Note: Je trouve que ce chapitre est le plus con de toute l'histoire, c'est un peu un ovni mais je le trouve marrant quand même.
Chapitre 10 : Le courrier des princesses
Shûichi était en train d'admirer sa Barbie, qu'il avait peignée et changée de vêtements, lorsque quelqu'un entra dans sa chambre sans frapper. Shûichi leva la tête. C'était Eiri. Il le dévisageait avec un sourire moqueur.
-Pris en flagrant délit, lança-t-il.
-De quoi parles tu ?
-Pris en flagrant délit de jouer à la poupée, précisa Eiri.
-Je n'en ai pas honte, répliqua Shûichi.
-Ah oui ? Pourtant ce sont les filles qui jouent à la poupée !
-Je ne vois pas pourquoi ce serait réservé aux filles, protesta Shûichi. Quand j'étais petit, j'y jouais souvent, avec Maiko.
-Je n'en dirai pas autant de moi, dit Eiri.
-Menteur !Tu y jouais de temps en temps, avec ta grande sœur Mika. Il parait même que tu adorais cela ! Dit Shûichi avec un sourire narquois.
Eiri écarquilla les yeux.
-Co..comment tu le sais ? Demanda-t-il, effaré.
-C'est ton père qui me l'a dit, répondit Shûichi, triomphant.
-Quand te l'a-t-il dit ?
-Lors de la journée portes ouvertes, bien sûr !
-Je vois, grommela Eiri, contrarié.
Shûichi lui déposa un petit baiser sur la joue. Il trouvait Eiri si mignon lorsqu'il était mécontent.
-Qu'est ce que tu voulais me dire, sinon ? S'enquit-il.
-J'ai quelque chose à te proposer : et si on allait dans ma chambre se commander des pizzas et des pots de crème glacée XXL ?
-Je suis partant ! S'exclama Shûichi en bondissant hors de son lit.
Ils se rendirent dans la chambre d'Eiri qui commanda deux pizzas, une à l'ananas pour Shûichi et une à l'œuf et à la bolognaise pour lui. Ensuite, il contacta le service de livraison de Haggen Dazz et commanda une glace au thé vert pour lui et une glace vanille noix de macadamia caramélisée pour Shûichi, les deux pots taille XXL. Shûichi en avait l'eau à la bouche.
-Tu sais, Eiri, dit Shûichi, je peux payer ma part, parce que les glaces Haggen Dazz, ça coûte cher !
Eiri lui caressa les cheveux.
-Ne t'inquiète pas, Shû-chan, j'ai les moyens.
Shûichi sentit son visage s'enflammer. Eiri s'en aperçut.
-Qu'est ce qui t'arrive ? S'inquiéta-t-il.
-C'est la première fois que tu m'appelles Shû-chan !
-Oh. Cela t'embête ?
-Mais pas du tout, au contraire ! Je suis gneureux !
-« Gneureux » ? Répéta Eiri, atterré. T'es surtout gnangnan, oui !
Shûichi fit la moue.
-Tu es méchant ! Geignit-il.
-Et toi trop mignon, susurra Eiri en l'embrassant. Shûichi avait remarqué que lorsqu'il faisait la moue, Eiri ne pouvait pas lui résister. Alors, il en usait et en abusait.
-Mais dis moi, Eiri, pourquoi cette soirée pizza et glaces ? Tu as quelque chose à fêter ?
Eiri esquissa un sourire.
- Ouais, répondit-il. Mon roman va être publié sous forme de roman feuilleton au Papillon noir. Cela paie plus que des nouvelles.
-C'est super ! S'exclama Shûichi en se jetant à son cou. Je suis content pour toi !
Eiri sortit un exemplaire du Papillon Noir et le montra à Shûichi.
-Regarde. Le premier chapitre y est publié.
-Super ! S'enthousiasma Shûichi. Je vais le lire tout de suite !
