Un ami m'a fait un dessin de choixpeau pour l'occasion. A voir sur www.lesyeuxdanslesétoiles(point)blospot(point)com


Noël 8 25 Décembre 1970

Allongé sur son lit, Sirius réfléchissait. De toutes façons, il ne pouvait rien faire d'autre. Il avait encore mal partout.

On était le jour de Noël, mais il avait trop de difficulté à se lever. Il n'était rentré de Poudlard que 4 jours auparavant et il avait reçu ce qu'il s'attendait à recevoir.

En quittant Poudlard, il savait qu'il allait affronter la colère de ses parents. La colère et le désappointement. A la rentrée de septembre, le choixpeau l'avait envoyé à Gryffondor, au plus grand désappointement de ses parents. Et il n'avait pas été déçu en revenant à la maison.

Oh ! ses parents n'avaient rien dit par rapport à cela, mais lorsqu'à table il avait simplement omis un merci, parce qu'il pensait à autre chose, son père l'avait corrigé. Violemment. Et Sirius savait que la vraie raison de cette correction était cette déception.

Avant sa rentrée à Poudlard, il avait eu peur de ce choixpeau, et lorsque le professeur l'avait posé sur sa tête, il avait su tout de suite que ses craintes étaient fondées. Il entendait encore sa voix dans sa tête :

« tiens, tiens, tiens... Un petit Black... Donc un serpe...ah, non... Je vois des qualités bien autre chez celui-ci...La compassion... la curiosité...la générosité...Non, ce n'est pas un Black ordinaire... » Son cœur s'était mis à battre très fort...

« Je ne vais pas le mettre à Serpentard, il sera bien mieux dans un milieu qui lui ressemble...Voyons... Serdaigle, pour son intelligence ? Oui, mais il y a aussi ce courage... Le courage d'être différent... C'est très brave, oui, vraiment... »

Et lorsque la voix du choixpeau avait retenti en énonçant : « Gryffondor », il n'y avait eu que de rares applaudissements... La famille Black était suffisamment connue pour que tous les serpentards l'espèrent rejoindre leurs rangs, et pour que tous les autres craignent son arrivée dans leur maison...

Sirius savait que le choixpeau verrait ce qu'il avait à l'intérieur, cette différence qu'il sentait avec les autres membres de sa famille. Il n'avait pas été déçu.

Mais de le dire à voix haute ne lui avait pas simplifié la vie, oh non ! Il avait eu du mal à se faire accepter, jusqu'à ce qu'une lettre de sa mère régularise les choses.(cf note)

Puis les vacances étaient arrivées. Et le retour chez les parents.

Dans le train, Sirius savait qu'il y aurait des représailles.

Et ce matin de Noël était douloureux.

Quatre jours déjà mais son corps souffrait encore.

- Sirius ! Tu viens, on va ouvrir nos cadeaux ! Son frère Regulus était entré dans sa chambre, tout excité.

- je ne sais pas si je vais pouvoir descendre... Tu n'as qu'à y aller, toi !

- Tu as encore mal ? demanda le garçonnet, inquiet.

- Non, presque plus, répondit Sirius, souriant, pour rassurer son frère dont le regard s 'était obscurci.

- Allez, viens... Regulus l'avait attrapé par la main et le tirait.

Sirius sourit. Heureusement que son frère était là... Il fit un gros effort et parvint à se mettre debout, presque sans pleurer de douleur. Regulus le devança dans le salon et commença à déballer ses cadeaux.

Sirius le rejoignit. Il n'y avait que peu de cadeaux pour lui. Juste deux paquets. Il reconnut tout de suite celui de l'oncle Alphard. Il en fut tout heureux. Son oncle lui envoyait toujours des cadeaux magnifiques. Malheureusement, il n'avait guère l'occasion d'en profiter, ils étaient quasiment toujours confisqués par ses parents. Il profita donc de l'absence de ceux-ci et il l'ouvrit avec fébrilité. C'étaient des livres. Une collection de livres. Il y en avait un sur les peintres célèbres, un autre sur les monuments et encore un sur les motos. Inutile de préciser que ce n'étaient que des livres moldus. Sirius vérifia encore une fois que ses parents n'étaient pas dans le salon et, rassuré, commença à les regarder.

