Bonjour à tous,
Voici le nouveau chapitre, un peu court je
l'admets…
Mais… je vous annonce un changement de rythme de parution. Dès
le chapitre 7, je publierai tous les SAMEDIS, en général
en fin de journée.
Bonne lecture… et à samedi prochain.
Chapitre 6: Télépathie ou empathie
Comme la température baissait chaque jour un peu plus, les
balades dans le parc devenaient de plus en plus courtes pour Ellen,
qui, quand elle n'était pas au salon en train d'écouter
sa mère jouer sur le grand piano à queue, passait
beaucoup de temps dans sa chambre, à écouter les
histoires que lui racontait sa nourrice.
Ce soir-là, c'est justement en plein milieu
d'une histoire qu'Ellen refit "Hou" en voyant Raspoutine,
trempé par la pluie, se poser sur le bord de sa fenêtre.
La nourrice se leva pour faire entrer le hibou, qui s'installa près
de la cheminée. Elle détacha l'unique lettre qu'il
portait et décacheta le parchemin tout en reprenant sa place
auprès d'une Ellen plus souriante que jamais.
«Coucou Ellen,
Je m'excuse de ne pas t'avoir écrit plus
tôt, mais il y a tellement à faire et à découvrir
ici… et je dois m'habituer au rythme des cours. C'est assez
fatiguant, surtout les matins après les nuits où Mike a
ronflé fort. Ce type, si j'apprends un jour qu'il a un ancêtre
fabriquant de moteurs, cela ne m'étonnerait même pas!
J'espère que tout va bien pour toi, et
je m'excuse d'avance auprès d'Annie de lui donner autant à
lire. Je suis sûr qu'il y a des lectures bien plus
passionnantes que les péripéties des premiers jours à
Poudlard d'un jeune garçon. Si ce genre d'histoires était
publié, je suis persuadé que personne n'achèterait
le livre!
Avant toute chose, un énorme merci pour ton empreinte de main. Je l'ai accrochée au mur au dessus de ma table de chevet. Ça a bien fait rire Mike qui trouvait qu'un poster de quidditch serait plus approprié, (il a aussi proposé une photo d'Anae, il me taquine… mais c'est vrai que quand la première chose que tu vois en te réveillant est le sourire d'Anae, c'est dur de passer une mauvaise journée…) mais quand je lui ai expliqué que ma petite sœur de neuf mois répondait à mes lettres, il a vite arrêté de rire!
Les premiers jours, le plus dur à Poudlard, c'est de ne pas se perdre dans le château et d'arriver à l'heure aux cours. De plus, même quand tu connais parfaitement le chemin, il y a les escaliers qui n'en font qu'à leur tête. Ils bougent pendant que tu es dessus, et ils ne te déposent absolument pas là où tu voulais aller. J'avoue que le sens de l'humour des fondateurs de l'école m'échappe un peu... Mais c'est très pratique pour échapper à un grand frère moqueur, quand la chance est avec toi bien sûr!
Enfin, depuis, j'ai trouvé une nouvelle
méthode pour clouer le bec de Robbie. Anae dit que ce n'est
pas fair-play d'utiliser les points faibles de son frère pour
avoir le dessus. Elle n'a pas tort, mais elle dit aussi que parfois
la fin justifie les moyens, et elle n'a pas tort là non plus.
Ne t'inquiète pas, elle a ses contradictions mais elle est
très gentille, et on s'y habitue très vite.
Donc, quand Robbie laisse sa langue de vipère dépasser
les bornes, je lui parle de Sandy, et du coup, comme par magie, il se
tait…
Hier, il a eu la mauvaise idée de
riposter en parlant d'Anae…en disant qu'elle me faisait tourner la
tête et en plaisantant sur le fait qu'on est toujours ensemble.
Hé bien tu ne devineras jamais ce qu'elle a fait. Elle était
quelques mètres plus en avant dans le couloir, car j'avais
ralenti. Elle est revenue sur ses pas, elle m'a pris par les épaules
et elle m'a fait un bisou sur la joue. Puis elle m'a entraîné
en disant:
- Viens mon amour. Pourquoi tu traînes avec ce couard qui
n'ose même pas déclarer son amour à l'élue
de son cœur et qui passe sa rage sur les autres?