Il prit le journal et commença à lire l'oeuvre de son petit ami. Dix minutes plus tard, les pizzas et les glaces leur furent livrées. Shûichi savoura sa pizza à l'ananas. Il adorait le sucré salé, contrairement à Eiri. Il goûta à la pizza de celui-ci. Les deux étaient succulentes. La pâte était bien épaisse et moelleuse, comme les aimait Shûichi. Eiri aussi, par ailleurs. Quand ils eurent terminé les pizzas, Shûichi attaqua son pot de glace.
-Tu as encore faim ? S'étonna Eiri. Moi, je vais manger ma glace plus tard, je la laisse au frigo !
-Bon, dans ce cas je vais t'attendre ! Décida Shûichi en remettant sa glace au frigo.
-Pourquoi ? S'étonna Eiri.
-Parce que si je te vois savourer ta glace alors que j'ai fini la mienne, cela va me faire envie !
Eiri haussa les épaules.
-Comme tu veux, dit-il.
En attendant qu'Eiri ait digéré la pizza, Shûichi feuilleta le Papillon noir. Il tomba sur un article qui attira son attention.
Le courrier de l'enfer : La vengeance en ligne
Selon une légende urbaine, il est possible d'accéder à minuit au courrier de l'enfer. Il suffit de taper courrier de l'enfer sur google et le lien s'affiche. On entre le nom de la personne dont on veut se venger et la fille de l'enfer apparaît. Elle propose alors de faire un pacte. Elle enverra ladite personne en enfer mais à une condition. Le client de la fille de l'enfer ira lui aussi en enfer après sa mort. Un prix à payer bien lourd…
N'est ce qu'une légende ou la réalité ? En parallèle avec cette rumeur, de nombreuses disparitions ont eu lieu. Des disparitions inexpliquées. Certaines personnes affirment même avoir eu recours au courrier de l'enfer.
« Mon voisin faisait de ma vie un enfer. Je ne pouvais plus le supporter. Il fallait que je fasse quelque chose. » Dit une jeune lycéenne. Elle nous montre une marque sur sa poitrine, qui symbolise sa damnation . (Voir photo ci-dessous.)
La photo montrait une marque noire en forme d'ovale. Shûichi frissonnait. Cette histoire lui faisait froid dans le dos. Il montra l'article à Eiri.
-Ah oui, j'ai lu cet article, dit-il. Mon frère m'en a parlé, aussi. D'après lui, cette légende est vraie. Il connaît plusieurs personnes qui ont eu recours au courrier de l'enfer et qui ont voulu se faire exorciser par lui, pour contrer leur malédiction. Malheureusement, il n'a rien pu faire, car leur marque est restée.
-Mais c'est horrible ! S'exclama Shûichi, choqué. Si cela existe vraiment, je n'ai plus qu'à vivre en ermite !
Eiri haussa les sourcils.
-Pourquoi faire ? Demanda-t-il, surpris.
-Pour ne pas risquer de me faire envoyer en enfer par quelqu'un qui me détesterait !Je devrais me couper du monde pour limiter les risques que cela arrive !
Eiri l'attira contre lui avec un sourire rassurant.
-Ne t'inquiète pas, murmura-t-il avec douceur. Tu ne risques rien, tout le monde t'aime. D'ailleurs, Tatsuha m'a dit qu'au lycée Fujimori, personne n'avait recours au courrier de l'enfer, grâce à l'influence des princesses. Elles rendent tout le monde heureux.
-Tant mieux, dit Shûichi, rassuré. Mais je ne comprends pas ceux qui ont recours à ce courrier. Pour rien au monde je ne voudrais aller en enfer.
-Moi non plus, dit Eiri. En plus, la nature de ces vengeances est souvent ridicule. Les gens s'envoient en enfer pour des raisons stupides.
-Ah oui ? Comme quoi, par exemple ? Demanda Shûichi, intrigué.
Eiri haussa les épaules.
