TITRE : Les non-dits

NOTE : Fringe ne m'appartient pas.

CONTEXTE : Se situe après l'épisode « grey matters » saison 2 épisode 10.

RESUME : Peter est enlevé.

NdA : Si vous n'avez pas vu la saison 2, je vous déconseille de lire cette histoire. J'avais cette histoire en tête depuis mon histoire « enlèvement », qui ne me convenait pas. Ceci est un peu une V2, mais il n'est pas nécessaire d'avoir lu « enlèvement » pour comprendre. Certains passages peuvent rappeler certains épisodes de la saison 2, mais j'avais ces idées avant de les voir. J'espère que ça vous plaira.

Olivia démarra et se mit en route. Son instinct lui intimait qu'elle avait raison. Et elle ne se trompait quasiment jamais. En chemin, elle appela Broyles pour lui demander d'envoyer une équipe d'intervention à Central Square. Il se montra d'abord réticent, au vu du peu d'éléments mais Olivia parvint à le convaincre.

Arrivé sur place, Broyles se félicita d'avoir écouté l'Agent Dunham, quand Astrid confirma la présence sur place d'un véhicule correspondant à la description, une demi-heure après l'enlèvement de Peter. Il laissa la parole à Olivia pour briefer l'équipe d'intervention. Elle exposa alors le plan de sauvetage.

CHAPITRE 7

Peter était réveillé. Bien que désorienté, il savait qu'il ne devait pas se trahir en ouvrant les yeux. Sans bouger, il écouta ses ravisseurs discuter.

« Alors ? », demanda Andrew.

« J'y arrive. Je mets en place les derniers détails et… ce sera bon. Juste quelques secondes et… », commença-t-elle.

Soudain, la porte de la pièce s'ouvrit en fracas. Un véritable commando entra, armes aux poings, mené par Olivia.

« STOP. FBI », cria-t-elle.

Reconnaissant la voix de la jeune femme, Peter s'autorisa à ouvrir les yeux et à regarder dans sa direction. Les ravisseurs, pris par surprise, n'eurent même pas le temps d'esquisser un mouvement, les hommes du commando leur mettaient déjà les menottes. Olivia repéra Peter et s'approcha rapidement en rangeant son arme. Arrivée à sa hauteur, elle l'examina.

« Hey », dit-elle simplement avec un sourire.

Peter contempla la jeune femme avec beaucoup de soulagement et de joie mêlés. Il ne put s'empêcher de lui sourire malgré son état de faiblesse.

« Hey », répondit-il.

Ce simple « hey » était une sorte de code entre eux. Une façon de se dire qu'ils étaient contents de se retrouver et ça valait toutes les tirades du monde. Olivia entreprit alors d'ôter le casque de Peter et de le détacher.

« Est-ce que ça va ? », demanda-t-elle.

Peter tenta de s'asseoir mais se sentit faible. Olivia l'y aida et posa ses mains sur ses bras. Il passa sa main dans ses cheveux.

« J'ai connu mieux mais je crois qu'on peut dire que oui, au vu des circonstances », répondit-il.

« Tu peux marcher ? Sinon j'appelle l'équipe médicale », demanda Olivia.

Peter fit la grimace.

« Pas de brancard. Ça ira », assura-t-il.

Il tenta de se lever mais ses jambes se dérobèrent. Olivia lui apporta son soutien et l'aida à se rasseoir sur le siège.

« Laisse-moi juste quelques minutes », demanda-t-il.

Olivia acquiesça.

« Comment m'as-tu trouvé ? », la questionna-t-il, en attendant de reprendre des forces.

Olivia inclina la tête sur le côté et fronça le nez.

« Longue histoire. Je te raconterai plus tard, OK ? », promit-elle.

« Ca me va », accepta Peter.

Il prit une grande inspiration.

« Je crois que je peux me lever maintenant. Mais surtout ne te sens pas obligée de ne pas m'aider », plaisanta-t-il.

Olivia eut un petit rire bref avant de se placer à côté de lui. Elle mit son bras autour de la taille de Peter et saisit le sien pour le poser sur ses propres épaules. Ils se levèrent et Peter s'appuya sur la jeune femme. Sentir sa proximité et sa chaleur après les heures qu'il venait de passer, avait une côté infiniment apaisant. Ils sortirent lentement du bâtiment. Une équipe médicale pourvue d'un brancard vint à leur rencontre.

« Monsieur, veuillez vous allonger, on va vous examiner », le pria un ambulancier.