Tu aurais du voir la tête de Robbie! Le seul problème,
c'est qu'il ne capte pas l'ironie et il croit donc que ce qu'il a vu
est la vérité. Pauvre Robbie…
En ce qui concerne les cours, c'est très intéressant,
même si on n'en est qu'aux introductions. J'aime beaucoup la
métamorphose et les sortilèges. J'ai déjà
réussi quelques sorts, souvent grâce à l'aide
d'Anae.
Par contre, en soin aux créatures
magiques, là, c'est moi qui l'aide. J'aime vraiment cette
branche. Je suis sûr que ça me sera utile pour m'occuper
des chevaux.
Anae, elle, elle aime les potions. Elle dit que ça lui
rappelle la cuisine et qu'elle adore cuisiner… Je ne sais pas si
c'est conseillé d'aller manger chez elle…
La défense contre les forces du mal est
aussi très intéressante. Notre professeur est très
sympathique et a beaucoup d'humour. Il a beaucoup ri quand j'ai dit
"les grands frères" quand on a du citer des
créatures maléfiques. La blague a fait le tour du
collège, et Robbie, lui, n' pas aimé du tout. C'est
donc confirmé, il n'a pas d'humour!
Hier ont eu lieu les sélections de l'équipe de quidditch de Serdaigle. Anae est passionnée par ce sport qu'elle trouve plus intéressant que les sports moldus. Du coup, on est allé aux sélections. Ce n'est pas encore cette année que Serdaigle détrônera Serpentard et Sandy, leur attrapeuse vedette. On a fait nos premiers cours de vol en balais, et je me débrouille plutôt très bien, et Anae aussi. Ça ne vaudra jamais un cheval ailé, mais c'est sympa et distrayant. Et puis, Anae est magnifique les cheveux au vent.
Je crois que je t'ai raconté tout ce
qu'il y avait d'intéressant à dire. Je te réécrirai
prochainement pour te donner des nouvelles.
Les vacances sont encore très loin, mais je me réjouis
déjà de te retrouver.
Ton grand frère
Quentin»
Le reste de la soirée fut bien sûr passé à dessiner la réponse d'Ellen, que Raspoutine emmena avec lui dans la nuit
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Les journées devenaient nettement plus
courtes et le ciel était bien plus souvent gris que bleu.
Lorsqu'il n'était pas plongé dans la brume automnale,
le parc du château McGregor était magnifique. On aurait
dit que chaque arbre rivalisait avec son voisin pour présenter
les jaunes les plus lumineux et les ocres les plus chatoyants. Mais
peu à peu, c'est sur le sol que se mélangeaient ces
couleurs, en un tapis naturel qui crissait sous les pas.
Conséquence des caprices de la météo, Ellen
n'avait plus droit à sa promenade quotidienne depuis quelques
jours déjà, et la nourrice redoublait d'efforts pour
que les journées de la petite fille ne soient pas monotones.
Ce jour-là, elle la faisait rire en passant des masques et
déguisements de saison, de monstres en citrouilles en passant
par les fantômes, qui plaisaient énormément à
Ellen, certainement parce qu'ils faisaient "Hou"…
Pourtant, plus la journée avançait, plus la petite
princesse semblait morne, perdant peu à peu son sourire,
malgré toute l'imagination dont la nounou faisait preuve.
En début de soirée, l'état d'Ellen devenait
inquiétant, et Catriona fit venir le médicomage, qui ne
put que constater une poussée de fièvre inexpliquée.
Il lui fit prendre un calmant, qui eut pour effet de l'endormir. Sa
nourrice et sa maman se relayèrent durant toute la soirée
pour veiller sur son sommeil agité
Peu avant minuit, alors que la nourrice venait de remplacer Catriona
auprès d'Ellen, celle-ci se réveilla en sursaut et
commença à pleurer, de plus en plus fort. Annie la prit
dans ses bras et commença à la bercer. Elle semblait
avoir vraiment beaucoup de fièvre.
