Bonjour à tous et merci de vos reviews. Ceux qui n'ont encore pas eu leur réponse l'auront d'ici la fin de semaine sauf gros imprevus. Désolé pour le retard de ce chapitre, ce sont des choses qui peuvent arriver malgré toute ma bonne volonté.
Pour ne pas vous faire attendre, ce chapitre est posté sans relecture autre que la mienne, veuillez excuser les fautes qui m'auraient échapé. Il sera corrigé bientot. Bonne lecture et à dans 10 jours.
Chapitre 3: Foi de troisième œil…
Toujours en Ecosse, mais dans un autre château, trois personnes
fêtaient le réveillon de manière plus tranquille.
L'homme, assez âgé, avait placé
un chapeau de carton sur sa chevelure blanche et sa barbe était
constellée de confettis multicolores. Ses yeux brillaient,
autant de malice qu'à cause du champagne, dont il tenait une
coupe pleine dans la main. Il était assis dans un grand
fauteuil derrière le bureau, qui semblait être le sien.
En face de lui étaient assises deux femmes. La première, assez âgée elle aussi, montrait à son air pincé que pour elle, il convenait certes de célébrer la nouvelle année, mais que l'excès de cotillons ne l'enthousiasmait guerre, et ce malgré les bulles pétillantes du champagne. Elle portait une robe de sorcière violette et des lunettes aux montures carrées. Quant à la deuxième, bien que beaucoup plus jeune, on lui donnait bien plus que son âge. En effet, elle portait de grosses lunettes aux verres très épais et ses cheveux étaient attachés en chignon. De plus, elle était enroulée dans de vieux châles en laine multicolore.
L'homme but une gorgée de champagne et prit la parole:
- Minerva, Sibylle, je vous remercie d'avoir
accepté mon invitation à célébrer
ensemble cette nouvelle année. Malgré les
circonstances, je prétends qu'il faut célébrer
ce genre de fêtes. Ne plus le faire, ce serait offrir des
points à l'ennemi!
- Mais c'est normal Albus, répondit la femme plus âgée.
Nous n'allions tout de même pas fêter chacun de notre
côté.
L'homme afficha un sourire, et ses yeux brillants montraient
clairement qu'il ne voyait pas ses collègues fêter le
réveillon s'il ne les avait pas invitées.
- Et merci Sibylle, reprit-il, merci d'avoir
accepté de quitter quelques heures votre tour.
- De rien Professeur, répondit la femme aux
châles.
Une horloge à la forme étrange et au mécanisme
complexe sonna un coup, et, sur un perchoir dans le fond de la pièce,
un oiseau rouge et doré lâcha un cri, comme pour lui
répondre.
- Je crois qu'il est temps, déclara alors
l'homme, après une dernière coupe de ce délicieux
champagne, de songer à nous reposer. Il se fait tard pour mes
vieux os, et nous nous devons d'être en forme pour le retour
des élèves dans quelques jours.
Les deux enseignantes acquiescèrent et
prirent les coupes qui venaient d'être remplies, tout en se
levant. Ils trinquèrent en se souhaitant leurs meilleurs vœux
et burent rapidement. Les deux femmes allaient quitter la pièce
ovale lorsque l'agitation d'une plume sur un vieux grimoire attira
leur attention.
- Nouvelle année, nouvel élève, déclara
la femme à la robe violette.
- Comme vous dîtes, Minerva, répondit
l'homme. Voyons de qui il s'agit…
- Donnez-moi son heure et lieu de naissance, demanda l'autre femme.
Ainsi je pourrai analyser son thème astral.
L'homme s'approcha du grimoire, replaça ses lunettes en
demi-lunes sur son nez et déclara:
- J'ai l'honneur de souhaiter la bienvenue dans le monde des sorciers
à Ellen Alba McGregor, qui a vu le jour, ou plutôt la
nuit, aujourd'hui, premier janvier 1981, à 01:01, au château
des McGregor.
- Une fille chez les McGregor, déclara la
première femme, voila qui est plutôt surprenant. Quand
je pense que Robert était sûr qu'il aurait un petit
frère…
- Tout arrive Minerva! Peut-être même
qu'un jour, il y en aura une chez les Weasley!
- Et vous appelez ça une bonne nouvelle? Soit vous avez des
trous de mémoire, soit vous êtes masochiste Albus!
- Les Weasley ont de tout temps mis de l'ambiance dans cette école
en effet…
- C'est le moins qu'on puisse dire.
