Vengeance Victorieuse.

Dans un cri de pure douleur, de pure horreur, Saga se réveilla en sueur dans ses draps humides de terreur nocturne. Le chevalier des Gémeaux, les yeux exorbités par la peur, regardait dans tous les sens comme pour être certain d'être dans sa maison et non dans son cauchemar ou en enfer. Il avait eu tellement peur surtout quand Kanon… Ô par Athéna, KANON ! Saga jeta les draps et la couverture sur le sol pêle-mêle puis se précipita dans la chambre de son frère. Il devait être là. Cela ne faisait que six heures qu'ils étaient ressuscités et Kanon avait dû rentrer durant la nuit, c'est pour cela qu'il n'avait rien entendu. Il courut dans la chambre qui avait été alloué à Kanon et sentit son cœur raté un battement quand il découvrit une pièce totalement vide, recouverte de poussière et de toiles d'araignée comme elle l'avait toujours été depuis l'emprisonnement de Kanon au Cap Sounion. Par Athéna ! Que ce rêve ne soit qu'un rêve qu'il ne soit pas une prémonition comme Dohko en faisait toujours. Il fonça dans la cuisine, mais il n'y avait personne. Il se précipita alors dans la salle de bain, puis dans la cave, dans le grenier, dans le salon, le temple en lui-même, mais rien. Il n'y avait rien ni personne à part l'armure des Gémeaux qui brillait paisiblement sur son socle. Pris d'un horrible pressentiment, il rentra dans la petite maison attenante au temple puis explosa. Il poussa un cri de rage, et se déchaîna sur tout ce qu'il voyait. Il fracassa les tables et les fauteuils, jeta les bibliothèques sur le sol, arracha les lambris des murs, brisa la vaisselle et se déchaîna contre la porte jusqu'au moment où il fondit en larmes.

Qu'allait-il pouvoir faire ? Il était Saga, Chevalier d'Or des Gémeaux, son rôle était de protéger la troisième maison du Zodiaque, de protéger la déesse Athéna. Parlons-en de la déesse. Elle était redevenue la sale gamine qu'elle avait été, elle était égoïste, hautaine, orgueilleuse et mal élevée. Il avait envie de lui coller des beignes à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. Maintenant que les guerres étaient terminées, maintenant que la paix entre les dieux était effective, que Zeus devant les dégâts perpétrés par les différentes guerres avaient ordonné une paix totale sans toucher aux hommes, son travail ne servait plus à rien. Que devait-il faire ? Rester ici avec cette gourde ou rejoindre son frère à ses risques et périls ?

La fidélité était la grande qualité des chevaliers d'or, il avait vendu son âme pour protéger Athéna, maintenant, c'est son frère qui avait besoin de lui. Alors entre elle et son jumeau, il n'avait pas à tergiverser, son frère était plus important. Il se redressa fièrement, regarda les dégâts qu'il avait fait dans sa douleur et sa colère, puis quitta sa petite maison pour son temple. Quand il fut à l'intérieur, il regarda le lieu de combat, la salle qu'il avait promis de protéger quand son regard tomba sur son armure. Comme si elle sentait ce qu'il allait faire, l'armure des Gémeaux éclata et recouvrit son corps. Il sentit une légère résistance mais rien qui ne puisse l'empêcher de s'interroger sur ce qu'il allait faire, de décider de son futur. Son frère avait besoin de lui, son frère était tout pour lui… Par Athéna, c'est cela, son frère était tout pour lui. Pourquoi diable avait-il passé autant de temps à tergiverser sur cela alors que la réponse était là ? Son frère… était… la… personne… la… plus… importante… dans … son… univers ! C'était aussi simple que cela. Il n'y avait rien d'autre à penser. Il sentit son âme devenir plus sereine, son esprit perdre cette souffrance et un poids énorme quitta ses épaules.

Il regarda une ultime fois son temple et sans le moindre regard en arrière, il le quitta. Il descendit dans la maison du Taureau, mais il n'y avait personne, ni même dans celui du Bélier puis quand il fut sur le parvis devant la première maison, il se téléporta devant le château d'Hadès. Arrivé devant le magnifique ouvrage de style fin Moyen-âge, début Renaissance, Saga sentit un doute s'insinuer en lui, preuve que l'armure voulait l'empêcher de continuer son avance, mais sûr de lui, il chassa cet ultime scrupule et se posta devant l'immense porte en chêne brut. Devant la noirceur de cette entrée, la colère saisit à nouveau le chevalier d'or qui sentit son sang chaud de grec bouillonner dans ses veines. Avec une fureur qu'il n'avait jamais sentit auparavant, il défonça la porte avec une violence rare et tomba sur LE spectre qu'il détestait encore plus qu'il ne haïssait Masque de Mort, Zelos du Crapaud. Avec une rapidité qui le surprit lui-même, il attrapa le spectre à la gorge et lui hurla en le secouant dans tous les sens :

-Où est mon frère ? Où est mon jumeau ? Espèce de sale crapaud visqueux !

Zelos qui sentait son cerveau être réduit en bouillie par la violence des mouvements, n'arrivait pas à créer le moindre début d'idée. Son cerveau pataugeait allègrement dans une semoule gluante et visqueuse. Et cette absence de réponse, loin de calmer Saga, le mit encore plus en rage. Il ressemblait à un pitbull dans lequel on venait de shooter.

-Tu vas répondre, oui ?

