Chapitre I_ La nuit.
En ce soir d'automne l'air se rafraîchissait et un vent taquin faisait danser les feuilles aux couleurs dorées et mourantes dans le parc de Poudlard. Harry était allongé à même le sol dans les herbes tendres encore vertes, les bras croisés derrière la tête, la robe se sorcier défaite laissait entrevoir ses vêtements usé, rapiécés et trop grand. Ses lunettes, qui on peut le précisé avait subit beaucoup de « reparo » de la part d'Hermione à la suite de nombreuses maltraitance Dudleyennes, étaient posée négligemment sur son sac jeté un peu plus loin.
Il avait faussé compagnie à ses deux meilleurs amis quelques heures plus tôt pour venir se réfugier dans son sanctuaire.
À l'orée de la forée interdite, encore dans les limites du parc et bien caché des regards indiscrets, Harry rêvait.
Il était par ailleurs tellement absorbé dans la contemplation du ciel qui s'obscurcissait peu à peu, qu'il n'aurait absolument rien remarqué si Lord Voldemort avait surgit d'un bosquet en bikini rouge à pois vert, sucette à la fraise en bouche et ongles peint en verni bleu électrique.
Il était fatigué, de tout. De son combat, de son destin, de sa prophétie, des entrainements en vue de l'affrontement, de Dumbledore, des attentes du monde sorcier, de Ginny, de ses cauchemars, de sa solitude, de ses études, de ses amis trop compatissants, de cette cicatrice et de Malfoy.
En effet ce dernier devenait de plus en plus haineux à son égard, les insultes étaient cruelles et quotidiennes.
Depuis que Lucius Malfoy était en prison et donc depuis la mort de Sirius.
En plus de cet enfer quotidien, il y avait un grand vide. Un sentiment de perte douloureux qui le hantait. De culpabilité.
Alors le grand Harry Potter s'enfermait à double tour, dans les rêves.
Draco marchait d'un pas rapide dans les couloirs du château, il était plus de minuit, mais ses devoirs de Préfet l'obligeaient à rester debout afin de patrouiller à la manière de Rusard dans tout le domaine. Il avait déjà débusqué quatre couples et infligé une perte considérable de points aux imprudents. Il était las. Ses jambes peinaient à le porter, à une heure aussi tardive il doutait rencontrer encore des insomniaques.
Il s'arrêta un moment et desserra sa cravate, retira sa cape et remonta les manches de sa chemise jusqu'aux coudes. Là, il se sentait mieux.
Il passa ses longs doigts fins dans ses cheveux plaqués contre son crâne de telle sorte que quelques mèches vinrent lui chatouiller le nez.
Voilà à quoi ressemblait réellement le véritable Draco. Retirant jusqu'à son masque impersonnel et froid.
Il reposa négligemment sa cape sur ses épaules et décida de terminer sa ronde par le parc. Certain que par un temps aussi frissonnant, il ne rencontrerait personne.
Ce fut sa première erreur.
Il se dirigea vers le lac d'un pas tranquille, la moitié de la lune se reflétait dans l'eau noire d'encre. Un vent espiègle lui chatouillait les joues et faisait flotter les pans de sa cape. Il songea au confort rassurant de son lit, de sa chambre personnelle que Severus avait fait demander auprès du directeur : « Pour le protéger » avait été son argument fort. De ce « cadeau » de la part de son parrain, Draco jouissait de tous les avantages. Loin du reste des Serpentards, de Pansy cet horrible hybride, moitié chien moitié femme, de Celui que Draco n'osait nommer.
Les seules personnes qui avaient accès à son repaire étaient son meilleur ami, Zabini Blaise et son chat, Zira. Un chat qu'il avait recueilli, un soir de tempête. Ce n'était assurément pas un chat de race, l'animal possédait un pelage gris foncé tacheté de caramel au ventre blanc. Un vrai mélange. Elle seule, car c'était une femelle, avait vu son maître dans les pires moments.
Apaisé par sa balade nocturne, Malfoy décida de retourner vers ses appartements.
Enfin c'est le mouvement qu'il amorça. Car la suite ne collait définitivement pas.
Ses pieds buttèrent contre une forme molle étendue au sol et il perdit l'équilibre avant de s'étaler contre une masse, humain.
