Pdv : Minami
Je sentis ma conscience glisser lentement, je sentis mon corps basculait en arrière, inéluctablement attirait par le sol.
Mes poumons se gonflaient, erratiques, mon cœur s'emballent l'espace d'un instant avant de faiblir pour atteindre un rythme lent, calme, léger.
Une journée improbable du début à la fin.
*retour en arrière*
Le silence glaçant qui m'entoure aurait pu me figer d'effroi, si ce n'était le bruit constant des étudiants.
J'étais totalement perdue. Incompréhensible. Raimon, les Raimons avaient oublié le football. Il n'y avait même jamais eu de club dans ce lycée.
Je dois avouer mettre mis à douter, avant de voir le bleu que m'avait fait Victor quand je m'étais placé devant son tir à l'entraînement. Il avait d'ailleurs reçu de jolis sermons des joueurs plus âgés que lui, comme Samguk ou Riccardo. Mais ce bleu voulait surtout dire que cette année écoulée avait vraiment eu lieu, je savais que le football de Raimon avait existé.
D'ailleurs, Riccardo était apparemment un grand ami, au même titre que Gabi, vu qu'on était dans la même classe. Mais je ne connaissais seulement de vue Victor et Skie, suivant ce que j'avais réussis à comprendre de cette confrontation.
Je n'avais qu'une envie, c'est le retour d'Arion. Parce que si lui avait oublié aussi, c'est que j'étais devenue folle.
Le cours d'anglais me parut plus long que jamais, et ni Gabi, ni Riccardo ne réussirent à me retenir. Je savais qu'Arion devais rentrer cet après midi. Et normalement il devrait se rendre au club de foot. Enfin de tennis, mais l'ancien de foot. Je commence à m'embrouiller.
J'étais sûr qu'il irait d'abord au second terrain, où il trouverait, comme moi, le terrain de baseball, il viendrait ensuite au grand terrain pour retrouver l'équipe. Je m'appuyais contre le mur, armé de mon carnet de croquis et un crayon pour l'attendre.
Malheureusement pour lui, j'avais un cours juste après, et dix minutes plus tard, je devais partir en histoire avant d'avoir pu parler avec le premier année. Et savoir si oui, ou non, j'étais devenue folle.
Je rejoignis mes deux nouveaux meilleurs amis, dont mon ancien nouveau capitaine qui avait l'air légèrement perplexe. L'histoire était l'une des rares matières que je survole en cours, et le prof avait arrêté de chercher à me forcer à suivre attentivement son cours, malgré les questions surprises qu'il me posait de temps à autre. Bref, ça voulait dire que j'avais une heure pour me concentrer totalement sur mon problème actuel.
Malheureusement, je ne réussis pas à échapper à Gabi et Riccardo de la journée, vu qu'ils s'étaient visiblement ligué contre moi pour que je reste constamment avec l'un d'entre eux. Et vu les regards qu'ils échangeaient, je pouvais dire avec certitude qu'ils n'avaient pas mis mon comportement de ce matin sur le compte de ma maladie.
Parce que oui, malgré tout les trucs étranges avec le foot de Raimon, j'avais encore cette foutue maladie du cerveau... en témoigne mes raideurs musculaires encore plus marqués que d'ordinaire. Bien que, peut-être que d'habitude j'en attribuais une partie aux entraînements.
Je savais que j'allais avoir du mal à trouver Arion au collège, mais peut être que je pourrais le trouver en dehors des cours. J'avais deux solutions. Soit chez Silvia, soit sur le terrain de la rivière. Enfin l'endroit où il est censé être.
Donc un voyage jusqu'à chez Silvia en passant pas les rives. Puis direction chez moi. Normalement.
Je longeais la rivière, pour atteindre l'ancien stade, et une fois sur place je remarquais deux silhouettes. Montant tranquillement jusqu'au milieu de l'escalier, je restais hors de vue des deux personnes au-dessus de moi.
- Non, le football n'a pas encore disparu. Mais sa disparition n'est qu'une question de temps.
Voix totalement neutre, aucun sentiment qui me donnerait totalement envie de l'ignorait, un peu comme quand Micheal râlait au sujet des nouveaux trop motivés. Bien que j'aimerais qu'il râle en ce moment, ça me montrerait qu'il se souvient.
- De temps ?
Voix perplexe, perdu, qui me signale un joueur de permier année rentrant du programme de mon père.
- Quand ce moment sera venu, il ne restera plus le moindre résidu de football en toi.
- Le football va vraiment disparaître ?
- Je me présente, Alpha. J'avais pour mission d'éliminer toutes traces de football et c'est en toi, Arion Sherwind, que se cache le dernier vestige du football.
J'avais donc trouvé Arion Sherwind. C'était une relative bonne nouvelle, en plus de ses cris au sujet du football.
- Je suis le dernier ? Ne me dis pas que c'est à cause de vous que tout le monde à Raimon à oublier le football ?
Nope, je suis encore la, merci bien. Et c'est une théorie intéressante, mais légèrement improbable. Franchement comment il aurait pu faire disparaître le football à Raimon ? Un adolescent ne pourrait pas faire disparaître des années d'histoire.
- C'était ma mission.
Ok, correction : Visiblement si. Mais comment ?!
- Jamais je ne pardonnerais pour ce que tu as fait au football ! Fais en sorte que tout redevienne comme avant ! Je veux jouer au football !
Je ne pense pas qu'il en est quelque chose à faire de ton pardon. Mais je suis curieuse de savoir qui était ce drôle de personnage. Il me faisait penser aux militaires, avec son air sérieux, surtout quand il continue de parler de mission et qu'il tend la main pour faire taire Arion. Un militaire adolescent.
- Pas question. Ça serait contraire à la mission qui m'a été assigné. Celle d'éliminer toutes traces de football.
- Ça non. Je te l'interdis !
Et il est temps pour moi de signaler ma présence avant que tout dégénère. Parce que je suis sûr que ça va dégénérer, après tout, Arion est impliqué.
- Et au passage, je pense que vous m'avez oublié. Je me souviens. Donc Sherwind n'est pas le dernier. Et, je suis d'accord avec lui, on trouvera le moyen de faire revenir le foot.
Petit silence où le dénommé Alpha m'a à peine jetait un regard, et Arion m'a regardé avec des étoiles dans les yeux, qui aurait pu me faire flipper, mais non, parce qu'on parle d'Arion quand même... Bien que justement, ça pourrait faire peur pour cette même raison.
- Je ne vous ai pas donnés le choix.
Un disque, rouge. J'ai du mal à comprendre ce que pouvait nous faire un minuscule disque rouge. Jusqu'à ce qu'il se transforme en ballon. Là, j'ai commencé à flipper un peu. Parce qu'un disque n'est pas censé se transformer en ballon.
- " Mode voyage dans le temps"
