Toi que mon cœur avait choisi d'aimer, toi que mon corps ne pouvait refuser,
Je ne peux t'oublier parce que je t'aime.
Paroles de Jean Renard.
New York City
Quelques années plus tard…
Trois ans.
Cela faisait trois ans maintenant qu'elles étaient parties et la douleur était tout aussi présente pour Elliot, il n'a plus jamais été le même homme lorsqu'il avait quitté l'appartement d'Olivia ce soir là.
Son monde venait de s'écrouler, la vie ne lui semblait sans saveur, inutile, sans sens. Et il s'était donc laissé aller, manquant le travail plusieurs fois dans la semaine voire plusieurs semaines complètes bien sûr il avait eu droit à la réprimande de Cragen voire même des menaces mais ce dernier n'allait jamais jusqu'au bout de ses démarches car une part au fond de lui comprenait ce qu'il ressentait.
Il était comme une loque errant dans le salon de sa maison toute la journée le plus souvent une bière à la main espérant noyer son chagrin, son cœur avait cessé de battre ce fameux soir et il se sentait vide maintenant complètement vide comme s'il ne ressentait plus aucune émotion…à part peut-être le désespoir et surtout la colère. Il était en colère après lui, après elle et après cette foutu vie.
Et ironie du sort Kathy le quitta quelques temps plus tard ne supportant plus de vivre comme ca, de supporter sa colère et son chagrin, la vie dans la maison était devenu pesant et surtout électrique, et elle en eu finalement assez. Bien sûr au début en apprenant la nouvelle elle fut ravie, son mariage était sauvé se disait elle mais finalement le départ d'Olivia n'avait fait qu'accentué le fossé qui existait entre eux et avait finit par avoir raison de ce mariage qui était déjà brisé.
Il avait donc finit par quitter la maison et c'était trouvé un petit appartement en ville, le divorce fut prononcé dans la même année. Mais se retrouver seule dans son appartement n'arrangea pas son état au contraire il devint encore plus aigri, plus désespéré, passant la plupart de son temps à dormir…oui dormir au moins dans ses rêves il reprenait goût à la vie, elle était là à chaque fois plus belle que jamais et ils étaient heureux ensemble…elle, Hailey et lui.
Même lorsqu'il revenait à la réalité il s'attendait à chaque fois de les voir à côté de lui mais malheureusement il ne rencontrait que le vide et le silence de son appartement et cela le détruisait davantage.
Bien sûr ces enfants faisaient tout pour lui remontait le moral lui redonnait goût à la vie mais c'était peine perdu, il était mort de l'intérieur.
Jusqu'à ce fameux soir où Kathleen était venue lui rendre visite et qu'il l'avait découverte au milieu du salon sanglotant en ramassant les bris verre de la bière qu'il avait projeté contre le mur plus tôt.
Cet image lui avait transpercé le cœur et il s'en voulu de faire tant de mal à ses enfants, si lui ne voyait aucun sens à la vie il ne pouvait pas faire subir ça à ses enfants et ce jour là il décida qu'il devait se reprendre en main, qu'il devait au moins faire semblant…pour eux.
Et à partir de ce soir là il avait essayé de se reconstruire, de reprendre son travail, de continuer à vivre…même si au fond de lui il savait que ce n'était qu'un pure mensonge.
Cragen avait passé l'éponge sur ses déboires et il pu regagner son poste ...reprendre le cours normale de la vie.
Mais quand il rentrait chez lui le soir, ses démons le rattrapaient et il ne trouvait réconfort que dans ses rêves…ses rêves d'elles.
Ce jour là Fin, Munch et Elliot l'avait passé au tribunal pour une difficile affaire d'inceste dont le principal coupable fut reconnut innocent alors que tout l'incriminé. Les inspecteurs quittèrent donc le palais dans une humeur plutôt exécrable et lorsqu'ils reçurent un appel de Cragen leur ordonnant de passer au central avant de rentrer chez eux cela ne les enchanta guère chacun étant pressé de rentrer pour décompresser de la journée et Elliot pressé de s'endormir pour échapper à ce monde dans lequel il s'efforçait de survivre.
Le tintement de l'ascenseur se fit entendre et Munch suivit de Fin et d'Elliot en sortirent avant de longer le couloir les menant vers leurs bureaux, lorsque Munch s'arrêta brusquement.
« Eh ben ils embauchent de plus en plus jeune de nos jours dans la police » fit-il avec un sourire avant d'ajouter, « Regarde Elliot je crois que Cragen t'a trouvé un nouveau partenaire » ricana t-il en pointant l'ancien bureau d'Olivia de la tête.