Mais étant étouffé et rendu plus idiot qu'il ne l'était auparavant par la violence de Saga, le spectre fut aussi muet qu'une carpe aphone. Heureusement pour le spectre, Rhadamanthe, qui revenait d'une réunion avec Pandore, entendit les rugissements du Chevalier d'or. Changeant de trajectoire, il s'approcha de l'entrée et découvrit Saga en train de secouer le spectre. Lui qui détestait ce sale batracien, adora la scène. C'était un véritable plaisir que de voir ce pouilleux être molesté. Avec un grand sourire intérieur, Rhadamanthe s'exclama :

-Ce n'est pas que ce spectacle ne me plaît pas, loin de là, mais que fait un chevalier d'or seul à secouer un spectre ?

-Où est mon frère ? Où est Kanon des Gémeaux ?

-Je ne connais pas de Kanon des Gémeaux, mais je connais Kanon du Thestral.

Saga laissa tomber Zelos qui se ramassa sur le sol avec une grâce toute particulière, et regarda Rhadamanthe avec horreur. Ce n'était pas possible, il rêvait. Il cauchemardait dans son cauchemar, cela ne pouvait être que cela. Un horrible et vicieux cauchemar. Mais quand Rhadamanthe lui colla une baffe pour le réveiller, alors Saga sut qu'il ne rêvait pas. Ce qu'il voyait était réel, c'était pire qu'un cauchemar, car il savait qu'il ne se réveillerait pas. Dans son monde d'horreur, Saga gémit :

-Non ! Non pas ça ! NOOOOOOOONNN !

Sous la force de sa souffrance, Saga fit exploser son cosmos et dévasta tout ce qu'il y avait devant lui. Si Zelos fut balayé comme un fétu de paille, Rhadamanthe n'eut qu'à déployer les ailes de son surplis et se protéger avec, bouchant ainsi la vue devant lui. Cependant quand le spectre sortit de sa protection, il découvrit que Saga avait disparu, mais pas son armure. Le juge des Enfers comprit que quelque chose allait change car l'armure d'or luisait doucement tandis que des larmes coulaient des yeux des deux faces du casque. Si c'était ce qu'il pensait, alors oui il y aurait vraiment des changements. Au lieu de courir après le chevalier d'or, il rejoignit Hadès et le prévint de ce qu'il pensait sur les actions du chevalier d'or. Le souverain écouta son juge et accepta son hypothèse tout en ordonnant à ses spectres d'intercepter le chevalier d'or avant qu'il ne s'attaque à Perséphone. En un instant, les Enfers furent mis sens dessus-dessous. Les spectres recherchèrent cet intrus et même les juges furent mis sur le coup. D'ailleurs, ce fut l'un d'entre eux qui retrouva Saga. Il le vit avec de l'eau jusqu'à la taille, tournant le dos à la rive et observant avec une attention étrange le paysage devant lui. Kanon ne comprenait pas pourquoi cet homme aux longs cheveux bleus se trouvait dans l'eau du Léthé. Il lui demanda :

-Que fais-tu ici, chevalier ? Et qui es-tu ?

Saga sentit les larmes couler encore plus fort en entendant son frère lui demander son identité. Alors il ne se souvenait pas de lui. Si c'était ainsi, il ne lui restait plus qu'à disparaître ou au moins à faire disparaître ses souvenirs. Sans se retourner, il murmura :

-Je me nomme Saga des Gémeaux et tu étais mon frère, Kanon.

-Alors c'est toi, Saga.

-Et maintenant, je ne serai plus personne à part un corps sans mémoire et sans vie, conclut doucement le chevalier d'or maintenant sûr de son choix.

Sans laisser à Kanon le temps de réagir, Saga plongea les mains dans l'eau et but. Kanon comprenant que son frère allait l'oublier, tenta de le retenir, mais il était trop tard, car dès que la première goutte toucha la langue, une envie irrépressible de boire venait et il était virtuellement impossible de s'arrêter. Et donc, Kanon ne pouvait que rester à regarder son frère boire pour tout oublier jusqu'à son existence. Tout cela à cause d'Athéna. Par Hadès, qu'il la haïssait cette déesse. Quand Saga eut terminé de boire, Kanon entra dans l'eau et lui attrapa le bras. Son jumeau se retourna et Kanon vit son reflet sauf qu'il avait les cheveux bleus et non noirs comme les siens. Son frère le regardait avec un air vitreux prouvant qu'il ne savait plus rien. Alors Kanon décida de lui donner une chance et lui dit :

-Enfin, tu m'as rejoint.

Saga était en train de regarder ses mains avec perplexité. Il ne connaissait pas son nom, mais pourtant, il savait parler, lire, compter et écrire. Il ne se souvenait pas de ses couleurs préférées et pourtant il connaissait le nom des différentes couleurs, il ne savait pas s'il avait fait du sport dans sa jeunesse et pourtant il savait utiliser son corps. C'était incompréhensible. Il fut surpris quand il sentit une main saisir son bras. Il se retourna et vit en face de lui un homme aux yeux bleus et aux cheveux noirs. Il avait l'étrange sensation de l'avoir déjà vu. L'homme avait un léger sourire et lui dit :

-Enfin, tu m'as rejoint.

Saga regarda l'homme et lui demanda :

-Qui es-tu ? Et qui suis-je ?

Ce fut un autre homme qui répondit à sa question. Les deux hommes se tournèrent vers le nouveau venu et Kanon découvrit Hadès en personne. Le spectre du Thestral allait s'agenouille en signe de respect, mais d'un geste de la main, le dieu lui ordonna de ne pas le faire. Hadès regarda fixement le frère de Kanon et lui dit :

-Tu te nommes Saga, tu es le frère jumeau de Kanon.

-Oh ! C'est pour cela qu'il me rappelait quelqu'un.

Hadès eut un grand sourire devant l'air un peu perdu de Saga, puis continua :

-Oui. Tu es le spectre de la Chimère de l'étoile Céleste de la Loyauté. Vous avez été séparés par Athéna.

-Comment ?