- Bon, coupa la femme aux châles. Je vais de ce pas faire le
thème astral de la petite McGregor.
- Très bonne idée Sibylle, vous nous raconterez tout
cela au petit déjeuner demain matin. Je vous souhaite une
bonne nuit.
Puis, s'adressant à l'autre femme:
- Bonne nuit à vous aussi Minerva. J'espère que l'idée
d'une fille Weasley ne vous fera pas faire de cauchemars.
Lorsque les deux femmes eurent quitté son bureau, Albus Dumbledore prit un grand livre et s'assit dans son fauteuil où il commença à lire, après s'être servi une nouvelle coupe de champagne et avoir fait taire d'un sec «Je ne vous ai pas demandé votre avis, Phinéas», un tableau qui faisait un commentaire sur l'abus d'alcool sous prétexte de réveillon.
Le lendemain matin, il était déjà plus de neuf
heures lorsque Minerva McGonnagall et Albus Dumbledore, attablés
dans la Grande Salle qui semblait bien vide, virent débouler
Sibylle Trelawnay, visiblement porteuse d'une nouvelle importante.
- Professeur Dumbledore! Minerva! Vous n'allez pas
le croire!
- Quoi donc Sibylle? demanda calmement Dumbledore.
- La fille qui est née hier soir! Son thème est… je
ne trouve pas de mots… mais croyez-moi, on va en entendre parler…
- Asseyez-vous et racontez-nous tout cela calmement, répondit
le directeur en montrant une chaise, sous le regard assassin de
Minerva McGonnagall, qui n'appréciait visiblement pas les
thèmes astraux.
Sibylle Trelawnay s'assit et accepta la tasse de
thé que lui proposait Dumbledore. Puis elle reprit son calepin
et commença: (1)
- Premièrement, cette jeune fille est
capricorne, et sa naissance a eu lieu sous une Lune en scorpion. Cela
augure d'une force de volonté et d'un caractère solide.
Ses motivations seront le désir d'être reconnue à
sa juste valeur et sa fierté. Même si elle agira
toujours positivement, elle sera une ennemie redoutable, quelqu'un
qui fouille jusqu'au fond des choses pour trouver ce qu'elle cherche
et qui ne recule pas devant l'effort. De plus, elle aura des
aptitudes de chef.
- Ah oui, sourit Dumbledore. C'est intéressant…
- Attendez, ce n'est pas le plus important!
- Je m'en serais doutée, ironisa Minerva McGonnagall.
- Son ascendant balance accompagné de Vénus
en maison trois dénote, outre un grand degré de culture
et un sens de l'observation très développé, une
grande sympathie et une certaine courtoisie. Ce sera une jeune fille
très intuitive et motivée par ses sentiments, très
intelligente et au tempérament vif et enjoué, malgré
une légère tendance à la paresse.
- Je note, déclara Dumbledore. Et je
suppose que la position de Vénus présage un certain
charme et une gentillesse.
- Tout à fait, renchérit Sibylle
Trelawnay, et la conjonction entre Saturne et l'ascendant annonce une
personne disciplinée, responsable parfois jusqu'à
l'excès, digne de confiance et sur qui les autres savent
pouvoir compter.
- Une future préfète en chef donc, déclara le
Directeur.
- Mais enfin Albus, s'indigna McGonnagall. Vous
n'allez tout de même pas tenir compte de l'astrologie pour
désigner les préfets!
- Vous savez Minerva, répondit-il calmement. Si je n'accorde
aucun crédit aux horoscopes, il s'avère que les thèmes
astraux sont souvent très révélateurs, n'en
déplaise à votre esprit cartésien.
Il sourit à son adjointe et ajouta à l'attention du
professeur Trelawnay:
- Vous connaissant Sibylle, vous avez gardé le meilleur pour
la fin n'est-ce pas?
- En effet, reprit l'interpellée. Quoi que
dans son cas, "meilleur" ne soit pas le terme le mieux
choisi. Saturne en maison douze annonce un certain nombre d'obstacles
déplaisants et d'épreuves ennuyeuses sur sa route. De
plus, elle aura une tendance à vouloir résoudre seule
ses soucis, sans rien montrer afin que personne ne sache ce qu'elle
ressent vraiment.
Malgré cela, je pense que nous pouvons être
optimistes car le Soleil en maison trois lui promet de réussir
à surmonter les épreuves imposées par le destin
et à tendre vers le succès. De plus, cela démontre
une vision optimiste et confiante de la vie, point encore confirmé
par la conjonction de Jupiter avec l'ascendant, symbole d'optimisme,
d'ambition, et d'implication sans modération.