Intrigué Elliot tourna la tête et en effet là assis sur une chaise se trouvait une petite fille aux cheveux noir ébène absorbé par une feuille sur laquelle elle gribouillait quelque chose qui ressemblait à un dessin.
Surpris Elliot s'approcha de la petite fille suivi par Fin et Munch. Il s'accroupit à sa hauteur.
« Hey salut ! » fit il pour attirer son attention, mais cette dernière l'ignora complètement gribouillant toujours sa feuille.
Il entendit le petit rire moqueur de Munch mais ne se découragea pour autant.
« Salut moi c'est Elliot et toi? » lui demanda t-il avec un sourire rassurant.
La petite fille l'ignora encore plus la tête toujours baissé absorbé par son dessin. Elliot leva les yeux vers ses collègues qui haussèrent les épaules en signe d'incompréhension.
« Ma maman ne veut pas que je parle aux inconnus » fit soudainement la petite sans arrêté son dessin pour autant. Et cela lui fit sourire, bien qu'elle avait l'air jeune elle semblait très mure pour son âge.
« Elle a absolument raison ta maman…mais à moi tu peux parler je fais parti de la police» déclara t-il en lui faisant un grand sourire.
A cette déclaration la petite s'arrêta aussitôt de dessiner comme intriguée et releva la tête vers lui.
Et lorsqu'Elliot rencontra ses yeux il en eu le souffle coupé, ses grands yeux était magnifique d'un bleu cristal qui lui rappelait ceux de ses enfants à son âge.
Elle s'apprêta à dire quelque chose lorsque Cragen ouvrit soudainement sa porte les surprenant et ordonnant Elliot de le rejoindre aussitôt dans son bureau. Il se leva donc encore sous l'impression des grands yeux bleus de la petite le regardant et prit la direction du bureau laissant la petite fille avec ses collègues.
Quand il ouvrit la porte du bureau, il sentit une drôle d'atmosphère et au coin dans l'ombre il pouvait distinguer une silhouette, une femme, sans doute la mère de l'enfant pensa t-il.
Son regard se dirigea vers Cragen dont l'expression laissait transparaître un certain malaise, une appréhension.
« Bonsoir Elliot » fit la voix dans l'ombre avant de s'avancer vers la lumière.
Et là il eu un véritable choc…elle était là.
Olivia.
Elle était là debout devant lui un sourire discret sur son visage, ses cheveux étaient plus long ce qui la rendait encore plus belle que jamais. Il resta comme figé par cette vue, il n'en croyait pas ses yeux et diverses émotions s'emparaient de lui. Il eu l'impression que son cœur se compressait, trois ans qu'elle était partie sans un mot, trois ans qu'il vivait un véritable calvaire et là maintenant elle se trouvait à quelques mètre de lui.
Il ne pouvait bouger, ne pouvait prononcer aucun mot tellement ses émotions se livraient bataille à l'intérieur de lui.
Il ne savait plus s'il devait être en colère ou heureux.
Cragen et Olivia s'échangèrent un regard gêné et Olivia baissa la tête, que s'était elle attendue ? Qu'il allait l'accueillir les bras ouverts ? bien sûr que non, elle était partie comme un voleur et lui avait du vivre avec ça, vivre sans sa présence à ses côtés, sans sa fille…oh mon dieu ! Cette petite fille dehors c'était Hailey ?
Comme pour répondre à sa question, la porte s'ouvrit soudainement laissant apparaitre Fin avec la petite tenant sa main.
« Excusez moi de vous interrompre mais il semblerait que quelqu'un s'impa…Olivia ! » s'exclama t-il lui aussi sous le choc. C'était bien la dernière personne à qu'il s'attendait et sans le vouloir son regard se dirigea instinctivement vers Elliot, celui-ci était comme ailleurs comme perdu les yeux rivés sur elle.
« Maman ! » s'écria la petite avant d'accourir vers elle.
Olivia se pencha pour prendre sa fille dans ses bras.
« Je suis fatiguée maman on peut rentrer à la maison ? » demanda la petite avant de poser sa tête sur l'épaule de sa mère.
« Bientôt mon cœur…bientôt » fit Olivia en passant tendrement sa main dans les cheveux de sa fille.
