Noël 6
25 Décembre 1967,
C'était le matin de Noël. Pour n'importe quel enfant dans le monde, c'était un matin attendu avec impatience et Sirius Black, âgé de 7 ans et demi, ne pas oublier le « et demi », très important pour lui, ne faisait pas exception à la règle.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, donc, ce matin là, Sirius se dépêcha de descendre de son lit et courut vers la chambre de son frère. Regulus avait 5 ans et Sirius eut un peu de mal à le réveiller. Il avait encore sommeil. Mais lorsque Sirius parla de cadeaux et de jouets, il se força à se lever pour suivre son grand frère dans l'escalier. Celui-ci était déjà arrivé et passait la porte lorsqu'une voix l'interpella :
- Sirius ! tu remontes et tu vas enfiler ta robe de chambre ! La voix, sèche et autoritaire, était celle d'une femme.
Le garçon avait été stoppé net dans son élan. Il fronça les sourcils mais fit demi-tour, croisant son petit frère qui arrivait :
- attention, lui dit-il, il y a un dragon dans le salon... et il se dépêcha d'aller dans sa chambre.
Le plus jeune entra dans le salon et y retrouva sa mère. Il alla vers elle :
- c'est vrai qu'il y a un dragon dans le salon, Maman ?
- mais non, mon chéri, qui t'a dit ça ?
- Sirius..
La mère soupira et serra le petit garçon contre elle :
- mais non, il n'y a pas de dragon, il a dit ça pour t'embêter...
- j'ai peur des dragons...
- Mais il n'y en n'a pas, ne t'inquiète pas. Par contre, regarde, il y a des cadeaux pour vous...
Et elle le poussa doucement vers le sapin de Noël.
Le petit garçon regardait les paquets qui s'étalaient en dessous de l'arbre. Sa maman s'agenouilla près de lui et lui en tendit un.
A ce moment, Sirius arriva dans la pièce. Il s'avançait vers le sapin quand à nouveau sa mère l'interpella :
- Sirius, qu'est-ce que tu es encore allé raconter à ton frère ? C'est quoi cette histoire de dragon ?
- C'était pour rigoler... dit le garçonnet. Il se tenait bien droit, les yeux gris-bleus regardant sa mère avec un soupçon d'inquiétude. Comme s'il redoutait sa réaction.
- Sirius, j'aimerai que tu cesses de raconter n'importe quoi ! Ton frère est petit et il ne fait pas la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux.
Sirius serra les lèvres et hocha la tête, approuvant ainsi les dires de sa mère.
Celle-ci reprit :
- enfin, c'est Noël, viens ouvrir tes cadeaux.
Plus tard, les deux enfants étaient en train de jouer à s'attraper en courant autour du sapin. Ils riaient.
Leur mère, Walburga Black, et leur père, Orion, tendrement enlacés sur le seuil de la pièce les regardaient en souriant.
Les deux garçons s'arrêtèrent un instant, et Sirius expliqua quelque chose à son frère. Il s'ensuivit alors une discussion animée. Visiblement, les deux frères n'étaient pas d'accord. Le ton monta. Au bout d'un moment, le plus petit se mit à pleurer.
Les parents décidèrent alors d'intervenir.
- et bien, que se passe-t-il ? Orion s'était rapproché d'eux.
- C'est Sirius... pleurnicha Regulus, en se réfugiant dans la jupe de sa mère. Celle-ci le prit dans ses bras.
- Qu'est-ce qu'il a encore fait ? demanda-t-elle.
- Il veut toujours jouer aux moldus...
- Encore ? Je croyais pourtant t'avoir dit que je ne voulais pas entendre parler de ça, Sirius ! Le père le regarda en fronçant les sourcils.
- Mais c'est juste un jeu, répondit Sirius.
- On t ' a déjà expliqué que les moldus sont des êtres inférieurs. Quel besoin as-tu de jouer encore avec ça ?
- Mais c'est rigolo d'essayer de faire comme eux...