-Des broutilles de cour de récré, dit-il. Tatsuha connaît quelqu'un qui a été envoyé en enfer par un type qu'il connaissait à peine seulement parce qu'il avait éraflé sa voiture.
-Mais c'est n'importe quoi ! S'exclama Shûichi. Il faudrait mettre fin à un tel système !
-Tu as raison, dit Eiri en lui caressant tendrement les cheveux. On mange nos glaces ?
-D'accord ! Dit Shûichi avec enthousiasme.
Ils sortirent les glaces du frigo. Shûichi dégusta sa glace à la vanille et à la noix de macadamia caramélisée. C'était le paradis. Eiri lui fit goûter à sa glace au thé vert. Un délice. Shûichi était aux anges. Il savourait sa glace préférée en compagnie de la personne qu'il aimait.
-Tu restes dormir ici ce soir ? lui demanda Eiri.
-D'accord ! Dit Shûichi. Je vais chercher des affaires de rechange et je reviens !
Shûichi s'en alla et revint peu après avec ses affaires de toilette, des vêtements de rechange et Trompette. Eiri esquissa un sourire narquois en voyant l'éléphant rose en peluche.
-D'abord la Barbie, ensuite la peluche. Un vrai bébé !
-Ne te moque pas de moi ! Se vexa Shûichi. C'est la peluche que Ryûichi Sakuma m'a offerte !
-Alors je te conseille de ne pas la montrer à Tatsuha, dit Eiri. Il pourrait te la voler. Allez, au dodo !
Eiri et Shûichi se glissèrent dans le lit. Shûichi se blottit contre Eiri tandis que celui-ci lisait un roman. Il s'endormit rapidement.
Shûichi fit un cauchemar. Dans son rêve, quelqu'un utilisait le courrier de l'enfer pour y envoyer Eiri. Il se réveilla en sursaut. Il s'aperçut alors qu'Eiri avait disparu. Où était-il passé ? Inquiet, il se leva. Il ouvrit la porte de la salle de bain mais il n'y avait personne. Il sortit de sa chambre et l'appela. Pas de réponse. Il se dirigea vers la chambre d'Hiro, pour lui demander s'il avait vu Eiri. En chemin, il croisa Shaolan et Suguru.
-Salut. Vous n'auriez pas vu Eiri ? Demanda-t-il.
-Non, répondit Suguru.
Shûichi remarqua qu'ils semblaient sous le choc.
-Qu'est ce qui vous arrive ? S'enquit-il.
-Tu ne nous croiras jamais, dit Suguru.
-Bien sûr que si, répondit Shûichi. Je vous écoute.
-J'étais avec Sakura, dit Shaolan, quand elle a disparu sous mes yeux. Je sais que cela parait insensé.
-Je te crois, dit Shûichi, atterré. Serait-il possible que…
Soudain, un gigantesque et magnifique papillon argenté apparut sous leurs yeux. Il se mit à parler.
-Les personnes que vous aimez ont été envoyées en enfer, dit-il.
-En enfer ? Répéta Shûichi. Mais ils n'ont rien fait de mal !
-C'est impossible ! Dit Shaolan. Tout le monde aime Sakura !
-Eiri a été envoyé en enfer par un écrivain jaloux de son succès. Sakura a été envoyée en enfer par une fille jalouse de son succès.
-Nous devons les délivrer ! Dit Shûichi.
-Je ferai tout pour sauver Sakura ! Renchérit Shaolan.
-Vous pourrez les délivrer, dit le papillon mais à une condition. Vous travaillerez pour moi.
-Qu'est ce qu'on doit faire ? Demanda Shûichi.
-Vous allez contrer le courrier de l'enfer en créant le courrier des princesses, dit le papillon. Vous allez apporter le bonheur à ceux qui feront appel à vous.
Sur ces mots, trois ordinateurs miniatures de couleur rose apparurent.