-Tu aurais dû te réveiller à Hadès, mais elle l'a empêché et t'a lié à elle. Cependant, dans le combat qui a eu lieu ici, le lien a été brisé par ta mort et tu es de nouveau aux Enfers et tu t'es réveillé à eux.

-Un combat ?

Kanon expliqua à son frère qu'il y avait eu une guerre et qu'à cause d'Athéna, ils avaient été ennemis, ils s'étaient combattus, mais Kanon avait été attaqué dans le dos par Seiya de Pégase et s'était noyé dans l'eau du Léthé. Quand il apprit cela, Saga se jeta au cou de son frère et pleura lourdement. Il venait de retrouver son frère et de découvrir qu'il l'avait perdu à cause d'une attaque de lâche. Kanon fut très surpris, et tout d'abord il resta figé, mais rapidement, il se fondit dans l'étreinte de son frère. Il adorait cette sensation, il ne voulait plus être séparé de lui. Alors prenant son courage à deux mains, il se tourna vers le dieu des Enfers qui ne lui laissa pas le temps de parler, car il dit :

-Vois-tu Saga, ton frère a du travail par-dessus la tête et comme je ne ferai pas l'erreur d'Athéna en vous séparant, je veux que tu deviennes mon cinquième et dernier juge des Enfers. Avant, tu étais le second de Rhadamanthe. Mais je veux que vous soyez enfin à égalité.

-Ce serait un honneur pour moi, Votre Majesté.

Les deux frères étaient fous de joie et commençaient déjà à penser à ce qu'ils allaient faire tandis que Hadès allait rejoindre Héphaïstos et lui demandait un surplis.

-Encore ?

-Oui, après Kanon, c'est Saga qui est entre mes mains. Et lui aussi l'a voulu.

-Et bien, c'est surprenant. Enfin, pas vraiment. Athéna s'occupe très mal de ses chevaliers.

-Oui, tu as tout à fait raison.

-Bon, que veux-tu comme surplis ?

-Une chimère mais avec des ailes de chauve-souris.

-Aucun problème. Je te fais ça tout de suite.

-Merci.

Héphaïstos travailla avec passion et donna à Hadès une armure de toute beauté. Le dieu des Enfers était émerveillé, son neveu avait vraiment de l'or dans les mains, il créait de véritables merveilles. Héphaïstos se sentit vraiment fier de lui quand son oncle le félicita pour sa création. Hadès prit le surplis bien protégé dans sa pandora box, puis rejoignit les Enfers. Saga fut fou de joie quand il vit son armure. Un lion avec une queue de serpent et deux immenses ailes dans le dos. Sans qu'il fasse quoique ce soit, le surplis éclata et recouvrit Saga qui fut salué par ses nouveaux collègues et fut écrasé dans l'étreinte étouffante de son jumeau. Ils étaient enfin réunis et cela pour toujours. Saga mit un genou à terre et fit le même serment d'allégeance que son frère et comme Kanon, ses cheveux bleus devinrent totalement noirs preuve qu'il appartenait maintenant au seigneur des Enfers. Tous les spectres furent emplis de joie quand les auras des jumeaux passèrent de doré à noir, enfin plutôt mauve foncé. Ils étaient vraiment des spectres et ne seraient jamais tentés par Athéna. De toute façon, maintenant, ils la détestaient avec une force incroyable. Hadès regarda ses nouveaux juges avec fierté puis leur dit :

-Bienvenu parmi nous, Kanon du Thestral et Saga de la Chimère.

Tous les spectres les acclamèrent avec joie, les acceptant tous dans leur armée. Maintenant qu'ils étaient acceptés, Hadès donna à ses troupes l'autorisation de reprendre leur travail. Kanon et Saga se dirigèrent vers le tribunal des Enfers en papotant tranquillement. Kanon expliquait à son frère son futur travail.

-Tu vois, il y a très peu d'innocents sur terre et le peu qui meurt sont directement envoyés en Elysion. Ceux qui ont fait de petites bêtises reçoivent des corrections, puis sont envoyés en Elysion. Les autres sont châtiés selon leurs fautes et c'est là que nous entrons en jeu. En fait, c'est à celui qui a les idées les plus tordues pour les châtier.

-ça a l'air vraiment génial ce truc.

-Ouais.

Alors que les juges papotaient tranquillement, sur Terre, les choses allaient enfin commencer à bouger. En effet, dans le Sanctuaire d'Athéna, la réincarnation de la déesse décida qu'il était temps que toute la chevalerie lui lèche les bottes et donc lui fasse de nouveau un serment d'allégeance. Les premiers à le faire furent les chevaliers divins, puis les chevaliers d'Argent et enfin, les chevaliers d'or. Cependant, il en manquait un, enfin deux si on comptait ce sale traître de Kanon qui n'avait pas intérêt à réapparaître devant elle. Elle ordonna donc à Aiolia de ramener le chevalier d'or des Gémeaux afin qu'elle lui pardonne. Le chevalier du Lion salua la déesse et quitta le palais afin de rejoindre la maison des Gémeaux. Il prit tout son temps pour descendre dans la troisième maison. Il faut dire que cette gamine était à abattre, tellement elle était énervante. C'était une véritable petite vipère qui ne méritait qu'une bonne paire de claques. Mais bon, c'était aussi la déesse et elle n'aimait pas attendre. Quand il arriva dans la maison des Gémeaux, il fut saisi par le froid et le silence. C'est comme s'il n'y avait personne. Il appela plusieurs fois le gardien de cette maison, mais en vain. Alors il décida d'aller dans l'appartement de Saga. Une fois à l'intérieur, ce fut la stupeur. Tout était sens dessus-dessous, il n'y avait pas un endroit qui n'avait été dévasté. C'est comme si un ouragan était passé dans l'appartement. Aiolia se précipita dans la chambre de Saga et vit qu'elle était dans le même état que le reste de l'appartement. Il rechercha partout mais ne trouva pas Saga. Il ne lui restait qu'une pièce à visiter, la chambre du traitre, de Kanon. Il entra dans la pièce et découvrit un lieu vide de toute vie, mais empli de souvenirs. Saga y avait installé tout ce qui lui rappelait sa vie avant que le sanctuaire ne les sépare de leur famille. Aiolia découvrit qu'à la différence des autres chevaliers, les Gémeaux n'étaient pas orphelins, mais qu'ils avaient une famille qui les recherchait peut-être encore. Il comprit aussi que Saga était au courant et qu'il avait tenté de se mettre en relation avec elle, mais le Sanctuaire avait dû les menacer. Saga avait vraiment une raison pour haïr le Sanctuaire et Kanon aussi. Mais il n'était pas là pour cela. Il était venu pour retrouver Saga qui avait disparu.