Devant cette scène Elliot sentit son cœur s'emballait comme jamais, cette image lui rappelait les rêves qu'il faisait d'elles et là elles étaient devant lui, il en eu les larmes aux yeux cette vue était magnifique Olivia et sa fille…Hailey mon dieu comme elle avait grandi ! Il se souvenait encore de la première fois où il l'avait tenu dans ses bras et où elle lui paraissait si fragile.
Et maintenant elle était devenue une magnifique petite fille, voila pourquoi son regard lui semblait si familier, c'était ses yeux dont elle avait hérité comme tout ses enfants et une vague d'amour submergea son cœur.
Il resta là un bon moment comme pétrifié ne sachant pas comment se comporter, il avait l'impression qu'il n'avait plus le contrôle de son corps.
Comme un spectateur il assista à cette ferveur qui se jouait sous ses yeux entre ses collègues et Olivia, et pas une seule fois il ne bougea de sa position, pas une seule fois il ne réussit à dire un mot il se contenta d'y assister le regard fixé sur elles comme pour enregistrer cette image à jamais.
Et lorsqu'Olivia décida de rentrer chez elle, il aurait voulu la retenir, lui dire à quel point il lui avait manqué, à quel point il avait besoin d'elle mais il resta immobile comme paralysé incapable de faire aucun geste et se contenta de la regarder partir.
Et au moment où Cragen lui demanda si ca allait il se contenta de hocher la tête se demandant si ce qui venait de se passait était un rêve ou bien la réalité.
New York City
Appartement Benson
Dans la soirée…
Olivia était assise dans son canapé un verre de vin sur la table, après avoir couché Hailey elle s'y était installé ressassant le cours de la soirée et repensant à Elliot.
Au cours de ses trois passés loin d'ici elle n'avait jamais cessé de penser à lui et lorsqu'elle l'avait vu ce soir son cœur s'était réchauffé faisant remonter à la surface des sentiments qu'elle avait essayé d'enfouir, on vous dit bien souvent loin des yeux loin du cœur…foutaise, chaque jour pendant ces trois ans elle avait pensé à lui, chaque jour elle ressentait cette douleur au fond de son cœur.
Bien sûr elle se doutait qu'il devait lui en vouloir mais une part au fond elle aurait espérer ce soir un tout autre accueil, elle aurait tellement aimé qu'il la prenne dans ses bras qu'il lui dise qu'elle lui avait manqué mais au lieu de ca il avait été froid et surtout distant, et cela l'avait blessée. Pourtant elle avait cru voir une étincelle s'illuminée dans ses yeux quand il l'avait vu peut-être s'était elle trompée…
Elle poussa un soupir avant de prendre une gorgée de son vin et ferma les yeux essayant de contrôler les larmes qui menaçaient de couler.
Et dans le silence de son salon elle entendit brusquement qu'on frappait à sa porte, elle se leva intriguée, personne ne connaissait encore son adresse à part Cragen et en le quittant plus tôt il ne lui avait pas précisé qu'il allait passer.
Elle regarda par le judas de la porte et son cœur s'arrêta de battre.
Elliot.
Comment avait t-il trouvé son adresse ? Elle essaya de calmer ses émotions et de se reprendre avant de lui ouvrir.
« Hey…je …je peux entrer ? » demanda t-il un peu gêné.
Elle s'écarta comme pour lui répondre et il s'avança dans le salon ses gestes un peu incertains.
Elle s'installa de nouveau dans son canapé et lui lança un regard comme pour l'invité à s'assoir, sa gorge était nouée à telle point qu'elle se demandait si des sons allaient pouvoir en sortir.
Elliot posa ses coudes sur ses genoux avant de baisser la tête comme pour se donner le courage nécessaire pour parler, être là aussi proche d'elle le mettait dans tous ses états et il avait l'impression qu'elle pouvait entendre les battements de son cœur.
« Je …je voulais m'excuser pour tout à l'heure… »bredouilla t-il puis ferma les yeux avant de pousser un soupir, « mais comprends moi…tu…tu es partie du jour au lendemain et je n'ai eu droit qu'à une vulgaire lettre » ajouta t-il en relevant la tête son regard remplit de détresse et de souffrance que cela serra le cœur d'Olivia.
Elle baissa à son tour la tête, coupable et mal à l'aise.
« Je sais… » réussit-elle à dire la voix rauque par l'émotion
Et soudainement comme pris d'un accès de rage il se leva, « Non tu ne sais pas…tu ne sais rien… » s'emporta t-il, « tu ne sais pas à quel point j'ai eu mal lorsque j'ai ouvert la porte et que je n'y es découvert que le vide…tu ne sais pas à quel point cela m'a fait souffrir et me faire encore souffrir…j'a…j'avais l'impression de mourir » déclara t-il avec force laissant apparaitre toute sa souffrance.
