Bonjour à tous,
Voici le chapitre de la semaine, j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture… et à samedi prochain.

Chapitre 8: anniversaire

Il avait neigé une grande partie de la nuit, mais en ce premier matin de l'année, le ciel était dégagé. Comme si la météo avait elle aussi pris de bonnes résolutions. C'est donc le soleil qui réveilla Quentin. La matinée était déjà bien avancée et de bonnes odeurs annonciatrices du repas de midi flottaient déjà dans le château. Le jeune garçon se leva d'un bond et se dirigea vers la fenêtre. Il profita quelques minutes des rayons de soleil, trop rares en cette saison, en admirant le parc sous son blanc manteau. Quentin s'habilla et descendit rapidement à la nurserie, après avoir fait un détour par les cuisines et salué Catriona.
Ellen jouait avec Annie devant la cheminée, et il se joignit à elles. Il ne vit pas le temps passer et, lorsque la cloche retentit dans le hall, il fut surpris qu'il soit déjà l'heure de manger. Après avoir rangé les jouets d'Ellen dans la grande malle, il la fit marcher jusqu'à la salle à manger où Annie l'installa dans son siège.
Toute la maisonnée vint souhaiter un bon anniversaire à Ellie, de la cuisinière à la femme de chambre, y compris Robbie, à la grande surprise de Quentin.

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Après le repas, Quentin demanda à Catriona l'autorisation d'emmener Ellie se promener dans la neige, et il finit par l'obtenir grâce au soutien d'Annie. Ils l'habillèrent donc chaudement et sortirent tous les trois dans le parc. Ellen semblait heureuse de retrouver le grand air, même si les reflets du soleil sur la neige l'éblouissaient.
Quentin s'arrangea pour diriger leurs pas vers l'écurie, et Ellen retrouva avec bonheur les chevaux ailés. Ils traversèrent tout le bâtiment, s'arrêtant à chaque stalle pour saluer son occupant par une caresse sur le museau. Tout au fond de l'écurie, un palefrenier avait sorti une jument de son box et la bouchonnait. Ils s'approchèrent et Quentin obtint le droit d'installer sa sœur un moment entre les ailes de l'animal. Annie immortalisa ce souvenir grâce à son appareil photo avant de ressortir dans le parc.

Avec l'accord de la nourrice, Quentin enleva un gant à Ellie pour lui faire toucher la neige. Surprise par le froid, elle resta saisie un instant, puis se mit à rire.Ellie s'essaya à ses premiers pas dans la neige. L'exercice était difficile, elle renonça bientôt. Elle se laissa tomber dans le manteau moelleux et entreprit de goûter à cette douceur éclatante. Annie riait avec elle, tandis que Quentin réalisait un petit bonhomme de neige à côté de sa sœur. Annie ressortit son appareil photo. Ellen aurait ainsi quelques souvenirs de son premier anniversaire.
Annie donna trop tôt le signal du retour. Et tandis qu'Ellen se remettait de ses premières expériences hivernales bien au chaud dans ses couvertures, Quentin se consacra à sa correspondance. Il s'offrit même le plaisir de gagner une petite joute verbale avec Robbie lorsqu'il le croisa sur le chemin de la volière.
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Lorsque Ellen se réveilla, le soleil avait disparu à l'horizon. Les dernières lueurs du jour s'éteignaient déjà, laissant la place aux étoiles. Rory aidait sa femme à préparer la salle à manger pour accueillir les cousins français, attendus d'un moment à l'autre.
Robbie ronchonnait contre l'invasion de filles et de bébés qui, disait-il, allaient accaparer son espace vital, anéantir le calme du château, et –comble de l'insupportable- allaient agresser ses pauvres petits tympans...
Quentin, lui, sillonnait le hall derrière Ellen, qui consciente de l'agitation ambiante, courrait dans tous les sens.
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L'attelage ailé termina son long voyage devant les marches de l'entrée. Rory et Catriona sortirent accueillir leurs invités, tandis que les garçons restaient à l'intérieur. Robbie n'avait pas envie, râlait-il, de voir arriver les mioches, et Quentin restait au chaud, Ellen dans ses bras.
Le hall résonna bientôt de salutations et de rires d'enfants, au grand dam de Robbie, qui marmonnait qu'il l'avait bien dit.
Catriona salua chaleureusement la jeune femme brune qui tenait un petit garçon endormi dans ses bras, tout en tenant sa copie conforme par la main.
- Bonjour Magali. Heureuse de t'accueillir enfin ici, et de rencontrer tes deux petits bonshommes. Ils sont vraiment impossibles à différencier!
- En effet, j'ai moi-même parfois du mal à savoir qui est qui. Celui que je porte, c'est François, et Loïc est impatient de rejoindre ses cousines, ajouta-t-elle en lâchant la main du garçonnet.
- Ton mari n'est pas là?
- Non, malheureusement. Il a préféré rester aux haras. Il ne fait que peu confiance au personnel et n'aime pas quitter le domaine lorsque Alexander et Maximilien sont absents.
- Je comprends, soupira Catriona sur un regard à Rory qui parlait déjà boutique avec ses cousins. Mais viens t'asseoir au salon, proposa-t-elle en montrant la porte devant laquelle se tenait Quentin.
- Volontiers, le voyage a été épuisant, répondit Magali. Oh, mais c'est Ellen, s'exclama-t-elle.
Toutes les attentions convergèrent vers Ellie et Quentin, et la demoiselle reçut une pluie de baisers et de souhaits d'anniversaire qu'elle ne put esquiver, malgré tous ses efforts pour se cacher dans le cou de son frère.

