TITRE : Les non-dits
NOTE : Fringe ne m'appartient pas.
CONTEXTE : Se situe après l'épisode « grey matters » saison 2 épisode 10.
RESUME : Peter est enlevé.
NdA : Si vous n'avez pas vu la saison 2, je vous déconseille de lire cette histoire. J'avais cette histoire en tête depuis mon histoire « enlèvement », qui ne me convenait pas. Ceci est un peu une V2, mais il n'est pas nécessaire d'avoir lu « enlèvement » pour comprendre. Certains passages peuvent rappeler certains épisodes de la saison 2, mais j'avais ces idées avant de les voir. J'espère que ça vous plaira.
« Et maintenant ? », demanda-t-il.
« Plan B », répondit-elle simplement.
Elle le regarda.
« Quoi ? Tu croyais que je n'avais qu'un tour dans mon sac ? », ajouta-t-elle, amusée.
Cette réplique eut le mérite de le dérider. Il hocha la tête avant de s'en aller en la laissant travailler à sa nouvelle simulation.
CHAPITRE 4
Le portrait robot était terminé. Astrid cherchait une correspondance dans les bases de données du FBI. Olivia était en ligne avec l'agent Downey. Celui-ci lui indiquait qu'ils avaient trouvé le nom et l'adresse du propriétaire. Elle nota les informations et remercia son collègue avant de raccrocher.
« Astrid, je pars interroger la propriétaire du véhicule. Appelez-moi si vous avez une correspondance pour la femme », dit Olivia à la jeune femme.
« Entendu, Agent Dunham », répondit Astrid.
Olivia allait quitter la pièce, quand l'étudiante s'adressa à elle.
« Et moi, Agent Dunham, est-ce que je peux partir ? », demanda Lisa.
Olivia la regarda et hocha la tête.
« Oui, Lisa, mais laissez-nous un numéro pour vous joindre. On vous demandera peut-être de venir pour identifier la femme », dit Olivia. « Astrid, vous voulez bien… », demanda-t-elle en se tournant vers Astrid.
« Pas de problème », se contenta-t-elle de répondre.
Mais Olivia était déjà partie.
Arrivée devant la maison de la propriétaire, elle frappa à la porte et attendit. Au bout d'à peine trente secondes, elle insista. Puis, encore une troisième fois, quand elle perçut enfin un mouvement à l'intérieur.
« Une minute. Voilà, voilà, j'arrive », entendit-elle à travers la porte.
Une vieille femme en robe de chambre vint lui ouvrir. A vue de nez, Olivia lui donna dans les 80 ans. Elle tourna légèrement la tête de côté dans un geste qui trahissait la surprise.
« Bonjour, mademoiselle. Dites-moi, vous savez quelle heure il est ? 7h du matin. Est-ce une heure pour venir frapper chez les gens ? », protesta la vieille dame.
A peine avait-elle fini sa tirade qu'elle repartit, laissant la porte ouverte. De plus en plus décontenancée, Olivia finit par entrer et referma la porte. Elle la suivit jusque dans la cuisine. La vieille dame continuait à parler dans le vide.
« Heureusement que je suis âgée. Les jeunes gens, de nos jours, ne se lèvent qu'à plus de midi. Enfin sauf vous, visiblement. Que me vaut l'honneur de votre visite, jeune demoiselle ? », demanda-t-elle en se tournant vers Olivia.
Olivia ouvrit la bouche un court instant avant de répondre. La grand-mère ne semblait même pas étonnée qu'elle l'ait suivie.
« Pardon de vous déranger, madame Perkins mais c'est très important », commença Olivia.
« Au moins, vous êtes polie, asseyez-vous, jeune fille, et prenez donc une tasse de thé avec moi. J'étais justement en train d'en préparer. Une chance pour vous, que je sois matinale », continuait-elle, imperturbable.
« C'est très gentil mais je n'ai pas le temps… », tenta Olivia.
Comme si elle ne l'écoutait pas, la vieille dame posa une tasse devant elle et y versa de l'eau chaude. Olivia finit par capituler et s'assit, espérant que si elle coopérait, la grand-mère lui répondrait plus facilement. Quand elle eut versé de l'eau dans sa propre tasse et qu'elle s'assit en face d'Olivia, elle reprit la parole.