- En effet, ce thème est à retenir, déclara
Dumbledore, l'air pensif. Merci Sibylle, riche idée.
- A votre service professeur, répondit-elle.
- Vous restez prendre le petit déjeuner? demanda le directeur.
- Si cela ne vous dérange pas, je préfère
retourner dans mes quartiers. Ce thème astral compliqué
ne m'a pas laissé beaucoup d'heures de sommeil.
- Comme vous le souhaitez Sibylle. Bonne journée.
Lorsque leur collègue fut sortie, Minerva
McGonnagall lança au directeur un regard sévère
dont elle avait le secret, termina sa tasse de thé, se leva et
déclara:
- Je ne sais pas à quoi vous pensez, Albus,
mais quand cette petite lumière brille dans vos yeux, c'est
que votre cerveau travaille et que vous développez une de ces
idées qui ne peut venir que de vous, et je n'aime pas ça
du tout…
Puis elle quitta la salle sans attendre de réponse.
La pièce était très grande,
et la cheminée, malgré sa taille, n'arrivait pas à
en réchauffer tous les coins. C'est donc devant l'âtre
que le jeune homme s'était installé pour lire la
Gazette du Sorcier. Assis dans un grand canapé, il commentait
à haute voix les articles du journal. Il n'y avait pourtant
personne qui puisse l'entendre dans la pièce, excepté
un bébé d'environ six mois qui gazouillait dans un
berceau non loin du canapé.
Un article sembla soudain attirer l'attention du
jeune homme. Il passa pour la énième fois sa main dans
ses cheveux rebelles, avant de remettre ses lunettes en place sur son
nez. Il s'adressa alors au nourrisson:
- Tiens Harry, s'exclama-t-il. Une de tes futures admiratrices, et qui sait, future petite amie, est née! Tu verras, si tu deviens un tombeur comme ton père, et que tu es doué au quidditch, tu ne sauras plus où donner de la tête avec toutes les filles qui te tourneront autour. Elles tenteront de t'avoir comme partenaire en cours, de faire des exposés avec toi, d'être assises à tes côtés aux repas, de s'incruster dans ton compartiment du Poudlard Express… Elles parleront de toi, décortiqueront chacune de tes attitudes, interpréteront tous tes faits et gestes et analyseront chacune de tes paroles, y cherchant ce qui est bon pour elles, et ce qui serait plutôt bon pour une rivale… Je te passe les détails! Et le plus cornélien pour toi sera de choisir une cavalière pour les fêtes et les bals. Et cette petite Ellen Alba McGregor ne fera pas exception, tu peux me croire!
- De quoi tu parles, demanda une jeune femme rousse en entrant dans
la pièce et venant s'asseoir elle aussi sur le canapé.
- Tu te souviens de Catriona Stewart, Lily?
demanda le jeune homme.
- La préfète de Serpentard?
- Je dirais plutôt la splendide et sublime
préfète de Serpentard, ironisa le brun, ce qui lui
valut un coup de coude dans les côtes.
- Oui, rétorqua la rouquine, et alors? Et
depuis quand y a-t-il des filles sublimes à Serpentard aux
yeux de James Potter le fier Gryffondor? ironisa-t-elle.
- Elle a eu une fille! répondit-il en
feintant de ne pas avoir entendu la pique de sa femme.
- Et toi tu prédis déjà qu'elle a des chances de
devenir la petite amie de notre fils?
- Exactement!
- Je te rappelle tout de même que les McGregor vont
traditionnellement à Serpentard… James Potter aurait-il
assez évolué pour imaginer son fils avec une
Serpentard?
- Il y a des exceptions dans chaque famille, regarde Sirius…
- James Potter, vous êtes incorrigible! Espérons que
notre fils soit moins séducteur que son père!
- Ça, ça reste à voir… et
même sans être un séducteur, il se pourrait très
bien, si le bon goût s'hérite du père et la
beauté de la mère, que Harry soit séduit pas la
jeune Ellen McGregor!
- Merlin! Si le bon goût s'hérite du
père, c'est Mimi Geignarde qui fera craquer ton fils!
- Pense ce que tu veux, rétorqua le jeune
homme, mais rien ne m'empêche de lire les avis de naissances et
de repérer les futures petites amies pour mon fils, comme mon
père et mon grand père l'ont fait avant moi!