Peter lança un regard suppliant à Olivia, mais celle-ci fit une grimace en signe d'impuissance. Roulant des yeux, Peter obtempéra. Privée de la chaleur du corps d'Olivia, il frissonna.

« Il est en état de choc », constata un autre ambulancier.

« Je vais bien », scanda Peter.

« Je te retrouve plus tard », dit Olivia en s'adressant à lui.

Peter acquiesça. Bien sûr, Olivia restait sur le terrain. Qu'avait-il espéré ? Evidemment, son sens exacerbé du professionnalisme reprenait le dessus, maintenant qu'elle savait qu'il allait bien. Il la regarda s'éloigna, sans pouvoir s'empêcher de ressentir une pointe de déception.

Les heures suivantes furent pénibles pour lui. On lui fit passer une quantité d'examens et même s'il répétait qu'il allait bien, l'équipe médicale grouillait autour de lui. Ajouté à cela, un Walter complètement paniqué qui s'assurait que ses pupilles et son pouls étaient normaux toutes les 10 minutes, et Peter espéra presque ne pas avoir été secouru. Quand enfin, on arrêta de l'examiner et qu'on admit qu'il allait bien, il parvint à convaincre les médecins de le laisser sortir. Jurant de revenir sans faute au moindre signe de faiblesse, il signa avec soulagement les papiers de sortie et rentra en taxi avec son père.

Sur le chemin du retour, il soupira, dépité. Non seulement, Olivia n'était pas passée mais elle n'avait même pas appelé pour demander des nouvelles. Même en connaissant le côté peu démonstratif de sa partenaire, il s'était attendu à un peu plus venant de sa part.

Quand ils arrivèrent à chez eux, Walter se mit alors en tête de lui faire des crêpes car selon lui, c'était le remède idéal quand on avait été enlevé. Peter le laissa faire et s'installa dans le fauteuil du salon. Il se laissa glisser dans une position détendue quand on frappa à la porte. Fronçant les sourcils, il se leva. Il ouvrit la porte et fut très surpris de découvrir Olivia sur le palier. Son sentiment de déception s'envola instantanément. Cette dernière sembla légèrement embarrassée.

« Hey », dit Peter, le sourire aux lèvres.

« Hey », dit-elle en écho.

« Qu'est-ce que tu fais là ? », demanda-t-il.

« Je viens te voir. Tu te souviens, j'avais promis de venir. Mais quand je suis arrivée à l'hôpital, on m'a dit que tu étais déjà sorti. Tu aurais dû m'appeler, je t'aurais ramené », dit-elle.

« Je ne voulais pas te déranger mais je t'en prie, entre », proposa-t-il.

Il s'écarta pour la laisser passer.

« Oh, je ne veux pas te déranger et gâcher tes retrouvailles avec ton père », dit-elle.

Peter haussa les sourcils, surpris. « Gâcher » ? Comment pouvait-elle penser ça ? Mais avant qu'il ne puisse répondre, Walter arriva derrière lui.

« Olivia, ma chère, quel plaisir de vous voir. Je voulais vous remercier pour avoir retrouvé Peter. Merci, merci infiniment », dit Walter en lui saisissant les mains.

Olivia, bien que gênée, se laissa faire. Quand Walter la lâcha enfin, il reprit la parole.

« Mais entrez. Peter, ne t'ai-je pas appris les bonnes manières ? Pourquoi n'as-tu pas fait entrer l'Agent Dunham ? Entrez, Olivia »

Walter lui fit signe d'entrer. Peter leva les yeux au ciel avant de les poser sur Olivia. Puis, il lui fit un geste de la tête pour l'inciter à le suivre à l'intérieur. Vaincue devant l'insistance des Bishop, Olivia entra avec le sourire aux lèvres.

Walter retourna à la cuisine et les laissa seuls. Peter reprit sa place dans le fauteuil et, d'un geste, invita Olivia à s'asseoir. Elle s'installa en face de lui.

« Alors ? », demanda simplement Olivia.

« Alors quoi ? », répondit Peter, sans comprendre.

« Tu es déjà sorti ? », dit-elle en fronçant les sourcils.

Peter fit une grimace.

« Les hôpitaux, moins je les fréquente, mieux je me porte. Remarque, je n'en ai jamais autant visité que depuis que je te connais », plaisanta-t-il.

Olivia sourit mais insista.