-Vous allez garder ces trois ordinateurs roses avec vous. Lorsqu'une requête apparaîtra, vous revêtirez vos uniformes de princesse et irez apporter le bonheur auprès de la personne qui a lancé la requête. Lorsque vous aurez apporté le bonheur à suffisamment de personnes, le courrier de l'enfer sera vaincu et les élus de votre cœur délivrés. Acceptez vous cette mission ?
-J'accepte ! Dirent les trois princesses en chœur.
Shûichi, Shaolan et Suguru retournèrent se coucher. Shûichi ne trouva pas le sommeil. Impossible de s'endormir en sachant qu'Eiri était en enfer. C'était insupportable. Tellement injuste. Eiri n'avait rien fait de mal. Shûichi ressentit de la haine vis-à-vis de celui qui l'avait envoyé en enfer, même s'il ne le connaissait pas. Il voulait lui faire payer. Cependant, il ne devait pas aller dans cette direction. Au contraire, il ne devait pas entretenir ce désir de vengeance. C'était contraire à l'éthique du courrier des princesses.
-Shaolan, tu dors ? Demanda Shûichi.
-Non, je n'arrive pas à trouver le sommeil, dit Shaolan.
-Tu penses à Sakura ?
-Oui, je ne pense qu'à elle, répondit Shaolan. Je n'arrive pas à croire qu'une fille aussi gentille qu'elle soit en enfer. Cela n'a pas de sens.
-Je suis d'accord, dit Shûichi.
-Et toi, tu penses à Eiri ?
-Oui, répondit Shûichi.
-Tu l'aimes, n'est ce pas ?
Shûichi rougit.
-Ca se voit tant que ça?
-C'est la façon dont vous vous regardez. Ne t'inquiète pas, on va le délivrer.
-Merci, dit Shûichi.
Il échangea une poignée de main avec Shaolan. Il s'inquiétait aussi sincèrement pour Sakura. Ces deux là étaient faits l'un pour l'autre. Deux âmes sœurs. Une fille aussi adorable que Sakura n'avait rien à faire en enfer. Ils allaient anéantir ce système épouvantable. C'était sûr. Shûichi retourna dans la chambre d'Eiri. Il prit l'une de ses chemises et en huma l'odeur. C'était l'odeur d'Eiri. Des larmes coulèrent sur ses joues. Il se blottit dans le lit, la chemise contre son visage.
Le lendemain, Tôma Seguchi convoqua Shûichi, Shaolan et Suguru dans son bureau. Il n'avait pas l'air en forme. Ses cheveux étaient en bataille, il avait le teint pâle et des cernes sous les yeux.
-Mes chères princesses, comme vous le savez déjà, Eiri Yuki, le surveillant de ce lycée et Sakura Kinomoto, une élève du lycée pour filles, ont disparu. Je connais la nature de ces disparitions. Je connais le courrier de l'enfer et je connais votre mission. Dorénavant, vous n'irez plus en cours et vous consacrerez à votre mission.
-Très bien, dirent Shaolan et Shûichi d'une même voix.
-Monsieur Seguchi, dit Suguru, je sais que notre mission est plus importante que les études mais comment allons nous faire pour rattraper notre retard ?
Seguchi esquissa un sourire qui se voulait rassurant.
-Ne vous inquiétez pas, dit-il. Vous prendrez des cours de rattrapage. Bon, je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous devez vous consacrer à votre mission.
Shûichi, Shaolan et Suguru retournèrent dans leur chambre. Peu après, une requête apparut sur leurs ordinateurs.
-Princess transformation ! S'exclamèrent-t-ils.
Dans un tourbillon de paillettes, l'uniforme de Shûichi se métamorphosa en un kimono féminin court rose bordé de fleurs de cerisiers avec des bottes blanches. Shaolan et Suguru arboraient le même kimono, vert pour le premier et bleu pour le second.
-Princess téléportation ! S'exclamèrent-ils en chœur avant de disparaître dans un nouveau tourbillon de paillettes.
