Disclaimer : Tout à la merveilleuse Jk Rowling, rien à moi. Je ne gagne rien pour écrire.

Remerciements : Un énorme merci à Ano pour sa relecture attentive, et Dieu sait si elle a du boulot ! S'il reste des fautes, c'est à elle qu'il faut s'en prendre Innocente

Résumé : Lorsque Drago se fait mettre à la porte par Hermione, le jeune homme n'a plus d'autre choix que d'aller s'adresser à son pire ennemi pour l'héberger quelques nuits, le temps qu'Hermione accepte de le reprendre. Ce que le jeune homme ignore c'est que la situation va s'éterniser et lorsque sa conscience s'en mêle, une chose est sûre, plus rien ne sera jamais comme avant. Voudra-t-il vraiment quitter ce canapé et son propriétaire ?

Avertissement : Ceci est un slash Drago/Harry donc, homophobes, s'absternir. Je met PG-12 pour le moment, car il y a des risques de lemon.


Harry se réveilla ce matin là sans même se souvenir de s'être assoupi. Lorsque ses paupières s'ouvrirent à moitié pour s'habituer à la lumière vive du matin, Harry se trouvait toujours roulé en boule, crispé sous ses couvertures. Peu à peu, les souvenirs de la veille ressurgirent dans son esprit. Dans quel merdier s'était-il encore fourré ? De sa chambre, Harry entendait des bruits de vaisselle qui lui indiquaient que Drago Malfoy était certainement en train de manger. Harry n'avait qu'à attendre que ce dernier retourne dans sa chambre.

Mais soudain, Harry se redressa sur son lit, complètement réveillé. Est-ce qu'il venait réellement de penser que s'il voulait manger, il lui fallait attendre que l'accablant invité s'isole dans sa chambre ? Mais il n'a pas de chambre ! Malheureusement, il restait un problème… Harry avait faim et chez lui, le petit déjeuner, c'est sacré !

Drago mordait à pleines dents dans son cinquième toast à la marmelade. Il n'avait plus mangé depuis avant-hier soir, étant donné que Hermione l'avait mis à la porte le lendemain très tôt le matin sans aucune autre forme de procès. Cette nuit sur le divan de Harry l'avait littéralement affamé. Non pas que celui-ci ne soit pas confortable, bien au contraire car après tout, les apparences sont souvent trompeuses, mais roupiller comme une masse, ça creuse !

Avec délectation, Drago acheva le dernier toast du dernier paquet qu'il avait trouvé dans les placards de son hôte. Tant pis si celui-ci n'aurait plus rien à manger. Et puis Harry avait déjà certainement déjeuné, Drago n'avait donc aucune raison de s'en faire. Après tout, sa conversation avec lui-même l'avait épuisé, il n'était donc pas surprenant qu'il n'ait pas entendu Harry se réveiller, avec douceur, pour ne pas tirer du sommeil du juste son hôte.

Harry restait cramponné à sa couverture. Il n'osait pas sortir de sa chambre pour aller déjeuner, mais qu'est-ce qu'il avait faim et Drago ne semblait pas décidé à cesser de manger ni de libérer la cuisine. Il n'osait pas quitter sa chambre qui fait office de barrière de sécurité contre un malade mental mais… Qu'est-ce qu'il avait faim par Merlin – bon sang ! Et Drago qui ne semblait pas décidé à cesser de dévaliser ses placards, pas plus qu'à libérer sa cuisine ! Etait-il à ce point maudit ?

Ne pouvant plus résister à l'appel de son estomac, Harry plaqua son oreille contre la porte de sa chambre et essaya de déterminer si oui ou non, Drago s'était remis à parler tout seul. Ne distinguant que le crissement d'une biscotte qu'on exécute, Harry prit son courage à deux mains et sortit de sa chambre. Drago ne semblait pas être en pleine crise de paranoïa, peut-être lui accorderait-il un jour de répit…

Harry avança sur la pointe des pieds pour ne pas déranger Drago qui semblait absorbé dans la contemplation du toast qu'il avait dans les mains. L'expérience lui avait appris à ne pas réveiller le dragon qui dort. Harry se dirigea alors vers le placard pour s'emparer de son très cher paquet de toasts qu'il prendrait bien soin de manger jusqu'à la dernière miette. Mais, comble du malheur, le Survivant s'aperçut dès la porte entrouverte que les biscottes n'étaient plus là. Où, quand, comment ? Qui avait osé commettre ce terrible crime ? Oubliant totalement son ennemi, Harry poussa un cri de rage et claqua la porte du placard qui sortit de ses gonds pour venir s'écraser sur le pied de son assaillant.