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle... Ils n'inspirent que de la pitié...
Sirius se tut. Il ne comprenait pas tout.
- mais, oncle Alphard m'a dit...
- ah ! nous y voilà ! s'exclama Walburga. Encore des idées saugrenues de ton frère !
- pourtant nous ne le voyons pas trop souvent, dit Orion, sur un ton d'excuse...
- peut-être mais c'est suffisant pour marquer notre fils. Sirius est trop influençable. Ce n'est pas bon pour lui de le voir. Surtout que j'ai remarqué que ton frère passe beaucoup de temps avec Sirius quand il est là. Comme s'il cherchait à le pervertir...
- mais c'est mon frère... Tu sais, je ne crois pas qu'il se rende compte de ce qu'il fait...
- mais nous lui en parlons à chaque fois...
- Je ne vais tout de même pas lui refuser l'entrée de ma maison !
- Pourquoi pas ?
- Walburga ! C'est mon frère tout de même !
- Je ne veux plus qu'il ait de contacts avec Sirius. Tu comprends ?
Orion la regarda. Elle était vraiment dure, surtout quand il s'agissait de ses fils. Ceci dit, il ne pouvait nier que ça le contrariait que Sirius ait ce genre de réaction. Depuis qu'il était tout petit, il avait une attitude singulière, il était inutile d'en rajouter...
De son côté, Sirius suivait la discussion de ses parents, un pincement au coeur. Alphard avait toujours été son oncle préféré. Le seul qui lui raconte des histoires passionnantes. Le seul à ne pas le trouver bizarre quand il jouait avec ses petits personnages. Le seul qui prononçait les mots moldus, sangs-mêlés, créatures avec une espèce de déférence dans la voix. C'était tellement peu courant dans sa famille que ça fascinait Sirius, en même temps que ça aiguisait sa curiosité.
- moi, j'aime bien l'oncle Alphard, dit-il.
- Mais il dit beaucoup de bêtises... lui expliqua doucement son père.
- Non, il connaît plein de choses, il a voyagé partout ! le défendit Sirius.
- Il ne voit que les choses superficielles, tu sais. Les moldus ne sont pas aussi évolués qu'il le dit. C'est très simple de les manipuler, de leur faire croire ce qu'on veut... Ils n'ont qu'un ersatz de cerveau. Tu ne peux pas leur faire confiance.
- Mais ils font de belles choses et ils en inventent aussi...
- Ils essaient d'en faire, le reprit son père. Mais ils n'arriveront jamais à notre niveau. Les sorciers sont une race supérieure. Regarde nous pouvons nous déplacer comme nous voulons par exemple...
- Mais il y a des sorciers qui se marient avec eux...
- Ce ne sont pas de vrais sorciers, intervint sa mère. Ils sont malades, dépravés. C'est amoral de se marier avec des animaux. On ne doit pas le faire. Tu comprends ?
Sirius comprenait ce que disait son père, mais il y avait quelque chose à l'intérieur qui n'acceptait pas ces phrases.
- de toutes façons, je ne vois pas pourquoi tu discutes. C'est comme ça et ce n'est pas autrement. Et la prochaine fois que j'entends encore parler de ça, je te garantis que tu auras une telle correction que tu ne recommenceras jamais. Est-ce que ça, c'est clair ?
Sa mère avait parlé d'une voix extrêmement sèche et autoritaire. Son regard d'acier, posé sur lui, l'aurait transpercé s'il avait pu.
Le garçon réprima un frisson et se tut. Il rendit son regard à sa mère, puis tourna les talons et se rendit dans sa chambre. Là, il sortit ses petites figurines d'une boîte et commença à jouer :
- moi, je suis le sorcier et je vais vous protéger, tous, les moldus, les sangs-mêlés, les loups-garous, tous !
Merci à vous d'être là...
Ici, on voit que Regulus a pris sa place de préféré... et qu'Alphard va bientôt disparaître de la tapisserie, lol!!!
