Princess Princess
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas
UA : Shûichi Shindô fait ses études dans un lycée aux mœurs assez spéciales… x over Princess Princess
Chapitre 2 : La cérémonie d'ouverture
Shûichi prit son petit déjeuner en compagnie de Suguru et Shaolan. Les princesses devaient prendre leur petit déjeuner ensemble. Shûichi trouvait cette tradition un peu ridicule. Ce n'était pas que la compagnie de Suguru et Shaolan lui déplaisait mais il aurait préféré prendre son petit déjeuner avec Hiro. Ils avaient des croissants et du chocolat chaud. Les croissants étaient délicieux, ainsi que le chocolat.
Ensuite, ils se rendirent au lycée et allèrent au siège de l'association des élèves, là où Tôru, Yûjirô et Mikoto les attendaient.
- Bien, commença Yûjirô. J'espère que vous avez bien dormi, car vous avez intérêt à être en forme.
- Vas y mollo, Yûjirô, dit Tôru.
- Les pauvres, soupira Mikoto.
Yûjirô les ignora.
- Être une princesse, c'est d'abord une question de look. Vous devez prendre soin de votre apparence, notamment de vos cheveux ! Vous devez bien les laver, bien les sécher et bien les peigner !
- Les cheveux, c'est son dada, fit remarquer Tôru.
-Et alors ? Les cheveux, c'est sacré ! répondit Yûjirô avec ferveur. Ils constituent soixante dix pour cent de notre capital de beauté ! Voyons les vôtres.
Il se pencha vers Suguru et lui examina les cheveux.
- Fujisaki, ils sont très brillants, le complimenta-t-il. Voyons maintenant ceux de Li.
Il glissa ses doigts dans les cheveux de Shaolan.
- Ils sont très doux et soyeux, commenta-t-il. Maintenant, au tour de Shindô.
Il se pencha sur Shûichi, passa sa main dans ses cheveux et les examina de près, l'air contrarié.
- Shindô, cela ne va pas du tout. La couleur rose est idéale pour une princesse mais ils sont pleins de fourches et ils partent dans tous les sens.
- Ne critiquez pas ma coupe de cheveux, c'est celle de Ryûichi Sakuma, protesta Shûichi.
- Je ne critique pas leur coupe mais leur état, rétorqua sévèrement Yûjirô. Tu vas aller chez le coiffeur dès aujourd'hui ! On va te le payer avec le budget princesse.
Shûichi se frotta les mains. Le coiffeur gratuit. Rien que ça. Sa mère serait contente, si elle le savait.
- Je connais un très bon coiffeur, dit Yûjirô. Il utilise des produits français. Je t'y emmènerai.
- Heu…merci beaucoup, fit Shûichi. Yûjirô lui adressa un sourire bienveillant.
- Ne me remercie pas. C'est normal que nous prenions soin de nos princesses, dit-il. Je vais souvent chez ce coiffeur, c'est grâce à cela que j'ai des cheveux aussi brillants, ajouta-t-il en faisant bouger ses cheveux couleur de miel avec fierté.
- On a compris, Yûjirô ! L'interrompit Tôru. Maintenant, on va travailler votre attitude et notamment votre sourire !
- Exact, rebondit Yûjirô. Le sourire de princesse est très important. Fujisaki, souris un peu pour voir !
Suguru se contenta de faire la moue.
- Hé, ce n'est pas ce que je t'ai demandé ! S'énerva Yûjirô.
- Mais si, laisse le, intervint Tôru. Il n'a qu'à être une princesse boudeuse, comme Mikoto !
- Hé ! Je ne suis plus une princesse boudeuse, je souris comme vous, maintenant ! Protesta Mikoto, agacé.
- Bon, d'accord, céda Yûjirô. Au tour de Li.
Shaolan esquissa un sourire timide.
- C'est tout ? Fit Yûjirô, déçu.