Ils réapparurent dans une salle informatique, qui se trouvait probablement dans un lycée.
Un jeune garçon les attendait, assis devant un ordinateur. C'était indubitablement lui qui avait lancé la requête.
Il tourna la tête vers les princesses. Il semblait ébloui par leur beauté.
-C'est vous, les princesses ? Vous avez répondu à mon appel ! S'émerveilla-t-il.
-Bien sûr, dit Shûichi. Nous, les princesses, sommes à ton service.
-Princess Power ! S'exclamèrent les trois princesses en chœur.
-S'il vous plaît, aidez moi ! Les supplia le garçon. Il y a une bande qui n'arrête pas de me racketter !
-Conduis nous à eux ! Dit Shûichi.
-D'accord, dit le garçon.
Alors qu'ils marchaient, Shûichi remarqua que le garçon était petit et de faible carrure, comme lui. Il devait avoir des difficultés pour se défendre.
Le garçon les conduisit à l'entrée du lycée. Dehors se trouvait une bande de garçons assez costauds, vêtus de blousons en cuir.
-C'est le gang des peaux de mouton, dit le garçon.
Shûichi pouffa à cette appellation. Il s'approcha d'eux, accompagné de Shaolan et Suguru. Les garçons émirent un sifflement approbateur en les voyant. L'un d'entre eux, qui devait être le chef, avec une crête bleue sur la tête, s'avança vers eux.
-Salut les filles ! Vous êtes très mignonnes, vous savez, les complimenta-t-il. Vous êtes du lycée ?
-Non, dit Shûichi, mais on veut que vous arrêtiez de racketter les gens.
Le garçon parut d'abord surpris, puis il éclata de rire.
-Et puis quoi encore ? On fait ce qu'on veut ! Rétorqua-t-il. Pas vrai les gars ?
-Ouais ! s'exclama le groupe.
Shûichi lui offrit son plus beau sourire. Le chef rougit légèrement, puis il secoua la tête pour se reprendre.
-Bon, vous ne nous laissez pas le choix, dit Shûichi.
-Princess Power ! S'exclamèrent les trois princesses en chœur.
Un rayon rose scintillant émana des princesses et éblouit le gang. Ceux-ci, comme possédés, s'agenouillèrent devant les princesses.
-On fera tout ce que vous voulez, dit le chef, sous le charme.
-Arrêtez de racketter les autres, dit Shûichi et les trois princesses lui adressèrent leurs plus beaux sourires. Des fleurs volaient en arrière plan.
-D'accord ! Dit le chef.
-Mieux que ça, reprit Shûichi, vous allez protéger tous ceux qui sont plus faibles que vous.
-Vos désirs sont des ordres, princesses ! À partir d'aujourd'hui, je rebaptise la bande le gang des protecteurs aux peaux de moutons !
Shûichi eut du mal à garder son sérieux. Le garçon qui les avait appelés vint à leur rencontre.
-Merci, dit-il. Cela faisait longtemps que ce gang nous persécutait. Vous avez accompli un miracle.
-Nous n'avons fait que notre devoir, dit Shûichi avec un nouveau sourire de princesse.
-Princess téléportation ! Dirent les trois princesses en chœur et elles disparurent dans un tourbillon de paillettes.
Shûichi, Shaolan et Suguru se rendirent dans d'autres lycées pour y rétablir l'ordre. Ils utilisaient le Princess Power pour adoucir tous les persécuteurs. Cela marchait très bien.
Grâce à leur pouvoir, les princesses rétablissaient la paix là où elles passaient. Cela dura six jours. Le septième jour, Shûichi, Shaolan et Suguru furent confrontés à une nouvelle difficulté. Alors qu'ils travaillaient, trois personnes apparurent devant eux. C'était deux hommes et une femme. La femme, très belle, portait un kimono traditionnel. L'un des deux hommes était un vieillard entièrement chauve et l'autre était jeune et beau.