Comprenant qu'il ne trouverait pas le chevalier dans sa maison, il fouilla tout le Sanctuaire, remerciant son entraînement qui lui permit d'aller à la vitesse de la lumière. Mais en vain, car Saga n'était nulle part, il ne lui vint qu'une chose à l'esprit, Saga avait été enlevé. Mais par qui ? Il courut rejoindre Athéna et quand il entra, la gamine lui ordonna :

-Chevalier, où est Saga ?

-Altesse, Saga des Gémeaux a disparu et sa maison est sens dessus-dessous. Je pense qu'il a été enlevé.

Tous les regards se posèrent sur lui emplis de stupeur et d'incrédulité. Il n'était pas possible que Saga des Gémeaux se fasse enlever de la sorte sans combattre. Comme s'il avait entendu leurs interrogations, Aiolia leur révéla :

-L'appartement a été dévasté. Saga ne s'est pas rendu sans combattre.

Un seul nom apparut dans tous les esprits, Kanon. Le traitre était revenu pour tuer son frère ou au moins pour l'enlever. Le seul endroit où ils seraient, serait le Sanctuaire sous marin. Athéna ordonna d'aller dans le Sanctuaire de Poséidon afin de reprendre son Gémeaux.

Le dieu des océans fut très surpris quand il vit devant lui sa nièce et ses chevaliers d'or. Il le fut encore plus quand elle lui ordonna de lui rendre son chevalier des Gémeaux. Furieux, il lui ordonna de lui rendre son Dragon des Mers. C'est à ce moment précis qu'ils se rendirent compte qu'aucun d'entre eux n'avait le guerrier de l'autre. Mais alors qui ? Qui avait pu faire cela, surtout avec des guerriers aussi puissants que Saga des Gémeaux et que Kanon du Dragon des Mers ? Les chevaliers d'or et Athéna furent abasourdis quand ils apprirent que Kanon n'était jamais revenu des Enfers. Cela pouvait peut-être dire qu'il y était toujours. Mais alors où se trouvait Saga si ce n'était pas Kanon qui l'avait enlevé ?

Poséidon sentit la colère envahir son esprit alors qu'il commençait à comprendre le mauvais coup que leur avait fait Hadès. Il se doutait de ce que son frère avait fait. Il lui avait volé son Dragon des Mers. Il se tourna vers Athéna et lui dit :

-Tout est de ta faute. Alors tu vas m'aider à retrouver mon Dragon des Mers.

-Mais !

-Tu es dans mon royaume et je ne sais pas si tes guerriers te protègeront. Tu as tout fait pour qu'ils te détestent. Alors je te conseillerais vivement de te débarrasser de cette sale morveuse qui te sert de corps.

Saori devint blême et tenta de se rebeller afin de continuer à vivre, mais elle n'avait aucune chance face à la puissance sans limite de la déesse. Devant les hommes, la gamine disparut et à la place apparut la déesse de la sagesse, des arts et de la guerre. Athéna soupira lourdement et siffla :

-Hadès commence vraiment à m'énerver. Il savait pourtant qu'il devait ramener TOUS les guerriers morts par sa faute.

-Tu n'es pas la seule.

-Chevaliers, nous allons rejoindre le Château d'Hadés.

Les Chevaliers d'or inclinèrent la tête et se tinrent prêts à partir, tandis que Poséidon s'exclamait :

-Marinas, allons retrouver notre Dragon des Mers. Kanon est à nous et c'est à nous de le punir pour ses multiples trahisons.

Les Marinas eurent tous un sourire mauvais en imaginant la branlée qu'ils allaient mettre à ce traitre de Kanon. Un des Chevaliers d'or fronça des sourcils. Il était contre tout cela. Kanon avait racheté dans le sang et la mort ses trahisons. On devait lui donner une nouvelle chance de vivre.

Loin de là, Myu le spectre de la féerie sortit de sa transe et se mit à courir afin de rejoindre le juge le plus proche. Il eut de la chance en tombant sur Minos. Là, il lui expliqua qu'il avait vu que Poséidon et Athéna s'étaient rencontrés et avaient décidé de partir retrouver Kanon afin de le tuer. Minos qui adorait le nouveau juge siffla de colère, puis accompagné de Myu fila rejoindre Giudecca pour prévenir Hadès. Ils devaient être le plus rapide possible car les deux dieux seraient bientôt là. Quand ils arrivèrent dans la salle du trône, ils demandèrent immédiatement audience auprès d'Hadès en expliquant que c'était une urgence de type dieux en furie. Le souverain des Enfers, sentant l'urgence de la situation soupira lourdement et après un dernier long et langoureux baiser, laissa sa douce Perséphone en sueur et écarlate dans leur lit conjugale. Quand il arriva dans la salle du trône, il lança :

-Donnez-moi une bonne raison pour m'avoir dérangé !