- Aaaargh !

- Silence, Potter ! Laisse-moi émerger dans le calme au lieu de te gargariser !

- Mais ça fait mal, marmonna Harry entre ses dents, se tenant un pied dans la main, sautillant sur l'autre à travers la cuisine.

- Ah bon ? Je n'ai rien senti, moi…

- Très mar…. Commença-t-il avant de s'apercevoir que Drago croquait dans SES toasts. Hé, mais ce sont MES biscottes ! Qui t'a donné le droit de les manger ?

- Toi ! Tu m'a dit hier de faire comme chez moi, rétorqua Drago en se délectant.

- Je ne t'ai jamais dit cela !

- Oh, alors j'ai dû le rêver. Quoiqu'il en soit, je pense que tu vas devoir te passer de petit déjeuner, je suis en train d'achever le dernier toast du paquet !

- Quoi ? Allez, soit sympa, donne-moi le bout qui reste… supplia lamentablement le Survivant en grand état de manque.

- J'ai déjà mordu dedans, fit narquoisement Drago.

- C'n'est pas grave !

- Il n'en reste presque plus… Continua Drago en mordant encore une fois dans son toast

- Mais il en reste encore un peu, implora le brun avec des yeux de chien battus, suivant pathétiquement des yeux la bouche de Drago s'ouvrir avidement en approchant la tartine de lui, ses dents mordre férocement dedans, et les miettes se déposer sur ses lèvres traîtresses.

- Mais moi, je n'ai pas du tout envie de partager cette nourriture vénérablement délicieuse avec toi !

- Et moi ? Tu crois que j'avais envie de t'héberger ? Demanda Harry avec un air outré.

- Mais bien sûr, c'est toujours un honneur d'avoir un Malfoy sous son toit !

- Crétin sans cœur, cracha le jeune Potter entre ses dents.

- Balafré sans cerveau!

- Sans Domicile Fixe !

- Sans Petit Déjeuner, rétorqua Drago avec un air goguenard

- Oh !

A cet instant, Harry avait tout oublié de la psychose de Drago, du moment où il parlait tout seul, du risque qu'il représentait à ses yeux. Seul le fait que son pire ennemi mordait à présent dans son petit déjeuner importait. Mû par un accès de colère, Harry fonça directement vers Drago et lui sauta dessus pour lui retirer le morceau de toast des mains. Frappé de plein fouet par un Harry vert de rage, Drago bascula en arrière sur sa chaise.

Ils roulèrent tous les deux par terre en se bataillant pour obtenir le toast. Arriva ce qui devait arriver. Le bout de pain grillé glissa des doigts du jeune Malfoy pour venir s'écraser sur un amas de poussière. Et d'autres choses inqualifiables, indéfinissables, d'origine inconnue.

- C'est malin, on ne va plus savoir la manger maintenant, morigéna Drago en regardant d'un air dégoûté le résidu de biscotte.

- M'en fous, je la mange quand même, répondit Harry tel un drogué en manque avant de s'emparer de l'objet de tant de convoitise et le dévorer goulûment.

- Mais c'est totalement dégueulasse ! Et commence par te relever, t'es couché sur ma jambe !

- Mmh ch'est bon, articula-t-il en mastiquant bruyamment avant de se lécher les doigts un par un pour récupérer jusqu'à la moindre miette.

- On ne parle pas la bouche pleine, Potter ! On ne t'a pas appris ça chez tes moldus ?

