Noël 16 ( Sirius a 19ans ½ 2ère année après Poudlard).
25 Décembre 1978
Il était 8 heures du matin. Sirius était crevé. Il était parti la veille en mission avec un des aurors. La deuxième fois qu'il partait en mission. Ca faisait partie de leur formation.
Accompagné d'un auror confirmé et expérimenté, il était allé « sur le terrain » comme disaient les aurors professionnels.
En fait, depuis que le 2 décembre, une explosion dévasta un rayon d'un des plus grands magasins de Paris, faisant six blessés parmi les moldus, les aurors multipliaient leurs rondes.
C'était quelque chose de très excitant. Très excitant, mais en même temps, Sirius redoutait un peu ça . Ils pouvaient se trouver face à des mangemorts. Et c'est ce qui l'inquiétait. Pas de se battre, non, mais il redoutait de tomber nez à nez avec son frère. Regulus avait rejoint les mangemorts depuis plus de trois ans maintenant.
Sirius y pensait souvent. Bien sûr, les mangemorts commettaient de plus en plus d'atrocités. Bien sûr qu'ils méritaient amplement de terminer à Azkaban... Mais Regulus était son frère. Son petit frère. Il avait tenté plus d'une fois de le ramener vers le droit chemin en lui écrivant des lettres, mais sans succès.
Ils avaient tant de souvenirs ensemble... Comment réagiraient-ils face à face ?
Fort heureusement, cette fois encore, ce n'était pas Regulus qui était en cause, mais un sorcier plus âgé. Ils réussirent à le coincer au bout de deux heures de poursuite. Et après, ils avaient aidé à réparé les dégâts.
C'est ce qui était le plus terrible : constater les dégâts faits par ces mangemorts. Il y avait eu des morts chez les moldus. Entre autre cet homme et cette femme, qui devaient certainement rentré chez eux, les bras chargés de paquets. En cette nuit de Noël, cela avait quelque chose de pathétique. Laissaient-ils des enfants ? Sirius s'était posé la question et cela lui avait serré le cœur.
Les autres aurors ne disaient rien. Il se demandait s'ils ne ressentaient rien, ou si c'était l'habitude et qu'ils s'étaient forgés une espèce de carapace. Celui qui était avec lui avait du sentir qu'il se posait des questions parce qu'il le regarda à ce moment là, et lui sourit, d'un sourire triste...
Sirius se demanda s'il finirait comme cela, non pas blindé mais capable de contenir ses émotions...
Tout remettre en état leur avait pris beaucoup de temps. Plus que prévu.
Sirius n'avait pas eu le temps de penser à regarder l'heure, et lorsqu'il vit qu'il était 6h du matin, il avait eu un coup de cafard en pensant à Remus. Il était seul dans leur appartement, et pour un soir de fête, ça n'avait pas du être très agréable pour lui. Une vague de culpabilité le saisit. Mais fut aussitôt dissipée. Il faisait ce qui serait son métier. Ils avaient déjà parlé de ça tous les deux, et Remus comprenait bien. Lui-même avait rejoint l'ordre créé par Dumbledore et quelque fois ses missions le faisait rentrer tard. Sauf que cette fois-ci, Sirius n' était pas rentré de la nuit.
Finalement, à 8h il put rentrer. Il se dépêcha. Il était épuisé, mais la pensée de retrouver Remus lui donnait des ailes.
Enfin, il arriva à l'appartement. Il entra, retira sa cape, la lançant négligemment dans l'entrée. Remus sursauta. Il était assis dans un des fauteuils du salon, et avait dû s'assoupir un peu.
Sirius s'approcha de lui, mit ses deux mains sur les accoudoirs et se pencha pour l'embrasser.
Remus ne put empêcher un soupir de s'échapper de sa poitrine. Il était soulagé de voir Sirius.
Il mit ses mains autour de son cou et l'embrassa passionnément.
Sirius le regarda et lui sourit :
- est-ce que je t'ai manqué ? demanda-t-il en lui caressant la joue.
Mais avant que Remus ne réponde, il fronça les sourcils. Son regard dévisagea un peu plus Remus. Toujours les sourcils froncés, il repassa ses doigts sur la joue de son amant.
Remus pinça les lèvres. Il savait ce qui causait cette réaction.
La main de Sirius était douce et chaude sur sa joue froide... Froide et humide. Sirius remonta ses doigts jusqu'aux yeux de Remus. Il y eut un long silence.
Remus n'osait plus regarder Sirius. Il ne voulais pas y voir de reproche. Il savait qu'il y en aurait.
- Remus, tu as pleuré, n'est ce pas ? Sa voix était comme une caresse, très douce, et feutrée.
Remus eut un frisson. Ce n'était pas la peine qu'il réponde. Oui, il avait pleuré... Il n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait attendu Sirius. D'abord gaiement, puis petit à petit, l'angoisse était venue. Il avait essayé de dormir. Mais chaque bruit le réveillait. Il avait tourné et retourné dans l'appartement. Grignotant un carré de chocolat de temps à autre, remettant une guirlande en place sur le sapin, s'assurant que tout était bien rangé dans le salon. Il avait même essayé de lire, sans succès.
Il avait essayé de prendre un peu d'alcool mais ce n'était décidément pas son truc.
Oui, Remus avait passé une horrible nuit. C'était une des premières fois que Sirius ne dormait pas à la maison depuis qu'ils vivaient ensemble, et Remus avait trouvé ça très dur. Il avait essayé de se raisonner. Vraiment. Mais ça avait été plus fort que lui. Il aimait tellement Sirius. Avec lui, il ne craignait rien. Mais sans lui... Sans lui...
Et la fatigue n'avait rien arrangé. Pour sa défense, la dernière transformation avait eu lieu juste deux jours avant.
Sirius lui fit relever la tête, pour fixer ses yeux d'ambre...
- Remus, Remus...
Sirius parut déboussolé. Remus était un jeune homme qui paraissait tellement solide. Il avait déjà traversé des épreuves difficiles. Et le voir d'un seul coup si fragile...
Sirius se releva et l'attira jusqu'à lui. Il le serra contre lui.
- Remus... Je ne veux pas que tu pleures... pas à cause de moi...pas à cause de moi...
Sa voix... uniquement sa voix emplissait le cœur de Remus d'une chaleur douce...Il se sentait juste un peu confus de s'être laissé allé.
- je suis désolé, Sirius... chuchota-t-il, à peine de façon audible.
- Remus... je t'aime...
Sirius le serrait fort, et dans ses bras, si forts autour de lui, et la tête enfouie dans son épaule, avec son odeur si enivrante, avec cette peau au contact si agréable, si électrisant, si sensuel...
Remus oublia son angoisse et se laissa emporter sur une vague de sentiments et de désir.
Euh... Je vous avais prévenues, il y a des noëls plus ou moins réussis...
Le prochain le sera peut-être un peu plus...
A demain