-Qui êtes vous ? Leur demanda Shûichi.
-Nous sommes au service de la fille de l'enfer, répondit le vieillard. Je m'appelle Wanyudô .
-Et moi Hone Onna, dit la femme.
-Et moi Ren, dit le beau jeune homme.
-Qu'est ce que vous nous voulez ? Dit Shûichi, méfiant.
-Vous commencez à devenir gênants, dit Hone Onna.
-Vous perturbez le travail de mademoiselle, dit Wanyudô.
-Qui est mademoiselle ? Demanda Shaolan.
-C'est moi, dit une voix douce derrière eux.
Ils se retournèrent et virent une fille portant un uniforme noir, avec de longs cheveux noirs et raides et de grands yeux rouges. Elle était très belle.
-Qui es tu ? Lui demanda Shûichi.
-Je suis Enma Aï, la fille de l'enfer, répondit-elle. Je m'occupe du courrier que vous voulez anéantir.
Shûichi la regarda avec étonnement. Elle n'avait pas l'air méchante. Tout comme ses serviteurs. Pourtant, c'était ses ennemis.
-Pourquoi faites vous cela ? Demanda Shûichi.
-Quoi donc ? Dit Aï.
-Envoyer les gens en enfer. Des gens qui n'ont rien fait de mal, en plus, souligna Shûichi.
Aï demeura imperturbable.
-Je ne le fais pas par plaisir, répondit-elle calmement.
-Mademoiselle est victime d'une malédiction, précisa Wanyudô.
-Elle doit purifier ce monde en envoyant toutes les âmes viles et mauvaises en enfer, dit Honne Ona.
-Mais Eiri n'est pas quelqu'un de mauvais ! Dit Shûichi.
-Sakura non plus ! Renchérit Shaolan. Loin de là !
-Je suis désolée, dit Aï d'une voix douce.
- Alors libère-les ! Dit Shûichi.
-Ce n'est pas moi qui décide, dit-elle doucement.
-Alors qui est ce ? Demanda Shûichi.
-C'est le maître de l'enfer ! dit joyeusement une petite fille qui venait de les rejoindre. Elle avait des yeux bleus surdimensionnés qui la rendaient plus effrayante que mignonne.
-Vous voulez jouer avec moi ? Dit-elle.
-Nous n'avons pas le temps, petite, répondit gentiment Shaolan.
-Conduis-nous au maître de l'enfer, dit Shûichi.
La fillette fit la moue.
-Je n'en ai pas envie ! Dit-elle. Il n'est pas très amusant…
-S'il te plaît ! dit Shaolan. La fillette lui sourit.
-Tu sais que tu es mignon, toi ? Lui dit-elle.
Un sourire se dessina sur les lèvres d'Hone Onna.
-Je crois que Kikuri a un petit faible pour toi, dit-elle en riant.
-Bon, d'accord, je vais vous mener à notre patron, dit Kikuri.
-Le patron de mademoiselle, rectifia Hone Onna. Nous n'avons pas d'autres patrons que Mademoiselle !
-Vous avez l'air de beaucoup l'aimer, remarqua Shûichi.
-Oui, dit Ren. Mademoiselle nous a sauvés de l'enfer.
-Elle a un cœur très noble, dit Wanyudô. Elle ne se met jamais en colère. Le plus horrible et plus difficile travail qui puisse exister lui est confié et elle le fait remarquablement bien.
Shûichi regarda Aï avec compassion. Il fit alors quelque chose qui surprit tout le monde, lui-même en premier. Il s'approcha d'Aï et la prit dans ses bras. Celle-ci ne lui opposa aucune résistance.
-Je suis désolé, dit-il. Cela a du être très dur, pour toi.
Aï resta silencieuse. Puis, tout doucement, elle se mit à sangloter.
Shûichi lui caressa tendrement les cheveux.
-Ca va aller, la réconforta-t-il. Je vais te libérer de ta malédiction.
