Bonjour à tous,
Je suis affreusement désolée pour avoir mis tant de temps à écrire la suite ! Je dois vous avouer en toute honnêteté que j'ai vraiment eu du mal (et j'en ai encore d'ailleurs) à tourner la page après la fin de ma fic « Fallen angels », et du coup, c'était quasiment impossible pour moi de poursuivre un autre texte, quel qu'il soit…
Bon, je ne dis pas que c'est complètement réglé, mais je vais tenter de me remettre doucement dans mes autres fics.
Merci en tout cas infiniment de votre patience, et, une fois de plus, de l'accueil très positif que vous avez fait à cette nouvelle fic ! Vous êtes adorables : )
Disclaimer : la plupart des personnages et lieux appartiennent à J.K. Rowling, le reste est à moi.
Rating : K
Save my soul (où vont les âmes…)
Chapitre 3 : En haut de la tour
Chère Hermione, mon roc,
Je suis seul dans la maison. J'ai dit à Kreattur de retourner « chez lui » -là où il se sent bien, et où j'aime qu'il soit, au fond : il est retourné au 12, Square Grimmaurd. Il a toujours aimé prendre soin de cet endroit, et ça me rassure un peu que cette maison soit entretenue, même s'il est peu probable que je retourne y vivre un jour.
Je suis seul dans la maison, ou presque. Olie, ma nouvelle chouette, est bien sûr avec moi. Elle est discrète… et gentille, je crois. J'ai un peu de mal à m'attacher à elle, pour le moment. Tu sais, c'est assez bizarre, après avoir eu Hedwige si longtemps… Enfin.
Je me demande comment a fait Ron, quand il n'a plus eu Croûtard (bon, même si c'était un traître, au fond, ce Croûtard !). Je veux dire, quand il a dû le laisser, et a eu Coq, après… Tu pourrais lui demander, au fond de lui, si ça a été difficile ? Ca m'intéresse. Ca pourrait peut-être m'aider un peu, à mieux apprécier Olie, tu comprends…
Et tant que tu y es, embrasse bien mon frère de ma part ! Je pense à vous.
Les jambes pendant dans le vide, Luna laissait son regard s'égarer sur tout le parc du château. Le ciel s'était un peu assombri, mais n'altérait en rien la beauté de l'endroit : le lac prenait même sous les nuages gris des couleurs envoûtantes, presque inquiétantes tant elles paraissaient irréelles. De là où elle était installée -un des rebords de la Tour d'Astronomie-, la jeune fille blonde avait une vue imprenable sur le lac et la forêt, sur la cabane de Hagrid -d'où s'échappait un mince filet de fumée…
« Dis, Ginny, comment va Harry ? » demanda soudainement Luna, brisant le silence paisible dans lequel elle s'était plongée avec sa camarade depuis près d'une demi-heure.
Cessant de nettoyer son balai, la rouquine, adossée à un pilier de pierre à côté de son amie, leva le nez et répondit après un petit silence :
« Et bien… si j'en juge par ce que m'en dit Hermione, il va plutôt bien. »
« Oui, dans ce contexte, j'imagine qu'il va plutôt bien. » admit la blonde, sans décrocher son regard du paysage. Alors que Ginny retournait à son activité, Luna ajouta, sans préambule : « Tu n'es pas jalouse, dis ? »
Ginny sursauta à ces mots, et releva un visage surpris vers sa camarade :
« Pardon ? »
La blonde tourna la tête vers son interlocutrice, et dit d'un ton d'évidence :
« Oui. Jalouse de Hermione… »
L'adolescente rouquine resta silencieuse un instant, fixant avec gravité son amie, comme si elle cherchait à comprendre le sens profond de sa question. Mais ne comprenant pas réellement, elle précisa alors :
« Luna… Tu sais très bien que je ne peux pas être jalouse d'elle. Alors pourquoi me poses-tu cette question ? »
« Et bien… » La jeune fille haussa les épaules. « Je ne dis pas que tu dois craindre Hermione en tant que rivale amoureuse. Je sais bien qu'elle est avec ton frère Ronald. C'est juste que… Elle est la seule à qui il donne de ses nouvelles. »
Lovegood avait le don de pointer là où ça faisait mal, mais Ginny ne s'en formalisa pas. Le franc-parler de sa camarade lui permettait souvent d'exorciser des démons qu'elle aurait préféré fuir… Certes, cela faisait mal un bon coup, mais au moins elle pouvait passer plus rapidement à autre chose. Et somme toute, cette façon de faire correspondait bien au caractère franc et direct de la cadette des Weasley.