« Alors, dites-moi, que me vaut le plaisir de votre visite ? », demanda Me Perkins.
Olivia saisit sa chance.
« Madame Perkins, est-ce que vous possédez une camionnette de couleur sombre ? »
« Oui, bleue nuit. Une bonne affaire que mon mari avait su négocier. Et il en a pris soin pendant des années. Mais quand il est mort, je l'ai donnée à mon petit-fils. Je ne conduis plus, vous savez », répondit la vieille dame.
« Comment s'appelle votre petit-fils ? » questionna-t-elle.
« Anthony Esperanza. Le nom de son père. Ma fille a épousé un mexicain d'origine. Un gentil garçon, parti bien trop vite. On a trop de préjugés sur les mexicains. Vous savez, ma fille et mon gendre étaient de bons parents mais Anthony n'en a fait qu'à sa tête. Je suis sûre que ma pauvre Meredith est morte de chagrin à cause de lui » ajouta Madame Perkins, visiblement attristée.
« Désolée pour votre fille, Madame Perkins», dit Olivia, compatissante. « Savez-vous où je peux le trouver ? »
« Ca fait longtemps que je ne l'ai plus vu, vous savez. Aux dernières nouvelles, il vivait dans les quartiers Est de la ville. Je ne connais pas l'adresse, je n'y ai jamais mis les pieds. On dit que ce n'est pas un endroit fréquentable », répondit-elle en secouant la tête.
« Merci Madame Perkins. A présent, si vous le permettez, je dois m'en aller », dit Olivia en se levant.
« Déjà ? », répondit la grand-mère, visiblement déçue. « Oui, j'imagine que vous avez d'autres chats à fouetter que de discuter avec une vieille dame. En tout cas, merci pour cette visite, jeune fille, ce fut bien agréable. Revenez me voir quand vous voulez »
Ne sachant quoi dire, Olivia lui sourit.
« Merci pour votre accueil », ajouta-t-elle avant de franchir le seuil de la porte et de courir à son véhicule.
« Gentille et polie, j'aurais aimé que mon petit-fils lui ressemble », dit la vieille dame, pour elle-même.
Démarrant en trombe, Olivia appela Astrid.
« Agent Farnsworth »
« Astrid, c'est Olivia. Je reviens de chez la propriétaire du véhicule. Elle dit qu'elle l'a donné à son petit-fils. Il s'appelle Anthony Esperanza. Lancez une recherche sur lui », l'enjoignit Olivia.
« Entendu »
« Et pour la femme, des nouvelles ? », demanda Olivia.
« On a une correspondance. J'ai failli la manquer car ce n'était pas la réponse que j'attendais », répondit Astrid.
« Comment ça ? », la questionna-t-elle, intriguée.
« Notre suspecte est décédée. Du moins, déclarée morte dans un accident de voiture avec son mari en 2008. Leur véhicule est tombé d'un pont. On a retrouvé la voiture mais pas les corps », expliqua Astrid.
Olivia inclina la tête de côté avant de parler.
« Vous pensez à la même chose que moi ? »
« Je crois que oui », répondit Astrid. « On ne vous recherche pas quand on vous croit mort ».
Olivia hocha la tête, même si Astrid ne pouvait pas voir son geste.
« Bon travail, Astrid, que ferais-je sans vous ? », plaisanta Olivia.
« Ca veut dire que j'aurai une augmentation ? », répondit Astrid, sur le même ton.
« Ah, Astrid, vous savez ce que c'est… le FBI », se contenta-t-elle de répondre avec une mimique.
Soudain, Olivia entendit un bruit de verre cassé dans le combiné et fronça les sourcils.
« Walter, je vous avais dit de ne pas toucher à ça », dit Astrid, d'un ton exaspéré. Puis, s'adressant à nouveau à Olivia : « Vous changerez peut-être d'avis quand je vous aurai indiqué l'adresse d'Anthony Esperanza »
« Dites toujours »
Astrid lui indiqua l'adresse.
« Walter, non, pas ça », dit Astrid.
Un autre bruit de verre cassé.
