devait reconnaître qu'elle avait pris une place très importante dans sa vie. Il l'avait cruellement appris quand il avait cru la perdre quelques mois plus tôt après sa rencontre avec William Bell. Tout comme il s'était rendu compte qu'il tenait énormément à son père quand celui-ci avait failli mourir après avoir été enlevé par Thomas Jerome Newton.

Il soupira, légèrement frustré de réaliser qu'il s'était attaché autant à ces deux-là aussi vite. Lui, le solitaire, le nomade au cœur endurci, se rendait compte qu'il n'était pas si fermé qu'il le pensait, aux émotions humaines. Il ne savait pas encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose. L'avenir le lui dirait.

Avant de partir, il laissa un mot sur la cafetière, bien en vue, pour Walter. Il lui disait qu'il était parti plus tôt au labo et lui conseillait de prendre un taxi pour s'y rendre. Il avait laissé le numéro à appeler. Ou s'il ne voulait pas, qu'il l'appelle lui, pour qu'il vienne le chercher.

Depuis son enlèvement, Walter avait développé des peurs obsessionnelles. D'ailleurs, Peter ressentit une pointe de culpabilité à l'idée qu'il se réveille seul dans la maison. Il nota mentalement de l'appeler par téléphone pour le rassurer. Il ne pouvait pas faire plus, il avait besoin de sortir de la maison.

Son côté nomade en cet instant, reprenait le dessus. L'espace d'une seconde, il se demanda comment était l'Argentine. Après l'Iraq, il avait songé à y passer quelques temps. Son espagnol était un peu rouillé mais cela lui reviendrait vite. Du soleil, un nouvel environnement, un nouveau départ pensait-il, tandis qu'il se garait sur parking de l'université d'Harvard. Mais quand il posa ses yeux sur le bâtiment, il se rappela soudain que sa vie était là désormais.

Il soupira avant de se diriger vers la cafétéria où il avait l'habitude de prendre des cafés. L'avantage de bosser sur un campus était que ce genre d'établissement était ouvert 24h/24 pour les étudiants.

Mais alors qu'il marchait, il sentit une présence, comme quelqu'un qui l'observait. Il fit un tour d'horizon mais ne vit rien d'inhabituel. Il était perplexe, ce n'était pas la première fois qu'il ressentait cette impression, cette semaine. Il avait même soupçonné être suivi une ou deux fois. Il fronça les sourcils avant de secouer la tête. « Tu deviens parano, ma parole ! » se dit-il.

Il entra dans la cafétéria et se retint de commander plusieurs cafés, par habitude. Il régla son café et se dirigea vers la sortie. Perdu dans ses pensées, il n'aperçut que trop tard, une jeune femme foncer vers lui, tête baissée, sans le voir. Il ne parvint pas à l'éviter mais leva la main qui tenait le café et réussit à l'empêcher de se renverser. Quand ils entrèrent en collision, la jeune femme lâcha les livres qu'elle tenait à la main.

« Pardon » dirent-ils en même temps.

Ils se regardèrent et se sourirent. Peter nota tout de suite qu'elle était charmante. En parfait gentleman, il posa son café sur une table proche et se pencha pour ramasser les livres éparpillés. Elle suivit le mouvement et ils manquèrent de se cogner la tête. Ils se regardèrent à nouveau et s'échangèrent un autre sourire. Ce que Peter ne vit pas pendant qu'il aidait la jeune fille, était qu'un homme versait une poudre blanche dans son café.

« Pardon, c'est ma faute, je ne regardais pas où j'allais », expliqua-t-elle, confuse.

« Ce n'est pas grave, tout le plaisir est pour moi » répondit-il en souriant.

Elle lui adressa un sourire charmeur. Peter cligna des yeux avant de continuer à ramasser les livres. Quand ils eurent tout récupéré, ils se levèrent. Tout en lui tendant les affaires, il s'adressa à elle.

« Vous êtes bien matinale… »

« J'ai des examens bientôt », expliqua-t-elle, avant d'ajouter : « Et je pourrais vous dire la même chose »

« C'est vrai. Mais moi, ça fait longtemps que je ne passe plus d'examens. »

« Ca ne me gêne pas », dit-elle sur un ton aguicheur.

Le sens en était équivoque. Il sourit et baissa les yeux, mi-amusé, mi-flatté. Il se gratta machinalement la tête avant de poser à nouveau les yeux sur la jeune fille. Il était temps de battre en retraite.