Aussi la sœur de Ron ne chercha-t-elle pas à fuir la discussion, et tournant son regard vers le parc -auquel elle tournait le dos jusqu'à présent-, elle expliqua à celle qui était devenue, au fil du temps, sa confidente -maintenant que Hermione n'était plus à Poudlard :
« Je mentirai si je disais que ça ne m'a pas blessée. Au début… Au début seulement. Parce que tu sais, après qu'il m'ait expliqué qu'il ne pouvait pas rester avec moi... Qu'il ne pouvait pas, mais que ça n'enlevait rien à l'affection qu'il avait pour moi, et bien... J'ai commencé à me faire à l'idée que je n'avais pas et n'aurai jamais la place que j'aurais souhaitée à ses côtés. »
Luna inclina la tête, son regard se posant sur l'horizon. Légèrement perplexe, elle demanda doucement, d'une voix un peu lointaine :
« L'affection ? »
« Oui... » admit Ginny. Elle haussa les épaules, ajoutant avec une certaine désinvolture, qui n'enlevait rien à l'émotion qu'elle avait sans doute éprouvée à l'époque -et peut-être encore maintenant : « Oui. L'amour que Harry m'a porté, si amour il y a eu, mais je n'en doute pas, n'est plus aujourd'hui que de l'affection. »
« Et ça te suffit ? »
« J'ai appris à m'en contenter. Je pourrais dire qu'après tout, il ne s'agit que d'un chagrin d'amour comme on en connaît tous... et peut-être au fond que ce n'est que ça... »
Luna ne dit rien, mais posa une main compatissante sur le bras de sa camarade, qui ajouta alors dans un sourire un peu incertain : « Du moins, ça me rassurerait de me dire que si notre histoire s'est finie, c'est comme pour beaucoup de couples. Ca me rassurerait, parce que je me dirais que le pire que Harry ait à faire maintenant, c'est de se remettre d'un chagrin d'amour. Malheureusement, les raisons de notre séparation sont toutes autres, et les blessures dont Harry a à guérir sont plus profondes et douloureuses. » Elle resta pensive un moment, et Luna ne troubla pas la réflexion de sa camarade. Enfin, Ginny ajouta :
« Savoir qu'il reste au moins ouvert à quelques personnes me rassure, en fait... Donc, non, je ne suis pas jalouse de Hermione. »
Luna ne put rien ajouter suite à cela, car une voix forte, un peu blanche mais manifestement en colère, s'exclama alors, derrière les deux jeunes filles :
« Mesdemoiselles ! Que faites-vous là ? Cela fait près d'une heure que l'on vous cherche ; tout particulièrement vous, Miss Weasley... »
« Professeur McGonagall ? » s'étonna la rouquine, non pas tant de trouver sa directrice ici, que du ton sévère qu'avait employée la femme. « Quelque chose d'urgent… ? »
« Et qui requiert votre présence à toutes deux, oui ! Miss Weasley, dois-je vous rappeler que vous êtes légèrement indispensable à l'équipe de Quidditch des Gryffondors étant donné que vous en êtes le capitaine ? Et vous, Miss Lovegood, ne pensez-vous pas que votre place est actuellement dans les gradins, à commenter le match qui va débuter... et qui aurait dû débuter depuis un moment déjà ! »
« Oh Merlin ! Le match, j'avais complètement oublié ! » s'exclama Ginny, paniquée, tout en sautant sur ses pieds, et en courant déjà vers la sortie.