« Outch ! »
Un grognement de douleur lui répondit. La chose sous lui gigotait. Il se releva promptement et découvrit à la lumière pale de la lune son ennemi. Un sentiment de pure haine lui comprima les entrailles. Potter. Ce petit arrogant qui avait fait de sa vie un enfer, envoyé son père en prison, fait de lui la prochaine proie de Lord Voldemort !
Le coup de pied parti si vite qu'il ne se rendit compte qu'il l'avait donné que lorsqu'il entendit le gémissement de douleur. Potter se tenait le ventre après un coup de pied plus que traitre.
« Qui êtes vous ? »
Draco sursauta. Ce petit merdeux ne l'avait donc pas reconnu ?
Il regarda avec plus d'attention le visage de Potter dénudé de ses horribles lunettes. Un égarement qui fut sa seconde erreur.
Il saisi la cheville et la tira d'un coup sec. Le corps tomba lourdement sur le sol. Il bondit sur l'homme se positionnant à califourchon et pointa sa baguette sous le menton.
« Malfoy ? »
Harry fut stupéfait. Cet homme ressemblait à sa Némésis de toujours mais semblait différent. Ses traits n'étaient pas haineux. Un étonnement se lisait dans ses yeux. Il était négligé. Et sans défense.
Cela ne dura que quelques secondes car il reprit son masque impassible. Il fixait ses yeux, seule partie du visage Malfoyen qu'il pouvait voir distinctement.
« - Potter, on ne t'as jamais appris à dormir dans un lit ? Ou le bête animal que tu es à enfin compris ou était sa place ?
- Il me semble que pour l'instant c'est toi qui es à ta place Malfoy, dans la boue. Un éclair de colère passa dans les yeux de son ennemi et Harry fut pris de frissons.
- Je préfère être dans la boue qu'entre tes jambes Potter ! La belette qui te sert de vide burne ne te suffit plus ? Il faut donc que tu saute sur tout ce qui bouge ! Serais tu un gay refoulé le balafré ? » Et il crachat son dégout, sa haine, sa rancune comme on crache du venin.
Harry trembla de rage et le coup de poing parti si vite qu'il senti un liquide chaud couler des ses doigts, le sang de Malfoy.
« Tout, plutôt que d'être toi. » Fut le grondement qu'il lâcha avant de se relever d'un bond et de courir à toutes jambes vers le château.
Il restait là. Ne prenant plus conscience du temps. Puis finalement il se leva, s'essuya la bouche distraitement, tâchant sa chemise. Il tourna la tête, aperçu les affaires laissées pour mortes. Il s'en empara, sa main se resserra sur les lunettes, elles explosèrent. Les bouts de verres s'enfoncèrent dans sa chaire. Il ne silla même pas. Son autre main s'empara du sac et l'emporta.
Tremblant sous ses couvertures, Harry tentait vainement de se calmer. Les paroles de Malfoys tournant sans relâche dans son esprit. Si seulement il savait…
Mais jamais, jamais, jamais il ne lui dirait.
« Plutôt crever… » Murmura t'il avant de s'apaiser.
« Harry Bordel réveille toi on va être en retard ! » La charmante voix de Ronald Weasley réveilla en douceur le jeune homme. C'était bien beau de s'endormir en pleine nature, mais vive les courbatures au réveil…
Il se retourna paresseusement et allongea le bras pour rechercher avec peu d'entrain ses lunettes. Un éclair de lucidité le prit brutalement. Il les avait oubliées !
IL se redressa rapidement et ouvrit les tentures de son lit brusquement. Comment allait-il faire ? Malfoy avait du jeter toutes ses affaires au lac lorsqu'il avait eu l'occasion ! Et Harry ne désirait vraiment pas faire une baignade matinale dans le domaine du Calamar Géant.
Plongé dans ses triturations mentales il ne se rendit pas compte qu'un post-it fonçait rapidement vers lui et vint se coller sur son front d'une façon qui se voulait tout sauf délicate.