« Désolé, mais le devoir m'appelle » dit-il, en tendant la main pour prendre son café. « Bonnes révisions ! » ajouta-t-il, avant de se diriger vers la sortie.

« Merci » répondit-elle, légèrement déçue qu'il s'en aille.

Il quitta la cafétéria, le sourire aux lèvres. Même s'il n'avait pas eu envie de donner suite, il devait reconnaître qu'il avait apprécié ce petit moment de flirt. Le dernier datait de la période où il avait fait connaissance avec la sœur d'Olivia. Flirter avec Rachel avait été plaisant, mais il n'avait jamais donné suite. Comme d'un commun accord, leurs relations en étaient restées là. Et de toute façon, sortir avec la sœur de sa partenaire et qui plus est, en pleine instance de divorce et mère d'une petite fille, n'était franchement pas l'idée du siècle. Et puis, il avait appris que travailler avec Olivia rimait avec aucune vie privée.

Il eut un sourire en coin en se rendant compte que tout, d'une façon ou d'une autre, le ramenait à Olivia. Il ne regrettait pas sa décision d'être resté pour faire partie de son équipe, surtout que des évènements liés au Projet, voyaient le jour de plus en plus fréquemment, sauf en ce moment, bien évidemment. Mais en s'engageant sur ce chemin, ils avaient tous les deux renoncé à entretenir des relations personnelles avec autrui, et ce, pour une durée indéterminée.

Quant à entretenir une relation entre eux deux, Peter savait que cela n'était pas de l'ordre du possible, du moins peut-être pour l'instant. Quant à ce que cela arrive plus tard, il avait des doutes. Durant tous ces mois, il avait appris à la connaître. Il éprouvait pour elle une foule de sentiments. Du respect, de l'amitié, de la confiance, de l'admiration. Ressentait-il de l'amour ? A cet instant, il aurait juré que non. Pourtant, quand il l'avait cru perdue, il n'en avait pas été si sûr. Et puis, il s'était noué une forte amitié entre eux. Ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde, mais ils se faisaient mutuellement confiance, se montraient complémentaires en beaucoup de domaines et surtout formaient un duo plus qu'efficace à la division Fringe.

Il appréciait la Olivia du quotidien, celle qui était forte, profondément déterminée, totalement engagée à sa cause. Cela lui donnait certainement une apparence de froideur. Mais Peter savait qu'il ne s'agissait que d'un masque, car sous la carapace, les émotions de la jeune femme bouillonnaient. Elle ne perdait qu'occasionnellement le contrôle, et les rares fois où il en avait été témoin, elle s'était partiellement ouverte à lui tout en essayant de reprendre le dessus. Elle détestait montrer ses faiblesses. Si elle s'était déjà confiée à lui, elle s'était arrangée pour choisir soigneusement ce qu'elle révélait tout en essayant de paraître impassible.

Il soupçonnait qu'elle avait agi différemment avec John et même avec Charlie. Une part de lui était frustrée qu'elle ne s'ouvre pas autant avec lui, mais il en comprenait également les raisons. D'une part, c'était une solitaire qui ne s'ouvrait pas aux autres, comportement dû à un puissant mélange de son expérience personnelle, de son entraînement militaire et de sa personnalité. D'autre part, il savait que ce n'était pas un manque de confiance qui empêchait Olivia de se confier, mais plutôt un blocage vis-à-vis de ses émotions. Il supposait que si elle gardait ses émotions pour elle, elle pensait qu'elle souffrirait moins. Elle avait ouvert son cœur à John et il l'avait trahie. Elle avait ouvert son cœur à Charlie et il avait ensuite essayé de la tuer. Bien sûr, plus tard, elle avait découvert que John n'était finalement pas un traître et que ce n'était pas le vrai Charlie qui l'avait attaquée. Mais le fait était que les deux hommes avec lesquels elle avait noué des liens si forts, étaient morts tous les deux, à présent, et qu'elle en souffrait terriblement.