C'étaient des livres magnifiquement illustrés. Sirius tournait les pages, émerveillé. Son oncle savait comment lui faire plaisir. Sirius le remercia mille fois dans sa tête. Il se dépêcha de les cacher sous sa robe. Si ses parents les voyaient, ils lui confisqueraient. Ils l'avaient déjà fait...

Mais il n'eut pas le temps de cacher le dernier, sur les motos. Sa mère arrivait.

Elle vit tout de suite son air coupable et demanda :

- c'est le cadeau de ton oncle, n'est-ce pas ?

Et elle le lui prit des mains. Elle lut le titre, fit une grimace dédaigneuse :

- je me demande quand est-ce qu'il comprendra que ce n'est pas l'éducation qu'il faut pour un Black...

Et sans autre forme de procès, elle sortit sa baguette et brûla le livre.

Sirius retint une larme et se pencha sur le paquet qui lui restait à ouvrir. Un cadeau de ses parents. Il hésita à l'ouvrir. Mais comme sa mère ne semblait pas pressée de partir, il le défit.

C'était également un livre : « La véritable histoire des sorciers » par Cléonide Carrows, membre honoraire de la très illustre académie des historiens de la sorcellerie. Il le prit, se tourna vers sa mère et murmura « merci ».

- C'est un livre très intéressant, qui te montrera combien les sorciers sont supérieurs aux moldus.

Sirius essaya de sourire. Il n'avait aucune intention de lire cet ouvrage. Il ne voulait pas savoir l'histoire telle que ses parents la voulaient, il apprenait celle de son professeur et celle-là lui semblait être la seule véritable. Elle ne considérait pas les moldus comme des êtres inférieurs, mais plutôt comme des compagnons... Leurs histoires étaient liées.

Il prit son livre et remonta dans sa chambre, sous l'œil exaspéré de sa mère.

Sirius ferma bien la porte de sa chambre, posa le livre d'histoire sur son bureau et sortit les deux autres de sous sa robe. Il s'installa sur son lit, en faisant attention à mettre son dos de telle sorte qu'il ne le fasse pas souffrir, et commença à les feuilleter. Il y avait tant de belles choses de part le monde. Son oncle Alphard lui en parlait souvent. Quand il serait grand, lui aussi il voyagerait. Et il aurait une moto. Comme celles qu'il voyait quelque fois dans la rue, quand sa mère consentait à aller dans une rue moldue.

Il s'allongea. Son dos était encore douloureux. Maintenant qu'il était seul, il laissa les larmes couler. Il ne comprenait pas pourquoi ses parents réagissaient comme cela. Il n'y avait pas que les sangs-purs à être dignes d'intérêt. Et les moldus n'étaient pas des monstres...

Quel mal y avait-il à les côtoyer ? Dans sa chambre de Poudlard, il y avait trois autres élèves. Il avait vite su que James était comme lui, un sang-pur, mais les deux autres étaient sangs mêlés. Il n'avait pas eu encore le temps de beaucoup parler avec eux. Juste avec James, parce qu'il était sympa et drôle.

Il aurait toute l'année pour assouvir sa curiosité...


note: Je vous renvoie ici à une (excellente) fic de la non moins excellente auteur mysid ou JKLB :The Nicest Thing My Mother Ever Did for Me. Si vous voulez, elle a été traduite par Alana Chantelune en français.

Voilà. Sirius est rentré à Poudlard. On est parti pour 7 ans à Poudlard...

Merci encore d'être fidèles au rendez-vous. Et merci aussi pour vos reviews...