Noël moins deux... Ca se rapproche...
Noël 22 ( Sirius a 34 ans)
25 Décembre 1993
C'est mon premier Noël dehors. J'avais oublié les lumières des maisons, les décorations... Autrefois, je n'y faisais même plus attention. Aujourd'hui la moindre guirlande me parait merveilleuse.
J'ai traversé quelques villes, en me cachant pour arriver jusqu'aux environs de Poudlard.
J'y ai vu la vie. La vie qui grouille. Des gens qui vont qui viennent, et qui parlent et qui rient, et qui chantent. Tant de mouvements, tant de bruits m'ont étourdi.
J'ai vu des maisons, d'où s'échappaient des lumières, des couleurs, des fumées et des odeurs. Je me suis saoulé de toutes ces choses que je redécouvrais. Je renaissais à la vie.
Tout était nouveau, tout me paraissait beau.
Je voulais m'attarder dans les rues, mais je ne restais jamais trop longtemps. Partout, des affiches portant mon nom me dissuadaient de rester.
Je prenais plus souvent l'apparence de Patmol, courant d'un endroit à l'autre, reniflant tout, comme un chien fou...
J'ai réussi à faire envoyer une lettre au magasin d'accessoires de quidditch leur demandant de faire parvenir le plus beau des balais pour Noël à Harry, en prenant l'argent sur mon compte à Gringott. C'était un peu risqué mais je n'ai rien fait pour lui ces douze dernières années. Douze ans...
S'il est comme son père, je pense que ça va lui faire plaisir. Je me demande s'il ressemble toujours autant à James.
Je n'aurai pas dû penser à lui. Je sens cette boule encore au fond de moi. Douze ans à Azkaban n'ont pas atténué la douleur de la perte de James et Lily. Tout ça par la faute de ce rat... La colère me remonte. Je le tuerai, j'ai juré de le tuer.
Où qu'il soit, quoi qu'il soit, je le tuerai. Je suis proche de mon but. Je sais qu'il est là, à Poudlard. J'ai presque réussi l'autre jour...
Je ne suis peut-être pas encore suffisamment remis de mon séjour en prison. Je n'ai pas encore récupéré. Ce n'est qu'une question de jours.
« tu entends, Peter ? Ce n'est qu'une question de jours... Peu m'importent les détraqueurs, je te tuerai avant qu'ils ne me tuent. »
Je dois me reposer.
Je vais dormir presque toute la journée.
Quand je me réveille, il fait presque nuit. Je me lève, un peu courbaturé.
Cette cachette n'est pas très confortable mais elle l'est toujours plus que ma cellule. Et sentir l'air de dehors. Voir les arbres, même dégarnis de leurs feuilles. Voir le ciel, voir les étoiles, voir ... la lune...
A nouveau mon cœur se serre. A nouveau les larmes...
Je n'ose plus dire ton nom. Je n'ose plus t'imaginer. Pourtant ton image est toujours là. Indélébile. C'est quelque chose d'heureux que je m'interdis. Un souvenir, une émotion que je ne m'autorise pas.
Quel souvenir gardes-tu de moi ? Me crois-tu coupable ?
Où es-tu ? Que fais-tu ? J'arrive à sourire, les paroles d'une chanson enfantine me reviennent :
"Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n'y est pas,
Si le loup y était, il nous mangerait,
Mais comme il n'y est pas, il nous mangera pas.
Loup y es-tu ? Que fais-tu ?"
Tu te souviens quand nous la fredonnions certains soirs ? Au début, tu n'aimais pas ça, puis tu as fini par la chanter avec nous...
Je m'adosse à la cabane. Je respire encore, et encore. Un air froid, frais et pur. J'avais oublié toutes ces odeurs.
J'ai encore une chose à faire. Une seule.
Ensuite... ensuite je ne sais pas.
J'avais promis à James de m'occuper de Harry. Je dois d'abord le protéger, il y a urgence. L'autre est dans Poudlard... Il faut que j'y entre...
Si j'avais notre carte, ce serait plus facile.
Notre carte. Encore cette douleur. Que sommes nous devenus ? Je ne suis plus qu'une ombre.
Et toi, que deviens tu ?
Je voudrais te voir. Mais ma priorité pour l'instant c'est Harry. Et ce... rat qui est là... La haine qui m'habite me prend toute mon énergie. Sauver Harry...
Je dois réussir. J'ai déjà un allié. Ce chat, un peu bizarre, mais très intelligent. Il comprend ce que je lui dis, et il m'obéit. Je suppose que ce doit être un chat d'un des élèves. En plus, apparemment il fait partie de la même maison que Harry. J'ai de la chance de l'avoir.
C'est mon seul visiteur ici. Le seul être vivant avec qui je communique. Il lui arrive de rester un long moment sur mes genoux. Il ronronne. Je le caresse.
Il faut que je tue ce rat. Quoiqu'il arrive ensuite. Comment a-t-il pu trahir James et Lily ? Comment ai-je pu être aveugle à ce point ?
Je m'assieds. L'air est froid mais je veux regarder encore les étoiles... et la lune.
Je ferme les yeux, pour les rouvrir aussitôt. Tu es trop présent encore. Tu le seras toujours.
Il y a des questions qui reviennent.
Où es-tu ? Je ne t'ai pas envoyé de hibou. Je suis un assassin en fuite. Et je dois protéger Harry.
Est-ce que tu m'as oublié ? Avec un autre... Je ne sais pas si je l'espère ou pas. Je me souviens de tout. De nos baisers, de nos caresses, de nos étreintes... De ta chaleur, de ta peau, de ton odeur...
Un peu de chaleur me remplit.
Je me souviens de notre premier noël, tous les deux... Il me semble que c'était hier et en même temps qu'une éternité est passée depuis.
Ne pas pleurer.
Je regarde la lune. Il me semble toujours que j'y vois ton visage.
Mon cadeau de ce jour de Noël, c'est ton image qui se dessine sur la lune.
Et je murmure ces mots au vent frais, espérant comme un fou qu'il te les apporte :
« je t'aime, Remus ».
N'oubliez pas une petite review??? Parce que ce chapitre n'est pas triste... Enfin, pas tant que ça. Il est juste nostalgique...