McGonagall la laissa passer tout en secouant la tête d'un air désespéré -mais néanmoins légèrement amusé. Luna, quant à elle, passa une main rêveuse dans une de ses longues mèches blondes, et ajouta d'un air philosophe, tout en jouant avec ses cheveux :
« Le match... Ah oui. C'est amusant comme on peut parfois oublier des choses qui nous tiennent pourtant à cœur. Je ferais peut-être bien d'y aller... Oui... »
Sentant une des veines de son front palpiter d'agacement, Minerva se retint toutefois de s'énerver sur la plus incongrue des élèves de cette école -de peur de retarder encore davantage le commencement du match, et puis parce que, au fond, elle aimait bien Luna. La jeune Serdaigle passa en sautillant légèrement devant la femme, et descendit d'un pas joyeux l'escalier en colimaçon.
Avant de repartir elle aussi, la vieille femme, qui n'avait pas bougé du seuil, constata que Ginny avait oublié son balai. McGonagall ne pouvait pas le laisser là : la jeune fille en avait besoin pour son match. Mais, balayant du regard l'esplanade de la Tour d'Astronomie, Minerva se sentit prise d'un vertige qui ne devait rien à la hauteur du lieu. Incapable d'avancer d'un seul pas, elle ferma les yeux et tenta de réprimer les battements de son cœur et les tremblements de sa main. Elle n'était pas prête, pas encore...
Monter jusqu'en haut de cette tour lui avait déjà coûté un certain effort, mais aller plus loin n'était pas possible...
Pas encore.
Elle tendit alors sa baguette, et ignorant sa main qui tremblait encore un peu, elle la tendit vers le balai, et prononça le sort d'attraction d'une voix éraillée. Dès que le balai lui eut atterri dans la main, elle fit volte-face précipitamment, claquant la porte derrière elle et s'éloignant à grands pas de cet endroit trop chargé de souvenirs.
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Entendant la porte s'ouvrir derrière elle, Molly Weasley se retourna, et afficha un grand sourire chaleureux, accueillant tendrement la nouvelle venue :
« Fleur, ma chérie… Tu es rentrée des commissions ? » Avisant le lourd panier que peinait à porter jusqu'à la table la jeune femme, elle s'exclama, tout en venant l'aider précipitamment : « Oh, mais tu n'aurais pas dû tant te charger ! Je voulais juste que tu m'achètes deux-trois choses pour le dîner de ce soir… »
Essuyant son front délicat où perlaient quelques gouttes de sueur, la sorcière française répliqua dans un sourire, tout en reprenant son souffle :
« Voyons Molly… Vous avez déjà la gentillesse de nous recevoir tout le temps à manger en ce moment… »
« Tatatata ! » la coupa la femme en bougonnant gentiment. « C'est bien normal de vous avoir à la maison. Vous êtes de la famille, enfin ! » Elle retourna à ses fourneaux, laissant le soin à sa belle-fille de ranger les courses dans les placards déjà bien remplis de la cuisine. Touillant son ragoût qui mijotait doucement dans un immense chaudron, Molly ajouta : « Et puis, avec votre nouvel emménagement, ça vous fait du bien de souffler un peu et de pouvoir mettre les pieds sous la table, non ? »
Fleur, qui s'escrimait à présent pour refermer un placard plein à craquer, tout en tentant d'éviter que tout son contenu ne lui tombe dessus, répliqua entre ses dents :
« Mmh mmh… » D'un coup sec, elle vint enfin à bout du meuble récalcitrant, et put ajouter : « Oui, c'est vraiment adorable à vous de nous soulager un peu. »
Un petit silence agréable enveloppa ensuite les deux femmes, laissant les odeurs de cuisine et les bruits familiers de la maison envahir peu à peu l'espace. Tandis que sa belle-mère commençait à confectionner une tarte aux pommes pour le dessert, Fleur s'activa à leur préparer du thé.
Et quand Bill rentra du travail, quelques temps plus tard, il fut accueilli par les rires aux éclats de son épouse et de sa mère. Il déposa sa cape à un porte-manteau dans l'entrée, en sentant un immense sentiment de paix et de bien-être l'envahir, et passa la tête dans l'encadrement de la porte de la cuisine :
« Et bien, je vois qu'on ne s'ennuie pas ici… Oh Merlin, maman ! Ne me dis pas que c'est le repas de ce soir, ça, quand même ? » s'exclama-t-il en désignant l'énorme marmite qui mijotait tranquillement sur le feu.