- Nan, chez eux c'est rare quand j'avais à manger…

/ Haaaaaa, fit la conscience de Drago en laissant échapper un long bâillement. Oh, mais c'est chaud mon petit Drago entre toi et le Survivant /

- Oh, la ferme ! Tu aurais mieux fait rester endormie ! Ca m'aurait fait des vacances !

- Hey, je suis encore chez moi, je dors si je veux, s'énerva Harry aux paroles que Drago semblait lui adresser.

/ Hein ? Il est con ou il le fait exprès, le balafré ? Il n'a pas capté que tu me parlais, à moi /

- Il n'est pas au courant de ta présence, si tu vois ce que je veux dire….

/Oui, sinon je parie qu'il ne serait pas en train de coucher avec toi en ce moment. Tu l'aurais fait fuir. /

- Mais on ne couche pas ensemble, cria un peu trop brusquement Drago.

Harry regarda effaré Drago dire ces derniers mots. La crise de folie lui avait repris et il s'était remis à parler au mur. Mais ce n'était pas vraiment cela qui faisait peur à Harry. Si seulement Drago se contentait de vouloir le tuer, son calvaire prendrait vite fin. On ne ressent plus rien quand on est mort mais non, la situation était encore bien pire. Drago Malfoy avait des instincts de violeur en série. A l'entendre parler, il fantasmait d'ores et déjà sur sa prochaine victime : Harry.

Drago ne s'aperçut jamais que Harry avait quitté la pièce et la maison par la même occasion en prenant ses jambes à son cou dès qu'il avait compris que sa vie était encore en danger. Il était trop occupé à répliquer au mur enfin, à sa conscience et Merlin seul savait qu'elle avait le sens de la répartie. Pendant ce temps-là, Harry errait dans les rues de Londres.

Dans quel merdier s'était-il encore fourré ? Il y a bien longtemps déjà qu'il aurait mettre à la porte son ennemi. Pis, il n'aurait jamais dû accepter de l'héberger, ne fusse que pour quelques jours. Maintenant que c'était lui qui avait décampé de chez lui, il n'osait plus revenir et se retrouvait par la même occasion sans endroit où aller. Maintenant, c'était à son tour d'expérimenter le vagabondage ! Bonjour la bonne action effectuée !

C'est ainsi qu'il eut l'idée du siècle. Si Hermione reprenait Drago, celui-ci décamperait vite fait et Harry n'aurait pas à subir les pulsions démoniaques du Serpentard. Ce que Harry pouvait se trouver intelligent, par moments ! Mais uniquement par moments, il ne faut quand même pas tout exagérer dans cette histoire !

D'un pas décidé, Harry avança dans les rues londoniennes avec l'assurance de quelqu'un qui allait conclure l'affaire du siècle. A vrai dire, c'était à peu près ce qu'il allait faire : arnaquer Hermione et lui refiler la patate chaude. Il laissa transparaître un sourire sur ses lèvres en repensant à ce qu'il allait faire. Il finit même par éclater de rire. Un homme qui rigole seul sur un trottoir, ça a de quoi effrayer des gens. C'est pourquoi une vieille femme décida immédiatement de changer de trottoir. Harry lui lança un regard amusé et se sentit soudain super fier. Il était un rebelle, que voulez-vous…

Harry arriva soudain devant la porte à laquelle Drago avait été mis hier matin. Lui et Hermione habitaient dans un petit appartement dans le centre de Londres. Il avait fallu beaucoup de temps et d'énergie à Hermione pour convaincre son désormais ex-fiancé qu'habiter au milieu de moldus n'était pas la mort ! Cela l'avantageait surtout que l'appartement se trouve juste à quelques pas de son lieu de travail, le Ministère de la Magie où elle exerçait le difficile métier de Langue de Plomb. Les nombreuses menaces infructueuses, les vaines tentatives de supplications et les yeux doux que faisait Drago n'avaient pas connu le succès voulu. Hermione n'avait pas flanché aux innombrables tentatives effectuées par son fiancé. Il n'était pas nécessaire d'être une Miss Je-Sais-Tout pour comprendre que cela n'était pas une bonne idée de confier les secrets les plus importants du Ministère à quelqu'un qui parlait tout seul

Toujours est-il que Harry se trouvait à présent devant l'ancien nid d'amour de Drago et Hermione sans oser appuyer sur le carillon magique de la porte d'entrée. Oserait-il risquer la vie d'Hermione pour sauver la sienne ? La réponse lui sauta aussitôt aux yeux : OUI ! Harry ferait tout pour rester en vie. Il n'avait pas tué le Mage Noir de pacotille pour se faire violer et assassiner par un psychopathe en chaleur ! D'un geste décidé, Harry tira sur la chaîne du carillon et attendit que son amie lui ouvre la porte.