-Votre Majesté, Athéna et Poséidon se sont ligués afin de retrouver Kanon et de le tuer. Ils savent qu'il n'est jamais sorti des Enfers.

-C'est une bonne raison. Que les Enfers soient clos afin que nul ne puisse entrer et surtout pas les intrus dans le genre chevaliers d'or ou Marinas.

En moins de trente secondes, tous les Enfers étaient au courant de ce qui était en train de se passer et les plus horrifiés furent Saga et Kanon. Saga était fou de rage, comment cette pétasse d'Athéna osait vouloir lui enlever de nouveau son frère et surtout pour le tuer. Qu'elle le tente tient, il la tuerait de ses propres mains. Kanon quant à lui fulminait car il ne voulait pas être séparé ni de son frère, ni de son dieu bien-aimé. Les jumeaux se regardèrent, puis ils jugèrent de tuer le premier qui tenterait de les séparer. A partir de cet instant, les Enfers se tinrent prêts à la bataille qui risquait de se déclencher entre les océans, la terre et eux-mêmes.

Non loin de là, les deux groupes menés par Athéna et Poséidon quittèrent le sanctuaire sous-marin et rejoignirent le Château d'Hadès. Les deux dieux augmentèrent leur puissance ainsi que leur aura, et attendirent que la porte s'ouvre. Cependant, rien ne se passa, Hadès étant trop occupé à honorer son épouse. Quelques vingt minutes plus tard, les guerriers regardèrent les deux dieux, puis Mû se lança. Plus diplomate que les autres, il frappa à la porte et elle s'ouvrit dans un grincement lugubre. Tous pensaient qu'ils auraient à faire à Hadès, mais au lieu de cela, ils virent en face d'eux un spectre de basse catégorie détesté de la plus part des chevaliers d'or, Zélos du Crapaud. La température chuta drastiquement et tous se tournèrent vers Camus et Isaak demanda :

-Camus, que se passe-t-il ?

A la surprise de tous, ce fut Shura qui répondit froidement :

-Ce salopard de Crapaud nous a attaqués alors que nous étions à terre et sans force.

Voyant la fureur glacée dans l'aura polaire de Camus, Zelos fit un pas en arrière et sursauta violemment quand deux voix parfaitement identiques s'élevèrent l'une terminant la phrase de l'autre :

-J'ai toujours su que…

-Zélos était un lâche…

-Et c'est à cause de types comme…

-Lui que les spectres sont mal vus.

-Pitoyable ! conclurent les deux voix chaudes et profondes.

Zélos se recroquevilla en s'écartant des portes et murmura d'un ton obséquieux :

-Vos Seigneuries, c'est un honneur de vous voir ici.

Les guerriers d'Athéna et de Poséidon regardèrent l'obscurité du château et virent deux ombres s'approcher. Ils ne voyaient pas leur visage, mais ils avaient déjà remarqué qu'ils étaient très grands, plus grand que la plupart des chevaliers d'or, enfin, à l'exception d'Aldébaran. Dohko ordonna aux deux spectres qui s'approchaient :

-Qui êtes-vous et que voulez-vous ?

Les deux nouveaux venus répondirent avec un amusement palpable mêlé de mépris :

-On a vu de la lumière, on a cru que c'était un cirque…

-Et finalement on n'était pas loin de la vérité.

Un éclat de rire bruyant résonna dans tout le château et les guerriers firent arriver les trois juges, Rhadamanthe, Minos et Eaque. Les trois spectres avaient un grand sourire qui ne disait rien de bon aux autres guerriers. C'est comme s'ils savaient quelque chose que les chevaliers d'or et les marinas ne connaissaient pas. Eaque regarda froidement les intrus et se demanda l'air de rien :

-Mais que font ici présent six crevettes et onze pochtrons dans le magnifique Château d'Hadès ?

Alors que les susnommés serraient le poing sous l'insulte du juge, Minos fit mine de réfléchir et lança l'air de rien :

-Il y a peut-être une convention de looser en ville ?

Les rires s'élevaient toujours plus forts dans le château pour la plus grande honte des intrus, surtout quand Rhadamanthe les regarda comme des poux et lança :

-Ils se sont perdus c'est tout.

-Mais…

-Non…

-C'est…

-Un…

-Nouveau…

-BOYS BAND ! s'esclaffèrent les deux spectres cachés.

Les spectres hurlèrent de rire. Fou de rage, Masque de Mort ordonna :

-Qui êtes-vous ? Sortez de l'ombre ! Spectres !

-Mais avec plaisir ! ricanèrent les deux voix.

Les deux silhouettes sortirent de l'ombre protectrice du château et le Cancer en oublia d'être hargneux. Ce n'était pas possible, c'était de la folie ! Tous étaient choqués en voyant les spectres face à eux. Plus le temps passait, plus l'horreur de la situation leur explosait à la figure. Les deux dieux, voyant l'aura des nouveaux venus, sentaient la fureur couler dans leurs veines. Athéna sentit des larmes ruisseler le long de ses joues en comprenant que sa volonté de non participation lui avait fait perdre un chevalier d'exception. Quant à Poséidon, il faillit exploser de rage en voyant son marina à l'aura mauve. Son Dragon des Mers était devenu un spectre. Les deux dieux regardèrent les deux spectres et ils y virent la même haine et le même mépris envers eux. Athéna serra les poings, puis se tournant vers les juges elle leur ordonna :

-Qu'avez-vous fait ?

Mais seul le silence lui répondit. Alors s'énervant franchement, le plus zen des chevaliers d'or hurla :

-REPONDEZ ! QU'AVEZ-VOUS FAIT ?

