Titre : Hopeless Destiny

Auteur : Chidori84

E-mail : chidori_kuruma_3 at

Genre : Shonen ai, OOC, Suspense, Drama, Aventure

Couple : Merlin&Arthur

Source : Merlin (BBC)

Disclamer : Ben, malheureusement pour moi les personnages ne m'appartiennent pas, je les emprunte seulement pour mon plaisir personnel.

Mot de l'auteur : Ouf! J'ai cru que je n'y arriverai jamais. Ma vie n'a jamais été aussi mouvementée et j'ai eu énormément de mal à me dégager du temps pour écrire la suite. Je vous remercie en tout cas pour votre soutien notamment celui de « Aniyaoi ». Merci pour toutes vos reviews. J'espère ne pas vous décevoir avec ce chapitre surtout après le temps que ça m'a mis pour l'écrire. J'essaierai d'être plus rapide pour le prochain maintenant que je viens enfin de me poser. Mais bon, la vie est parfois pleine de surprises. En tout les cas, je ne vous oublie pas. À bientôt. ^^

Chapitre 6 : Souvenirs

La chaleur du soleil, à la fois tendre et caressante sur son beau visage endormi, lui fit doucement ouvrir les yeux. Ses paupières papillotèrent quelques secondes avant qu'il ne les garda complètement ouvertes. Désormais parfaitement réveillé, il n'amorça pourtant pas le moindre mouvement pour s'extirper du cocon doux et soyeux dans lequel son corps s'était niché.

À nouveau le matin, et, à nouveau cette douleur qui l'empêchait de se mouvoir correctement. Depuis bientôt deux mois, il en était presque paralysé car contraint de rester alité afin de prévenir toute autre crise. En effet, la dernière fois qu'il était sortit, le trou béant, qu'il ressentait déjà depuis quelque temps dans sa poitrine, s'était élargi davantage sans qu'il n'en comprenne la raison, bloquant complètement son système respiratoire. Il s'était alors écroulé brutalement sur le sol, inconscient. Il n'avait pourtant fait aucun effort particulier ce jour-là. Une simple ballade jusqu'au lac en compagnie de sa fiancée qui, la malheureuse, s'était retrouvée à devoir lui appliquer un massage cardiaque afin de lui sauver la vie.

Quand il avait expliqué qu'à la simple vue de ce paysage, il avait été pris de vertiges, le médecin de la cour, après un examen complet, avait alors décrété qu'il devrait se reposer dans sa chambre pour le reste de la semaine. Bizarrement, cette décision ne l'avait pas dérangé outre mesure alors que la semaine s'était vite transformée en mois. En temps normal, il aurait certainement vivement protesté. Mais, cette fois-ci, il n'avait pu trouver la force nécessaire à une éventuelle rébellion.

Il n'avait d'ailleurs plus la motivation pour grand-chose dernièrement. Ses envies, ses ambitions et ses aspirations pour devenir un grand homme de bien courageux et respecté, s'étaient évanouies du jour au lendemain le rendant presque aussitôt apathique. Plus rien n'avait d'importance désormais car il lui manquait quelque chose. C'était du moins, le ressentit qu'il en avait mais, il eut beau chercher à combler son vide, ce fut en vain. Et, plus le temps passait, plus il était las de cette quête personnelle qui se répercutait dangereusement sur son état de santé.

Depuis cet incident, la douleur dans sa poitrine restait omniprésente et, le seul moyen qu'il avait trouvé pour la faire taire était de sombrer dans un profond sommeil. Il ferma alors ses yeux, se demandant une fois de plus s'il réussirait à se réveiller la prochaine fois. Il tourna ensuite le dos à la fenêtre tout en remontant légèrement l'édredon sur sa tête pour se mettre à l'abri de la lumière du soleil. Alors qu'il se sentait prêt à accueillir avec soulagement l'étreinte des bras de Morphée, deux coups frappés contre le bois de la porte de sa chambre ainsi que l'élévation au travers de celle-ci d'une voix féminine l'obligèrent à se confronter de nouveau avec la réalité.

« Arthur, puis-je rentrer ? »

Reconnaissant cette voix comme étant celle de sa fiancée, il força ses paupières à se soulever une nouvelle fois avant de se redresser dans son lit avec peine. Il plaça ensuite deux oreillers dans son dos pour garder une position confortable et enfin, autorisa sa promise à pénétrer dans son antre.

