Disclaimer : Les personnages appartiennent à Gaston Leroux et les chansons à Andrew Lloyd Weber pour la plupart.
J'ai laissé les paroles des chansons en français, mais si vous souhaitez être transportés, je vous conseille les versions originales. Personnellement, je me suis collée énormément au film (2004). Autant sur les physiques que costumes, décors.
Pour toutes chansons au cours de cette fiction qui ne serait pas présente dans film/comédie musicale de base, vous trouverez les références à la fin du chapitre.
Bonne lecture !
R0mancière.
Prologue : The Orphan
Paris, 1860,
L'enfant entra dans la Chapelle de l'Opéra pour la première fois de sa vie. Les murs étaient ternes et gris, un vitrail laissait entrer une lumière bleutée et l'ange Gabriel qui trônait dessus rassura immédiatement Christine. Elle portait une petite robe bleu ciel que son père lui avait offert il y a quelques mois en arrière, ses longues boucles brunes coulaient dans son dos. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine. Une magnifique enfant qui vous désarme le cœur avec son sourire si doux…
Son regard noisette était pourtant embué de larmes tandis qu'elle s'approchait du mémoriel sur lesquels trônaient déjà une dizaine de photos.
D'un geste peu sûr, elle accrocha la photo de Gustave Daaé parmi les autres photos et vint allumer un cierge et sans qu'elle puisse se contrôler, de lourds sanglots vinrent secouer son corps frêle. Sa mère était partie un matin de Printemps l'an dernier. Son père quant à lui partait un an plus tard, au début de l'hiver. Elle était désormais seule, seule et sans personne pour veiller sur elle. Madame Giry était une femme gentille, et si son père lui avait demandé de prendre soin de son unique fille, c'est qu'il savait qu'elle serait une bonne personne pour elle. Mais Christine se sentait terriblement vide et seule.
Comment faire face à cette solitude qui à présent lui rongeait l'esprit ? Plus jamais elle ne sentirait les bras de son père autour d'elle, plus jamais elle ne l'entendrait rire, chanter ou encore jouer du violon… Qu'adviendrait-il d'elle sans un père pour la protéger… ?
Recroquevillée sur elle, elle enserra ses jambes entre ses bras. Doucement, elle appelait.
« Papa, ô papa. »
Comment allait-elle faire désormais ? Son unique famille était partie rejoindre Dieu et désormais, elle était seule… Seule pour toujours. Ses sanglots redoublèrent tandis que son esprit s'embrumait… Le désespoir la rongeait… Comment une plaie aussi béante pouvait-elle guérir un jour ?
« Comment dire au revoir ? »
Elle chantait ces quelques mots depuis son départ pour l'Opéra. Elle ne savait comment dire adieu à son père. Elle ne savait comment elle allait survivre sans lui. Sans le centre de son monde… Son père et elle étaient si fusionnels, une relation que l'on ne voyait nulle part ailleurs. Il était son monde, son existence… Et elle était dorénavant orpheline. Orpheline…
Tout en se balançant d'avant en arrière, recroquevillée sur elle-même, l'enfant fredonnait un air mélodieux, une berceuse que son père lui jouait avec son violon. Ce n'était pas très juste, voir par moment, faux, mais cela l'apaisait quelque peu… Lorsque soudainement, une voix s'éleva dans l'air de la Chapelle…
« Enfant errante
Si triste, impuissante,
Que ma présence t'apaise. »
La voix était d'une douceur sans pareil et sorti l'enfant de sa torpeur, relevant la tête, elle chercha la source de ce chant mélodieux, mais personne n'était dans la chapelle. Christine parcourait de ses yeux embués le moindre recoin… Avait-elle rêvé ?
« Qui est là ? Qui chante ? »
Aucune réponse ne lui vint, mais l'enfant sentit une délicate odeur de rose s'imprégner dans la pièce. Elle en était sûre, quelque chose se passait. Et soudain son cœur se gonfla d'un bonheur inexplicable. Elle savait. Son père avait promis… Alors tout en fermant les yeux, elle vint à penser, à réfléchir… Puis sa petite voix encore enrouée d'avoir trop pleuré s'éleva dans l'air tandis qu'elle continuait à se balancer.
« La Petite Lotte errait dans ses pensées. Où va ma préférence ? aux poupées ? aux lutins ? Aux souliers ? aux énigmes ? aux robes ? aux pique-niques au grenier… ou aux chocolats ? »
Un sanglot coupa son histoire. C'était si douloureux… C'était son père qui lui racontait cette histoire… Et aujourd'hui, elle devait se la raconter seule. Mais elle devait le faire, il était là. Elle le savait.
« Non… Ce que je préfère, dit la petite Lotte, c'est quand, endormie dans mon lit… »
La petite fille soupira et sa voix s'éleva une nouvelle fois dans l'air avec une douceur presque déconcertante. Elle avait une voix aussi pure que le cristal. Dû à son jeune âge, elle n'était pas parfaite… Mais elle était tel un diamant brut demandant à être taillé.
« L'ange de la musique chante dans ma tête… L'ange de la musique chante dans ma tête… Père… m'as-tu donc envoyé mon ange de la musique ? Comme tu l'as promis ? »
Plus aucun bruit ne résonna dans la pièce… L'odeur de rose avait disparu et les yeux de Christine s'embuèrent à nouveau… Non… Elle ne pouvait avoir rêvé ? Le chagrin lui causerait-il des hallucinations ? Et alors que l'enfant allait sangloter à nouveau, la voix si mélodieuse reprit, apportant avec elle une odeur de rose plus puissante encore que la première fois.
« Si longtemps perdue en hiver,
Désormais sous ma vue tutélaire. »
Le cœur de Christine s'empli d'une joie si forte qu'elle crut qu'il allait exploser. Et tandis que peu à peu l'odeur disparaissait, Madame Giry arriva dans la Chapelle.
« Viens Christine, je vais te montrer ta chambre. »
L'enfant vint saisir la main de Madame Giry et elle la suivit un sourire aux lèvres. Ses yeux étaient encore rouges et gonflés, mais la joie semblait avoir repris sa place dans les yeux de l'enfant, ce qui étonna la direction de ballet. L'enfant si désespéré paraissait soudain… revivre ?
« Qu'est-ce qui te rend soudainement si joyeuse mon enfant ?
- Père a tenu sa promesse…
- Sa promesse ?
- L'Ange de la Musique est là désormais. L'ange de la musique chante dans ma tête… »
Christine ne remarqua jamais le regard à la fois étonné et inquiet de Madame Giry.
Mais il était vrai que depuis ce jour, l'Ange de la Musique ne l'avait jamais quitté. Apaisant ses sanglots la nuit après un cauchemar, lui murmurant des paroles réconfortantes le soir à la Chapelle ou la félicitant quand sa voix si douce atteignait des notes dignes d'une Soprane.
L'Ange de la Musique chantait dans sa tête et résonnait en son âme.
Note :
En espérant que ce petit prologue vous ait transporté ! N'oubliez pas la review ! :)
En attendant, l'ordre de publication sera le mercredi et samedi aux alentours de seize heures.
La fiction est déjà terminée d'être écrite.
Merci à tous ;
À bientôt.