Les jumeaux regardèrent le chevalier de la Vierge avec le plus grand de mépris et lancèrent :

-Hey ! Le petit bonze…

-Tu te calmes…

-On n'aime pas vraiment…

-Les puceaux…

-Hystériques.

-JE NE SUIS PAS HYSTERIQUE ! hurla le chevalier d'or fulminant sous l'humour plus que vaseux des jumeaux.

-Alors tu nous fais quoi là ? demanda Saga.

-Le remake du pétage de plomb d'une adolescente boutonneuse ou une femme dans sa période prémenstruelle ? se moqua Kanon en regardant froidement le chevalier d'or qui s'étouffait de rage.

En plus d'être furieux, Shaka était rouge de honte alors que les spectres se moquaient allègrement de lui. Saga lança un regard plein de morgue vers les intrus, puis après avoir lancé un bref regard vers son frère lança :

-Bien ce n'est pas tout…

-Ça, mais nous avons…

-Autre chose à faire.

-Nous vous remercions pour…

-Cette journée au cirque…

-Mais à la différence de vous…

-Qui êtes d'une paresse olympienne…

-Nous avons un travail à temps…

-Plein qui nous…

-Satisfait énormément.

-Alors…

-SALUT LES NULS, conclurent-ils tous les deux avec le même sourire.

Fiers de leur coup, ils repartirent en se tapant dans la main, vers les profondeurs des Enfers. Cependant, ils n'avaient pas fait deux mètres qu'ils se retrouvèrent bloqués par le Crystal Wall de Mû. Quand ils se retournèrent de nouveau, ils n'avaient plus du tout envie de rire. En fait, ils avaient envie de faire un méchoui. Accompagnés des autres spectres, ils sortirent leur aura mauve, preuve flagrante de leur appartenance aux Enfers. Cette aura sombre énervait les dieux ainsi que les hommes d'Athéna et de Poséidon car cela leur montrait que les jumeaux ne leur appartenaient plus. Les deux dieux allaient réagir quand une puissance colossale apparut. Les spectres s'agenouillèrent devant leur souverain, et les intrus se retrouvèrent face à Hadès, Perséphone, Hypnos et Thanathos. Les quatre dieux des Enfers faisaient front face aux deux autres. Athéna grimaça de rage vaine et siffla :

-Tu me le paieras.

Avant que la déesse puisse faire quoique ce soit, les jumeaux hurlèrent à l'unisson :

-Death windows !

-Hell doors !

Tous se demandaient ce qu'était ces attaques et ils virent une fenêtre lumineuse apparaître, ainsi qu'une créature aux crocs démesurés. La porte et la gueule de l'animal s'ouvrirent et aspirèrent tout ce n'était pas homme et spectres. La puissance fut telle que même le pouvoir d'Athéna ne put rien et elle se retrouva à flotter dans un monde parallèle. Les chevaliers d'or allèrent se battre, mais les quatre dieux les renvoyèrent directement devant leur Sanctuaire alors qu'Athéna apparaissait devant la maison du Bélier, folle de rage. Loin de là, Poséidon et ses guerriers repartirent non sans lancer un véritable regard de haine vers le dieu des Enfers jurant qu'il se vengerait.

Loin du château, les deux dieux décidèrent de faire payer Hadès. Sans en parler à leurs guerriers, ils décidèrent d'une contre-attaque. Le dieu des Enfers leur avait volé des guerriers, ils lui voleraient une chose qu'il aimait plus que tout au monde. Ils pénétrèrent dans le château et tombèrent sur Perséphone qui se rendait dans la bibliothèque du château. Elle n'eut même pas le temps de crier qu'elle se retrouva coincée dans le pilier central du sanctuaire de Poséidon. Ensuite, les deux dieux lancèrent un ultimatum à Hadès. « Rends-nous nos guerriers et on te rend ta femme ». Quand Hadès reçut le mot, il explosa de rage et tous les Enfers entendirent la punition que reçut Zelos. Le Crapaud avait reçu l'ordre de protéger la déesse Perséphone et ne l'avait pas fait.

Entendant cela, les nouveaux juges décidèrent de rejoindre Hadès afin de le prévenir qu'ils allaient se rendre pour que Perséphone puisse retourner en enfer. Quand il entendit la décision de ses nouveaux juges, Hadès fut vraiment fier de les avoir débauchés et leur indiqua qu'il était hors de question qu'ils se rendent à la pouffe et au Seigneur des Sushis. Alors les jumeaux se regardèrent, puis dirent à leur souverain :

-Majesté, il y a un autre moyen.

-Lequel ?

-Faire la grève. Si cela marche pour les humains de base, pourquoi pas pour les Enfers ? proposa Kanon.

Hadès regarda ses juges avec stupéfaction, personne ne lui avait jamais conseillé de fermer les Enfers. Mais si cela lui permettait de retrouver sa femme, alors c'était la meilleure chose à faire. Il accepta l'idée d'un signe de tête et ordonna à ses troupes de venir immédiatement devant le palais de Giudecca. Tous le rejoignirent et Hadès expliqua à tous les spectres ainsi qu'à Hypnos et Thanathos :

-Mes amis, vous savez que les dieux Athéna et Poséidon ont enlevé ma déesse. Ne pouvant entrer en guerre, j'ai décidé grâce aux conseils avisés de Saga et de Kanon de fermer les Enfers. Les âmes n'auront plus le droit de pénétrer ici jusqu'à nouvel ordre, plus aucun humain ne doit mourir donc Thanathos tu peux prendre des vacances. Plus aucun humain excepté les spectres ne pourront dormir, alors Hypnos toi aussi tu peux prendre des vacances. A partir de maintenant, les Enfers sont en grève. Vous pouvez faire ce que vous voulez, sauf travailler. Bonnes vacances.