- La timidité a aussi son charme, fit remarquer Tôru.
- Oui, mais il va se faire embêter, s'il manque d'assurance ! Il faut qu'il apprenne à éblouir les gens avec son sourire, à déclencher une tempête de fleurs sur son passage ! Mikoto, Tôru, montrons lui ce que l'on veut.
Les trois garçons esquissèrent un sourire radieux. Des fleurs volaient autour d'eux. Shûichi était impressionné. Il n'arriverait jamais à sourire ainsi.
- Voilà ce que l'on veut ! Essaie encore, Shaolan !
Shaolan sourit à nouveau, encore plus mal à l'aise.
- Mais non, ça ne va pas ! S'impatienta Yûjirô.
- Si tu lui mets la pression, ça ne va qu'empirer, fit remarquer Mikoto. Yûjirô l'ignora.
- Allez Shaolan, vas y ! Poursuivit-t-il. Imagine que tu doives éblouir une foule et déclencher un tourbillon de fleurs ! Imagine que tu es une idol !
Shaolan sourit à nouveau, avec plus d'assurance.
- Cela commence à venir ! L'encouragea-t-il. Allez, encore !
Shaolan esquissa un nouveau sourire, beaucoup plus gracieux à présent. Il y avait même quelques fleurs en arrière plan.
- C'est bien mais il n'y a pas assez de fleurs ! Déclara Yûjirô, insatisfait.
- Arrête, Yûjirô, il va avoir des crampes, à la longue ! Intervint Tôru.
- D'accord, concéda Yûjirô. Au tour de Shindô, maintenant !
Shûichi, beaucoup plus sûr de lui que Shaolan, adressa un grand sourire à Yûjirô. Mais celui-ci ne fut pas satisfait.
- Non, cela ne va pas du tout ! dit-il. Tu as de l'assurance mais ton sourire est trop masculin ! Je n'y décèle pas une once de grâce et de féminité ! Imagine que tu es une jolie fille ! Est-ce que tu as un idéal féminin ?
Shûichi fut déconcerté par sa question. Il ne s'intéressait pas vraiment aux filles. Il réfléchit un instant.
- Ma sœur, finit-il par dire.
- Ta sœur ?répéta Yûjirô. Très bien ! Imagine que tu es ta sœur, essaie de te sentir comme elle !
Shûichi pensa à sa sœur. Si jolie, si naturelle, si gentille. Il sourit en pensant très fort à elle.
- Ah, c'était beaucoup mieux ! fit Yûjirô, satisfait. Bon, ça suffit avec les sourires. On va passer à la démarche.
Tôru sortit trois paires de chaussures à semelles compensées.
- Je vous préviens, dit-il, c'est un véritable instrument de torture !
- Un vrai calvaire ! Renchérit Mikoto.
- Un supplice ! Mais vous n'avez pas le choix, vous devez apprendre à marcher avec, décréta Yûjirô. Vous vous entraînerez une heure par jour, s'il le faut ! Shindô, tu commences le premier.
Shûichi contempla les chaussures avec horreur. Il devait prendre sur lui. C'était le prix à payer pour avoir des leçons de chant avec Ryûichi Sakuma. Avec précaution, il glissa ses pieds dans les chaussures. Il avait l'impression d'être sur des échasses. Cela le grandissait. D'un côté, ce n'était pas plus mal.
Il fit un pas, deux pas, trois pas…et perdit l'équilibre. Tôru l'aida à se relever.
-Allez, courage ! Fixe un point, cela devrait t'aider à garder l'équilibre !
Shûichi fixa la peluche rose qu'on avait oubliée sur le bureau. Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, cinq pas. Il vacilla au sixième. Sept pas, huit pas, neuf pas, dix pas.
- Allez, continue ! L'encouragèrent Tôru et Yûjirô.
Il recommença plusieurs fois. Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, cinq pas, six pas, sept pas, huit pas, neuf pas, dix pas. Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, cinq pas, six pas, sept pas, huit pas, neuf pas, dix pas.