Aussi, la surprise le fit s'asseoir, puis émergeant plus ou moins il porta la main à son front et décolla le bout de papier, l'approchant du plus près possible de son nez et plissant légèrement les yeux il lut :
« RDV. D. 10mins. « Citronus Patronus ». »
Harry soupira, depuis que son Directeur avait regardé un film d'espion il s'évertuait à lui envoyer des messages codés sur des post couleur jaune acidulé à chaque fois qu'il voulait s'entretenir avec lui. Il se rappela de ne plus jamais regarde de films dans la maison de Sirius quand le vieux barbu était présent. Cela devenait fatiguant. Il se releva promptement et se pris quelques obstacles avant d'atteindre la salle de bain. Cinq minutes plus tard, il était dans la salle commune. Hermione était, comme d'habitude plongée dans un livre et Ron discutait avec sa sœur.
Ginny.
Elle le regarda. Lui fit un sourire. Harry fit de même, mais en lui s'agitait un drôle de démon. Au début il avait pris cela pour du désir. L'impression qu'on lui tordait le ventre. Mais il n'y avait pas de chaleurs. Pas de frissons. Il en avait peur. Plus les jours passaient plus il se rendait compte de son indifférence physique.
Elle s'approcha de lui, encercla sa taille de ses bras fin et l'embrassa du bout des lèvres. Avec mécanisme il répondit, mais il ne ressentait rien. C'était le vide total.
« - Je suis désolé, je ne vous accompagne pas j'ai un rendez vous.
- Ah ? Dumby ? Questionna Ron un peu gêné d'être le spectateur de cet échange matinal.
- Oui.
- Harry ou sont passées tes lunettes ? Un silence se glissa. Ce n'était qu'une simple question mais elle l'irrita au plus haut point. Pourtant il savait que si elle avait été posée par Hermione ou Ron il n'aurait pas ressenti un tel agacement.
- Je…les ais perdues.
- Ah bon, quand ça ? Ginny n'était pas au courant de sa cachette ni de ses moment de solitudes, si elle l'avait été, Harry aurait pu dire adieu à ces instants. Aussi éluda-t-il la question en se détachant
- Et bien je ne sais pas, peut être Dumbledore me convoque t'il parce qu'il les a retrouvées, je n'en sais rien. Maintenant je dois y aller. A plus tard. »
Il croisa le regard de sa meilleure amie qui s'était levé au dessus de son livre. N'ayant rien dit depuis le début il se rendit compte qu'elle n'avait pas eu besoin de parler pour comprendre. Elle le savait, elle l'avait senti. On ne pouvait pas cacher grand-chose à Hermione Granger.
Le tableau de la Grosse Dame se referma derrière lui et il s'autorisa un soupir de soulagement.
Il se mit en route vers le bureau de Dumbledore en évitant précautionneusement de se heurter aux objets flous. Peine perdue car il se trompa plusieurs fois de chemin, incapable de se repérer dans cet endroit ou il avait passé cinq ans de sa vie. Tout était trop grand, flou et in descriptible. Il finit par demander son chemin à un élève qu'il percuta.
« Heam…désolé je…je voudrais me rendre au bureau du directeur mais je ne vois rien. Peux-tu m'aider ? »
La personne devant lui ne dit rien et se contenta de lui agripper le poignet avant de l'entrainer d'un pas rapide dans les couloirs de Poudlard.
Il n'avait pas vu la couleur de son blason, à vrai dire il n'avait même pas vu son visage, sa tête avait heurté son torse et il n'avait pas eu le temps de la relevée. Il était plus grand que lui et il était sur que c'était un homme. Sa main avait emprisonné son poignet juste après sa demande, le tirant sans ménagements et maintenant la distance était trop grande pour la myopie d'Harry.
Il s'arrêtèrent enfin devant une forme en pierre qu'il supposait être une gargouille. L'entrée du bureau. Il n'eu pas le temps de prononcer le mot de passe, l'autre le siffla si bat qu'il ne l'entendit qu'à peine. La forme en pierre pivota et de suite il se senti que la personne devant lui le fit monter les escaliers, le tenant toujours d'une poigne ferme. Non décidément, ce n'était pas la douceur qui l'étouffait !
Arrivé devant la porte, l'inconnu frappa deux fois et les deux jeunes gens entendirent :
« Entre Draco, je suppose que tu à retrouvé Harry. »
La porte s'ouvrit et avant que ce dernier n'ai pu protester il fut sèchement conduit à l'intérieur.