La porte s'ouvrit alors sur la jeune femme qui, laissant le lourd battant en bois de chêne se refermer derrière elle, s'avança avec assurance dans la pièce. Sans un mot, elle s'approcha de la fenêtre qu'elle ouvrit en grand, permettant ainsi à l'air pur et frais de se frayer un passage à l'intérieur de la chambre pour en diluer l'odeur de renfermé. Cette tâche dont elle s'acquittait désormais irrémédiablement chaque jour depuis qu'Arthur n'avait de cesse de renvoyer ses nouveaux valets les uns après les autres, ne la dérangeait pourtant d'aucune façon. Au contraire, cela lui permettait de profiter davantage de la présence de son bien-aimée.

Elle inspira un grand coup, appréciant la petite brise matinale qui fit voleter légèrement quelques mèches brunes de sa chevelure. Elle se tourna ensuite vers son promis qui, bien qu'il tolérât son intrusion pour recevoir sa leçon de morale quotidienne, s'appliquait pourtant, comme à son habitude, à l'ignorer royalement.

« As-tu l'intention de dormir, une fois de plus, toute la journée ? »

Arthur lui lança un regard noir avant de répondre.

« Et que puis-je bien faire d'autre Morgana ? Ne m'a-t-on pas, après tout, consigné dans mes appartements pour un repos total ? »

La jeune femme ricana légèrement.

« Il est vrai que tu nous as toujours habitués à suivre les ordres à la lettre. »

Arthur ne releva pas sa remarque, exaspérant sa fiancée encore davantage.

« Et puis, tu pourrais pratiquer une activité autre que la paresse au fond de ton lit dans cette chambre. Depuis combien de temps déjà n'as-tu pas touché à ton épée ? Je commence vraiment en avoir assez de ton attitude et saches que si tu persistes dans cette voie, je demanderai à ton père d'annuler notre engagement. Il est hors de question que j'épouse une loque ! »

Elle espéra que cette menace le fit enfin réagir une fois pour toutes.

« Tant mieux, je n'ai aucune envie de me marier de toute façon et encore moins avec toi si tu veux vraiment tout savoir. »

Cette réplique lui fit l'effet d'une gifle et elle tenta de rester digne dans sa réponse malgré les larmes qu'elles sentaient poindre au coin de ses yeux.

« Je comprends. » dit-elle d'un ton morne.

Mais elle ne comprenait pas. Elle ne le comprenait plus.

« Non… » Murmura-t-elle doucement.

Et, toutes ses émotions qu'elle avait su garder en elle jusqu'à présent transparaissaient d'un coup dans la fureur de sa voix qui résonnait à travers la pièce faisant presque vibrer les murs de pierre.

« Je ne comprends pas et je ne veux plus comprendre. Tu vivais très bien sans cette personne avant. Alors pourquoi fais-tu preuve d'autant de relâchement et d'abattement ? Bon sang, je ne te reconnais vraiment plus. Tu…

Mais Arthur ne prêtait déjà plus aucune attention à ses paroles, son cerveau repassant en boucle la révélation de Morgana. « Sans cette personne, sans cette personne… ». Il venait enfin de mettre la main sur la clé de son énigme qui, depuis le début, se trouvait entre les mains de sa promise.

Elle savait tout. Elle était parfaitement consciente de l'origine de son mal-être et pourtant, elle n'avait pas hésité à l'isoler dans sa détresse. Comme il lui en voulait de, par son égoïsme, l'avoir laissé se tourmenter ainsi tout ce temps. Il l'interrompit alors brutalement essayant péniblement de contenir la rage qui semblait déferler en lui à présent.

« Qui ? »

Morgana stoppa aussitôt son monologue, son beau visage de porcelaine figé dans une expression de totale stupéfaction face à la réaction plutôt inattendue de son fiancée alors que les larmes ruisselaient le long de ses joues à présent colorées d'un vif incarnat.

« Pardon ? »

« Qui est la personne que tu viens de mentionner ? »

Et là, Morgana comprit qu'elle venait de commettre une grave erreur. En effet, elle venait tout juste d'anéantir tous les efforts qu'elle avait entrepris depuis maintenant plusieurs semaines pour que, jamais plus, une quelconque allusion quant à l'existence de cette personne ne soit faite en présence du prince.