- Très bien ! dit Yûjirô. Maintenant, essaie de marcher plus élégamment, pas comme si tu écrasais des moustiques !
- C'est facile à dire ! Grommela Shûichi, agacé. Il se redressa et pensa de nouveau à sa sœur. Il se remit à marcher.
- Bon, ça ira, décida Tôru. Au tour de Shaolan, maintenant.
Shaolan, qui était très agile et avait de bons réflexes, ne perdit pas l'équilibre une seule fois. En revanche, il avait du mal à marcher de manière féminine et élégante, tout comme Shûichi.
Ce fut enfin au tour de Suguru. Ce dernier les étonna. Non seulement il ne perdit pas une seule fois l'équilibre mais il déambula avec une démarche très élégante.
-C'est génial ! S'enthousiasmèrent Tôru et Yûjirô. On croirait que tu as fait ça toute ta vie !
- Pourtant, ce n'est pas le cas. Je suis moi-même surpris, dit modestement Suguru.
Une fois leur entraînement avec Tôru, Yûjirô et Mikoto terminé, Shaolan se rendit en cours de chinois tandis que Shûichi et Suguru se rendaient en cours d'anglais. Ils furent accueillis par un revolver. Son propriétaire était un grand blond à queue de cheval. Shûichi était paralysé par la terreur.
- Hello. You are late, dit-il sur un ton de reproche.
-Désolé, professeur, dit poliment Suguru. Nous étions à notre entraînement de princesses.
- Ah, your princess training? Right, right! Please be welcome! Dit-il en baissant son revolver en riant. Il s'écarta pour les laisser passer. Suguru entra mais Shûichi resta figé sur place. Cet américain malade était leur professeur d'anglais ? Ce devait être une plaisanterie !
- Tu es Shûichi Shindô ? Lui demanda-t-il avec un sourire bienveillant.
Shûichi hocha la tête, tétanisé.
- Tôma m'a beaucoup parlé de toi, enchanté ! Dit-il en lui ébouriffant affectueusement les cheveux. Je suis K, ton professeur d'anglais. Allez, entre ! Je n'ai jamais mordu personne !
Cela, Shûichi n'en était pas sûr. Cependant, il obéit, de peur de contrarier le professeur.
Le cours fut assez angoissant. En effet, K pointait son arme sur tous les élèves qu'il interrogeait. Tous donnaient la bonne réponse. Shûichi ne voulait pas imaginer ce qui arrivait lorsque ce n'était pas le cas.
Il fut soulagé lorsque le cours fut fini. Il alla déjeuner avec Hiro. Eiri se joignit à eux, au grand dam de Shûichi. Le blond ouvrit les hostilités.
- Qu'est ce qui t'arrive ? Tu es tout pâle. C'est moi, qui te mets dans cet état ? Se moqua-t-il.
- On vient juste d'avoir cours d'anglais, avec K, expliqua Hiro.
- Ah, fit Eiri. Je compatis, miss Tagada. Ce type est un malade, je te l'accorde. Tu me donnes ton short cake à la fraise ?
Shûichi ne réagit même pas à l'appellation de « miss Tagada ». Il préféra l'ignorer.
- Mais tu sais, si on enlève son revolver, ce prof est très sympa ! Tenta de le rassurer Hiro.
-Oui mais justement, on ne peut pas l'enlever, rétorqua Shûichi.
Après le déjeuner, Shûichi se rendit à la salle des costumes où Suguru lui avait donné rendez vous. Les deux princesses s'y trouvaient, ainsi qu'une fillette d'environ douze ans. Shûichi devina que c'était la sœur de Suguru, car elle lui ressemblait beaucoup.
- Tu es en retard, lui reprocha-t-elle. Qu'est ce que tu fabriquais ?
- Cela ne te regarde pas, petite peste ! S'énerva Shûichi. Je suis bien plus âgé que toi, tu me dois le respect !