Les spectres le regardèrent avec stupeur, puis décidèrent d'aller se reposer se demandant ce qui allait se passer maintenant. Maintenant que le discours était terminé, les jumeaux firent de grandes banderoles sur lesquelles ils écrivirent « Grève ! Tant que Sa Majesté Perséphone n'est pas rendue aux Enfers, il n'y aura aucun mort ni aucun sommeil ». Les jumeaux étaient très fiers de leurs banderoles et les placèrent en travers des immenses portes du Château avant qu'elles ne soient cadenassées et les Enfers bloqués. Même l'arche était barrée par une banderole, ainsi qu'une autre devant le Puits des Âmes qui proclamait «PAS DE REINE, PAS DE MORT ! GREVE ILLIMITEE ». (mdr j'adore ça !)

Hadès avait éclaté de rire en voyant les revendications de ses spectres, puis il clôtura les Enfers et chassa les âmes qui n'avaient pas encore été jugées où celles qui se trouvaient de l'autre côté de Styx. Maintenant que le royaume des morts était complètement fermé, tous les spectres allèrent se reposer. Certains allèrent se reposer sur les bords du Styx, d'autres regardèrent Pharaon s'amuser avec Cerbère en lui lançant des morceaux de bois. D'autres passaient des heures à lire et d'autre simplement à dormir, heureux de ne rien faire de la journée. Cependant certains étaient des hyperactifs et ne pouvaient être heureux qu'en faisant quelque chose, c'est pour cela que Saga et Kanon s'amusaient comme des petits fous en inventant les pires punitions quand les Enfers rouvriraient leurs portes. Quant à Hadès, la disparition de son épouse le faisait rager. Mais, il savait que les deux autres dieux allaient bientôt devoir libérer son épouse avant de se retrouver avec des morts vivants par millions.

Dans le monde réel, personne ne vit cette grève surprise jusqu'au moment où une catastrophe aérienne d'une ampleur sans précédent eut lieu et que malgré l'explosion de l'appareil, ainsi que sa chute vertigineuse, il n'y eut aucun mort. Ni même quand il y eut une explosion dans une usine chimique. Ces étranges événements jetèrent un doute terrible dans l'esprit de la déesse protectrice de la terre. Athéna, voulant s'assurer qu'Hadès n'avait pas encore créé des problèmes, demanda à Masque de Mort d'aller dans l'antichambre des Enfers et de voir de quoi il retournait. Le sombre Cancer salua sa déesse, puis alla dans sa maison et rejoignit les pentes de Yomi, le monde des morts. Ce qu'il y découvrit l'horrifia à un tel point qu'il rejoignit dare-dare la déesse et lui dit :

-Majesté, c'est le foutoir là-bas, les âmes partent dans tous les sens et aucune n'est attirée par le puits des âmes. Mais...

-Comment ? s'exclama la déesse stupéfaite. Mais que se passe-t-il ?

-Je ne sais pas, mais cela doit avoir comme cause une banderole devant le puits, répondit le Cancer.

-Une banderole ? Quelle banderole ? Et qu'y a-t-il d'écrit dessus ?

-Eh bien, il y a écrit... « Pas de reine, pas de mort » et aussi « Grève illimitée » !

-QUOI ? s'écria la déesse de la Sagesse et de la guerre.

-Majesté, je crois que les Enfers ont fermé pour cause de grève et ne rouvriront leurs portes qu'au retour de la déesse Perséphone et pas avant, murmura Masque de Mort.

Athéna ne pouvait pas le croire. Le dieu des morts ne faisait plus son travail, les âmes des défunts ne pouvaient plus trouver le repos. La mésaventure de Sisyphe n'allait pas recommencer quand même. Ils s'étaient retrouvés dans une mouise pas possible avec des morts pas morts qui couraient dans tous les sens, une véritable horreur. La déesse soupira lourdement en se demandant si sa volonté d'enlever Perséphone n'allait pas la mettre dans une grosse galère. Quoique cela n'allait pas durer, Zeus ne le permettrait jamais. Alors tout ce qu'ils avaient à faire, c'était attendre. Oui, il était hors de question qu'elle perde cette bataille. Elle avait toujours vaincu Hadès et ça n'allait pas commencer avec une grève par Elle !

Cependant, il n'y avait pas que sur terre qu'il y avait des problèmes. En effet, tous les jours des navires coulaient et les marins morts noyés découvraient avec stupéfaction qu'il existait un monde sous la mer. Alors que Poséidon s'arrachait la barbe que son corps de mortel n'avait pas, les marinas massacraient sans vergognes des morts qui ne voulaient pas mourir. Et comme si cela n'était pas assez, ils étaient épuisés et n'arrivaient pas à dormir, comme si le sommeil ne voulait pas venir. Le dieu des Océans regardaient avec inquiétude ses guerriers totalement épuisés qui suppliaient après une bonne nuit de sommeil, mais en vain. Dans son pilier central, Perséphone rigolait en sentant que son cher et tendre avait dû faire un sale coup pour que Poséidon perde son calme aussi vite et hurle toutes les cinq minutes sur des soldats plus morts que vifs. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde était épuisé alors qu'elle avait bien dormi. Elle eut un sourire mauvais et entendant Poséidon marcher à côté de sa prison, elle s'exclama bruyamment :

-Ah ! J'ai bien dormi !