« Ce n'était pas vraiment raisonnable après ce que tu as vécu aujourd'hui »

« Ne t'inquiète pas pour moi. Je suis un grand garçon, je sais prendre soin de moi », la rassura-t-il.

Il la regarda intensément, touché qu'elle se fasse du souci pour lui. Au bout de quelques secondes, elle baissa les yeux. Comme toujours, se dit-il. Peter continua à la regarder à son insu, frustré qu'elle se montre toujours aussi peu démonstrative. Il ressentit même un soupçon d'irritation quand il lut le soulagement sur son visage à l'arrivée de Walter. Elle tenta de se défiler et se leva.

« Je vais vous laisser dîner. Je ne veux pas m'imposer », s'excusa-t-elle.

Mais c'était sans compter sur Walter. Le pauvre homme sembla tellement désemparé qu'elle veuille partir, qu'elle finit par changer d'avis. Ils dînèrent alors et Peter fit tout son possible pour détendre l'atmosphère. Au bout d'une bonne heure, il fut récompensé quand il sentit enfin Olivia se relaxer et profiter du moment. Mais tous ses efforts furent réduits à néant quand Walter décida qu'il était temps qu'il aille se coucher et les laissa seuls. Avant qu'elle ne parle, Peter savait déjà ce qu'elle allait dire.

« Bien, j'ai passé une agréable soirée », dit-elle.

Mais Peter n'était pas prêt à la laisser partir.

« Tu ne veux pas rester ? La FOX diffuse "invasion of the body snatchers" ce soir », proposa-t-il.

« L'original ou le remake ? », demanda-t-elle avec un petit sourire.

Ils avaient déjà fait référence à ce film quelques mois plus tôt et il avait été surpris de constater qu'elle le connaissait. Elle lui avait déjà demandé la même chose. Il lui rendit son sourire.

« Le remake », répondit-il.

« C'est tentant mais je préfère rentrer », répondit-elle en retrouvant son sérieux.

« Il n'y a rien que je puisse dire pour te faire rester un peu ? », demanda Peter en désespoir de cause.

Olivia le regarda et se mordit la lèvre.

« Eh bien… », commença-t-elle.

« Oui ? », l'encouragea-t-il.

« En fait, ce n'est pas vraiment le moment idéal et je voulais te laisser un peu de temps mais j'aurais voulu en savoir un peu plus sur tes ravisseurs et sur leurs buts »

Peter soupira. Evidemment. Le travail. Toujours le travail. Il ne laissa pas passer l'occasion pour autant de la faire rester plus longtemps. Après 10 jours sans s'être vus, si c'était le mieux qu'il pouvait avoir, il s'en contenterait.

« C'est un peu confus, mais je crois que dans l'idée, ils voulaient que je leur montre comment ouvrir une porte entre deux mondes parallèles », expliqua-t-il.

« Pourquoi ? »

« Je ne sais pas », répondit-il en secouant la tête.

« Et leur as-tu dit ? »

« Non »

Peter fronça les sourcils en la regardant.

« Quoi ? », demanda Olivia.

« Tu ne les as pas interrogés, tout à l'heure ? », questionna-t-il.

Olivia se passa les deux mains dans les cheveux et soupira.

« J'aurais bien voulu », dit-elle, d'un ton frustré.

« Comment ça ? », demanda Peter, sans comprendre.

Olivia prit une grande respiration et posa les yeux sur Peter.

« Je ne voulais pas t'en parler, ce soir, mais… », commença-t-elle.

Olivia détourna les yeux. Peter reconnut les signes de la frustration et de la colère. Il se rapprocha légèrement d'elle.

« Olivia, qu'est-ce qu'il y a ? », demanda-t-il, inquiet.

« Ils se sont échappés », lâcha-t-elle, en colère.

Elle fit quelques pas dans le salon avant de revenir vers Peter, les mains jointes comme pour une prière devant sa bouche. Elle les ouvrit en un geste d'impuissance avant de continuer.

« Ils devaient avoir des complices. On ne pensait qu'ils n'étaient que deux, mais visiblement leur groupe est bien plus important. Le fourgon qui les emmenait a été attaqué. Deux hommes sont morts et trois autres sont à l'hôpital et on n'a rien », dit-elle, au comble de la colère.

Elle se détourna pour lui cacher son visage. Peter ne supportait pas de la voir se blâmer ainsi. Il vint près d'elle et posa sa main sur son épaule. Il exerça une légère pression pour l'inciter à se retourner. Quand il vit son visage, il fut touché par la détresse que ses yeux trahissaient.

