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J'y ai mis deux dessins faits par un ami.


25 Décembre 1960

- Sirius, reste tranquille.

La jeune femme qui avait parlé essayait en vain d'enfiler un gilet à un petit garçon de 18 mois. Les deux se ressemblaient énormément : ils avaient des cheveux très bruns, presque noirs, épais et souples, le même regard gris-bleu qui changeait selon la lumière.

Enfin, elle réussit à lui passer le vêtement et à fermer les boutons. A ce moment, un homme, grand et élégant, entra dans la pièce.

- Alors, est-ce que mon petit homme est prêt ?

- Oui, enfin ! s'exclama la jeune femme. L'homme l'attrapa par la taille.

- Orion ! Il va arriver d'un instant à l'autre.

- Je sais, mais ça ne va pas m'empêcher de donner un baiser à la plus belle des femmes…Et il l'embrassa dans le cou. Elle se mit à rire et s'échappa de ses bras. Orion se pencha vers Sirius :

- Mmmm, un vrai gentleman. Tu as la beauté de ta mère et la classe de ton père…

A ce moment, une cloche retentit. Orion se dirigea vers la porte, suivi du petit garçon et de sa mère. Il ouvrit la porte :

- Alphard ! Je suis content de te voir ! Et il serra le nouvel arrivé dans ses bras.

- Orion, Ça faisait longtemps !

Les deux hommes s'écartèrent un peu pour mieux se regarder. Ils avaient tous les deux la quarantaine. Alphard était un peu plus petit et costaud, mais ils avaient les cheveux bien fournis, brun parsemé de touches blanches, et la même élégance.

Puis Alphard se tourna vers la jeune femme :

- Walburga… Toujours aussi jolie… Ah ! Et voilà mon neveu préféré ! ( En réalité, c'était son unique neveu. Il avait bien des nièces mais un seul neveu, donc ça ne l'engageait pas de dire ça...). Viens me faire voir comme tu as grandi ! Il s'accroupit et le petit garçon s'avança, un air de curiosité dans les yeux.

- et bien dis donc, c'est vrai que tu as poussé ! dit Alphard, admiratif.

- Viens, entre au salon, Alphard… l'invita Walburga.

Il prit l'enfant par la main et l'emmena au salon avec lui. Sirius le tira par la main :

- regarde ! Le sapin de Papa !

- oh ! Mais il est magnifique ! s'écria Alphard, souriant.

- Là, c'est la boule de Sirius.. Le garçonnet montrait une boule d'un rouge brillant qui reposait sur une des branches basses du sapin.

- C'est toi qui l'as mise ? Vraiment ?

- Oui…

- Tu es vraiment un grand garçon alors…

Sirius regarda Alphard, très fier.

- Est-ce que tu crois que tu saurais ouvrir un cadeau ? demanda Alphard, malicieux.

- Oh, oui ! Les yeux du petit garçon se mirent à briller.

- Attends-moi là, je reviens…

L'oncle retourna alors sur ses pas, ouvrit la porte d'entrée et prit un paquet qu'il avait laissé sur le seuil. Il revint avec le cadeau et le posa devant Sirius. Celui-ci jeta un coup d'œil vers ses parents, comme demandant la permission d'ouvrir le paquet.

- Vas-y, ouvre ! dit sa mère.

Sirius déchira le papier et essaya de déchirer le carton, mais c'était trop dur pour ses petits doigts. Alphard rit et l'aida.

- oh !!! Sirius était émerveillé.

Dans la boîte en carton, il y avait une moto d'enfant. Une belle reproduction de moto moldue.

Alphard la sortit de la boîte. Elle était adaptée à son âge et équipée de petites roues à l'arrière.

- tu peux monter dessus, mon grand…

Et il aida Sirius à s'installer sur la selle. Il lui montra comment tourner le guidon, comment la faire avancer. Après un petit moment d'adaptation, l'enfant fut capable de se débrouiller seul et fièrement se balada sur sa moto tout autour du sapin.

Pendant ce temps, les trois adultes s'installèrent pour prendre le thé.

Walburga avait l'air pincé. Alphard s'en aperçut et demanda :

- quelque chose ne va pas, Walburga ?

La jeune femme hésita, se tournant vers Orion. Celui-ci vint à sa rescousse :

- Alphard, nous voulons donner une certaine éducation à notre fils…

- Et alors ?

- Et bien, nous ne souhaitons pas qu'il approche les moldus…

- C'est à cause de la moto ?

- C'est un objet moldu… Les sorciers ont leurs propres jouets, on n'a pas besoin de ceux des moldus…continua Alphard.

- Je trouvais ça très amusant… D'ailleurs, regarde ton fils.. N'a-t-il pas l'air heureux ?

- Ce n'est pas ça, c'est que nous ne voulons pas qu'il prenne l'habitude de les côtoyer…

- Tu comprends, ce n'est pas que nous ne les aimions pas, mais ils sont quand même très différents de nous… expliqua Walburga. Et nous n'aimerions pas qu'il subisse de mauvaises influences…

Alphard les regarda, silencieux. Il faisait partie des sorciers qui voyageaient souvent de part le monde et qui fréquentaient les moldus sans aucun problème. Il savait prendre dans l'une et l'autre culture ce qui lui paraissait le plus intéressant. Il savait que beaucoup de sorciers mettaient des barrières entre les deux mondes, mais ils partageaient tous la même terre et ces querelles lui paraissaient ridicules. Il n'avait pas pensé un instant que son frère pouvait faire partie de ces gens intolérants. Orion était intelligent et Alphard était surpris d'entendre ce discours dans sa bouche.

- après tout, ce n'est qu'un jouet… dit-il pour s'excuser…

- oui… Mais tu comprends, nous voulons vraiment ce qu'il y a de meilleur pour lui. C'est un vrai sang pur…

Alphard préféra ne pas répondre. Ce n'était pas le jour pour se fâcher avec son frère. Et puis il aimait bien ce petit garçon, curieux et dégourdi du haut de ses dix-huit mois…

Lorsque Alphard fut parti, Orion prit la moto que Sirius n'avait pas quittée de l'après-midi et la fit disparaître de sa baguette magique. L'enfant se mit à pleurer. Orion se pencha vers lui et lui dit :

- ce n'est pas un jouet digne d'un Black.

Sirius le regarda, il ne comprenait pas bien ce que lui disait son père, et se remit à pleurer… Il voulait sa moto…


A demain! Bonne nuit.