-Oui, mais ton âge mental n'est pas très élevé, à ce que je vois, persifla la fillette.
- Espèce de sale gamine, tu vas voir…
- Stop, arrêtez ! Intervint Suguru. Michiru, Shindô a raison. Tu ne dois pas parler à tes aînés de cette façon.
- Mais il m'a fait perdre mon précieux temps ! Protesta Michiru d'un air buté.
Suguru soupira.
- Tu exagères, Michiru. Cela peut arriver à tout le monde d'être en retard. Bon, je vais faire les présentations : Michiru, je te présente Shûichi Shindô. Shindô, je vous présente Michiru Fujisaki, ma petite sœur.
- Enchanté, ricana Shûichi, sarcastique. Et qu'est ce que tu fabriques ici, gamine ?
- Je ne suis pas une gamine ! Protesta Michiru. J'ai treize ans !
- C'est bien ce que je disais, tu n'es qu'une gamine !
- Shindô, cela suffit ! Intervint Suguru. Elle n'a qu'un an de moins que moi, fit-il remarquer.
-Non seulement je ne suis pas une gamine, reprit Michiru, mais je suis votre costumière.
Shûichi resta un instant silencieux, puis il éclata de rire.
- Notre costumière ? À ton âge ? Tu plaisantes !
- Pas du tout. Nous sommes tous très brillants et doués, dans la famille, se vanta-t-elle. Je n'en dirais pas autant de toi !
- C'est faux ! Ne parle pas sans savoir ! Rétorqua Shûichi, furieux. Je suis un génie du synthétiseur !
Michiru haussa les sourcils.
- Toi, un génie du synthétiseur ? Pff, je parie que tu n'arrives même pas à la cheville de mon frère !
- Ca, c'est ce qu'on va voir ! Vociféra Shûichi. Je vais chercher mon synthé tout de suite et tu vas voir ce que tu vas voir !
- Ah, non ! Protesta Michiru. Tu nous as fait perdre assez de temps comme ça, alors on commence les essayages immédiatement !
- Shindô, elle a raison. Vous nous montrerez vos talents de claviériste une autre fois, plaida Suguru.
- Bon, d'accord, accepta Shûichi à contrecoeur.
Ils allèrent dans les cabines d'essayage, là où les robes les attendaient. Shûichi observa le costume. C'était une robe blanche à volants, au corset rose. Elle comportait des rubans satinés roses et des bas résille roses également. Elle était légèrement décolletée mais pas trop, étant donné qu'il n'avait pas de poitrine. Il enfila la robe. Le corset le serrait horriblement. Cette peste de Michiru était une sadique. Ensuite, il mit les bas résille et comprit pourquoi Tôru et Yûjirô lui avaient demandé de s'épiler les jambes. Enfin, il attacha ses cheveux et mit la perruque rose qui était fournie également. Il se regarda dans la glace et apprécia le reflet. La jeune fille qui l'observait était ravissante. Elle semblait sortir tout droit d'un manga shôjo. Il tourna sur lui-même, se délectant du spectacle.
- Bon, Shindô, tu as fini ?demanda la voix impatiente de Michiru. Tu en mets un temps !
- Ca va, ça va, j'arrive ! Grommela Shûichi en sortant. Il vit les deux autres princesses. Elles étaient très jolies. Suguru portait une robe blanche et bleue et Shaolan portait une robe blanche et verte. Cette couleur lui allait à ravir. Suguru arborait une longue perruque noire et lisse et Shaolan une perruque châtain bouclée. Ils étaient tous les deux très mignons. On aurait vraiment dit des filles.
- Alors, ne suis-je pas géniale ? Se vanta Michiru. Vous ressemblez vraiment à des princesses !
- Mouais, c'est pas mal, reconnut Shûichi.