- Sauf que ton fils pourrait très bien,
comme son père, être séduit par une petite née
moldue, dont l'avis de naissance ne serait, par conséquent,
pas publié dans la Gazette!
- Mouais, admit le brun en fermant le journal. N'empêche que si
elle est comme sa mère…
La rouquine lui prit le journal des mains, le
roula et frappa sur la tête du père de son fils avant de
se lever et de sortir de la pièce.
- Ah… Harry, soupira le jeune homme… Les
femmes… Tu t'en rendras compte bien assez tôt…
A l'autre bout du pays, une autre famille tentait
tant bien que mal de prendre son premier petit déjeuner de
l'année dans le calme. Il faut dire que la tâche était
ardue, avec six garçons de 10 mois à onze ans.
Si leurs deux aînés mangeaient dans
le calme, s'occupant du plus âgé de leurs petits frères,
Arthur et Molly Weasley avaient toujours beaucoup de mal à
nourrir dans le calme leurs deux jumeaux terribles, âgés
de deux ans et demie. En effet, ils semblaient avoir choisi comme jeu
de redécorer la cuisine à coup d'aliments divers et
variés, et éclataient de rire lorsque leurs parents
perdaient leur calme. Les repas tournaient souvent à
l'aventure, malgré l'aide des deux plus grands, et ce surtout
depuis que, près d'un an plus tôt, un sixième
garçon était venu compléter la fratrie.
Arthur venait de poser à terre les deux
jumeaux en soupirant et ceux-ci courraient déjà à
travers le salon, lorsqu'un hibou frappa du bec à la fenêtre
de la cuisine. Voyant que sa femme était encore occupée
à nourrir le petit Ronald, qui avait décidément
un appétit de troll, il se dirigea vers la fenêtre, paya
le hibou et revint vers la table avec la Gazette du Sorcier qu'il
commença à feuilleter, heureux d'avoir enfin un moment
de calme.
Etrangement, ce premier numéro de l'année
ne ressemblait pas aux précédents. En effet, aucune
attaque ne faisait les gros titres, comme si
Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom avait décidé
de respecter une trêve du réveillon, au point que les
journalistes semblaient avoir du réfléchir pour trouver
un sujet à mettre à la une, optant finalement pour une
photo volée d'un baiser d'une chanteuse à la mode.
- Quelles nouvelles? demanda Molly avec une légère
inquiétude dans la voix.
- Rien de spécial…
- Ah bon?
- Oui, c'est surprenant, mais on ne va pas le regretter, n'est-ce
pas?
- Non en effet… Et il y a vraiment rien d'intéressant?
- Tu liras les articles people toi-même, mais dans les infos
sérieuses, je n'ai encore rien vu d'intéressant…
tiens… une annonce de naissance… avec des chevaux ailés
comme décoration. Je parierai sur les McGregor!
- Pari gagné d'avance! Alors, comment
s'appelle le dernier fils McGregor?
- Pourquoi es-tu sûre qu'ils ont eu un fils?
- Les filles sont aussi rares chez les McGregor que chez les Weasley…
- Hé bien on dira que rare ne veut pas dire
impossible…
- Une fille dans le clan McGregor! s'exclama Molly.
- A moins que l'on nomme un garçon Ellen Alba McGregor, ça
doit être une fille, ironisa Arthur avec un grand sourire aux
lèvres.
Molly s'assit, une expression de surprise sur le visage. Puis, elle
sembla pensive, posa ses mains sur son ventre et déclara:
- Alors il y a un espoir… En tout cas, cette fois, je veux y
croire…
Arthur regarda sa femme avec une grimace
d'incompréhension, puis, un éclair de lucidité
traversa son regard. Il ouvrit la bouche, et la laissa ouverte,
restant immobile de longues secondes.
- Tu… Chérie… tu… Molly… Tu veux dire que…
- Oui… je ne savais pas comment te l'annoncer… maintenant… tu
le sais…
- Je suis heureux, répondit-il en l'embrassant.
Il la serra dans ses bras en répétant à mi-voix:
«Sept, Merlin… sept…»
Puis il se rassit dans son fauteuil, regarda ses
fils, du plus âgé au plus jeune, puis sa femme.
- A quoi tu penses, demanda-t-elle.
- Que si c'est une fille, au moins elle sera calme… Et que ce sera
plus simple!
Puis il prit la Gazette et chercha les pages sport.
(1): Basé sur un thème astral réel calculé pour une naissance en Ecosse le 1er janvier 1981 à 01:01, Extraits choisis.