« Je…» Balbutia-t-elle, suffocant presque sous le poids de l'oppressante croissance de colère de son vis-à-vis. « Je… Je dois te laisser à présent. Tu as besoin de repos. »

Et sans plus de cérémonie, ni même sans attendre le moindre signe de protestation de son fiancée, elle se hâta de quitter la chambre au plus vite.

Arthur, de son côté, fit voler l'édredon qui le recouvrait tout en hurlant le prénom de sa promise. Il se rua ensuite hors du lit dans l'idée de la rattraper pour lui extorquer la vérité de sa bouche. Mais, lorsque ses doigts frôlèrent la dorure de la poignée, il se stoppa instantanément. Il venait de comprendre que Morgana ne lâcherait pas le morceau aussi facilement et qu'il était aussi responsable qu'elle en ayant enfoui ses souvenirs au plus profond de son cœur. Pourtant, il avait désormais un indice et il savait exactement où il devait se rendre pour les déterrer.

Il s'habilla en vitesse et prit son courage à deux mains lorsqu'il fut sur le point de franchir à nouveau le seuil de cette porte qu'il n'avait pu ouvrir de lui-même depuis des semaines. Il descendit directement à l'étable où il s'attarda plusieurs minutes à cajoler sa monture afin de regagner sa confiance avant de la monter. Quand il sentit que celle-ci était enfin prête à se laisser faire, il s'empressa de la sceller de peur qu'elle n'en fasse à nouveau qu'à sa tête.

Il sortit ensuite fièrement de la cour du château au dos de sa monture sous le regard éberlué des passants qui le croyaient alité et au porte de la mort. Ravi de retrouver toutes ses sensations qui, à son grand étonnement, lui avait réellement manqué, il chevaucha plusieurs minutes à travers la forêt. Il huma avec délice l'odeur des pins, se laissa bercer par le chant des oiseaux, offrit son visage à la caresse de la brise dans ses cheveux, cajola l'encolure de son animal, fit résonner sa joie de liberté retrouvée. Ce pur instant d'euphorie fit pourtant soudainement place à de l'anxiété à mesure qu'il s'approchait de son objectif.

Enfin, alors qu'il apercevait un espace dégagé entre les arbres, il tira légèrement sur les rênes. Son fidèle destrier ralentit sa course avant de s'arrêter tranquillement quelques mètres plus loin. Le prince mit pied à terre presque aussitôt. Il attacha solidement les lanières en cuir autour d'une branche robuste et caressa une dernière fois la complice de sa fuite pour la remercier.

Le jeune homme respira ensuite un grand coup alors qu'il fit face à l'immensité du lac qui sembla soudainement l'engloutir au point qu'il se sentit étouffer.

« Calme-toi ! » Se dit-il pour lui-même espérant ainsi que sa voix parvienne à briser ce silence oppressant.

Quelque peu rasséréné, il s'approcha de la rive avec précaution. Mais, à peine fit-il un pas, qu'il tomba à genoux brutalement, ses doigts agrippés à sa poitrine, avec la désagréable sensation qu'une main invisible tentait d'en extirper son cœur. Il se devait pourtant de résister à cette douleur s'il voulait enfin avancer. De grosses gouttes commençaient à perler sur son front, les larmes coulaient le long de ses joues et sa respiration était de plus en plus saccadée. Enfin, il se fit violence une dernière fois avant de se précipiter dans les eaux sombres du lac.

Là, à l'intérieur liquide de ce cocon de pureté, il se sentit complètement détendu et en sécurité alors que les souvenirs occultés au cours de ses dernières semaines, tels des apparitions fantomatiques, se matérialisaient devant ses yeux. Lorsque le dernier et le plus précieux ressurgit dans son esprit et son cœur, il remonta aussitôt à la surface et, une fois la tête hors de l'eau, il inspira le souffle de vie dont il avait été dépourvu.