Alertée par les cris de sa fille qui redoublaient d'intensité,
Catriona accourut.
- Que se passe-t-il Annie? demanda-t-elle en entrant dans la chambre.
- Je ne sais pas madame, elle s'est réveillée
brutalement…
- Elle a beaucoup de fièvre, déclara Catriona sur un
ton trahissant son inquiétude après avoir touché
le front de sa fille.
- Il faut lui redonner son médicament Madame, suggéra
la nourrice.
Catriona acquiesça en silence. Elle prépara le biberon
tandis que Rory venait aux nouvelles. Il ne fut pas de trop lorsqu'il
s'agit de faire boire Ellen, qui s'agitait de plus en plus.
Maria, la gouvernante, entra dans la chambre pour prévenir de
l'arrivée imminente du médicomage. Elle apportait un
linge mouillé qu'elle appliqua sur le front d'Ellen, qui
pleurait sans discontinuer.
Catriona arpentait la chambre, plus inquiète de seconde en
seconde, croyant entendre à chaque instant le médicomage
arriver. Rory, malgré l'inquiétude qui le rongeait,
restait impassible et tentait de calmer sa femme, pendant que Maria
et Annie se débattaient avec Ellen, qui ne se calmait guère
malgré tous leurs soins.
Enfin, le guérisseur franchit la grande porte. Fébrile,
Catriona se précipita pour l'accueillir. Soudain, tandis que
Rory témoignait au médicomage tout son soulagement de
le voir accourir, ce fut le silence.
Les parents d'Ellen s'élancèrent avec angoisse,
vers la nurserie, aussitôt suivis par le guérisseur.
Ils virent alors Ellen endormie dans les bras de sa nourrice,
visiblement interloquée. La petite fille suçait
paisiblement son pouce, et malgré tous les examens qu'il put
faire, le médicomage ne trouva rien d'inhabituel.
Ellen était en pleine santé.
Lorsque le médecin fut reparti et les parents d'Ellen couchés, Annie, qui veillait la petite pour prévenir toute rechute, fut tirée de ses pensées par un claquement de bec à la fenêtre. Surprise, elle ouvrit à Raspoutine et lut le petit parchemin qui, cette fois, lui était adressé.
«Bonsoir Annie,
Désolé de vous déranger si tard, mais j'ai un
mauvais pressentiment et je ne trouve pas le sommeil. Est-ce que tout
va bien au château? Est-ce qu'Ellen va bien?
Merci de me donner des nouvelles et désolé du
dérangement.
Quentin»
Elle sourit et répondit en quelques mots au jeune homme inquiet.
«Bonsoir Quentin,
En effet, Ellen a été malade ce soir, mais elle est
déjà guérie. On ne sait pas exactement ce
qu'elle a eu, mais sois rassuré, elle va bien. Elle est
paisiblement endormie.
Dors bien. A bientôt.
Annie»
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Après une courte nuit, Rory McGregor se présenta à
la table du petit déjeuner avec de petits yeux. Il déplia
la Gazette du Sorcier en étouffant un bâillement qui se
changea en un cri d'étonnement. Et malgré le gros
titre qui occupait l'entier de la Une, il ne pouvait croire ce qu'il
lisait.
- Par Merlin!
- Que se passe-t-il? demanda Catriona, surprise de la réaction
de son mari.
- Il a enfin été vaincu!
Catriona fixa son regard sur le visage stupéfait de Rory qui
continuait à lire avidement la Une de la Gazette. Elle voulut
avancer d'un pas, mais ne put bouger. A peine put-elle demander
d'une voix sourde :
- Tu parles bien de Celui... auquel je pense?
- Oui... répondit sobrement son mari, les yeux rivés
sur les lignes noires de la Gazette. C'est incroyable!...
Catriona réprima un frisson.
- Comment est-ce possible?
