Je voudrais d'abord vous remercier d'avoir lu cette fic, en réalité c'est une histoire d'amour, ni plus ni moins. Si ça vous dit j'aimerais bien que vous me disiez quel Noël vous avez préféré, et aussi je voudrais savoir si vous avez senti suffisamment le vieillissement de Sirius.
Des petites choses à propos de ce chapitre :
Effectivement, la pleine lune de cette année était bien le 24 décembre. Ce qui m'a un peu posé un problème par rapport aux livres de JKR, mais il semblerait qu'elle n'ait pas vérifié cela, tout comme d'ailleurs elle n'a pas vérifié la concordance des jours et des dates ( hahaha, prise en flagrant délit !!! Bon, d'accord, ce n'est qu'un détail... )
Et aussi on effleure du doigt ma version de la relation Remus/ Tonks...
Et je voudrais que vous alliez lire la fic de Tayplayrock, qui est vraiment magnifique: "je veux m'en aller". Ne vous fiez pas au résumé, et lisez...
Et parce que je ne voulais pas rajouter quelque chose après mes derniers mots, je vous le dis ici:
JOYEUX NOEL !
Noël 25
25 décembre 1996
Je ne dors pas.
Je suis au Terrier, chez les Weasley. Ils dorment tous, mais pas moi.
La nuit est claire. De la faute à la lune. Elle, elle est toujours là. Elle, elle ne m'abandonne pas... Mais curieusement, je ne lui en veux pas. Au contraire, je l'attends comme une délivrance.
Aujourd'hui, c'est Noël.
Mon cœur se serre. Encore un Noël tout seul. Bien sûr, il y a les autres. Mais je n'ai pas ma place dans leurs rires et leur bonne humeur.
Je veux rester seul, comme je le suis à l'intérieur.
Je me sens vide, creux, déserté de toute substance vitale.
Pourquoi est-ce que c'est moi qui survis ? Encore et toujours.
Comme si la vie n'était pas déjà assez cruelle, il faut que je survive.
A la morsure de Greyback.
A la mort de James et Lily.
A ta mort.
C'est un cadeau cruel.
Je ne veux pas me battre pour vivre mais c'est comme si la vie s'ancrait à moi, comme si je ne pouvais pas m'en défaire.
Je la hais de m'imposer d'exister.
Et en même temps, c'est la seule chose que je connaisse, la seule que je m'autorise : vivre pour souffrir.
Je souffre de ton absence. Jour après jour, nuit après nuit.
Je paie chaque seconde de bonheur passée près de toi. Au centuple.
Chaque instant passé sans toi est un supplice.
Ta voix, ton rire manquent à mes oreilles. Je ne sais pas si je ne suis pas devenu sourd à force de ne plus t'entendre. Le monde est devenu un brouhaha infâme et diffus.
Ta voix me manque tellement.
La douceur de ton corps sur le mien me manque aussi. C'est quelque chose que les années à Azkaban n'avaient pas réussi à t'enlever. Ta peau douce et chaude... Maintenant même les draps me paraissent rugueux et il faut que la cheminée soit bien alimentée pour que j'arrive à me réchauffer.
Je regarde la lune.
Pleine hier.
Tu vois, avant, je redoutais mes transformations. Maintenant je les attends. C'est le seul moment où la souffrance me laisse tranquille. Le loup ne souffre pas. Peut-être est-il plus violent. Mais les blessures physiques qu'il m'inflige ne sont rien à côté de ce que je ressens.
C'est comme si je recherchais ces douleurs physiques. Je les désire, du plus profond de moi.
Je ne veux que cela. Je veux souffrir dans mon corps pour ne plus souffrir de ton absence.
Je fréquente des loups-garous, pour l'ordre.
Par moment, l'envie me prend de leur crier que je suis un espion. Que j'en finisse, une fois pour toute. Ne plus avoir mal... Mais j'ai une mission pour l'ordre. Dumbledore compte sur moi. Et aussi Harry. Et à travers eux, la mémoire de Lily, de James. Et la tienne.
Et la vie qui s'accroche à moi.
Je ne lui en veux pas.
Je suis né pour souffrir.
Juste pour cela.
Je ne peux m'empêcher de te chercher partout. Dans les bruits de la foule, j'essaie de retrouver ta voix... Dans les silhouettes qui m'effleurent, je tente de retrouver la tienne. Je ne veux pas sentir les frisson et les tremblements qui me secouent quand je suis déçu à chaque fois. Je ne veux pas avoir peur que tu ne reviennes pas. Je me piège. Comme l'autre jour j'ai cru voir tes cheveux noirs. Aussi bruns, aussi soyeux. Je n'ai pu m'empêcher de les toucher. Mais ce n'était que Tonks qui avait transformé la couleur de ses cheveux. Je crois qu'elle s'est méprise sur mon geste... Comment lui expliquer que je te cherche encore ? Comment avouer que je t'attends toujours ?
J'ai gardé un pull que tu mettais souvent. Il a encore ton odeur.
Je mets mon visage dedans et il me semble que tu es là. Dedans.
Alors une douce chaleur m'envahit.
Je me délecte de ton odeur.
J'ai la tête qui éclate.
Comment me dire que tu ne seras plus jamais là ? Comment me dire que je ne te serrerai plus jamais dans mes bras ?
Je ne veux pas. Je ne peux pas.
La panique me serre. L'angoisse me terrasse.
Tu es juste parti un instant. Je t'attends. Je t'attendrai, aussi longtemps qu'il le faudra.
Tu vas revenir, tu vas revenir, TU VAS REVENIR.
Les mots martèlent mon esprit. Je refuse tout. Je renie la vérité. Mais même ça, même ça me fait mal.
Je sens ma poitrine se soulever. Je la bloque. Je voudrais ne plus respirer. Je voudrais ne plus être.
La douleur est là. Cinglante, cruelle, abominable.
Qu'est-ce que c'est que ce monde sans toi ?
Je ne peux pas l'imaginer. Je ne peux pas le vivre...
J'appelle encore ton nom. Je le crie. Mais juste le silence me répond.
Ton absence me pèse. Là, juste sur mes épaules, juste dans la nuque. C'est un poids trop lourd. Je m'écroule. J'ai trop mal.
Je me souviens de notre premier noël, tous les deux... Il me semble que c'était hier et en même temps qu'une éternité est passée depuis.
Je ne veux plus aucun Noël s'ils ne sont pas avec toi. Je déteste Noël. Je hais Noël...
Ne pas pleurer. Surtout ne pas laisser l'eau qui coule dedans me submerger. Je ne sais pas à quoi me raccrocher. A la lune, ma bouée de sauvetage. Aux étoiles dans le ciel.
Je regarde cette étoile, la tienne. Il me semble toujours que j'y vois ton visage.
Mon cadeau de ce jour de Noël, c'est ton image qui se dessine dans le ciel..
Alors je murmure ces mots au vent frais, espérant comme un fou qu'il te les apporte :
« je t'aime, Sirius ».
