Nom de la fanfiction:

Loin des yeux loin des flèches

Chapitre 3

Perspicacité

Disclamer:

tous les personnages ou presque, appartiennent à JRR Tolkien (notre maître à tous lol)

Note de l'auteur:

merci encore a Scorp' d'avoir pianoté tout ça, car rappelons qu'en grosse feignante que je suis, j'écris tout à la main mais c'est Scorp' qui tape tout a l'ordi XD voilà


~~O~~


« Ada ! Ada ! »

Je sursaute violemment à cet appel. L'idée que mon enfant ait besoin de moi réveillant mes sens. Je suis toujours assis par terre, appuyé contre le lit d'Arathorn qui me secoue vivement.

« Ada ! Ca va ?

« Oui… qu'est-ce qu'il y a, Ion-nîn ? »

« Tu dormais les yeux fermés ! Ada ! Les elfes… les elfes dorment les yeux ouverts ! »

Je suis soulagé. Je ris quelque peu et me relève pour m'asseoir sur le bord du lit. Arathorn se blottit contre moi.

« Ces derniers mois ont été éprouvants, tu sais. J'avais besoin de souffler, ce n'est que la fatigue qui ferme mes yeux. »

« Tu es juste fatigué Ada ? »

« Oui, c'est tout. »

« D'accord. »

Je sens un poids s'envoler de ses épaules. Il a vraiment eut très peur.

« Mais… Ada ? »

« Oui, Ion-nîn ? »

« Tu as dormi par terre ? Dans ma chambre. »

« Je me suis assoupi près de toi. »

« Tu chantais hier soir, hein ? »

« Oui. Je t'ai réveillé ? »

« Non, mais j'étais à nouveau au bord de la rivière. »

Il me sourit et me dépose un baiser au creux de la joue. Je le prends sur mes genoux et , le câlinant doucement, les souvenirs m'assaillent à nouveau.


« Legolas ? Tu dors ? »

« Non. »

« Pourquoi ? »

« Je préfère te regarder dormir. »

« Un jour, tu me regarderas, couché au près de moi, tu devras défaire mon étreinte pour voir mon visage tant que je tiendrai contre moi. »

« Je commence à le croire. »

« Vraiment ? »

« Ton amour ne semble pas faiblir, même après trois années. »

« Plus que deux… Legolas ? »

« Oui ? »

« Tu crois qu'Ada sera d'accord ? »

« Pourquoi ne le serait-il pas ? »

« Peut être qu'il ne voudra pas que je fréquente un homme. »

« Tu sous-estime ton père. »

Je souris franchement. Je ne pouvais pas lui dire que le seigneur Elrond était d'accord depuis longtemps. Je ne pouvais pas lui dire non plus qu'il acceptait l'inceste de ses jumeaux sans broncher. Mais je crois qu'il devinait que j'en savais plus que lui et il n'insista pas. Il sembla moins inquiet.

« J'aimerais m'endormir en touchant tes cheveux. Pourquoi tu ne les détaches jamais ? »

« Je n'en ai pas l'utilité. »

Je ne cédai cependant pas à sa demande. Je m'obligeais tous les jours à ne pas trop me conduire comme son amant. Je me devais de garder une certaine distance pour qu'il ne s'énamoure pas plus qu'il ne le faisait déjà. Mais je devais rester accessible pour ne pas le décourager non plus. Ainsi, quand il me demandait de dormir près de lui, je faisais un compromis. J'acceptais de rester dans le grand fauteuil à côté du lit jusqu'à ce qu'il s'endorme. Bien que son espoir de me voir m'endormir, et donc que je passe la nuit dans sa chambre, soit évident, en n'acceptant qu'une partie de sa demande, je lui imposai une limite qu'il semblait respecter. J'avais envie qu'il eu vingt ans ? J'avais envie de me glisser près de lui et poser ma tête sur son épaule pour dormir, protégé. J'avais envie de respirer ses cheveux et d'embrasser sa joue. J'avais envie de le regarder dormir toute la nuit, et chanter pour empêcher des cauchemars inexistants. C'était tellement difficile de résister. J'avais des intentions pures, à l'époque. Aragorn était encore une enfant à mes yeux. La dimension érotique et encore plus la dimension sexuelle de notre relation m'échappaient totalement. Toutes les fois où il avait essayé de me faire comprendre qu'il me désirait, tous les gestes « anodins » pour être plus près de moi, toutes ses invitations, tout cela avait échoué par mon ignorance et ma naïveté. J'étais plus innocent que lui-même après 28 siècles d'existence. Ses yeux se fermaient doucement, sans pour autant lutter contre le sommeil. Je baisais son front avec amour, cela l'endormit pour de bon. J'eus du mal à me détacher de lui pour quitter la chambre. Je le fis pourtant, mais sans le quitter des yeux. Lorsque je me retournai pour fermer la porte, je rencontrai le visage souriant d'Elrond. Un sursaut. Un autre sourire.

« On n'a pas idée de bercer un jeune homme de 18 ans. »

« On n'a pas idée de tomber amoureux d'un homme aussi jeune. »

« Estel est quelqu'un de bien, alors il n'y a rien de mal à l'aimer. De plus, il arrive à l'âge où il va vous désirer plus que tout. Ce sera difficile de lui résister. »

« Il le faut. »

« Les humains considèrent leur enfants comme adultes à 16 ans. »

« Je ne suis pas humain. Je ne veux pas céder comme on passe un caprice à un enfant. »

« Mais Estel n'est plus un enfant. Et il apprend l'art de séduire. Il va falloir être ferme avec lui. »

« Je le serai. Mais il est respectueux, je pense que cela ira. »

« Il est allé à la bonne école. »

Son sourire entendu me fit rire doucement, pour ne pas réveiller Estel. Je me souvint du jour où Estel avait posé cette question tout à fait humaine : pourquoi devait-il respecter ses « semblables » alors qu'il était différent d'eux ? Sentant venir la réponse « parce que c'est nécessaire » arriver, je m'étais avancé vers l'enfant pour lui demande s'il aimait les gens qui l'entouraient. La réponse fut oui. Je lui avais alors posé cette autre question : avait-il envie de les blesser ? La réponse fut non. Elrond ne voyait pas très bien le rapport entre ce respect qui lui tenait tant à cœur et mes questions infantiles, mais il ne dit rien. J'expliquai alors à Estel que le respect était une sorte de gentillesse qu'on accordait aux autre par amour, parce que cela faisait plaisir et que cela aidait à entretenir des relations agréables.

« Aimerais-tu que je te rappelle sans cesse que tu es trop petit pour comprendre les choses dont parlent les grandes personnes ? »

« Non, je préfère que tu m'expliques. »

« Je t'aime beaucoup, j'ai envie qu'on continue à bien nous entendre alors je prends le temps de t'expliquer par respect pour toi et pour notre amitié. Tu comprends ? »

« Oui ! »

Mon Estel tout content, et fort de ce nouveau savoir, s'en était allé avec un sourire jusqu'aux oreilles. Elrond m'avait adressé un regard approbateur. Ces temps-là étaient tellement doux.