« Hey, ça va aller, Olivia. On finira par savoir », essaya-t-il de la rassurer.

Il posa sa main sur sa joue et la regarda, essayant de lui communiquer du réconfort. Elle secoua la tête et s'écarta.

« Tu ne comprends pas, Peter. On ne sait rien sur eux. Ils pourront recommencer à n'importe quel moment », expliqua-t-elle.

Ils se regardèrent pendant quelques secondes avant qu'Olivia ne réagisse la première.

« Pardon, je n'aurais pas dû t'embêter avec ça, après ce tu as vécu… », dit-elle en secouant la tête. « Après ce qu'ils t'ont fait… », ajouta-t-elle avec émotion en le regardant.

Ce n'était pas vraiment une confidence mais le ton qu'elle avait employé trahissait son inquiétude. Il n'avait pas pensé qu'elle ait tant souffert de son enlèvement. L'espace d'une seconde, il espéra qu'elle allait enfin s'ouvrir un peu à lui. Mais c'était mal connaître Olivia.

La seconde d'après, elle reprenait ses esprits. Son visage retrouva son impassibilité et elle détourna les yeux.

« Je devrais y aller et te laisser te reposer », dit-elle, en se dirigeant vers la porte.

Peter se sentit frustré. Elle fuyait encore.

« Olivia », l'appela-t-il, l'irritation perçant dans sa voix.

Surprise, elle se retourna vers lui.

« Tu fais toujours ça, hein ? », ajouta-t-il, légèrement amer.

Fronçant les sourcils, elle fit quelques pas dans sa direction.

« Faire quoi ? », demanda-t-elle sans comprendre.

« Tu fuis quand tu ne veux pas montrer tes émotions », lâcha-t-il.

Il vit passer un mélange de surprise et de colère sur son visage.

« Je ne fuis pas, Peter », dit-elle vivement. Un peu trop vite.

« Ah non, alors comment appelles-tu ça ? », demanda-t-il, sarcastique.

« Du professionnalisme », répondit Olivia, irritée.

Peter émit un rire moqueur.

Olivia fit encore quelques pas vers lui. Elle semblait vraiment en colère, cette fois.

« Et tu voudrais quoi ? Que je te dise que j'étais morte d'inquiétude à ton sujet ? Que j'avais du mal à faire mon boulot parce que je n'arrêtais pas de penser à toi ? Que je désespérais de te retrouver sain et sauf ? », répondit-il, sa voix allant crescendo à chaque question.

Peter cligna des yeux sous l'effet de surprise. Il ne s'attendait pas à ça.

« Quelque chose comme ça… », dit-il, légèrement penaud.

Olivia détourna la tête et tenta de refouler les émotions qui menaçaient de sortir. Peter se rapprocha et essaya d'intercepter son regard mais la jeune femme refusait de tourner la tête vers lui. Il posa sa main sur sa joue et elle ne le repoussa pas cette fois. Il vit que des larmes menaçaient de couler.

« Pardon, Olivia, je ne voulais pas te pousser à bout… », s'excusa-t-il en la regardant droit dans les yeux.

« C'est juste que c'est ma façon d'être », répondit-elle.

« Je sais, je sais », dit-il en la prenant dans ses bras pour la bercer.

Elle se laissa faire quelques secondes, appuyant même sa tête contre son épaule. Quand il sentit qu'elle relevait son visage vers lui, il desserra l'emprise de ses bras mais laissa ses mains sur ses épaules.

Quand il la regarda, il vit qu'une larme roulait sur sa joue. Il ne résista pas à l'envie de l'essuyer avec son pouce, comme si ce geste pouvait effacer sa peine.

« Peter, il faut que j'en sache plus. Il faut que je sache ce qu'ils voulaient », dit-elle avec une note de désespoir dans sa voix.

Avec une légère hésitation, elle leva ses mains et les posa sur son torse. Elle observa un instant ses propres mains comme si elle s'attendait à ce qu'elles prennent feu. Mais elle releva finalement ses yeux vers Peter. Ce dernier s'étonna qu'elle le touche, elle qui évitait pourtant tout contact.

« J'ai besoin de savoir pour les empêcher de recommencer », expliqua-t-elle.

Imperceptiblement, elle se rapprocha de lui. Elle leva une main légèrement tremblante et la posa sur sa joue. Peter cligna des yeux, de plus en plus surpris.