Quelques minutes plus tard, Harry était prêt à tourner les talons en ne recevant aucune réponse de la part de son amie lorsque Hermione apparut dans l'embrasure de la porte, une robe mise de travers sur ses épaules et les cheveux encore plus emmêlés qu'à son habitude. Apparemment, Harry l'avait dérangée en pleine sieste.

- Salut Hermione, désolée de te déranger. Tu dormais ? Demanda Harry avec un sourire franc.

- Oh, bonjour Harry, fit-elle avec un air un peu ennuyé. Non, je ne dormais pas.

- Oh, c'est moi ou je te dérange ? Tu ne sembles pas enchantée de me voir…

- Non, bien sûr que cela me fait plaisir de te voir mais euh, que fais-tu ici ? Demanda-t-elle en lançant un regard embarrassé par-dessus son épaule.

- Ecoute, Drago est chez moi. Il est effondré par votre rupture, tu vois et euuuh… tu ne voudrais pas le reprendre ? Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous ou quoi ou qu'est-ce mais il sembla vraiment désolé de ce qui s'est passé. Je sais que cela peut te sembler bizarre mais Malfoy semble t'aimer énormément, mentit Harry en insistant bien sur le dernier mot.

- Harry, ce n'est pas la peine de te forcer, tu sais. Si Malfoy t'énerve, tu le flanques à la porte avec ses affaires dans les bras et puis c'est tout. Moi je ne veux plus rien avoir à faire avec lui !

- Mais je suis certain qu'il regrette ! Tu sais, euuh… cette nuit je l'ai vu mettre ta photo sous son oreiller pour dormir…

- Je n'ai mis aucune photo de moi dans sa valise !

- Il devait l'avoir dans sa bourse, tenta un Harry désolé de s'enfoncer ainsi.

- Harry, tu es mon ami mais es-tu vraiment assez bête pour croire que je n'ai pas profité de la situation pour lui dérober ce que contenait sa bourse ?

- Hermione, s'écria Harry, outré.

- On s'enrichit comme on peut…

- Oh ! Mais dis-moi une seule bonne raison pour ne pas reprendre Drago !

- Eh bien… commença-t-elle avant de se retourner et voir un homme en caleçon avancer vers elle.

- Il y a un problème, Hermione chérie ? Demanda l'homme en passant ses bras autour de la taille de la jeune fille et l'embrasser dans le cou.

- Non Greg, Harry allait s'en aller, répondit-elle avec un regard navré pour le Survivant.

- Oh, euuh… oui… au revoir Mione, lâcha simplement Harry en repartant, rouge comme une brique.

Ce qu'il avait été con ! Hermione avait déjà remplacé Drago. Après une seule petite journée ! Harry avait rarement été aussi gêné qu'à l'instant. Il fonçait donc à présent tête baissée dans la rue pour s'éloigner le plus possible de l'appartement de son amie jusqu'à ce que… BANG ! A force de garder la tête tournée vers le sol, il n'avait pas vu le lampadaire qui se dressait sur son chemin et se l'était pris de plein fouet. Il valsa donc les quatre fers en l'air et atterrit sur les fesses, le poteau entre les jambes. C'est avec un mal de crâne effroyable qu'il se releva, se massa le crâne et entendit une voix lui dire :

Bingo, en plein dans les dents •

-Hein ? Mais qui a parlé ? Demanda Harry en regardant le lampadaire avec un air suspect tout en essayant de se convaincre qu'un poteau, cela ne parlait pas.

Mais non, tête de nouille ! Je ne suis pas le poteau, je suis ta conscience, Harry •

TBC…