- Pas mal ? Répéta Michiru, contrariée. Tu te fiches de moi, c'est grandiose ! Voici la touche finale ! Dit-elle en leur donnant des ombrelles. L'une était rose, l'autre bleue et la dernière verte.
- Fujisako, tu es très en beauté, aujourd'hui ! Gloussa Shûichi.
Suguru consentit à sourire.
- Vous n'êtes pas mal non plus, Shindoko ! répondit-il, jouant le jeu.
Quelqu'un frappa à la porte. Shûichi alla ouvrir, marchant tant bien que mal avec ses chaussures à talon. Il ne s'y était pas encore habitué.
C'était Tôru, Yûjirô et Mikoto.
- Salut ! fit Tôru. On est venu voir de quoi vous avez l'air.
- Oui, histoire de nous rappeler des souvenirs, ajouta Yûjirô.
- Des mauvais souvenirs, précisa Mikoto.
- Tu exagères, Mikoto, répondit Tôru. C'était marrant !
- Vous êtes ravissantes, en tout cas ! Les complimenta Yûjirô. Pourriez vous défiler un peu, pour voir ?
Les princesses s'exécutèrent et déambulèrent dans toute la pièce.
- Arrêtez vous, tournez sur vous-même et souriez, leur demanda Yûjirô.
Les princesses obéirent, s'arrêtant, souriant et faisant des signes de la main à un public imaginaire. Tôru et Yûjirô les firent défiler un bon quart d'heure, leur donnant des indications et leur faisant débiter leur discours de la cérémonie d'ouverture.
- Merci, finit par dire Tôru. Vous vous débrouillez très bien.
-Il fait chaud, se plaignit Mikoto et il alla ouvrir la fenêtre. Un coup de vent emporta Trompette, l'éléphant rose en peluche de Shûichi. Ryûichi Sakuma lui-même la lui avait offerte lors d'un concert auquel il était allé à l'âge de dix ans. Depuis, il ne la quittait plus, l'emportant toujours dans son sac. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. C'est pourquoi lorsque le vent l'emporta, il se jeta par la fenêtre avec son ombrelle et la récupéra. L'ombrelle lui permit de jouer les Mary Poppins et d'atterrir harmonieusement à terre.
Suguru et Shaolan se précipitèrent à sa rencontre. Ils avaient dévalé les escaliers quatre à quatre.
- Shûichi, ça va ? S'alarma Shaolan.
- Vous êtes complètement cinglé ! S'alarma Suguru. Qu'est ce qui vous a pris ?
- Trompette est sacré, pour moi ! Il fallait que je le sauve ! répondit Shûichi.
XXX
Eiri fumait tranquillement une cigarette dans une salle de classe vide. Il était interdit de fumer. En tant que surveillant, il ne montrait pas l'exemple. Mais il s'en contrefichait. Il était furieux contre Tôma, son beau frère de directeur. Il lui avait dit qu'il voulait travailler dans le lycée Fujimori pour filles. Ainsi, il aurait eu l'occasion de côtoyer une multitude de jolies filles en uniforme et jupes courtes. De plus, Eri, sa cousine préférée, était dans ce lycée. Il pensait que Tôma accepterait, car son beau frère ne pouvait rien lui refuser. Mais Tôma l'avait introduit dans ce lycée pour garçons. L'horreur. En plus, les garçons de ce lycée semblaient avoir le béguin pour lui, alors qu'il était lui-même un garçon. C'était ridicule. Pourtant, Tôma lui avait affirmé qu'il ne serait pas déçu. Etait ce parce qu'il y avait des garçons étrangement beaux, qui ressemblaient à des filles ? Eiri s'en moquait.
Efféminé ou non, un garçon restait un garçon. Cela dit, ce nouveau, Shûichi Shindô, était vraiment très mignon. La première fois qu'il l'avait vu, il avait été troublé par ses grands yeux violets. Il était mince, petit, ses cheveux roses lui donnaient un côté romantique, il avait un petit nez, une jolie bouche fine et pulpeuse. Il avait tout de la fille idéale. Mais c'était un garçon. Stupide, en plus. Et dépourvu du moindre talent. Contrairement à lui.