Olivia ferma les yeux essayant de contrôler ses larmes, elle s'en voulait tellement de lui causer tout ce mal.
« Je…je…suis désolé Elliot mais je n'avais pas le choix je devais penser à Hailey » lui dit-elle les yeux remplit de larmes.
Il se rapprocha d'elle le regard blessé, « si tu avais le choix, celui de rester et de me laisser faire partie de sa vie comme tu me l'avais promis…tu ne peux pas savoir à quel point s'était blessant pour moi de savoir que j'avais une fille mais que je n'allais sans doute jamais la voir grandir…j'ai manqué trois année de sa vie Olivia ! » s'écria t-il le visage crispé par la douleur encore présente.
« Je ne pouvais pas Elliot, cette situation était trop compliqué et tu le sais bien…tu aurais fait quoi ? T'installer dans la vie d'Hailey et à chaque coup de pression de Kathy être distant avec elle comme tu l'avais été avec moi…non je ne pouvais lui infliger cela, elle ne pouvait pas subir les conséquences pour nous » s'emporta t-elle à son tour l'affrontant du regard.
« Tu aurais du m'en parler…tu aurais du me dire que cette situation te dérangeait et on aurait essayé de trouver une solution…mais t'enfuir comme ca » lui répondit il comme désemparé.
Il se laissa tomber sur le canapé comme accablé et releva la tête vers elle plongeant son regard dans ses grands yeux noisette.
« Quelle solution Elliot ? Tu n'étais pas prêt a prendre aucune décision à ce moment là et je reconnais que j'aurais peut-être du t'en parler mais cela n'aurait rien changé à la situation…tu sais très bien que je ne t'aurais jamais demandé de choisir entre nous et ta famille »
« Je sais … » répondit-il dans un soupir.
« J'espère que tu trouveras le courage de me pardonner un jour mais…c'est le passé maintenant et on ne pourra plus rien y changer…aujourd'hui je suis revenu et on doit prendre un nouveau départ toi et moi…au moins pour Hailey » fit-elle ses yeux ancrés aux siens.
Et le regard d'Elliot s'attendrit à l'évocation de sa fille, il avait une possibilité de faire partie de sa vie et ca il ne voulait pas la gâcher.
« Pourquoi es-tu revenue ? » lui demanda t-il soudainement.
Comme gênée par cette question Olivia détourna les yeux, comment lui expliquer qu'elle avait essayer de tirer un trait sur ces sentiments mais que ces derniers se faisaient encore plus présent même éloignée de lui, comment lui expliquer qu'elle n'avait cesser de penser à lui, qu'elle se retrouvait le soir seule dans le noir de sa chambre pleurant toute les larmes de son corps tellement son absence se faisait cruel…que le regard qu'Hailey avait posé sur elle ,en lui demandant où était son papa, lui avait fendue le cœur…qu'elle était tout simplement revenu pour lui.
« Pour Hailey… »finit-elle par lâcher la voix nouée par l'émotion.
Elliot se sentit quand même blessé il était heureux qu'elle était revenu pour qu'il puisse connaitre sa fille mais au fond de lui il aurait aimé qu'elle lui dise qu'elle était aussi revenu pour lui.
Elle passa sa main dans ses cheveux et ce simple geste fit bondir son cœur et sur le moment il eu envie de mettre son égo de côté et lui avouer tout ce qu'il ressentait.
Emporté par ce sentiment si intense il lui prit soudainement la main et elle le regarda surprise les yeux humides.
« Tu m'as tellement manqué… » murmura t-il ses yeux ancrés aux siens, se rapprochant instinctivement d'elle.
Olivia sentit son cœur s'emballé et lorsque les yeux d'Elliot se posèrent sur ses lèvres une douce chaleur s'empara d'elle.
Il rapprocha son visage du sien et pu sentir son souffle sur sa peau lui provoquant une agréable sensation, il était à quelques centimètres de ses lèvres et ce désir si intense de sentir ses lèvres sur les siennes le rendait fou. Il réduisit encore plus l'espace jusqu'à effleurer sa bouche.
« Maman ? » se fit brusquement entendre derrière eux.
TBC
Voilà un nouveau chapitre, désolé du retard mais j'ai eu un problème avec mon ordinateur…bref j'espère que ca va vous plaire en tout cas n'hésitez pas à me le faire savoir…à bientôt pour la suite
