Noël 24
25 décembre 1995
Mon plus beau Noël.
Vraiment.
Après douze ans passés dans une prison de pierre, après deux années d'errance, mon meilleur Noël c'est celui d'aujourd'hui. Dans la maison de mes parents... Qui aurait cru qu'un jour je reviendrai ici, dans cette maison ? Et surtout qui aurait cru que j'y aurai passé un de mes plus beaux Noëls ? Personne sans doute, et surtout pas moi. Surtout pas moi...
En proposant cette maison à Dumbledore pour qu'il y installe le QG de l'ordre, je ne pensais pas y habiter. Encore moins m'y retrouver prisonnier.
Cette année a été si bizarre...
Je dirai si importante.
Ca a d'abord été nos retrouvailles. Grâce encore à Dumbledore. C'est lui qui m'a envoyé à toi. Je me souviens comment je tremblais en arrivant devant ta porte me rassurant d'un « c'est un ordre de Dumbledore ». Je me souviens de ton sourire quand tu m'as ouvert la porte. De la chaleur de tes bras quand tu m'as enlacé. Quatorze ans. Quatorze ans séparés et pourtant c'est comme si c'était hier. Nos deux corps se sont retrouvés.
Je me souviens toujours des premiers jours que nous avons passé ensemble. Re découvrir ce qu'on a toujours su, les gestes, les mots...
Se perdre dans l'autre. Celui qui est si différent mais qui est aussi tellement moi. Retrouver son entier, retrouver la plénitude de l'existence. Si j'en avais douté, maintenant je le sais, tu es mon essentiel, tu es le sang qui coule dans mes veines, tu es l'air que je respire.
Je ne veux pas te le dire, mais je mesure aujourd'hui combien tu m'as manqué. Azkaban n'est rien, mais ton absence... Ton absence...
Tu te réveilles. Tes yeux captent la lumière avant que tu ne la voies. Ces petits éclats qui sont autant de pépites d'or, c'est la vie qui commence. Je dois plisser les yeux. C'est trop d'émotion dans cette journée d'hiver.
Tu me regardes et je m'approche de toi. Tu as ce sourire qui veut me dire que tu es bien. Loin de tout ce que peut te faire endurer la pleine lune, je sais que tu vas bien. Ton visage a les traits reposés. En passant ma main sur ta joue je peux sentir ta barbe naissante. Si je remonte mes doigts juste sur le haut de tes joues, je sens ta peau imberbe.
Je voudrais graver ça dans mon âme. Je ferme les yeux pour bien m'assurer que ton image est là. Surtout la graver pour toujours.
Tu bouges la tête, amenant tes lèvres sur ma main. Je rouvre les yeux. Le souffle de ta bouche sur ma main... C'est tout le vent du monde qui m'effleure. Je peux entendre le souffle du désert, celui des montagnes. C'est tout un éventail de paysage qui s'offre à moi quand ta respiration me frôle.
Tu ne sais pas tous les voyages que j'ai faits pour me cacher. Je ne m'en souviens pas, mais nulle part je n'ai eu cette sensation de magnificence.
Tu me regardes. J'ai à nouveau ces joyaux sur moi. C'est comme si une douce chaleur me prenait. Elle monte en moi. Elle me brûle. Je me sens consumer. Mes yeux se plissent à nouveau. C'est trop fort. Je sens comme un fourmillement dans mes yeux. Je sens qu'ils se mouillent. C'est trop fort. Te regarder te réveiller. Qui suis-je pour mériter ça ?
Tu souris toujours. Puis, tu t'étires. Un instant, j'ai perdu tes yeux. Un instant si long. Mon sourire est perdu, mais ma main est restée sur ta joue. Je m'accroche à elle. Je ne veux pas perdre le contact. Tu me la prends dans la tienne. Je réprime juste un frisson. Mon sourire est revenu avec ton regard. Tu entrelaces mes doigts avec les tiens. A nouveau ce fourmillement dans les yeux. Je ne veux plus jamais vivre ailleurs que près de toi. Il y a comme une urgence dans mon cœur, dans mon corps. J'ai trop besoin de toi.
Peut-être le sens-tu parce que tu m'attires vers toi. Tu ne quittes pas ce sourire qui me brûle. Maintenant nos deux corps se touchent. Je sens le tien au travers du drap. Et tes bras qui m'enserrent. Je sens tes muscles. Je pose mon nez sur ton épaule, puis sur ton bras. Tes poils m'effleurent. Comme tu sens bon... C'est une odeur d'océan qui me prend et m'emporte. Ta peau est comme le sable.
Je retourne vers ton visage. Le mien dans ton cou. J'ai trop de bonheur à l'intérieur. Tu me serres contre toi. J'ai tellement besoin de toi. J'ai tellement envie de toi. Je veux me fondre en toi. Je veux devenir toi. Je ne veux plus être à côté. C'est trop peu.
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- Joyeux Noël, mon amour
La voix de Remus est douce dans l'oreille de Sirius. Il n'ouvre pas les yeux mais sourit. Remus lui caresse la joue puis dépose un baiser dessus. Sirius ronronne, comme un chat.
Remus retient un petit rire.
- allez, debout ! Les enfants vont revenir.
- Au diable les enfants ! murmure Sirius en attrapant Remus et l'attirant vers lui.
Remus se laisse faire. Sirius ne s'est pas rhabillé et sa peau l'attire comme un aimant.
Remus ne peut s'empêcher de l'embrasser sur les bras, sur le torse.
Sirius poussa un grognement de satisfaction. Puis s'étira. Remus le contempla. Même après 12 années de réclusion, même après 2 années d'errance, son corps restait très attirant. Il dégageait cette même fascination. Remus passa sa main tout le long de ce corps.
Sirius sourit, un peu démoniaque :
- on recommence, amour ?
- ne me tente pas, démon !
Remus se pencha et leurs lèvres se scellèrent. Leurs langues reprirent l'hymen des corps.
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Sirius avait les yeux rivés à ceux de Remus. Grave et sérieux, il ne battait même pas des cils.
Remus resta un long moment sans rien dire. Il sentait la douleur non exprimée de son ami, il comprenait ses doutes et ses craintes. Il savait que les années passées avaient été un calvaire pour lui, bien plus que tout ce qu'il ne dirait jamais. Il voyait dans ses yeux le tourment qui l'agitait.
Remus passa ses bras autours des épaules de Sirius et l'attira vers lui.
- je ne veux plus jamais être loin de toi. La voix de Sirius était un murmure, doux et hésitant.
- Je sais. Je ne te laisserai pas, jamais.
- Tu veux bien me garder ?
- Pour toujours, mon amour, pour toujours...
Alors Remus sentit la tension de Sirius se relâcher. Il releva la tête vers Remus :
- c'est le plus beau Noël que j'ai jamais eu...
Les yeux de Sirius disaient aussi son bonheur.
- attends de voir le prochain.. sourit Remus.
Brusquement, Sirius se leva, attrapa les mains de Remus, l'obligeant à se lever à son tour :
- et tu sais ce qu'on fait quand on est heureux ?
Remus l'interrogea du regard. Et Sirius entama, sous le rire de Remus :
- We wish you a merry Christmas,
We wish you a merry Christmas...
J'en profite pour vous souhaiter un excellent Noël à toutes...
Si jamais vous croyez au Père Noël, revenez voir demain, on ne sait jamais, il pourrait avoir glissé un ultime chapitre...
Quoiqu'il
en soit, à tous et à toutes de très bonnes fêtes!!! Et si quelqu'un
chante "We wish you a merry...", pensez à Sirius et Remus...