En effet, Eiri était conscient de son talent pour l'écriture. À côté de son boulot de surveillant, il écrivait des romans. Cela marchait bien, même s'il n'était pas encore très connu. À présent, il débutait un nouveau roman mais l'inspiration ne venait que difficilement.
Il alla prendre l'air à la fenêtre, songeant qu'un peu de vent frais lui donnerait les idées qui lui manquaient. Il vit alors une chose incroyable.
Une jeune fille munie d'une ombrelle flottait dans les airs. Ses longs cheveux roses flottaient au vent. Elle était très belle. C'était un ange. Eiri en était persuadé.
Il descendit les trois étages et se précipita dans la cour. Trop tard. Elle avait disparu. Il avait sûrement rêvé.
XXX
Accompagné de Yûjirô, Shûichi se rendit chez le coiffeur. En sortant, il avait les cheveux doux, lisses et soyeux. Il ressemblait vraiment à une fille, ainsi. Cela ne lui plaisait pas beaucoup mais cela faisait partie de son devoir de princesse. En rentrant, il rejoignit Suguru et Shaolan et se prépara pour la cérémonie d'ouverture des princesses. Ils revêtirent les robes que Michiru leur avait confectionnées et celle-ci les maquilla. Ils se rendirent alors dans les coulisses.
Akira Sakamoto monta sur l'estrade. Les élèves l'acclamèrent. Il était très populaire. Shûichi ne trouvait pas cela surprenant, car il était très gentil. En outre, une aura agréable, apaisante et rassurante, émanait de lui.
- Bonjour à tous, dit-il. J'espère que vous avez passé un agréable début d'année. J'espère également que toute l'année sera agréable pour vous. Si vous avez des requêtes, pour vous ou pour le lycée, merci de me les faire parvenir. Maintenant,je vais céder la place à nos princesses !
Akira descendit de l'estrade et la foule applaudit bruyamment.
Suguru fit son entrée sur scène le premier.
- Voici Suguru Fujisaki, notre princesse boudeuse, commenta la voix de Tôru. Très romantique, toute de bleu vêtue, sa moue adorable fera bien des ravages !
Suguru marcha sur la scène, pivota et tourna sur lui-même.
Ensuite, ce fut au tour de Shaolan.
- Voici Shaolan Li, notre princesse de Chine, commenta la voix de Yûjirô. Le vert émeraude de sa robe souligne ses magnifiques yeux marron, dont les beaux sourcils noirs épais accentuent la profondeur de son regard mystérieux !
Shaolan s'avança sur la scène, adressa de gracieux sourires au public et agita sa main dans sa direction. Il reçut de nombreuses acclamations.
Ce fut enfin au tour de Shûichi.
- Voici enfin notre nouvel élève, Shûichi Shindô, la princesse Shôjô, annonça la voix de Mikoto. Toute rose et romantique, elle est à croquer avec ses cheveux fushia au parfum de fraise !
Shûichi défila gracieusement sur la scène, adressant des sourires de princesse à la foule. Enfin, les trois princesses s'avancèrent sur le rebord de l'estrade, firent une courbette et dirent « merci » en chœur.
XXX
Eiri se rendit à la cérémonie d'ouverture des princesses. Le nom l'avait intrigué. Qui étaient ces princesses ? Des filles que le lycée avait invitées ? Cela promettait d'être intéressant. Il avait besoin de voir des filles. Il n'en pouvait plus, de tous ces garçons. Qui lui semblaient être à moitié gays, en plus.
Akira Sakamoto monta sur scène et fit un discours. Eiri aimait bien Akira. C'était un très bon élève et il était gentil, discret et rassurant. C'était l'un de ses rares amis, avec Hiro.