« Que se passe-t-il avec Walter ? », demanda Olivia, curieuse.
« Il est frustré de ne pas avoir d'idées pour localiser Peter. Il se sent inutile et n'arrête pas de fouiller compulsivement le labo dans l'espoir, je cite : « de trouver l'inspiration ». Mais dans sa hâte, il casse des choses », expliqua Astrid, exaspérée.
Olivia ressentit de la compassion pour Astrid, car elle savait à quel point Walter pouvait être ingérable. Tentant de redonner du courage à sa collègue, elle lui dit : « En effet, vous méritez sans doute une augmentation ».
Astrid rit et elles raccrochèrent. Quand les informations furent saisies dans son GPS, Olivia changea de direction. Elle n'était qu'à quelques pâtés de maison. Astrid venait de lui faire gagner un temps précieux. Elle donna un rapide coup de volant et s'engagea dans la rue indiquée.
Le quartier n'était pas des plus fréquentables et la maison en question semblait tomber en ruine. Olivia se gara et sortit de sa voiture. Quand elle s'engagea dans l'allée, elle porta la main à sa ceinture, là où elle se trouvait son arme, juste au cas où. Elle frappa plusieurs fois mais personne ne répondit. Elle testa la poignée mais la porte était fermée. Jetant un coup d'œil aux alentours, elle fit faire le tour de la maison. En passant sur le côté, elle regarda à travers les vitres sales mais n'aperçut qu'un intérieur en désordre. L'endroit semblait désert.
La porte à l'arrière était verrouillée mais la vitre était cassée. Elle sortit son arme, avant de passer sa main libre par le carreau brisé pour tourner le verrou. Elle ouvrit précautionneusement la porte. Olivia fit une grimace quand les gonds grincèrent. Elle n'avait pas dû être ouverte depuis longtemps. Elle entra dans la cuisine en braquant son arme. Au passage, elle nota l'impressionnante pile de vaisselle dans l'évier et les moisissures qui commençaient à s'y déposer. Elle entra ensuite dans le salon. Une épaisse couche de poussière recouvrait tout ce qui s'y trouvait. Elle fit ainsi le tour de toutes les pièces avant d'être sûre qu'il n'y avait personne.
Revenant au salon, elle conclut que soit Anthony Esperanza n'était pas venu ici depuis longtemps, soit c'était un porc. Dégoûtée par la crasse environnante, elle commença à fouiller méthodiquement le salon. Au bout de quelques minutes, elle trouva une pile de photos sous un tas de papiers journaux. Elles représentaient toutes Peter dans son quotidien, chez lui, au labo, sur le campus et même au supermarché. Certaines le représentaient avec Walter, sur d'autres, il y avait Astrid. Elle n'en trouva qu'une seule, où elle-même y figurait. Les ravisseurs de Peter avaient dû le suivre pour connaître ses habitudes et voir qui il fréquentait. C'est ainsi qu'ils avaient pu droguer son café. Et quand il l'avait vu seul à une heure si matinale, ils avaient sauté sur l'occasion.
Elle continua sa fouille mais ne trouva rien d'autre. Elle appela Downey et lui donna l'adresse pour que ses hommes viennent effectuer une fouille plus approfondie. Elle lui parla des photos et lui demanda de lancer un mandat d'arrêt pour Esperanza avant de raccrocher. Emportant les clichés, elle revint à son véhicule, mit le contact et revint au labo.
Astrid pianotait sur son ordinateur quand Olivia arriva. Celle-ci nota spontanément l'absence de Walter.
« Astrid ? Où est Walter ? »
Astrid se tourna vers Olivia et se mordit la lèvre, hésitant à répondre. Olivia inclina la tête sur le côté, intriguée par l'attitude de sa collègue.
« Astrid ? », insista Olivia.
« J'ai euh… il ne tenait pas en place, il m'empêchait de travailler… » dit Astrid, très gênée.
« Qu'avez-vous fait, Astrid ? », demanda encore Olivia.
« J'ai mis un somnifère dans son café », répondit-elle enfin, honteuse.
Olivia la regarda bouche bée.
« Oh, Agent sDunham, vous auriez été à ma place, vous auriez fait pareil », se défendit-elle, implorant sa clémence. Et elle ajouta : « vous savez comment il est dans ces cas-là ».