Aï se recula légèrement et regarda Shûichi, ses yeux pleins de larmes.
-Merci, dit-elle. Mais c'est impossible.
-Rien n'est impossible, dit Shaolan, l'air déterminé. Nous te délivrerons de ta malédiction et je sauverai Sakura quoi qu'il arrive !
-Bon, vous voulez que je vous mène au patron de Aï, oui ou non ?s'impatienta Kikuri.
-Oui, dit Shûichi avec détermination. Mène-nous à lui.
Kikuri sortit un grand drap de la manche de son kimono et les enveloppa tous à l'intérieur. Lorsque le drap se fut déroulé, ils étaient au bord d'un lac, où se trouvait ce qui ressemblait à l'entrée d'un temple en bois rouge.
-Où est le maître de l'enfer ? Demanda Shûichi en regardant autour de lui avec étonnement.
À ce moment précis, un trou se forma dans le front de Kikuri et une énorme araignée en sortit.
Suguru frissonna.
-Je déteste les araignées, geignit-il.
L'araignée s'envola vers le fleuve.
-Vous voici à l'entrée de l'enfer, dit-elle avec une voix de vieil homme. Vous perturbez le travail d'Aï ! Pour cela, vous méritez d'aller en enfer !
De longs fils surgirent de l'araignée et ligotèrent Shûichi, Shaolan et Suguru pour les entraîner vers l'entrée de l'enfer. Shûichi tenta de se dégager mais les liens étaient trop solides.
-Servez vous de votre pouvoir ! claironna Kikuri.
-Princess Power ! S'exclamèrent Shûichi, Shaolan et Suguru.
Un rayon rose et lumineux émana des princesses, détruisit les liens et anéantit l'araignée. Elle poussa un hurlement de douleur.
Un phénomène étrange se produisit alors. Le courant du fleuve s'inversa et des barques vides sortirent de l'entrée de l'enfer. De légères boules de lumière en sortirent et s'envolèrent vers le ciel.
-Ce sont les âmes damnées, expliqua Aï. Grâce à vous, elles se sont libérées de l'enfer et pourront aller au paradis, dit-elle.
-Où sont Eiri et Sakura ? Demanda Shûichi.
-Patience, dit Aï.
Peu après, une barque contenant deux passagers apparut. Le cœur de Shûichi fit un bond. C'étaient Eiri et Sakura.
Sakura était inconsciente. Leur barque s'arrêta sur la rive. Eiri se leva et courut enlacer Shûichi. Shaolan prit Sakura dans ses bras.
Le papillon argenté réapparut.
-Félicitations, dit-il. Non seulement vous vous êtes acquittés de votre tâche mais vous avez vaincu le maître de l'enfer. Maintenant, Aï pourra trouver le repos.
Un sourire se dessina sur la fine bouche d'Aï.
-Merci, dit-elle à Shûichi.
Son corps se dématérialisa et se transforma en une nuée de papillons qui s'envolèrent.
-Et si on rentrait à la maison ? Dit Shûichi.
Le papillon le prit au mot. Il battit des ailes et le décor changea. Ils étaient retournés au lycée. En effet, Shûichi le considérait comme sa deuxième maison. Ensuite, le papillon disparut.
-Viens, on va voir Seguchi, dit Shûichi à Eiri. Il sera heureux de voir que tu es sain et sauf.
Ils se rendirent au bureau du directeur. Lorsque Seguchi vit Eiri, il se précipita vers lui et le serra contre lui.
-Eiri ! Dieu soit loué, tu es là ! s'exclama-t-il. Merci, Shindô ! Demandez moi n'importe quoi et vous l'aurez !
-Hé bien, Eiri et moi, on est ensemble, révéla Shûichi. Je l'aime vraiment et j'aimerais avoir votre autorisation, dit Shûichi.
Seguchi resta un instant silencieux.
-D'accord mais à une condition : rendez Eiri heureux, dit-il.