Il se laissa ensuite porter par les eaux alors qu'il savourait avec délice chaque souvenir retrouvé et plus particulièrement le plus récent. Le nom de la personne qui avait partagé tout ces instants de joie et de bonheur, toutes ces épreuves douloureuses, passa inconsciemment ses lèvres :

« Merlin »

Telle une incantation qui le libérait enfin du fardeau qui pesait sur son cœur, il le répéta inlassablement encore et encore. Comment avait-il pu oublier la personne la plus importante à ses yeux ? Cette seule et unique personne qui avait réussi à lui faire prendre conscience de lui-même. Grâce à elle il n'était plus que le prince héritier du royaume de Camelot mais également Arthur, un être humain à part entière avec ses qualités, ses défauts, ses aspirations et surtout ses sentiments. Il ne comprenait pas comment il avait pu se conduire de façon aussi lâche en occultant tout cela.

Il repensa alors à la dernière personne qu'il avait rencontrée ce jour-là. Il se précipita hors de l'eau et, sans prendre la peine de se sécher, s'empara de la bride avant de sauter sur le dos de sa monture qu'il pressa aussitôt de se mettre au galop. Il parcourut beaucoup plus rapidement qu'à l'aller la distance qui le séparait du château. Arrivée dans la cour de Camelot, il descendit de son cheval qu'il confia, sans même regarder, au premier serviteur qu'il crût avoir croisé.

Le noble qui venait de recevoir les lanières de cuir aux creux de ses précieuses mains fut sur le point de protester vivement lorsqu'il remarqua le regard froid et déterminé du prince. Il se ravisa aussitôt et décida de se mettre en quête du palefrenier espérant être remercié plus tard. Arthur, quant à lui, l'avait déjà oublié et traversait au pas de course les différents corridors qui se succédaient. Il déboucha enfin sur une grande porte qu'il ouvrit sans prendre le temps, au préalable, de frapper contre les battants en bois.

« Gaius ! » Hurla-t-il à peine le seuil de la pièce franchie.

Un vieil homme sortit d'une chambre attenante à l'appel de son nom et la surprise se peignit sur son visage lorsqu'il fit face à son interlocuteur.

« Sire ? »

« Que m'avez-vous fait ? »

« Je ne comprends pas. Pouvez-vous m'expliquer de quoi il en retourne ? »

Le prince était si énervé que son récit s'en trouva confus et désordonné.

« Je… Je me souviens de tout ! On s'est rencontré au lac. Puis, Vous étiez là ! On était si bien. Tout se passait si bien. Mais il est partit. Pourtant on était ensemble lui et moi… Il y a eu un éclair et je l'ai laissé derrière moi. Vous le saviez… Il est partit et vous me l'avez dit. En dernier… Vous étiez… Oui je vous ai vu en dernier… Enfin la potion… Donc c'est forcément vous ! »

Gaius s'approcha précautionneusement du jeune homme et posa une main sur son épaule.

« Allons, Sire, je vous en prie ! Essayez de vous calmer ! »

Arthur respira un grand coup et se força à donner de l'ordre à ses idées avant de reprendre.

« Ce soir-là, vous m'aviez fait boire une potion pour trouver le sommeil. Je vous le demande, Gaius, m'avez-vous drogué ? »

Le médecin de la cour poussa un long soupir.

« Sire, je puis vous assurer que le breuvage dont il est question n'était destiné qu'à vous permettre de vous endormir sereinement. Cette décoction ne peut être à l'origine de la perte de vos souvenirs, croyez-le bien. »

Sa voix était si affirmée dans ses propos que l'homme parut sincère aux yeux du prince.

« Très bien. Mais, dans ce cas, comment expliquez-vous ce qu'il m'est arrivé ? Et pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? » Demanda-t-il sur un ton légèrement accusateur.

« Veuillez bien vouloir me pardonner, Sire ! Je vous respecte énormément et sais parfaitement qu'il est de mon devoir de vous servir loyalement. Et pourtant, j'ai laissé mes sentiments personnels altérer mon jugement. Son choix a pris le pas sur mon devoir. »

Arthur se calma alors aussitôt.

« Il est normal que vos sentiments vous aient conduits sur cette voie. Vous êtes un homme juste et droit Gaius. C'était déplacé de ma part que de vous demander de justifier vos actes. Je me suis emporté et je vous prie de bien vouloir m'en excuser. »

Le prince baissa alors la tête à la fois honteux et confus par son comportement. Gaius posa ses mains sur ses épaules pour l'obliger à lui faire face.