« Et bien, si… » lui répondit Molly, étonnée, tandis que Fleur se levait avec entrain pour embrasser son époux.
Serrant tendrement la jeune femme contre lui, Bill poursuivit, surpris :
« Je suis habitué à ce qu'on fasse des repas gargantuesques ici, mais enfin là, tu as un peu exagéré, non ? Nous ne serons que quatre, avec papa, je te rappelle… »
Molly leva les mains au ciel :
« Mais enfin, Bill ! Tu as oublié qu'on recevait George, Ron et Hermione à manger ce soir ? »
Les moments où toute la famille se réunissait étaient encore rares, chacun s'étant dirigé vers une voie différente -mais chacun n'appréciait que d'autant plus ces repas familiaux, qui étaient des instants aussi précieux qu'irremplaçables à leurs yeux.
Aussi l'exclamation de joie de Bill ne surprit-elle pas les deux femmes, leur amenant au contraire un immense sourire sur le visage. Prise dans cette euphorie soudaine, Fleur ajouta même avec enthousiasme :
« Et si nous invitions Arry ? Ce serait superbe, non ? »
La bonne humeur des deux Weasley retomba aussi vite qu'elle était montée, et la jeune française se sentit soudainement très embarrassée. Réalisant ce qu'elle venait de dire, elle se mit à débarrasser les tasses et la théière, et rectifia d'elle-même, avant qu'un des deux autres n'ajoute quelque chose :
« Enfin… C'est… c'est sans doute trop tard pour lui envoyer un… message. Une prochaine fois, peut-être. »
Bill vint enlacer doucement les épaules de sa femme, et murmura d'un ton qui se voulait réconfortant :
« Oui, une autre fois. » En voyant Fleur s'essuyer discrètement les yeux, tout en faisant tinter un peu maladroitement la vaisselle sur un petit plateau, il échangea un regard gêné avec sa mère, qui s'éloigna alors discrètement, les laissant seuls. Le jeune homme roux reprit alors, à l'intention de son épouse : « Ca va aller, Fleur… Il faut lui laisser du temps. Et je suis sûr qu'il est très bien chez nous. »
Inspirant profondément, la sorcière se reprit, et tourna à demi la tête vers son compagnon, acquiesçant d'une petite voix :
« Oui, je sais. Je sais que tu as raison, mais… » A son regret, elle ne put retenir de nouveau ses larmes et, éclatant en sanglots, elle se blottit dans les bras réconfortants de Bill : « Mais j'aimerais tellement pouvoir faire plus pour lui ! »
De l'autre côté de la porte de la cuisine, Molly sentit son cœur se serrer, et elle lutta elle aussi pour ne pas s'abandonner au chagrin. En entendant les pas d'Arthur dans l'allée de leur jardin, elle s'essuya précipitamment les yeux avec son tablier… le regrettant aussitôt, car des traces d'oignon avaient imprégné le tissu, la faisant alors pleurer à grosses larmes sans qu'elle le veuille, cette fois !
Le soir à table, Arthur, Bill et les autres convives furent donc, il faut bien l'avouer, assez déconcerté d'entendre la si affable et souriante Molly Weasley passer une partie de sa soirée à maugréer et pester sur la sournoiserie et la traîtrise des oignons…
Où vont les âmes…, par H. J. Granger – Chapitre 1
La souffrance n'est-elle pas au contraire nécessaire, en un sens ? Elle pourrait même être le premier pas vers la guérison. Un pas en avant, une chute dans le gouffre, pour mieux en remonter, et en sortir. Définitivement.
Enfin tourner la page.
Mais n'est-ce pas prendre le risque également que cette souffrance de plus, ce pas en avant, n'achève définitivement une âme trop écorchée, trop fragilisée ?
Comment savoir quelle direction prendre ? Et qui peut décider de cela ? La personne en souffrance -mais a-t-elle dès lors le recul nécessaire ? Ou quelqu'un d'autre -mais qui peut vraiment savoir ce qu'il convient de faire au mieux pour un autre que soi ?
(…)