Alors oui, Peter comprenait que la jeune femme ait des difficultés à s'ouvrir aux autres. Néanmoins, cela n'atténuait pas sa frustration. Avec Olivia, tout était sujet aux non-dits. Il sentait qu'elle lui refusait l'accès à la partie la plus sensible de sa personnalité. D'une part, elle ne se laissait jamais aller à parler d'elle-même avec lui, il devait constamment l'y inciter. D'autre part, elle avait changé de technique. Au début, elle se contentait de livrer des détails de sa vie, en essayant vainement de ne rien laisser paraître. Mais ensuite, elle avait dû sentir que Peter lisait en elle les émotions qu'elle tentait de refouler. Elle avait alors pris le parti de tourner ses tentatives en dérision ou même carrément d'éviter le sujet en détournant son attention. Mais Peter n'était pas dupe de son manège. Olivia se réfugiait dans les non-dits pour ne pas laisser transpercer ses sentiments.

Et pour en revenir à la possibilité d'une relation entre eux, Peter reconnaissait volontiers qu'il craignait que cela bouleverse leurs habitudes et ne mette en péril leur mission. Et il était persuadé qu'Olivia pensait de même. De plus, il connaissait la jeune femme professionnellement parlant, mais personnellement, beaucoup moins. Il se doutait qu'elle avait été tout à fait différente avec John et il craignait qu'une aventure ne gâche la relation qu'ils entretenaient actuellement. Il la comprenait beaucoup mieux, maintenant. Et il était intimement persuadé que si quelque chose avait dû se produire entre eux, le moment était passé. D'un autre côté, si cela avait une chance d'arriver un jour, il faudrait attendre longtemps, surtout maintenant qu'ils avaient investi tant d'énergie et de temps dans le Projet. S'ils en voyaient le bout un jour, alors peut-être…

Cependant, au cours du temps qu'il avait passé avec elle, il devait admettre qu'il avait été désorienté parfois. Olivia pouvait se montrer tour à tour, distante et froide et ensuite, lui donner l'impression de lui ouvrir son cœur et de se laisser aller. Il s'estimait assez doué pour interpréter les comportements des gens qu'il croisait. Il était certain d'avoir capté des signaux de sa part, à travers des regards, des sourires, et plus rarement des rires et des confidences.

Et puis, même s'il avait tenté sa chance, il ne pouvait dire si elle l'aurait laissé approcher ou non. Il avait tendance à penser que non, au vu des nombreuses fois où il l'avait sentie fuir tout contact qui l'aurait rapprochée de lui. A contrario, pris sur l'instant, elle aurait peut-être été réactive. Mais il estimait avoir fait le bon choix, car il aurait toujours eu un doute quant à savoir si Olivia aurait accepté ses avances durant un moment de relâche, pour ne pas dire de faiblesse. Et c'était justement ce qu'il ne voulait pas. S'il l'encourageait à se confier et à se reposer pour lui, il ne pouvait ni ne voulait l'y forcer. Et c'est ce qui le poussait à penser que si relation il devait y avoir, ce serait à Olivia de faire le premier pas, tout en sachant qu'elle ne le ferait peut-être jamais.

C'est sur cette certitude qu'il arriva au labo. Il se mit à l'ordinateur et commença à faire des recherches tout en sirotant son café. Surfant sur plusieurs pages en même temps et notant en même temps les évènements qui pourraient les intéresser, Peter s'absorba à sa tâche.

Quelques minutes plus tard, il cligna des yeux quand il sentit sa vue se brouiller. Secouant la tête, il mit cet accès de faiblesse sur le compte du manque de sommeil. Pourtant, quand la sensation s'intensifia, il se dit que la fatigue ne devait pas être la seule responsable. Il plaça son pouce et son index sur ses yeux pour les frotter légèrement. Quand il les rouvrit, ce fut pire. Les lignes des pages Web dansaient et les murs bougeaient autour de lui. Au moment où il sentit qu'il allait perdre connaissance, il leva la main pour essayer d'attraper son téléphone près de l'écran. Elle sembla peser une tonne mais il parvint néanmoins à saisir son mobile, faisant tomber le gobelet de café au passage. Le reste du liquide s'éparpilla sur le sol. Alors il comprit. On l'avait drogué à la cafétéria, pendant qu'il discutait avec la fille.

Il eut à peine la force d'appuyer sur la touche de rappel. Il s'agissait du numéro d'Olivia. Il lutta furieusement pour ne pas perdre connaissance avant qu'elle ne décroche. Les secondes lui semblèrent interminables pendant qu'il entendait la tonalité. Au bout de force, il finit par s'affaler sur le bureau. Il était à peine conscient quand Olivia décrocha enfin.