Tous finirent pas s'installer au salon pour y continuer leurs conversations entamées dans le Hall.
Les petites Blanche et Laure cessèrent de courir partout pour s'intéresser à Ellen. Toujours accrochée au cou de son frère, Ellie les laissa s'approcher. Les boucles blondes de Blanche semblaient la fasciner. Elle avança la main et enfonça ses doigts dans la chevelure soyeuse. Blanche se mit à hurler qu'on lui arrachait les cheveux. Quentin tenta de faire lâcher Ellie. Il ne réussit qu'à lui faire resserrer la pression de ses doigts sur les boucles. Laure cria à son tour, et entreprit de frapper Quentin de ses petits poings furieux. Elle était toute rouge et ses mèches noires tombaient sur son visage indigné. Ellen, revenue de sa surprise, hurla à son tour au diapason de ses cousines. La petite Julie jusque là endormie dans les bras de sa mère s'éveilla en sursaut et ses pleurs effrayés ajoutèrent à la panique d'Ellie.
- Bien joué Quentin ! s'écria Robbie tandis que Catriona, et Magali tentaient de calmer les filles et de libérer Quentin de l'assaut de Laure. Tu sais y faire avec les filles !
Et comme Catriona s'éloignait avec Ellen, suivie par Magali et les deux petites, il s'approcha de son frère.
- On évite les coups bas cette fois, hein ! Et pas un mot sur Sandy sinon...- Montre l'exemple, railla Quentin tout en massant ses tibias endoloris des coups de pieds de Laure. Je te promets que je calquerai mon attitude sur la tienne... grand frère.