Le dieu des océans poussa un hurlement de rage qui la fit exploser de rire. Elle adorait son époux, il avait vraiment dû se venger de la pire des façons sans qu'il y ait la moindre bataille. Ce qu'elle aimait son dieu des Enfers surtout quand ils jouaient dans les escaliers. Rien que d'y penser, elle avait hâte de recommencer et peut-être aussi de trouver quelque chose d'autre dans ce livre. Alors qu'elle imaginait tout plein de petits jeux lubriques à faire avec son époux, Poséidon fulminait. C'était une véritable horreur, personne ne pouvait dormir dans son royaume sauf Perséphone qui passait son temps à rire, ronfler et manger. Elle était encore plus chiante que son époux. Ça devait être contagieux.

Sur terre, les choses empiraient, les humains devenaient de plus en plus agressif à cause du manque de sommeil et en voulaient à mort aux animaux et surtout aux chats. Shaka, voulant savoir si les spectres étaient logés à la même enseigne, s'invita dans le château en passant par les égouts. Il entra dans les Enfers et découvrit des centaines de spectres dormant, s'amusant et aucun travaillant. C'était le club med des Enfers. Il se doutait que le seigneurs du lieu lui avait permis de venir voir, simplement pour emmerder la déesse Athéna et attendait avec hâte la rage de sa nièce. Après avoir maudit les spectres qui se moquèrent de lui en lui montrant des cocktails, il retourna au Sanctuaire et dit à la déesse :

-Majesté, les spectres n'arrêteront pas la grève.

-Et pourquoi cela ? demanda Athéna fulminante.

-Parce qu'ils peuvent dormir quand ils veulent, ils jouent, ils dorment, c'est un véritable club de vacances. Ils ont tout leur temps, répondit Shaka avec lassitude.

Athéna en entendant cela, explosa. Elle en avait assez de cette grève. Les morts ne mouraient pas, les tueurs en série continuaient de trucider des victimes innocentes alors qu'ils avaient été exécutés. Il ne restait qu'une seule chose à faire, voir Zeus et lui demander de tout arrêter. Hadès n'aurait pas l'audace de désobéir à Zeus. Abandonnant le Sanctuaire, elle se précipita sur l'Olympe et vit avec rage qu'Hadès était déjà là. Furieuse, la déesse invectiva violemment son oncle et les deux dieux se disputèrent prenant en témoin Zeus qui ne s'était jamais autant amusé de toute son éternité. Il avait vraiment adoré le coup de la grève. Mais bon, Athéna avait raison, cela ne pouvait pas durer, les morts devaient mourir. Cependant, Hadès était dans son bon droit. C'est elle qui avait perdu ses guerriers, elle les avait traités comme quantité négligeable et après voulait les retrouver ? C'était trop facile. Et d'ailleurs c'est ce que dit Hadès, mais en d'autres termes :

-Qu'est-ce que tu crois ? Ton deuxième Gémeaux ne voulait pas vivre. Il voulait rester au Cocyte pour l'éternité. Cela aurait été un véritable gâchis et une honte de négliger un guerrier comme Kanon. Il est puissant, charismatique et d'une intelligence rare. Tu n'en avais rien à faire de lui, ni de son frère. Tu n'as même pas remarqué que Kanon n'était pas revenu et que Saga n'était plus là. Tu es vraiment pitoyable. Reviens sur terre. Tu les as perdus tous les deux. Kanon a choisi la mort et Saga l'oubli pour retrouver son frère. Je n'allais pas faire la même boulette que toi. Ce sont les deux derniers juges des Enfers et ils le resteront jusqu'à la fin des temps.

-Ce n'est pas vrai ! siffla Athéna les poings serrés. Elle n'appréciait pas qu'on lui dise qu'elle n'était pas parfaite.

-Tu n'aimes pas qu'on te dise tes quatre vérités n'est-ce pas ? C'est bien dommage. Mais je ne suis pas là pour t'enfoncer plus bas que terre, mais pour retrouver ma femme. Alors libère Perséphone.

-Jamais !

-D'accord ! Alors paie le prix de ton obstination.

Hadès salua son frère et allait partir quand Athéna comprit qu'elle devait faire taire sa fierté si elle ne voulait pas que l'humanité soit détruite.

-Attends, Hadès ! C'est d'accord.

Athéna disparut pour le Sanctuaire sous-marin et fit face à Poséidon qui lui dit :

-Il nous a battus sans utiliser la force. Il est heureux que Saga et Kanon n'aient pas été sous ses ordres durant la dernière guerre, nous aurions sans aucun doute perdu. J'ai libéré Perséphone car ce n'était plus possible, mes marinas tombaient de fatigue et mon corps de mortel aussi.

-Merci, je venais pour te demander de la libérer. Je vais aller retrouver Hadès et le convaincre de cesser la grève.

La déesse partie rejoindre l'Olympe et dit à Hadès :

-Tu as gagné, elle t'attend dans ton royaume.

-Tu vois quand tu veux.

Hadès quitta l'Olympe et découvrit sa femme exploser de rire contre les portes cadenassées du Château. Elle n'aurait jamais cru qu'il ferait cela. Faire la grève, c'était la première fois que cela se voyait dans le monde des dieux et pour la première fois depuis des millénaires, Hadès avait gagné un combat sans qu'il déclare la guerre. C'était du bon boulot. Quand ils furent dans le royaume des Enfers, le sombre monarque donna l'ordre de lever les piquets de grèves et de reprendre le travail. Les Enfers ouvrirent leurs portes et tous se remirent au travail. Les morts moururent et les morts tués par les morts morts ne furent pas amenés en enfer, mais crurent qu'ils avaient fait un cauchemar particulièrement horrible. Ils avaient été des victimes de la grève alors que leur temps n'était pas encore arrivé. Quant aux souverains des Enfers, ils regardaient deux frères qui se tenaient serrés l'un contre l'autre savourant le bonheur d'être ensemble pour l'éternité et d'être les responsables d'une vengeance victorieuse.

FIN