« Sire, la colère et la frustration que vous avez dû ressentir lorsque vous avez découvert la vérité est tout à fait compréhensible. Votre réaction est des plus humaines. Je tiens à vous dire à quel point je suis navré de la tournure qu'ont pris les évènements. Après tout, je suis entièrement responsable. Si je l'avais mieux protégé... »

Arthur l'interrompit aussitôt alors qu'il sentait la voix du vieil homme vibrer sous un flot d'émotions intenses.

« N'en dites pas plus! C'était sa décision et vous n'êtes aucunement en tord. Je ne le blâmerai pas non plus même si je lui en veux de m'avoir abandonné sans explication. S'il doit y avoir un responsable dans cette histoire, c'est moi et moi uniquement. »

Gaius voulut le contredire aussitôt.

« Sire, non... »

« Bien sûr que si Gaius! » rétorqua le prince avec véhémence. « J'avais peur des sentiments que je lui portait. Et il y avait ce... Cette aura de mystère qui l'entourait qui m'effrayait encore plus. Il savait qu'il ne pouvait pas entièrement me faire confiance. Au final, ma lâcheté a finit par entraîner la sienne. »

Arthur prit soudainement le médecin de la cour par les épaules.

« Je dois le retrouver Gaius! Je dois lui dire que je peux désormais l'accepter tel qu'il est! Je vous en prie, dites-moi où il est allé! »

Le vieil homme secoua la tête.

« Malheureusement, tout comme vous, je l'ignore. Mais, si vous tenais vraiment à le retrouver, je pense que vous devriez commencer par le point d'origine. »

Arthur approuva rapidement cette idée d'un signe de tête.

« Vous avez raison. Je suis sûre qu'elle seule pourra m'indiquer l'endroit de sa cachette. Je dois vous laisser Gaius, je n'ai plus une seconde à perdre désormais. »

Il fut sur le point de partir lorsque son aîné le retint par le bras.

« Sire, permettez-moi de vous dire une dernière chose. Ses actions ont toujours eu pour but de vous soutenir et de vous servir loyalement pour qu'un jour vous puissiez devenir un grand roi. Ne l'oubliez jamais quoi qu'il puisse arriver. »

« Ne vous inquiétez pas Gaius, je le sais. »

Gaius nia pourtant cette dernière affirmation.

« Je suis pourtant au regret de vous dire que vous ignorez encore tout de lui. Même si ce n'est pas à moi de vous le dire, vous ignorez vraiment les épreuves subies, les dangers frôlés ainsi que les douleurs endurées juste pour vous maintenir en vie. Maintenant, partez mon prince et ramenez cette vérité avec vous. »

« Je le ferai, quoi qu'il m'en coûte! » répondit Arthur, les yeux plein de détermination et désormais intrigué par les propos du vieil homme.

Sur ces mots, il le quitta pour rejoindre ses appartements au plus vite. Il ignora les murmures et les exclamations de stupeur sur son passage. Une fois dans sa chambre, il se changea pour des vêtements de voyage plus confortable et qui lui permettraient surtout de parcourir ses terres de façon incognito. Il s'attarda un instant sur le tissu, se remémorant avec tendresse la personne qui lui avait prêté ces semblants de haillons. Une fois vêtu, il remplit rapidement un sac de quelques affaires nécessaires à son périple. Il s'empara ensuite de son épée avant de sortir de la pièce.

Il l'atteignit l'étable en un rien de temps. Son fidèle destrier l'y attendait, hennissant de joie à sa vue comme s'il avait deviné les intentions de son maître. Il prépara sa monture l'air de rien et sans se préoccuper des regards qu'on lui jetait de temps à autre. Après avoir tiré sur la dernière sangle et vérifié que son paquetage ne risquait pas de tomber en cours de route, il s'empressa de grimper sur la selle.

Il sortit de l'étable et, lorsqu'il passa les portes du château, il prononça à nouveau le nom perdu et oublié au cours des mois précédents.

« Merlin, je viens te chercher alors je t'en supplie attends-moi. »dit-il se sentant enfin complètement libéré du poids qui oppressait sa poitrine.

Et, alors qu'il s'éloignait de Camelot au triple galop, il ne se douta pas un instant des yeux plein de haine et de tristesse qui le suivaient du regard.