- Bonjour à tous, dit-il. J'espère que vous avez passé un agréable début d'année. J'espère également que toute l'année sera agréable pour vous. Si vous avez des requêtes, pour vous ou pour le lycée, merci de me les faire parvenir. Maintenant,je vais céder la place à nos princesses !
Eiri s'avança. Il allait enfin voir ces fameuses princesses. Une jolie fille aux cheveux noirs, très petite, fit son apparition sur scène. Elle portait une robe corsetée blanche et bleue, et tenait une ombrelle.
- Voici Suguru Fujisaki, notre princesse boudeuse, commenta la voix de Tôru. Très romantique, toute de bleu vêtue, sa moue adorable fera bien des ravages !
Eiri resta figé de stupeur. Il n'en revenait pas. C'était un garçon. Fujisaki, le cousin de Tôma.
Quel genre de lycée travestissait des garçons en filles ? Il en toucherait deux mots à son beau frère.
Une princesse vêtue de vert et de blanc fit son entrée. Il reconnut Shaolan Li. Il n'arrivait pas à y croire. Il aimait beaucoup Shaolan, si sérieux, si droit et honnête et doté d'un grand talent pour les arts martiaux. Le voir vêtu comme une fille et se comporter comme telle était tout simplement surréaliste.
- Voici Shaolan Li, notre princesse de Chine, commenta la voix de Yûjirô. Le vert émeraude de sa robe souligne ses magnifiques yeux marron, dont les beaux sourcils noirs épais accentuent la profondeur de son regard mystérieux !
Enfin, une fille vêtue de rose et de blanc fit son entrée. Eiri n'en crut pas ses yeux. C'était l'ange qu'il avait aperçu à la fenêtre. La muse de son nouveau roman était un garçon. C'était vraiment le pompon.
- Voici enfin notre nouvel élève, Shûichi Shindô, la princesse Shôjo Manga, annonça la voix de Mikoto. Toute rose et romantique, elle est à croquer avec ses cheveux fushia au parfum de fraise !
Eiri n'en revenait pas. C'était le chewing gum. Le sale gamin. Le minable petit parolier sans aucun talent.
Il marchait gracieusement sur la scène, ses longs cheveux roses se balançant au rythme de ses pas. C'était la fille idéale. Jolie, délicate et romantique. L'héroïne idéale pour son roman. Il en avait besoin. Il fallait à tout prix qu'il se rapproche de cette princesse. Ils avaient déjà un ami en commun, Hiro mais ce n'était pas la grande entente entre eux. Il fallait qu'il arrange les choses. Le problème, c'était qu'il était trop fier pour s'excuser et il était d'un naturel froid et réservé. Il n'avait pas l'intention de changer sa nature. Pas même pour ce garçon, aussi mignon fut-il.
Tôma s'approcha de lui.
- Alors, comment trouves tu nos princesses ? Lui demanda-t-il, tout sourire. Elles sont belles, n'est ce pas ?
- Seguchi, c'est quoi ce délire ? Lança-t-il, hostile.
Son beau frère haussa les sourcils.
- Elles ne te plaisent pas ? S'étonna-t-il. Tu es difficile, mon petit Eiri.
- C'est le concept de travelos qui me déplaît, rétorqua Eiri. Et arrête de m'appeler mon petit Eiri, je déteste cela.
- Que tu es cruel ! Geignit Tôma. Tu étais si gentil, avant !
- Le passé, c'est le passé, répondit Eiri en allumant une cigarette. Il savait que Tôma n'oserait pas le réprimander pour cela. Alors, c'est quoi, ce concept de princesses ? demanda-t-il.
- Oh, c'est une façon d'apporter un peu de douceur féminine dans cet univers masculin. D'ailleurs, je vais te confier un secret. J'étais moi-même une princesse.
Eiri imagina Tôma en robe à froufrous. Cette vision d'horreur lui donna la nausée.