- Il semblerait qu'Il ait réussi à retrouver
les Potter... relut Rory, comme pour se persuader qu'il n'était
pas sous l'effet de sa trop courte nuit. Ils sont morts. Tous les
deux... Mais leur fils a survécu. D'après l'article,
tout laisse à penser que c'est lui qui a vaincu le Seigneur
des Ténèbres...
Il leva vers sa femme un visage où l'incrédulité
le disputait à l'ahurissement.
- Ce n'est pas possible! bredouilla Catriona, très
pâle.
- C'est dans la Gazette, ma chérie... Il y a sûrement
un peu de vrai dans cette histoire...
- Pauvres gens... murmura la jeune femme. Et pauvre enfant...
Qu'est-il advenu de lui? Sait-on qui va se charger de lui à
présent.
Rory replia la Gazette et la posa sur la table à côté
de sa tasse encore à demi remplie de café.
- Ils ne le disent pas... Mais une chose est sûre : si la
moitié de ce qu'il y a écrit dans cette feuille de
chou est vraie, pour une fois, alors c'est une grande nouvelle et
nous avons lieu de nous réjouir...
Il se leva, oubliant qu'il venait à peine de commencer à
déjeuner, et sortit. Ce matin-là, il ne se rendit pas
aux Haras comme d'ordinaire, mais il transplana jusqu'à
Londres, où il en pensait en apprendre davantage sur cet
événement que beaucoup espéraient mais sur
lequel très peu osaient compter…
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Le même soir, Ellen venait de terminer son biberon et Annie attendait qu'elle fasse son rot. Mais au lieu de rot, elle fit "Hou!". Annie se retourna et vit Raspoutine sur le rebord de la fenêtre. Elle déposa la petite fille dans son lit pour lui lire son courrier tandis que Raspoutine prenait sa place près de la cheminée, dans l'attente de la réponse qui n'allait pas manquer.
«Bonjour Ellen,
Annie m'a dit que tu as été malade, j'espère
que tu es guérie.
Nous avons eu beaucoup de chance hier soir. Je voulais avoir de
tes nouvelles, car je ne me sentais pas très bien. Alors Anae
et moi sommes montés à la volière après
le couvre feu. Nous ne nous sommes pas fait prendre, comme si tous
les professeurs étaient occupés ailleurs. Quant à
Rusard et sa chatte, il est encore assez facile de les éviter
si l'on est prudent…
Tu devrais voir l'agitation qu'il y a aujourd'hui à
Poudlard. Ce matin, quand la Gazette est arrivée, un murmure a
parcouru les tables. Personne n'osait vraiment croire à la fin
du Seigneur des ténèbres. C'était un fou ce
type. Je ne connaissais pas grand-chose, mais depuis la rentrée,
Anae me passe chaque matin la Gazette du Sorcier. Elle s'intéresse
à tout ce qui se passe. Dumbledore a fini par déclarer
que si c'était dans le journal, c'est qu'il y avait au moins
un peu de vrai, ce qui n'a fait qu'amplifier les murmures.
En tout cas, cette nouvelle semble avoir un énorme impact
tout le monde ici, et c'est compréhensible. Il y a des élèves
qui ont des gens de leur famille qui ont été tués
par ce fou, et beaucoup de grands qui connaissaient bien les Potter.
Il semble que cette bonne nouvelle ne plaise pas à tous les
Serpentard. Anae craint que cela ne signifie que le mage noir ait
plus de partisans que prévu parmi les plus jeunes.
Elle dit que c'est notre responsabilité de veiller à
ce que ce genre de choses ne se reproduisent plus, et je pense
qu'elle a raison… Heureusement qu'elle est là! J'apprends
tous les jours beaucoup de choses sur le monde.
Ce qui est sûr, c'est que quelque chose a changé
cette nuit. J'espère vraiment que c'est le début d'un
monde où il fait bon vivre.
Je me réjouis de te voir, même si les vacances sont
encore dans plusieurs semaines.
A très bientôt, et ne m'en veut pas, mais je crois
que je t'ai trouvé un petit surnom, Ellie…
Ton grand frère, qui apprend plein de choses sympas!»