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A l'appel de la cloche, tous passèrent à table. Le personnel de cuisine s'était surpassé. Chacun fit honneur aux nombreux plats. Au moment du dessert, Maria apporta un gâteau recouvert de crème surmonté d'une bougie, qu'elle déposa près d'Ellen pendant que toute la tablée chantait l'air de circonstance. Quentin la sortit de son siège et l'assit sur la table, la tenant par les épaules.- Allez Ellie, souffle! dit-il en lui montrant ce qu'elle devait faire.
Il fallut plusieurs tentatives, et tous les encouragements de Quentin pour qu'Ellie parvienne à éteindre la bougie. Et lorsqu'elle y arriva enfin, tous applaudirent.
Quentin fut le premier à manifester son enthousiasme. Mais Ellen était bien plus intéressée par l'odeur sucrée du gâteau devant elle. Elle ouvrit la bouche et se pencha en avant. Le cri unanime que poussèrent les femmes autour de la table n'empêcha pas la petite fille de plonger la tête dans la crème.
Annie, toute proche, fut la première sur place. Elle redressa Ellen, qui semblait apprécier son gâteau d'anniversaire. Quentin, tout mortifié de sa lenteur de réaction, s'empressa d'essayer de la débarbouiller sous les rires de la tablée. Ellie, de la crème plein les mains et la bouche, manifestait son approbation quant à la qualité gustative du gâteau. Elle tendit les mains vers son frère et avec un «mmmm !» plus qu'explicite entreprit de lui faire profiter de ce savoureux dessert.
Les rires repartirent. Robbie se tenait les côtes devant le visage entarté de Quentin...
Le jeune garçon s'essuya le nez et les joues.
- Décidemment, Ellen, déclara-t-il. Tu fais tout à l'envers! Le gâteau, ça se met à l'intérieur des joues! pas à l'extérieur, nounouille! Et on amène le gâteau à la bouche, pas la bouche au gâteau!
Annie, d'un coup de baguette, débarbouilla le frère et la sœur. Le gâteau reprit sa forme originelle sur un geste de Rory, et le repas se termina dans la bonne humeur.
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Avant de retourner au salon pour prendre le thé, on coucha les plus jeunes. Quentin accompagna Annie jusqu'à la chambre d'Ellie.Pendant que la nourrice préparait le pyjama de la petite fille, Quentin s'amusait à lui faire des grimaces. Elle riait. Il la souleva à bout de bras, ce qui l'amusait toujours beaucoup.
- Hé bien, Mademoiselle! décida-t-il. Puisqu'on fait tout à l'envers... on va être à l'envers aussi!
Et il la renversa quelques secondes. La tête en bas, Ellen riait de plus belle.
- Allons, Quentin! Ce n'est pas bien d'énerver une enfant au moment de la mettre au lit! le gronda gentiment Annie.
Mais Quentin ne répondit pas. Il laissa Annie lui prendre Ellie des bras. Ses yeux brillaient et son visage était figé dans une expression de révélation.
- Tu peux venir embrasser ta sœur, l'autorisa Annie quand elle eut fini d'habiller Ellen.
Quentin s'approcha lentement. Il se pencha sur son oreille...
- J'ai trouvé comment je vais t'appeler... murmura-t-il. Et toi et moi seulement saurons pourquoi...
Il l'embrassa sur le front:
- Bonne nuit... Nell... souffla-t-il.
Annie remonta la couverture sur Ellen.
- Voilà, Ellie... Tu dis bonne nuit à Quentin?
- 'Entin... fit Ellie.
Annie manifesta son étonnement:
- Par Morgane! je crois bien que voilà son premier mot! commenta-t-elle.
Elle laissa Quentin, tout ému, donner un dernier bisou à sa sœur. Il partit rejoindre les autres au salon, un grand sourire aux lèvres.
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Au moment où Quentin s'assit dans le grand canapé, les adultes discutaient de la généalogie familiale.
- Maximilien a fait une découverte intéressante lors de ses recherches, déclara Fanny.
- Ah? s'interrogea Rory. Et laquelle?
- On sait que la branche française des McGregor est reliée à l'anglaise à l'époque de Charles VII, commença Maximilien. Par contre, j'ai découvert un autre lien, beaucoup plus récent celui-là.
- C'est intéressant, déclara Catriona. Dis-nous tout!
- En fait, cela remonte à six générations, reprit Maximilien. Il s'agit des petits enfants de Nelly et Conrad et aussi de la dernière apparition de jumeaux dans notre arbre avant Loïc et François. Il semble que les deux frères se soient déchirés pour une raison que je n'ai pas encore découverte, et qu'Oliver ait quitté l'Ecosse pour s'installer en France. Cinq générations plus tard, mon beau-père Frédéric épousait Natacha, sans savoir que c'était une de ses lointaine cousine, descendante des McGrégor émigrés sous Charles VII.
- Et personne n'avait découvert le lien avec Oliver avant toi, Max? demanda Rory.
- Il semble que non. Il faut dire que la révolution française a détruit beaucoup de documents officiels.
- C'est intéressant, intervint Quentin, qui était passé inaperçu jusque là.
- Tu es là toi? s'étonna Catriona.
- Ben oui, répondit le jeune homme. Ça m'intéresse.
- Très bien, mais il va être temps de monter te coucher, déclara Rory. Où est ton frère?
- Je ne sais pas, sans doute dans sa chambre.
- Si tu le croises, dis lui d'aller se coucher. Bonne nuit Quentin.
Le jeune garçon salua tout le monde et quitta le salon.

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Le séjour en Ecosse des cousins français sembla passer très vite. A peine furent-ils partis que le cœur de Quentin fut pris d'un dilemme. Il se réjouissait autant de retrouver Poudlard qu'il désespérait de quitter Ellie.Robbie s'enferma dans sa chambre et s'attela en toute hâte à ses devoirs.
Quentin, lui, plus prévoyant, put profiter de la neige avec Ellen. Il ne manqua pas une occasion d'être à ses côtés jusqu'au moment du départ, allant jusqu'à écrire ses lettres dans la chambre de sa sœur.
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Lorsque Quentin monta dans le carrosse le jour de la rentrée, il ne put s'empêcher de regarder son frère d'un drôle d'oeil. Le voir embrasser Ellie au moment du départ avait été un moment d'étonnement. Robbie avait haussé les épaules:
- Ben quoi? avait-il grogné en passant devant lui. Elle peut se révéler très drôle… pour une fille...
Quentin le voyait sourire. Et plus le carrosse montait dans les airs, plus le sourire de Robbie s'élargissait.
- Tu veux ma photo?
- Hein?
- Tu veux ma photo? Tu n'arrêtes pas de me regarder: tu veux ma photo?
- Non, merci... répondit Quentin. J'ai déjà un livre illustré sur les créatures maléfiques. Je me demandais juste pourquoi tu souriais...
Il fit semblant de réfléchir
- Ha mais bien sur! Que je suis bête! Sandy aussi sera de retour!
Le sourire de Robbie se changea en grimace.
- Oui et Anae aussi... voulut-il grincer.
Il n'osa aller plus loin, comme Rory relevait les yeux du livre qu'il avait emporté.
Quentin retint lui aussi la réponse qu'il allait lui faire. Après tout, il n'avait pas tort. Anae serait là. Et Quentin se mit à sourire lui aussi...


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