Devant l'air terriblement coupable de la jeune femme, Olivia laissa couler. Walter avait peut-être finalement franchi les limites de la patience de son assistante.
« Oui, j'imagine qu'on peut dire que vous êtes quittes maintenant ? » dit Olivia.
Astrid acquiesça en se remémorant la fois où Walter l'avait neutralisée avec un tranquillisant.
« Où est-il ? », demanda Olivia.
« Quand il a senti qu'il s'endormait, je l'ai aidé à s'allonger sur le canapé de votre bureau », répondit Astrid, soulagée qu'Olivia ne proteste pas. « On est tranquilles pour quelques heures et puis, dormir lui fera du bien. Ne pas savoir où est Peter l'affecte profondément ».
Olivia hocha la tête, compréhensive.
« Alors, dites-moi ce que vous avez trouvé », demanda-t-elle à Astrid.
« Claire Beaumont, d'origine française, diplômée d'une grande école en neurosciences, elle en est sortie première de sa promotion. Elle est sans enfants, pas de casier. Bref, une femme sans histoire. »
« Neurosciences ? », souligna Olivia.
« Ce sont des disciplines biologiques et médicales, qui étudient le fonctionnement et la structure du système nerveux, entre autres » expliqua Astrid.
« Ca explique qu'ils aient emmené le neuro-stimulateur », comprit Olivia. « Quoi d'autre ? »
« Elle a été mariée à un Américain du nom d'Andrew Nicholls. Biologiste dans un laboratoire pharmaceutique. Il a été suspecté d'avoir fait des expériences louches dans les locaux où il travaillait, cependant aucune preuve n'a été trouvée. Mais cela lui a coûté son emploi. C'était juste une semaine avant l'accident de voiture » enchaîna Astrid.
« Le parfait petit couple », commenta Olivia, sarcastique. « Et le petit-fils ? »
« Il est l'auteur de petits larcins, pas d'emplois stables, d'une intelligence plutôt inférieure à la moyenne, quelques séjours en prison, bref le profil d'un petit délinquant sans intérêt. Je n'arrive pas à voir le lien entre ce couple et lui »
« Le cerveau de l'opération est le couple. Esperanza n'est sans doute qu'un sous-fifre, payé à faire les petites besognes », supposa Olivia.
« Comme nous surveiller, enlever Peter et fournir un véhicule facilement identifiable car appartenant à sa grand-mère ? », demanda Astrid.
« Hey », répondit Olivia en haussant les épaules. « Son dossier montre qu'il est loin d'être un génie »
« Ca ne nous dit toujours pas où est Peter… », remarqua Astrid.
Les deux jeunes femmes se regardèrent quelques instants, se sentant impuissantes. D'un même mouvement, elles posèrent leurs yeux sur les dossiers des ravisseurs. Astrid fronça les sourcils. Olivia le remarqua et demanda : « Quoi ? ».
« Rien, c'est juste que… j'ai cette impression de déjà-vu quand je regarde la photo de cette femme. J'ai le sentiment de l'avoir déjà vue avant mais je n'arrive pas à m'en souvenir », expliqua Astrid, en essayant de se rappeler.
« Vous pensez l'avoir déjà rencontrée ? »
« Non, pas en chair et en os, juste en photo »
A cet instant, le portable d'Olivia sonna. Elle décrocha.
« Dunham »
Elle écouta son interlocuteur avant de le remercier et de raccrocher. Elle se tourna vers Astrid.
« Downey a trouvé Esperanza. Il s'est fait coincer en essayant de voler de la bière. Downey l'a fait conduire aux locaux du FBI ». Tout en parlant, elle saisit son manteau et se dirigea vers la porte. « J'y vais tout de suite pour l'interroger », ajouta-t-elle.
« Effectivement, c'est pas un génie, ce gars-là », confirma Astrid.
« Si vous vous rappelez de quoi que ce soit, appelez-moi », dit Olivia en partant.
« OK », se contenta-t-elle de répondre avant de reposer les yeux sur la photo de Claire Beaumont. « Je l'ai déjà vue mais où ? », murmura-t-elle pour elle-même.