« Pour les empêcher de te reprendre », murmura-t-elle.

Ils se fixaient toujours intensément. Quand Olivia leva ses lèvres vers les siennes, il se demanda s'il rêvait. Mais il chassa ses doutes quand leurs bouches se touchèrent. Elle l'embrassa tendrement mais brièvement.

« Il faut que je sache. S'ils t'ont enlevé, c'est qu'ils pensaient que tu savais comment ouvrir une fenêtre entre deux mondes », continuait-elle.

Elle l'embrassa encore. Peter ne bougeait plus, comme paralysé. Les lèvres d'Olivia étaient douces et chaudes. Il y avait beaucoup de tendresse dans ses baisers. Il n'arrivait plus à réfléchir de manière rationnelle. Mais il avait du mal à croire à ce qui était en train de se passer.

« Peut-être l'ont-ils lu dans ton esprit ? Alors dis-moi, est-ce que tu sais comment faire ? », demanda-t-elle, d'un ton suave.

« Oui », murmura-t-il, après quelques secondes.

Peter était complètement déstabilisé par le comportement d'Olivia. Elle avait changé d'humeur si vite, qu'il avait du mal à réfléchir correctement. Qu'elle l'embrasse n'arrangeait rien. Il ne pouvait nier que ça lui plaisait. Mais il était dérouté. Bien sûr, il avait toujours pensé qu'un rapprochement se ferait sur l'initiative de la jeune femme. Mais il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Pourquoi maintenant ? Parce qu'il avait été enlevé ? Ce n'était pas la première fois, alors pourquoi cette fois-ci serait différente ? Il était partagé. Il ressentait une vive envie de lui dire tout ce qu'elle voulait mais avait le sentiment que ça n'allait pas.

« Dis-moi comment, Peter », insista-t-elle.

Mais quand elle l'embrassa encore, ses défenses tombèrent. Les mots sortirent de sa bouche avant qu'il ne puisse les arrêter.

« On peut y arriver en utilisant l'appareil que mon père a mis au point. Celui qu'on a utilisé pour empêcher Jones de s'enfuir dans une autre réalité. Il suffit de le re-paramétrer »

Cette fois, c'est lui qui l'embrassa. Mais elle s'écarta rapidement.

« Où se trouve l'appareil ? Peter, aide-moi à les empêcher de te reprendre », supplia-t-elle, ses traits trahissant son inquiétude à l'idée qu'il soit enlevé de nouveau.

Il la regarda. Il ressentait le besoin violent de lui faire plaisir. Il voulait effacer son expression soucieuse. Elle s'ouvrait enfin à lui, lui dévoilait ses émotions. Pourtant, une impression naissait en lui. Ça ne devait pas se passer ainsi. Et pourquoi maintenant ? Pourquoi se livrait-elle soudain à lui ? Parce qu'il le lui avait demandé ? Depuis quand Olivia Dunham se confiait-elle aussi librement simplement sur demande ? Quelque chose clochait.

« Il est… », commença-t-il, luttant le désir de lui répondre et son impression de malaise.

Il la regarda dans les yeux. Mais ses yeux étaient différents, il ne sut dire quoi. Etait-ce vraiment Olivia, la femme forte et endurcie qu'il connaissait ? Ca ne collait pas.

« Où, Peter ? », insista-t-elle.

« Tout est faux », s'entendit-il murmurer.

Il leva les yeux et s'éloigna de la jeune femme à reculons.

« Quoi ? Que dis-tu ? Peter ? », demanda Olivia, inquiète.

« Tout est faux », répéta-t-il.

Il posa alors les yeux sur la jeune femme. L'image se brouilla une seconde.

« Tu n'es pas elle », dit Peter, en reculant encore.

S'entendant prononcer ces mots, l'évidence s'imposa à lui. Il n'avait pas été secouru. Ce n'était pas la réalité, c'était une autre simulation. Autour de lui, le décor s'effaça. L'image d'Olivia s'évanouit et il ouvrit les yeux pour la énième fois sur la salle aux murs blancs. Il eut juste le temps sentir la colère monter en lui avant d'être pris de violentes convulsions.

Claire se précipita pour lui injecter une dose de tranquillisant. A peine avait-elle terminé qu'une équipe d'intervention du FBI entra en trombe dans la pièce et la maîtrisa, ainsi que son partenaire. Si près du but, pensa-t-elle amèrement, tandis qu'on l'emmenait, ainsi qu'Andrew.